Courant de Mimizan

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Courant de Mimizan
Illustration
Courant de Mimizan
pré salé du dernier méandre avant l'embouchure
Caractéristiques
Longueur environ 7 km
Cours
Source Étang d'Aureilhan
· Altitude 11 m
· Coordonnées 44° 12′ 51″ N, 1° 13′ 36″ O
Embouchure Océan Atlantique
· Altitude m
· Coordonnées 44° 12′ 42″ N, 1° 17′ 57″ O
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Principales localités Mimizan, France

Le courant de Mimizan est un fleuve côtier dont le cours s’inscrit entièrement sur la commune de Mimizan, dans le département français des Landes. Appartenant à la famille des courants landais, il est l'exutoire de l'étang d'Aureilhan mais aussi indirectement des étangs de Biscarrosse et de Parentis et de Cazaux et de Sanguinet[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le courant de Mimizan serpente sur une distance d'environ 7 km, à travers lettes et dunes, notamment le tuc d’Udos, haut de 51 m, marquant la frontière depuis les années 1920[1] entre Mimizan-Bourg et Mimizan-Plage. Il prend naissance au niveau de la passerelle de Gombaut, à hauteur de l'étang d'Aureilhan[2], puis est enjambé successivement par le pont de Vigon, le pont Rouge, le pont des Trounques[3] (du Gascon tronca : « souche »), et enfin le pont de la plage. Frontière naturelle, il délimite les secteurs nord et sud de la commune. La marée remonte jusqu'au du pont Rouge aux abords de la papeterie de Gascogne[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Courant de Mimizan est de nos jours l'exutoire sud des grands lacs landais. Or, Courant et grands lacs landais n'ont pas toujours existé.

Formation[modifier | modifier le code]

Jusqu'au VIIe siècle , le trait de côte se situe plus en retrait à l'intérieur des terres qu'il ne l'est de nos jours et son tracé n'est pas rectiligne. Il présente au contraire des échancrures, formant des baies le long du littoral servant de port de débarquement ou de rades. L'Atlas de Blaew de 1638 montre que la vallée du courant de Mimizan, l'étang d'Aureilhan et le sud de la commune de Sainte-Eulalie-en-Born sont alors recouverts par une étendue d'eau de plusieurs milliers d'hectares[5].

Les sables avancent vers l'ouest au VIe siècle et surtout au XVIIIe siècle, créant un paysage de dunes et de marécages sur une bande de cinq kilomètres. Les ruisseaux qui jusque-là se jetaient dans les baies n'ont plus d'accès direct à l'océan et leurs eaux s'accumulent derrière les dunes nouvellement formées. Des lacs se constituent alors, mais l'eau ne peut s'accumuler indéfiniment. Un exutoire serpentant à travers les sables finit par se former pour évacuer le trop plein d'eau dans le golfe de Gascogne, donnant naissance au courant de Mimizan[6].

Cours changeant[modifier | modifier le code]

On ignore où se trouve son embouchure originelle, mais on sait qu'il a causé beaucoup de souci à la population au XVIIIe siècle, car son cours change alors régulièrement et de manière incontrôlée. Durant une période allant de 1800 à 1825, des inondations sont signalées tous les deux à trois ans, à tel point que le Préfet des Landes ne sait plus que faire. Il prend l'avis du maire de Mimizan, qui lui répond que les habitants sont habitués à se gérer eux-mêmes et qu'ils font les travaux sans demander d'indemnité, même pour les repas. Le préfet estime que les chosent peuvent continuer ainsi[6].

En 1828, son embouchure est à 3,5 km plus au sud de son emplacement actuel, au lieu-dit de la Malloueyre. Cette même année, une forte montée des eaux détruit 800 mètres du cordon dunaire que les Ponts et chaussées sont en train d'ériger le long du littoral aquitain, de la Pointe de Grave à Soulac jusqu'à Bayonne. L'objectif d'une telle entreprise est d'arrêter le sable au plus près de la mer et d'ensemencer les dunes à l'intérieur, afin de mettre fin à leurs mouvements incontrôlés et aux inondations que cela provoque. Il devient impératif de maîtriser le courant de Mimizan. C'est le préfet qui tranche et qui décide que sur sa dernière section, il ira tout droit. Or à l'état naturel, le courant cherche toujours à aller vers le sud, c'est une constante de tous les courants landais. Or la partie sud appartient à la commune. Le problème est de savoir qui va payer les travaux. La commune refuse et décide de laisser partir le courant, contre l'avis du préfet. Le courant dérive donc vers le sud et la commune laisse faire[6].

Aménagements[modifier | modifier le code]

En 1870, les bains de mer sont très à la mode. Il existe trois stations balnéaires sur la côte aquitaine, Soulac au nord, Biarritz au sud, Arcachon au centre. Si on veut développer Mimizan, il faut d'abord maîtriser le courant[6]. Deux digues construites entre 1871 et 1873 empêchent le courant de dériver et lui dictent encore aujourd'hui son tracé en ligne droite, permettant le démarrage du tourisme balnéaire à Mimizan-les bains, comme on dit alors[7].

À la fin du XIXe siècle, le franchissement de l'embouchure du courant se fait grâce l'à l'aide d'un passeur, nommé Saint-Martin. Celui-ci aide les rares touristes à traverser en barque ou sur son dos[8]. En 1895, on envisage de construire un pont métallique sur l'embouchure du courant pour le passage du train, mais le devis est trop élevé. Une solution provisoire est adoptée : en 1901, une passerelle en bois pour piétons est construite. Le , le projet définitif de l'extension de la voie de chemin de fer vers la plage est adopté par le conseil municipal. Il permet l'aménagement d'un arrêt provisoire baptisé Mimizan-Plage (côté sud) en 1907, la construction du pont du courant en 1907, à la fois pont ferré et routier et l'édification de la gare à Mimizan-les-Bains (côté nord) en 1908. La passerelle en bois provisoire est détruite cette même année. Le marque la fin du transport de voyageurs[9].

L'hydrothérapie de Mimizan, édifiée sur la rive gauche du courant, est inauguré le . Elle remplace un établissement de bains de mer en bois construit sur la plage et détruit en 1922 par une violente tempête. Malgré l'éloignement du danger de l'océan, elle subit elle aussi une avarie dès l'année suivant sa construction, lorsqu'un raz-de-marée en démolit l'aile aval le [9]. Durant cette même période, une colonie de vacances est édifiée non loin de là, plus en amont le long du courant. Il s'agit de l'immeuble Mermoz, qui sera reconverti ultérieurement en hôtel. Dans les années 1930, les enfants qui y séjournent croisent parfois au cours de leurs sorties un autre groupe d'enfants séjournant dans la colonie du Pylône[10].

Pendant l'occupation allemande de Mimizan, du 28 juin 1940 au 24 août 1944, le pont rouge sur le courant est le point de passage obligatoire pour se rendre de Mimizan-Bourg à Mimizan-Plage. Il ferme le soir pour rouvrir le lendemain matin à 5h30. Les soldats allemands y contrôlent les autorisations de passage[11].

Un 1967, un petit monument en garluche, orné d'un statue de la Vierge et d'un crucifix, est édifié autour le la source Notre-Dame, au bord du Courant, à quelques centaines de mètres an aval du pont Rouge, sur la rive gauche, en un lieu qui commémore l'endroit où une femme fut guérie d'une maladie de peau vers 1907[12]. En 1969 est inaugurée l'église Notre-Dame des Dunes, sur la rive droite du Courant, à proximité du quartier des pêcheurs. L'année suivante sont ouvertes les arènes de Mimizan, plus en amont. À la fin du XXe siècle, des pontons flottants sont installés sur la rive gauche du Courant pour y aménager un port de plaisance. De nos jours, l'érosion marine ne ménage pas les digues aménagées en 1871 et 1873 et le courant fait l'objet d'une surveillance continue[7].

La pêche[modifier | modifier le code]

La pêche était jadis une activité importante, comme en témoigne la dîme sur deux pêcheries accordée en 1035 par Guillaume, comte de Poitiers, au prieuré de Mimizan. Pendant longtemps, la pêche à la nasse s'est pratiquée avec filets et pièges réalisés à partir de fagots. Les captures étaient principalement composées de brochets, carpes, gardons, perches ou anguilles[1]. Au début du XXe siècle, il existait sur les bords du courant des parcs à huîtres, dont l'exploitation était encadrée par des autorisations délivrées par le conseil municipal[8].

Pendant l'occupation allemande de Mimizan, les accès à la plage sont minés, la pêche y est donc strictement interdite. Le pont du courant est le seul endroit d'où on peut encore pêcher à la ligne et devient à cet égard très fréquenté[11]. Dans son carnet de notes, la réfugiée russe Xenia Dénikine écrit en date du 17 mars 1942 que dans la nuit, des habitants se sont livrés, près du pont du Courant, à la pêche saisonnière de la pibale. Des sentinelles allemandes passant par là les ont pris pour des « parachutistes se préparant à faire sauter le pont », comme ils l'ont expliqué par la suite, et ont tiré sans sommation. Un des pêcheurs, ouvrier à la papeterie, a été tué. Le 1er avril, Xenia Dénikine note que la veuve dudit pêcheur a été convoquée par le Kommandant de la plage, qui lui a proposé une « compensation » en Reichsmarks. La veuve s'en indigne, fond en larme et répond que la seule compensation est que l'assassin soit pendu. Le Kommandant tente en retour de lui expliquer qu'en tirant, la sentinelle croyait faire son devoir[13].

La pêche en mer à la pinasse disparaît de Mimizan à l'orée des années 1970. L'ancien quartier des pêcheurs, fait de vieilles cabanes en bois, était jadis situé sur la rive droite du courant. Les embarcations se remettaient à cet endroit des efforts consentis en mer. La fête de la mer de Mimizan en perpétue le souvenir chaque année le 1er mai, en organisant notamment un défilé nautique sur le Courant. Le typique quartier des pêcheurs cède la place à la fin du XXe siècle à un ensemble résidentiel[8]. De nos jours, les pêcheurs peuvent espérer capturer dans le Courant des mulets, bars et de novembre à mars, la pêche nocturne permet d'attraper anguilles et pibales[8],[14].

Classement[modifier | modifier le code]

La partie aval du courant de Mimizan est soumise à l'influence des marées, favorisant la formation d'une petite zone de pré salé dans son dernier méandre avant l'océan Atlantique. Ce type de formation est rare sur la côte landaise. Ce pré salé du courant de Mimizan fait l'objet d'un inventaire ZNIEFF de type 1 en 1990[15].

Le courant par étapes[modifier | modifier le code]

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Galerie[modifier | modifier le code]

Vue panoramique[modifier | modifier le code]

Mimizan : vue panoramique du courant sur sa partie aval

Mimizan courant pano.JPG

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Jean-Jacques et Bénédicte Fénié, Dictionnaire des Landes, Éditions Sud Ouest, , 349 p. (ISBN 978-2-87901-958-1)
  2. Près du quartier de Merquedey, du gascon mercadeir, « marché »
  3. L'architecte du pont des Trounques, érigé en 1931, est Saint-Monod
  4. Lacs, étangs et courants du littoral aquitain, Jean-Jacques Fénié et Jean-Jacques Taillentou, éditions Confluences, p136, 2006
  5. Mimizan, des origines à 1900, p 76
  6. a b c et d Mimizan-les-Bain, récit de MM Gageac et Robin
  7. a et b Office de tourisme de Mimizan
  8. a b c et d Mémoire en Images, Mimizan, perle de la Côte d'Argent, Hervé Foglia, Alan Sutton
  9. a et b Exposition ASEM Archéologie, juillet 2009
  10. Georges Cassagne, Mimizan, Woolsack, Coco Chanel et Le Pylône, Labouheyre, Imprimerie Andres, , 49 p.
  11. a et b La vie quotidienne à Mimizan sous l'Occupation, exposition à Mimizan du 6 mai 2017
  12. Panneau de présentation de la source, consulté sur site en juillet 2015
  13. Marina Grey, Mimizan-sur-Guerre : Le Journal de ma mère sous l'Occupation, Éditions Stock, , 468 p. (ISBN 2-234-00498-5)
  14. La « pibale » (du gascon pibala), est le nom vernaculaire de la civelle, l'alevin de l'anguille.
  15. Inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Faunistique Floristique de la Région Aquitaine

Voir aussi[modifier | modifier le code]