Escaut

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Escaut
(Schelde, Scaldis)
L’Escaut à Tournai
L’Escaut à Tournai
Cours de l'Escaut (France, Belgique, Pays-Bas)
Cours de l'Escaut (France, Belgique, Pays-Bas)
Caractéristiques
Longueur 355 km
Bassin 21 860 km2
Bassin collecteur Escaut
Débit moyen 104 m3/s
Régime pluvial océanique
Cours
Source Aisne (France)
· Localisation Gouy (France)
· Altitude 97 m
· Coordonnées 49° 59′ 13″ N 3° 15′ 59″ E / 49.98693, 3.2665 (Source - Escaut)  
Embouchure Mer du Nord
· Altitude 0 m
· Coordonnées 51° 25′ 51″ N 3° 31′ 44″ E / 51.43083, 3.52889 (Embouchure - Escaut)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Sensée, Scarpe, Lys
· Rive droite Haine, Dendre, Rupel
Pays traversés Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Principales villes Cambrai, Valenciennes, Antoing, Tournai, Audenarde, Gand, Anvers
Cours inférieur de l'Escaut et estuaire. Au centre: bassins du port d'Anvers. L'agglomération anversoise est visible au sud de la zone portuaire. L'affluent droit au bas de la photo est le Rupel.
Source de l'Escaut à Gouy
Restes du « Vieil Escaut », à Escautpont (France), avec renaturation spontanée
Anvers et canaux de drainage des anciens marais (1888)
L'Escaut à Pecq (Hainaut - Belgique)
L'Escaut aux environs de Ruien. (Flandre-Orientale - Belgique)
L'Escaut à la hauteur de Liefkenshoek, près de son estuaire. À gauche : centrale nucléaire de Doel.
Vue de l'Escaut depuis les quais d'Anvers un soir d'hiver

L'Escaut (de Schelde en néerlandais) est un fleuve européen de 355 km de long, qui traverse trois pays (France, Belgique et Pays-Bas) et cinq régions, avant de se jeter en mer du Nord.

C'est un fleuve lent et peu puissant sur lequel l'influence de la marée se fait sentir jusqu'à 160 km de l'embouchure. Son estuaire (Westerschelde) fait jusqu'à cinq kilomètres de largeur et les vasières qu'il a créées présentent une richesse écologique exceptionnelle, bien qu'il soit artificialisé par la poldérisation des Pays-Bas. Il ne communique plus avec l'Escaut oriental un de ses anciens estuaires.

En France, un schéma d'aménagement et de gestion des eaux est en cours de préparation, mais des réflexions sont également menées au niveau international avec l'ONG Escaut-Vivant, la commission internationale de l'Escaut, l'Agence de l'eau et d'autres acteurs, pour mieux connaitre et protéger le fleuve et ses aquifères transfrontaliers.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom apparaît pour la première fois sous la forme latine Scaldis dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César. Il dérive d'un adjectif signifiant « peu profond » et qui a donné en bas allemand schol, en frison skol, en vieil anglais sceald et en anglais moderne shoal.[réf. nécessaire]

Géographie, géomorphologie, aménagement et gestion[modifier | modifier le code]

Source : L'Escaut prend sa source près de Gouy au nord de Saint-Quentin, dans l'Aisne, au pied de l'abbaye du Mont-Saint-Martin (XVIIIe siècle). Elle est située à 49° 59' 12,95" Nord et 3° 15' 59,40" Est et à une altitude de 97 mètres.

Bassin versant : Il s'étend sur plus de 20 000 km2 (dont 15 328 km2 en Belgique, soit plus de 50 % de la surface de ce pays).

Le cours du fleuve : De France où il est canalisé à partir de Cambrai, l'Escaut traverse la Belgique, et passe par les villes de Tournai, Audenarde, Gand et Anvers. Il entre ensuite aux Pays-Bas en passant entre les Bornes frontières 269 et 269A. Il rejoint la mer du Nord entre Breskens et Flessingue aux Pays-Bas.

Affluents : les plus importants sont la Sensée, la Haine, la Scarpe, la Lys, la Dendre et le Rupel.

Géomorphologie : Autrefois (jusqu’au XVIIIe siècle environ), le fleuve sur toute sa longueur divaguait naturellement dans le lit majeur de sa plaine alluviale (sauf aux environs d'Antoing où l'Escaut a dû percer perpendiculairement le dôme du Mélantois qui l'a contraint à un lit moins large, jusqu'à Tournai). Nombre de ses anciens méandres et bras-morts ont été comblés. Les prairies de fond de vallée ayant fortement régressé, au profit des champs, villes et zones d'activité, ses débordements sont de moins en moins tolérés. Deux bras existent ; l'Escaut oriental n'est plus qu'un baie, non reliée au fleuve ; l'Escaut occidental (autrefois appelé le Honte) est de nos jours le seul estuaire du fleuve.

Écologie[modifier | modifier le code]

Le district de l'Escaut, comme celui du Rhin et d'autres grands fleuves européens, traversant des zones industrielles et d'agriculture intensive a été et reste très pollué, notamment au niveau de ses sédiments[1]. Les habitats naturels s'y sont souvent fortement dégradés ou ont totalement disparu. Certains polluants d'origine industrielle ont fortement régressé, suite à la fermeture d'usines anciennes, mais les sédiments sont durablement pollués par certains de ces produits et la faune piscicole est encore parfois fortement contaminée par divers polluants[2], à des taux supérieurs aux normes[3]. Ceci favorise une baisse de l'immunité des espèces touchées et une augmentation des taux de parasitisme, par exemple chez l'anguille européenne qui a fortement régressé depuis 30 ans.

Pour répondre à la directive-cadre sur l'eau qui vise à retrouver un bon état écologique du bassin pour 2015, les habitants et autorités du bassin doivent faire face à de lourds problèmes :

Et de nouvelles formes de pollutions (catalyseurs automobiles, perturbateurs endocriniens...) sont de nouveaux défis à relever. La gestion d'une éventuelle montée des océans (Cf. nombreuses zones de polder) et des changements climatiques en sera un autre.

Les États devraient appliquer la directive-cadre sur l'eau, avec l'aide en France de l'Agence de l'eau Artois-Picardie, dans le cadre notamment de la Trame verte et bleue de la région Nord-Pas-de-Calais. L'Escaut en tant qu'axe nord-sud pourrait potentiellement devenir un corridor biologique d'intérêt majeur dans le réseau écologique paneuropéen, voire aussi jouer un rôle de « corridor climatique ».
La démarche « EcoPort » peut aussi contribuer à limiter les impacts négatifs des ports de l'Escaut et du bassin fluvial.

En 2012, un nouveau « système d’avertissement et d’alerte contre les pollutions accidentelles de l’Escaut » (SAAE) permet de mieux agir, de manière transfrontalière contre les pollutions accidentelles de l'Escaut et de son bassin.

Aménagements[modifier | modifier le code]

Aménagements du cours et affluents[modifier | modifier le code]

Creusée au XVIIIe siècle en amont de la source, une rigole - dite « canal des Torrents » - serpente dans la vallée sèche, afin de drainer les terrains agricoles, s'écoulant dans le fleuve en période très pluvieuse.

Canalisé à partir de Cambrai, où le nom change en canal de l'Escaut. Outre Cambrai, il traverse notamment Valenciennes en France, Tournai, Audenarde, Gand et Anvers en Belgique, avant de finir sa course aux Pays-Bas.

Quelque 250 écluses et barrages ont été implantés sur son cours et celui de ses principaux affluents parmi lesquels on peut citer la Scarpe, la Lys et la Sensée.

La longueur de son cours d'eau en France est de 29,5 [4] + 68,1 [5] = 97,6 km.

Aménagements du delta[modifier | modifier le code]

Après les dramatiques inondations de 1953, les Pays-Bas ont réalisé, dans le cadre du plan Delta, une série de barrages afin de protéger les polders.

Gestion[modifier | modifier le code]

L'Escaut traversant trois pays et sept régions, les acteurs de sa gestion sont nombreux et peinent parfois à se coordonner, alors qu'en tant qu'écosystème, elle ne connaît pas de frontières. La directive-cadre sur l'eau donne aux États-membres jusqu'à 2015 pour rétablir le bon état écologique du fleuve et de ses affluents.

Une association de préfiguration d'un GEIE international «Escaut Vivant-Levende Schelde» a été initiée en 1994 à Lille par l'eurorégion et des ONG pour encourager une gestion intégrée du fleuve à échelle du bassin versant. Via sa charte, Escaut Vivant vise à encourager sur tout le bassin versant de l'Escaut, une gestion intégrée de l'eau, la réhabilitation fonctionnelle de ses milieux naturels, humides et associés (et en particulier les «délaissés» de l'Escaut, encore appelés bras-mort ou « coupure »), tout en valorisant ses fonctions de transport et de loisirs, et ceci dans la durée via l'information, la sensibilisation et une restructuration globale du bassin versant appuyée sur les principes du développement durable.

Escaut sans frontières-Grenzeloze Schelde, une association internationale, mène depuis 1992 des actions dans cinq régions du bassin versant de l'Escaut, à savoir le Nord-Pas-de-Calais en France, la Wallonie, la Flandre et Bruxelles en Belgique et la Zélande au Pays-Bas. Escaut sans frontières a pour objet de s'engager via une collaboration transfrontalière pour une amélioration et une restauration de l'écosystème des rivières et des canaux du bassin versant de l'Escaut. Pour atteindre ce but, l'association promeut la collecte et l'échange de données, l'organisation d'actions communes, d'activités informatives, de sensibilisation et d'éducation et l'intervention auprès des autorités compétentes.

Bassin hydrographique et affluents[modifier | modifier le code]

Voir Bassin versant de l'Escaut

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire de la source : Avant le XVIIe siècle, l’Escaut prenait sa source à Ponchaux (devenu aujourd’hui un hameau rattaché à Beaurevoir). Au début du XVIIIe siècle, des travaux d’assainissement du vallon de Beaurevoir ont été la cause d'un apport important de terre dans la zone de la source, à la suite de quoi la source de l’Escaut disparut de Ponchaux, pour réapparaître à environ 4 km de là, à son emplacement actuel de Gouy, à côté de l’abbaye du Mont-Saint-Martin.

L'Escaut qui traversait l'ancienne et vaste forêt charbonnière a été utilisé pour la navigation fluviale au moins depuis l'Antiquité romaine, et peut-être au néolithique sur des pirogues.

L'Escaut a longtemps servi de frontière naturelle entre la France et le Saint-Empire romain germanique, tout en jouant un rôle déterminant dans le développement économique et politique de la Flandre, du Brabant et du Hainaut du haut Moyen Âge à nos jours. Il est l'un des quatre fleuves attribués à la « France des quatre fleuves ».
Les Romains y ont circulé et une pirogue gallo-romaine, monoxyle de chêne (5 m x 0,4 m x 0,27 m) a été trouvée en 1986 près de ses rives. Les Vikings ont également évolué. Du haut Moyen Âge, il ne reste que peu de traces de navigation, hormis quelques textes et témoignages archéologiques[6],[7].

Le cours aval de l'Escaut a probablement été bouleversé par les transgressions marines dite « transgression maritime Dunkerke I et II, pour la période gallo-romaine et carolingienne » (maximum vers 800, à l'époque de Charlemagne), qui a noyé une partie des Flandres et une grande partie des actuels Pays-Bas.

De plus, au fur et à mesure que le temps passait, à cause des défrichements, du labour des terres et des rejets urbains, il n'a cessé de s'envaser avec des sédiments qui ont gagné jusqu'à 3 mètres d'épaisseur.

Au XIIIe siècle, on fabriquait à Douai des escarpoises capables d'affronter la mer et les tarifs de Tonlieux citent sur la Scarpe des nefs de 10 m de long pour 2 de large (de 14 à 15 tonneaux), alors qu'à Valenciennes ils citent des navires plus importants (jusqu'à 48 tonneaux)[8]Sivéry 1980, pages 829 à 831.

En 1863, après des négociations longues et difficiles avec les Pays-Bas, Auguste Lambermont obtint la levée du péage sur l'Escaut, perçu depuis 1839, permettant ainsi le développement du port d'Anvers.

Vauban l'utilisa pour défendre les places fortes de Valenciennes, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut et Cambrai; en 1870 il servit à arrêter les Prussiens.

En 1780, après de longs travaux de canalisation, il a été classé navigable à partir de Cambrai jusqu'à la mer.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940, les Alliés franco-britanniques tiennent tête aux Allemands du 20 au 27 mai 1940 sur le fleuve.

En 1944, une autre bataille oppose Alliés aux Allemands pendant la libération de la Belgique et des Pays-Bas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charriau, A., 2009. Étude de la contamination organique et métallique associée aux sédiments du district hydrographique international de l’Escaut. In: Chemistry. Université de Lille-1, Lille.
  2. Rencontres scientifiques : La contamination de la faune piscicole du district international de l’Escaut et des régions voisines (nov. 2007)
  3. règlement CEE 2006 = > Ne pas dépasser pour les PCB 0,3 mg/kg en poids frais pour le poisson en général, et 0,45 mg/kg en poids frais pour l’anguille
  4. SANDRE, « Fiche rivière Escaut (E1280600) » (consulté le 18 octobre 2008)
  5. SANDRE, « Fiche l'escaut canalisée (E---004-) » (consulté le 18 octobre 2008)
  6. On y a notamment découvert des figures de proue du haut Moyen Âge, à Appels, Mariakerke, à Zele, au confluent d'avec la Durme et à Wetteren. Des restes d'embarcations entière ont été trouvés à Pommerœul, à Ramegnies-Chin, ainsi qu'après Tournai (pirogue monoxyle à Oosterweel du XIe siècle) et avant Anvers (large chaland du IIIe siècle). Des reliques de port ont été mises au jour à Pommerœul avec les restes de deux bateaux dont un chaland plat d'environ 18 m x 3 m x 0,67 m (construction monoxyle assemblée)
  7. Les portus de la vallée de l’Escaut à l’époque carolingienne. Analyse archéologique et historique des sites de Valenciennes, Tournai, Ename, Gand et Anvers du IXe au XIe siècle. (Florian Mariage)
  8. [42]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]