Blavet (Bretagne)

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le Blavet
La chapelle Saint-Gildas, au bord du Blavet à Bieuzy.
La chapelle Saint-Gildas, au bord du Blavet à Bieuzy.
Caractéristiques
Longueur 148,9 km [1]
Bassin 1 974 km2 [réf. nécessaire]
Bassin collecteur Blavet
Débit moyen 26,7 m3/s (Languidic) [2]
Régime pluvial océanique
Cours
Source Kerborn
· Localisation Bourbriac
· Altitude 280 m
· Coordonnées 48° 26′ 55″ N, 3° 14′ 39″ O
Embouchure Rade de Lorient - Atlantique
· Localisation Lanester/Locmiquélic
· Altitude 0 m
· Coordonnées 47° 44′ 20″ N, 3° 20′ 30″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Dourdu, Sulon, Daoulas, Saint-Niel, Ével
· Rive droite Doré, Sarre, Brandifout, Coet-Organ
Pays traversés Drapeau de la France France
Régions traversées Bretagne
Principales localités Gouarec, Pontivy, Lochrist, Hennebont, Lanester

Sources : SANDRE:« J5--0210 », Géoportail, Banque Hydro

Le Blavet est un fleuve côtier français de Bretagne qui coule dans les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan et se jette dans l'océan Atlantique près de Lorient.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Blavet se nomme ar Blavezh en langue bretonne. Il est issu du breton blavet signifiant « eau jaillissante, eau courante » ou d'une racine préceltique signifiant marécageux[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Le Blavet est un cours d'eau long de 148,9 km[1]. Son cours suit une orientation générale Nord-Sud qui marque en grande partie la ligne de contact entre des massifs granitiques, à l'ouest (batholite de Pontivy-Rostrenen), et une vaste zone de schistes tendres briovériens à l'est (domaine centre armoricain) s'étendant jusqu'à la Mayenne. Cette adaptation à la structure géomorphologique se traduit par une asymétrie du profil latéral de la vallée, marquée par des escarpements prononcés sur la rive droite, favorables à l'implantation de sites de hauteur, et une relative uniformité du relief sur la rive gauche où des formations métamorphiques marquent souvent la transition avec les zones de schistes tendres[4].
Il arrose successivement les départements des Côtes-d'Armor et du Morbihan avant de terminer sa course sous la forme d'un vaste estuaire dans la rade de Lorient.
Son cours, en grande partie artificiel, a été aménagé par l'homme pour ses besoins (production d'électricité, navigation, fourniture d'eau potable, régulation du débit) au cours des deux derniers siècles et peut être divisé en plusieurs sections : le Haut Blavet en amont de Gouarec, la section du Canal de Nantes à Brest de Gouarec à Pontivy, la section du Canal du Blavet de Pontivy à Hennebont et l'estuaire en aval d'Hennebont. À mi parcours, au niveau du canal de Nantes à Brest, son cours est brusquement interrompu par le barrage de Guerlédan qui donne naissance au plus grand lac artificiel de Bretagne, le lac de Guerlédan.

Description de son cours[modifier | modifier le code]

De sa source à Pontivy[modifier | modifier le code]

Le Blavet au niveau du lac de Guerlédan lors de l'assec 2015.
Le Blavet canalisé à Pontivy.

Le Blavet prend sa source dans les Côtes-d'Armor, à la limite des Monts de Haute-Cornouaille et du Trégor, à 5 km au sud-ouest du bourg de Bourbriac, à une altitude de 280 m. Il se dirige dans un premier temps vers le sud-ouest et alimente l'étang du Blavet puis il se dirige vers le sud et forme la retenue d'eau potable de Kerné-Uhel, puis près de Trémargat il s'enfonce dans de profondes gorges dont les versants sont couverts de bruyères et d'ajoncs touffus, les gorges de Toul-Goulic, et disparait complètement sous un amoncellement de rochers granitiques sur une distance de 300 à 400 mètres. C'est la perte du Blavet, résultat de plusieurs millions d'années de travail d'érosion de la roche par l'eau. Il poursuit ensuite sa route en direction du sud jusqu'à Gouarec où il tourne brusquement vers l'est à la confluence avec le Doré, important affluent de sa rive droite. Son cours se confond alors avec celui du canal de Nantes à Brest jusqu'à Pontivy. Ce canal est régulé par un système d'écluses construites dans la période post-napoléonienne. En aval des ruines de l'ancienne Abbaye de Bon Repos, à la confluence avec la rivière de Daoulas, son lit s'élargit considérablement à la suite de la construction d'un barrage hydroélectrique barrant son cours à la hauteur du village de Guerlédan. Ce barrage, achevé en 1930 pour l’électrification du Centre-Bretagne, a noyé 17 écluses du canal de Nantes à Brest et interrompt la navigation sur celui-ci. Le Blavet forme alors un lac de 12 km de long, large de quelques centaines de mètres, aux rives accidentées et boisées, bordé sur sa rive sud par la forêt de Quénécan. Avant la construction de l'actuel barrage, le Blavet coulait entre deux chaines de coteaux escarpées, talus de schistes grisâtres qui dominaient ses eaux de 100 à 150 mètres. Après Guerlédan, le Blavet se redirige à nouveau vers le sud et coule à travers une large vallée jusqu'à Pontivy. Douze écluses jalonnent ce tronçon.

De Pontivy à la rade de Lorient[modifier | modifier le code]

Le Blavet à Saint-Nicolas des Eaux.
Le Blavet à Hennebont.

À partir de Pontivy, et jusqu'à Hennebont où commence la navigation maritime, le Blavet est artificiellement navigable pendant 59,6 km sous le nom de canal du Blavet grâce à la présence de 28 écluses qui lui permettent de franchir un dénivelé de 54 mètres[5]. Il coule dans un premier temps en direction du sud-ouest voire du sud-sud-ouest en décrivant de larges méandres et sa vallée étroite et sinueuse sert de cadre à la ligne de chemin de fer Pontivy-Auray puis arrivé à la hauteur du bourg de Baud il coule sur une dizaine de km en direction de l'ouest avant de reprendre sa route en direction du sud-ouest. À la hauteur de Saint-Nicolas des Eaux, le Blavet forme une boucle particulièrement serrée. Il donne naissance à une curiosité géographique : la butte de Castennec, une presqu'île abrupte entourée par la rivière. Le percement d'un tunnel dans la butte a été nécessaire pour permettre à la ligne de chemin de fer d'emprunter sa vallée. Sur cette partie de son cours, il est rejoint par ses deux plus importants affluents : la Sarre sur sa rive droite à Melrand puis l'Ével sur sa rive gauche à Baud. À partir de l'écluse de Polvern, dernière écluse du canal du Blavet, un peu en amont d'Hennebont, l'influence des marées commence à se faire sentir et le lit du Blavet commence à s'élargir aussitôt après pour former un vaste estuaire de 15 km de longueur. À son embouchure, ses rives, distantes de plus de 500 mètres, séparent les villes de Lanester et de Locmiquélic. Il termine sa route dans la rade de Lorient où il est rejoint par le Scorff.

Affluents[modifier | modifier le code]

Le Blavet est grossi d'amont en aval par les eaux des cours d'eau suivants :

Rive droite[modifier | modifier le code]

  • le Saint Georges (9,0 km)
  • le Belle Chasse (10,8 km)
  • le Doré ou Petit Doré (17,4 km)
  • le Toul Brohet (11,6 km)
  • le Guernic (9,5 km)
  • la Pierre Fendue (9,2 km)
  • la Sarre (35,3 km)
  • le Brandifrout ou Ruisseau de Brûlé (18,3 km)
  • le Coet-Organ ou Moulin de Tallené (13,5 km)
  • le Kerollin (11,9 km)
  • le Kergonan (10,2 km)
  • le Plessis (12,4 km)

Rive gauche[modifier | modifier le code]

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Carte de l'embouchure du Blavet.

Débits du Blavet à Languidic[modifier | modifier le code]

Le Blavet est un fleuve fort abondant, à l'instar de la plupart des cours d'eau de Bretagne occidentale, mais assez irrégulier. Son débit a été observé durant une période de 25 ans (1983-2007), à Languidic au lieu-dit du Quellenec, localité du Morbihan située à huit kilomètres en amont d'Hennebont, donc à près de 20 kilomètres de son embouchure à Lorient[2]. La surface prise en compte est de 1 951 km2, soit plus de 95 % la totalité du bassin versant du fleuve, à l'exclusion du bassin du Scorff.

Le module du fleuve à Languidic est de 26,7 m3/s.

Le Blavet présente des fluctuations saisonnières de débit très marquées, comme c'est le cas de la plupart des cours d'eau de la France de l'Ouest coulant sur le vieux socle armoricain fort peu perméable. Les hautes eaux se déroulent en hiver ainsi qu'au début du printemps, et se caractérisent par des débits mensuels moyens oscillant entre 39,3 m3/s et 59,9 m3/s, de décembre à mars inclus, avec un maximum en janvier (59,9 m3/s) puis février (56,4 m3/s). Les basses eaux ont lieu en été, de fin juin à fin septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 6,06 m3/s au mois d'août et 6,76 m3/s en septembre. Dès le mois d'octobre, le débit reprend vigueur (voir histogramme).

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : J5712130 - Le Blavet à Languidic (Quellenec) pour un bassin versant de 1 951 km2[2]
(données calculées sur 26 ans)
Source : Banque Hydro - MEDDE

Mais ce ne sont là que des moyennes mensuelles, et les fluctuations de débit sont bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années.

Étiage ou basses eaux[modifier | modifier le code]

À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 1,6 m3/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui ne peut pas être vraiment qualifié de sévère. Le VCN3 est de 1,11 m3/s et a été mesuré entre le 26 et le 28 septembre 1993.

Crues[modifier | modifier le code]

Les crues peuvent être très importantes compte tenu de la taille déjà importante de ce fleuve et de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 160 et 230 m3/s. Le QIX 10 est de 280 m3/s, le QIX 20 de 330 m3/s, tandis que le QIX 50 se monte à 390 m3/s. Ces chiffres correspondent à plus ou moins 40 % des valeurs de crue de l'Yonne par exemple, alors que cette dernière possède un bassin versant 5,5 fois plus vaste et que son module vaut 3,5 fois celui du Blavet.

Le débit instantané maximal enregistré à Languidic durant cette période, a été de 518 m3/s le 6 janvier 2001, tandis que la valeur journalière maximale était de 439 m3/s le même jour. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était largement supérieure au niveau défini par le QIX 50, et donc probablement plus que centennale.

Lame d'eau et débit spécifique[modifier | modifier le code]

Le Blavet est bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 434 millimètres annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, ainsi qu'à la moyenne du bassin de la Vilaine assez proche par exemple (225 millimètres à Rieux). Le débit spécifique (ou Qsp) du fleuve atteint 13,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Débits des cours d'eau du bassin du Blavet[modifier | modifier le code]

Cours d'eau Localité Débits en m3/s Côte
max(m)
Max.
instant.
Max.
journ.
Lame
d'eau
(mm)
Surface
(km²)
Module VCN3
(étiage)
QIX 2 QIX 5 QIX 10 QIX 20 QIX 50
Blavet Kerien 0,37 0,021 2,5 3,7 4,5 5,3 6,3 0,818 6,05 5,22 569 20,6
Blavet Plounevez-Quintin 1,67 0,078 11 15 18 20 23 2,14 16,80 16,80 510 104
Blavet Mûr-de-Bretagne 10,80 0,37 - - - - - - - 195 554 620
Blavet Neulliac 12,30 1,30 87 130 150 180 - 1,69 186 172 450 867
Blavet Languidic 26,60 2,00 160 230 280 330 390 2,23 518 439 432 1951
Evel Guénin 3,28 0,028 27 41 50 58 70 2,96 62,60 53,60 329 316
Coet-Organ Quistinic 0,81 0,072 6,5 9,6 12 14 16 1,17 17,10 13 538 47,7

Qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

Le Blavet est l'une des sources d'eau potable de l'agglomération de Lorient. En raison d'une qualité de l'eau dégradée, par les matières organiques et les résidus de pesticides notamment, l'usine de potabilisation de l'eau de Lorient - appelée Usine de Coët er Ver - a été équipée d'un réacteur à charbon actif en poudre et d'un dispositif d'ultrafiltration, qui débarrasse l'eau de la plupart des micropolluants (de même que pour l'usine « du Petit Paradis », d'une capacité de 25 200 m3/jour en 2016, qui puise elle dans le Scorff[10]).

Loisirs[modifier | modifier le code]

Le bassin d'eau vive de kayak sur le bras de Locastel à Inzinzac-Lochrist.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Blavet (J5--0210) » (consulté le 19 mai 2012)
  2. a, b et c Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - Le Blavet à Languidic (Quellenec) (J5712130) » (consulté le 17 mars 2013)
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, , p. 1031.
  4. Carte archéologique de la Gaule. Le Morbihan, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, , p. 80.
  5. Adolphe Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, tome 1, A-B, 1890, consultable sur [1]
  6. http://pays.gerledan.argoat.over-blog.com/article-les-gorges-de-poulancre-saint-gilles-du-vieux-marche-73155983.html
  7. http://pinpinonline.online.fr/dotclear/index.php/2007/07/31/84-les-gorges-de-poulancre
  8. http://www.federation-peche22.com/No54-Etang-de-Poulancre.html
  9. http://fr.topic-topos.com/manoir-de-poulancre-saint-gilles-vieux-marche
  10. Pauline Rey-Brahmi, eau potable sans micropolluants à Lorient, publié le 01/04/2016 par Environnement magazine