Métropole

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New York, métropole mondiale
Paris, autre métropole d'importance mondiale

Une métropole (emprunt du bas latin metropolis « capitale d'une province » et du grec mêtropolis « ville mère ») est la ville principale d'une région géographique ou d'un pays, qui, à la tête d'une aire urbaine importante, par sa grande population et par ses activités économiques et culturelles, permet d'exercer des fonctions organisationnelles sur l'ensemble de la région qu'elle domine. Elle n'est pas obligatoirement la capitale du pays comme New York qui est la plus grande métropole des États-Unis alors que Washington est sa capitale. Par extension, une métropole est un endroit où se concentre une activité, comme Berlin qui serait devenue une métropole de la mode[1] comme Los Angeles est la métropole du cinéma[2]. Tokyo est une métropole qui se caractérise par son nombre de sièges sociaux (banques ou entreprises).

La métropole désigne aussi, pour certains pays, le territoire continental ou central par rapport à ses territoires extérieurs ou collectivités d'outre-mer. Par exemple, la France métropolitaine est appelée « la métropole » par opposition aux territoires français situés outre-mer[3], la guerre d'indépendance des États-Unis opposa certains colons britanniques d'Amérique du Nord, à leur métropole, la Grande-Bretagne.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans la Grèce antique, la métropole est la « cité mère » par rapport à ses colonies, puis dans la Rome antique la capitale administrative d’une province.

Dans l’administration religieuse (notamment chrétienne), une métropole est un chef-lieu d’une région[4], celui d'une province ecclésiastique où siège l'archevêque métropolitain pour les catholiques, celui où siège le métropolite pour les orthodoxes. De nos jours, les métropoles orthodoxes sont des juridictions[Note 1].

Lyon est une métropole ecclésiastique[5] et régionale[6].

La métropole comme pôle urbain[modifier | modifier le code]

São Paulo, métropole du Brésil

On considère en général le caractère de métropole d'une ville non pas selon sa taille, mais si elle correspond aux caractéristiques définissant une métropole. On peut considérer la métropole à différentes échelles, de la ville mondiale à la métropole.

On peut considérer comme métropole une ville :

  • concentrant une population relativement importante donc plus de 3 000 000 d'habitants en ce qui concerne les métropoles de rayonnement international. Néanmoins, on peut déterminer plusieurs niveaux de métropoles (ville monde, métropole européenne, métropole régionale), avec des seuils différents ;
  • avec des fonctions de commandement dans les domaines économique, financier, dans une moindre mesure politique, culturel ou de la recherche ;
  • influençant l'organisation des activités industrielles et tertiaires en son sein et sur le territoire sur lequel elle rayonne et a un effet d'entraînement, une situation favorisée par le positionnement sur une interface ;
  • à la tête d'un réseau urbain ;
  • ayant un pouvoir d'impulsion et d'organisation ;
  • représentant un lien avec l'échelon le plus élevé (national ou international) ;
  • concentrant une main-d'œuvre qualifiée, des emplois stratégiques et périproductifs, dans le tertiaire industriel ;
  • ayant un rayonnement touristique et une réputation mondiale affirmés ;
  • ayant un grand réseau universitaire et des activités de recherche-développement dynamiques ;

On désigne par métropolisation le phénomène de formation ou de renforcement d'une métropole par concertations des fonctions de commandements, de communication et des emplois de haut niveau (services rares), et par concentration de la population, à la fois marché d'emploi et de consommation, en son sein.

Échelle mondiale[modifier | modifier le code]

Les grandes métropoles de l'Union européenne (LUZ - Eurostat)

Au niveau mondial, on parle plus couramment de « ville mondiale » ou de « ville globale ». Plusieurs classements existent et mentionnent généralement en tête de liste New York, Londres, Tokyo, Paris voire Chicago.

Article détaillé : Ville mondiale.

Échelle nationale[modifier | modifier le code]

Montréal, métropole du Québec

Une métropole à l'échelle nationale correspond le plus souvent à la ville qui se situe en tête du réseau urbain national.

Il existe différents cas de figure :

  • certaines métropoles, comme Paris, Londres, Athènes, occupent une position tellement démesurée par rapport aux villes qui les entourent qu'on parle de réseaux urbains macrocéphales (du grec, signifie grosse tête) dominés par une ville primatiale ;
  • au contraire, certains pays disposent d'un réseau urbain plus équilibré : c'est le cas, par exemple, des États-Unis, du Canada, de l'Allemagne et de la Belgique qui sont des États fédéraux. En Belgique, la ville-région de Bruxelles-Capitale est le centre urbain le plus important du pays et situé au centre de celui-ci. Par contre, certains états ou provinces possèdent une capitale et une métropole distincte de celle-ci, l'une politique et administrative et l'autre économique et/ou industrielle. C'est le cas des États-Unis d'Amérique avec Albany, capitale politique et administrative de l'État de New York, alors que la métropole est New York.

Échelle régionale[modifier | modifier le code]

Marseille, métropole de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur[7]

La métropole régionale est un lieu où se trouvent centralisées certaines fonctions importantes, notamment économique, sociale, politique et culturelle à l'échelle de la région. Les métropoles régionales, en tête de leur réseau urbain local, sont incluses dans les réseaux urbains nationaux.

L'urbaniste François Ascher considère comme niveau d'analyse permanent celui de la « métapole », qu'il définit comme « l'ensemble des espaces dont tout ou partie des habitants, des activités économiques ou des territoires sont intégrés dans le fonctionnement quotidien d'une métropole[8]. » Pas nécessairement continue, la métapole comporte au moins quelques centaines de milliers d'habitants.

En France[modifier | modifier le code]

La Métropole[modifier | modifier le code]

En France, le terme métropole peut prendre un sens différent et désigner l'ensemble des parties européennes de la France, que l'on appelle France métropolitaine ou Métropole. Elle comprend son territoire continental et les îles proches de l'océan Atlantique, de la Manche et de la mer Méditerranée, comme la Corse. Du temps des colonies françaises, la France d'outre-mer référait l'Hexagone comme la France métropolitaine. Toutefois, cet usage tend à être remplacé par le terme Hexagone [9].

Les métropoles[modifier | modifier le code]

En France, une métropole est également, depuis la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (loi MAPTAM) de 2014[10], un type d'Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre. C'est la forme la plus intégrée d'intercommunalité en France. Lors de sa création, la métropole se substitue de droit aux EPCI qui étaient dans son périmètre. Elle ne concerne que :

  • les territoires de plus de 400 000 habitants situés dans une aire urbaine de plus de 650 000 habitants dont la transformation en métropole est obligatoire :
    • sont d'abord concernées 3 grandes agglomérations de Paris, Lyon et Marseille - Aix-en-Provence, qui sont transformées en métropoles à statut particulier en raison de leur étendue, de leur poids démographique et économique dans leur région respective, et des statuts particuliers déjà existants sur leur commune centre ; toutefois la métropole de Lyon n'est pas (en dépit de son nom) réellement une métropole ni même un EPCI, mais une collectivité territoriale à statut particulier qui (au delà des autres caractéristiques des métropoles) se substitue à la collectivité territoriale de son ancien département ;
    • sont également concernées les 9 agglomérations de Bordeaux, Grenoble, Lille, Nantes, Nice, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse, qui sont transformées en métropoles de droit commun ;
  • d'autres territoires de plus de 400 000 habitants dans lequel se situe un chef-lieu de région ou qui sont au centre d'une zone d'emploi de plus de 400 000 habitants où elles jouent un rôle stratégique sur leur région, et dont la transformation en métropole est possible mais qui ne se fera qu'à leur demande :
    • sont concernées les 2 agglomérations de Brest et Montpellier, qui sont transformées en métropoles de droit commun ;
    • seront bientôt concernées les 2 agglomérations de Nancy et Tours, qui sont appelées à être transformées de la même façon.

Ces 16 métropoles (actuelles ou appelées à le devenir) sont situées dans onze des douze actuelles régions de France métropolitaine :

  • cinq des douze régions métropolotaines compteront chacune deux métropoles : les régions Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (avec les métropoles de Strasbourg et Nancy), Bretagne (avec les métropoles de Rennes et Brest), Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (avec les métropoles de Toulouse et Montpellier) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (avec les métropoles d'Aix-Marseille-Provence et Nice), ainsi que la région Auvergne-Rhône-Alpes (avec les métropoles de Lyon et Grenoble, bien que celle de Lyon ne soit pas réellement une métropole) ;
  • dans la région Centre-Val de Loire, c'est l'agglomération de Tours qui est pour l'instant seule appelée à se transformer en métropole, et non celle de son actuel chef-lieu Orléans (bien que son aire urbaine atteigne elle aussi le seuil des 400 000 habitants, ce n'est pas le cas de son territoire intercommunal) ;
  • dans une seule des régions métropolitaines n'est actuellement prévu aucune métropole : la région Bourgogne-Franche-Comté (l'aire urbaine de Dijon, qui devrait en devenir le chef-lieu, n'est pas très éloignée du seuil des 400 000 habitants mais son actuel territoire intercommunal en est encore très loin) ;
  • dans la collectivité territoriale de Corse et les cinq régions d'outre-mer n'est également prévu aucune métropole.

Ne sont pas encore concernés non plus les territoires intercommunaux au centre des 2 aires urbaines de Douai - Lens-Liévin et de Metz, bien qu'elles comptent plus de 400 000 habitants, d'une part parce que leurs intercommunalités ne rassemblent pas les 400 000 habitants habitants nécessaires, d'autre part car leur position au sein de leur région entre en concurrence directe avec une autre métropole proche (la métropole de Lille déjà créée, ou l'agglomération de Nancy qui remplit les critères pour devenir une métropole) et ne sont pas considérées comme jouant un rôle stratégique au sein de leur région. Ne sont pas concernés non plus les territoires intercommunaux des agglomérations de Caen, Angers, Clermont-Ferrand, Saint-Étienne, Avignon et Toulon, dont les aires urbaines correspondantes dépassent également le seuil des 400 000 habitants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, la métropole orthodoxe grecque d'Allemagne.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Langevin, J.-C. Juan, Marseille. Une métropole entre Europe et Méditerranée, La Documentation française, 224 pages, (ISSN 1763-6191)
  • Allen J. Scott (éd.) Global City Regions: Trends, Theory, Policy, Oxford University Press (2001).
  • Monti, Daniel J., Jr., The American City: A Social and Cultural History. Oxford, England and Malden, Massachusetts: Blackwell Publishers, 1999. 391 pp. ISBN 978-1-55786-918-0.
  • Marie-Christine Steckel-Assouère, (dir.), Regards croisés sur les mutations de l'intercommunalité, Éditions L'Harmattan, coll. GRALE, avril 2014, 484 p. ISBN 978-2-343-03033-3.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]