Savoyard (langue)

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Savoyard
Savoyâ
Pays France
Région Savoie
Nombre de locuteurs 35 000 [1]
Typologie syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Institut de la langue savoyarde
Codes de langue
IETF frp[2]
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Savoyard (dialecte du pays de l'Albanais)
Artiklyo prômi

Tô lou étre umin naisson libro è égalo ê dinyitâ è ê drè. É san fé dè rèzon è dè konchêssa è dèvan aji lou on avoué lou z'âtro djê on èspri dè fratarnitâ.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Savoyard.
Les dialectes arpitans dans les deux départements savoyards.
Les parlers savoyards font partie du domaine linguistique arpitan.

Le savoyard (savoyâ en savoyard) est le nom communément donné au francoprovençal ou arpitan parlé en Savoie, mais il comporte un certain nombre de différences avec les autres dialectes francoprovençaux. C'est d'ailleurs la langue Francoprovençale la plus parlée en France, avec un nombre de locuteur estimé à 35 000 personnes. Le savoyard (n'étant pas un patois, au sens péjoratif du terme.) est compris dans la charte européenne des langues minoritaires. Cependant, le savoyard est lui-même subdivisé en de nombreux sous-dialectes dans presque toutes les grandes vallées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le savoyard est une langue Gallo-romane issue de différentes langues, dont les plus importantes sont, le Latin et les dialectes gaulois. Né durant l'époque Carolingienne[3] en même temps que le reste de l'aire linguistique Francoprovençale, le savoyard va connaitre différentes évolutions et scissions qui forgerons la langue savoyarde actuelle et ses différentes variantes selon les vallées.

Les premières traces du savoyard remontent à l'époque Carolingienne, lors de la division qu'il y eut entre l'aire linguistique d’Oïl et l'aire linguistique Francoprovençale. L’éventement à l'Origine de cette séparation est le changement de Capitale qui s'opéra sous le règne de Clovis (règne: 481/482)[4]. La Capitale du royaume passe alors de Lyon (Lugdunum) à Paris. C'est donc suite à cet éventement que les deux aires linguistiques se séparent. La modification de la langue en pays d'Oïl ne sont donc plus forcement acceptées par l'aire Francoprovençale. Un des exemples le plus marquant est l'abandon par la langue d'oï, et non par le Francoprovençal, des voyelles finales atone (exemple: le Latin rosa donne rose en Français.). Dans le même temps, des mots d'origine gauloise et ou celtique sont incorporés dans la langue. On peut citer comme exemple, le mot Bligiticare, signifiant traire en gaulois, qui en savoyard a donné bleshi ou blestyé, signifiant finir de traire, ou traire une seconde fois. Ce terme est à l'origine du nom reblochon, fromage savoyard. On peut aussi parler des invasions barbares (principalement des Burgondes) qui apportèrent leur culture ainsi que leur langue.

Il faut donc noter des emprunts aux langues celtiques (ex : Nant ou nan = ruisseau, torrent) et Burgondes (restant peu présentes). Mais aussi à l'occitan, et quelques-uns à la langue d'oc. Mais la principale langue à l'origine du savoyard, et des autres langues romanes est le latin (voyelles finales latines inaccentuées, comme dans le nom de village Giettaz se dit « Zietta »,le « a » final n'étant presque pas entendu).

Le savoyard fut et reste une langue géographiquement variable car la formation d'une langue unitaire francoprovançale ne fut pas facilitée par les répartitions territoriales qu'a connues la région Rhône-alpes. Seuls la Savoie, le Val d’Aoste, le Vaud, le Genevois et le Valais connurent une indépendance linguistique plus grande (car n’étant pas rattachés à la France). Une autre cause à l'origine des variations du savoyard est la présence de montagnes. Effectivement, cet obstacle naturel ne facilite pas les déplacement (relief accidenté, enneigement important...), et est la cause de l'isolement de nombreux villages et hameaux. L’impacte majeur de cette pseudo-autarcie est que les variations se font sentir entre certaines vallées, parfois même entre certains villages[5]. Le francoprovençal a cependant continué à être utilisé dans la majeure partie des Alpes du Nord (Dauphiné, Lyonnais, Bresse inclus). Mais l'apprentissage obligatoire du français, la Première Guerre mondiale et la modernisation n'ont fait qu’accélérer le mécanisme de diminution de la langue savoyarde déjà enclenché. Cependant, on voit un engouement de plus en plus présent pour le savoyard, cela étant principalement dû au tourisme et à la prise de conscience concernant la richesse patrimoniale que représente le Savoyard, car cette langue reflète la "culture savoyarde", la façon de vivre, de cohabiter dans les montagnes alpines. De plus, le Savoyard est dispensé dans des écoles bilingues par l'association des enseignants de Savoyard[6] et par des associations de "patoisants" dans différentes communes (comme Arvilard.).

Particularités[7][modifier | modifier le code]

Parmi les dialectes francoprovençaux, le savoyard possède certaines spécificités, d'une part de traitement phonétique, d'autre part de corpus lexical.

  • On cite souvent, comme particularisme phonétique, la palatalisation du groupe latin /ca/, qui, selon les cas, évolue en đ (région d'Annecy), st dans le Val d'Arly, Beaufortain, ts en Maurienne et Val d'Aoste. Ainsi, *chan < campus donne [đã], [stã] ou [tsã] suivant les vallées.
  • Parmi le corpus lexical, outre les espèces végétales propres à l'étage montagnard : verne, varoche (aulne vert), fayâr (hêtre), darbè (sapin), vârnyo (sapin blanc), stardosse (carline)… on trouve aussi, par exemple, beaucoup de termes liés à la météorologie : bacan, bourtan (mauvais temps), coussie (tempête), royé (averse), ni[v]ole (nuage)… à l'environnement : clapia, pierrier (éboulis), égrâ (escalier), balma (grotte), tova (tourbière), lanche (ou lanste) (champ en pente) à l'origine du mot savoyard devenu français avalanche, en savoyard ava (descendre) et lanche ou lanste (champ, champ en pente), et des expressions originales comme « faré la pota », faire la moue, « être loin », s'en aller… Autant de créations linguistiques qui distinguent fortement le savoyard des dialectes d'oïl et d'oc.
  • Une autre caractéristique importante est la définition des jours de la semaine, bon nombre de langues romanes partagent le modèle de : LUNÆ DIES, MARTIS DIES, MERCURII DIES... Tandis que le savoyard (ainsi que le valdôtain) l'ont inversé (DIES LUNÆ , DIES MARTIS...), donnant :

delon, demâr, dmékre (ou dmékro), dzyeu (ou dzhou), dvandre, desandre (ou dsando), demanze .

  • Le savoyard doit ses différences en rapport aux autres dialectes de l'arpitan notamment aux emprunts à l'italien, dus aux rapports entre le Duché de Savoie et ce qui est maintenant l'Italie septentrionale. Cela explique aussi une grande proximité avec le valdôtain.

Le francoprovençal parlé dans les Alpes fait l'objet d'une étude détaillée au Centre de dialectologie de l'Université de Grenoble, d'abord sous la direction de Gaston Tuaillon, maintenant retraité, et actuellement sous celle de Michel Contini, son successeur.

État actuel de la langue savoyarde[modifier | modifier le code]

Usage par la population[modifier | modifier le code]

Panneau bilingue français-arpitan, installé en Savoie en 2014.

Le savoyard est encore utilisé dans certains milieux ruraux et parfois à usage touristique par le biais du parler savoyard, usage de certaines expressions[8]. Dans les années 1990, il y eut un engouement pour la traduction d’expression en savoyard dans le milieu des sports d'hiver, comme Todrè daré lou bochon signifiant « Seulement derrière les arbustes », ou encore les expressions techniques comme le "Ouedzet" qui signifie "Grabe" en snowboard, ou peuf (« neige poudreuse ») venant du savoyard peufe qui signifie poussière[réf. nécessaire].

Certaines communes installent des panneaux bilingues Français/Savoyard, et mettent parfois en place des cours de savoyard dispensés par des bénévoles, comme la commune d'Arvillard (Arvelâ), dans le département de la Savoie[9].

Néanmoins, une étude conduite en 2009 avec l’Institut Pierre Gardette (université catholique de Lyon)[10] montre que le nombre de locuteurs est faible et que la transmission familiale de la langue a cessé depuis plusieurs décennies.

Enseignement du Savoyard dans les écoles[modifier | modifier le code]

Le savoyard est enseigné dans certaines écoles savoyarde par l'Association des Enseignants de savoyard. Cette association fut créée à la fin des années 1990 par Marc Bron, actuel président de l'association, en ayant pour but de conserver et surtout de transmettre cette langue aux générations futures.

Mais aussi d'autres objectifs sont présents, comme la reconnaissance de cette langue (reconnue en Italie), ou encore la possibilité pour les élèves bilingues qui le souhaitent de pouvoir passer le baccalauréat en arpitan Savoyard. En tout plusieurs centaines d’élèves étudient cette langue. Pour pouvoir échanger entre écoles, divers concours de théâtre en savoyard et autres sont organisés[11]

Opinion[modifier | modifier le code]

Selon une enquête qui avait été réalisé pour le compte d'un journal régionaliste en février 2001[12] par les étudiants de l'IUT d'Annecy-le-Vieux sous la direction de Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard et :

  • 71 % des personnes interrogées souhaitent conserver le savoyard ;
  • 37 %, l'apprentissage par l'école ;
  • 31 %, les cours du soir ;
  • 40 %, la mise en place de menus bilingues dans les restaurants, des panneaux à l'entrée des agglomérations écrits dans les deux langues et la possibilité de choisir la savoyard comme langue en option au baccalauréat ;
  • 4 personnes sur 5 déclarent l'avoir déjà entendu utiliser dans une conversation ;
  • 7 % seulement disent le parler ;
  • une personne sur deux pense que le savoyard doit être transmis aux générations futures et qu'il faut mettre en place des écoles bilingues pour les familles qui le souhaitent.

Ouvrages en francoprovençal ou arpitan savoyard[modifier | modifier le code]

Panneau bilingue à Sallanches. « A'rvi pâ » signifie: A bientôt, à la prochaine.

Ces dernières années, des bandes dessinées ont été traduites dans la variété savoyarde de l'arpitan[13]. C'est le cas notamment avec Fanfoué des Pnottas, une production chablaisienne, traduite par Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard (AES). Ce dernier a également adapté un album de Gaston Lagaffe, devenu Gust Leniolu.

En 2007, l'Aliance Culturèla Arpitana a lancé à Cervens (Chablais) l'album L'afére Pecârd, traduction de L'affaire Tournesol en francoprovençal. Dans cette aventure de Tintin, le héros parle la variété savoyarde de l'arpitan, avec des tournures empruntés en particulier à la région de Thônes. L'album est écrit dans l'orthographe ORB.

Il existe de nombreux dictionnaire dont un relativement complet: La Giettaz : le patois du haut Val d'Arly, fait par les derniers patoisants de La Giettaz ainsi que Gaston Tuaillon pour la préface.

Associations de référence[modifier | modifier le code]

Afin de coordonner les travaux et initiatives concernant le savoyard, un certain nombre d'associations de référence existent :

Tableaux de comparaison[modifier | modifier le code]

Général[modifier | modifier le code]

Latin Savoyard Français Piémontais Valdôtain Occitan Italien
clavis klyâ clef / clé ciav cllou clau chiave
cantare stantâ, tsantâ, shantâ chanter canté tsanté cantar (nord occ. chantar) cantare
capra chèvra, styévra, tchévra chèvre crava tchiévra cabra (nord occ. chabra, gasc. craba) capra
lingua langa langue lenga lenva lenga lingua
nox, noctis nuit neuit nét nuèch (nuèit, gasc. nueit) notte
sapo, saponis savon savon savon savon sabon (gasc. sablon) sapone
sudare chouâ suer sudé / strasué sué susar (suar, gasc. sudar) sudare
vitae vya vie vita via vida (gasc. vita) vita
pacare bankâ,payé payer paghé payé pagar (nord Occ. paiar) pagare
platea plasse place piassa place plaça piazza
ecclesia églyéze église gesia / cesa éllésé glèisa chiesa
caseus (formaticus) fromaze, tomâ fromage formagg / formaj fromadzo formatge (gasc. hromatge) formaggio

Par vallées et communes[14][modifier | modifier le code]

Français Arrondissement de Thonon Arrondissement de Saint-Julien[15] Arrondissement d'Albertville Arrondissement d'Annecy Arrondissement de Chambéry Arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne Arrondissement de Moûtiers-en-Tarentaise Arrondissement de Bonneville
Râteau Râté Râhé Râté Râté Râtyô Râtê Râti Raté
Fleur Fleû Flôr Fleur, Flôr Flôr Fleur flour Fleur Fleurè
pomme de terre Tartifla Tartifla Tartifle,tifèra Tartifla Tartifla Tifèra Tiféra Tertifle
Oui Vouè Vouè, Wà Ouè Vouè Vouà

Écriture et grammaire[modifier | modifier le code]

Graphie[modifier | modifier le code]

La "graphie de Conflans" est une convention d'écriture de l'arpitan (savoyard en particulier) réalisée à partir de 1981 au centre de la culture savoyarde de Conflans, à l’instigation de l'abbé Marius Hudry (historien de renom), et de Gaston Tuaillon, linguiste au Centre de dialectologie de l'Université de Grenoble[16], ainsi qu'un grand nombre de "patoisans" venus des quatre coins des pays de Savoie. Ce groupe, appelé "groupe de Conflans"[17] avait comme but principal de mettre au point une graphie pour écrire le savoyard permettant sa sauvegarde, car, de plus en plus délaissé. Cette norme orthographique, se base sur une écriture phonétique du savoyard, visant à homogénéiser l'écrit de cette langue. Suite à ces travaux, des "fêtes du patois" purent êtres mises en place à l'instar de la "fête internationale de l'Arpitan" en 2009, à Bourg-Saint-Maurice[18]. Cette graphie permit aussi la publication d'un grand nombre de livres traitant du savoyard comme : découvrir l’Histoire de Savoie, 1989; Découvrir les Parlers de Savoie, 1994, financé en partie par le ministère de la culture, et la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes, DRAC.


Différences d’écriture avec le français[modifier | modifier le code]

  • le son AN [ã] s'écrit toujours an et jamais en ou am exemple: ansteryé = renchérir
  • le son O, eau s'écrira toujours o ou ô, exemple: destô = pieds-nu
  • le son GN s'écrit ny, exemple: nyolé = nuage ou nyon san = nulle part
  • le son ILLE s'écrira toujours ly ou ye comme dans pelyë (cheveux)

Variation des articles[modifier | modifier le code]

Article féminin articles masculin
la, la route = la rota

une, une route = na rôta

des, des routes = de rôte

les, les routes = rote

le, le banc = le ban

un, un banc = on banc

des, bancs = de ban

les, les bancs = lou ban

Exemples: La viyélye guinbârda â Dôde étâ dû a émoustyé. = La vieille voiture de Claude était dure à démarrer.

viyélye guinbârde â Dôde étyan dû a émoustyé. = les vieilles voitures de Claude étaient dures à démarrer.

Proverbes, dictons et expressions[modifier | modifier le code]

Expressions quotidiennes[modifier | modifier le code]

  • Na vilye de pelyë = Une mèche de cheveux
  • Teryé de stavon = Ronfler fortement
  • Kinta bourta frè = Quel froid insupportable!
  • E't de klyar anrazi = C'est une éclaircie qui ne va pas durer
Té pasé lou zizé kouï zargounan?
  • Té parsé lou zizé kouï zargounan? = Tu entends les oiseaux qui gazouillent ?
  • Se veryé lou poueûze. = Se tourner les pouces
  • Pyote, sovâ mé ! = Jambes, sauvez-moi !
  • Alôr é zoye ? = Comment va le travail?
  • Métou k'é balye ? = Comment ça va ? (littéralement, comment que ça donne ?)
  • Fo-li s'â t'anmerde = Tape le s'il te cherche
  • Dromì polalye = Dormez les poules.

Dictions, proverbes[modifier | modifier le code]

  • Le fouà é t'on solé = Le feux tien compagnie.
  • Kouï s'an ri s'an banke/paye = Qui rit paye
  • Pâ dè dessande san chouële = Pas de samedi sans soleil
  • A stalande su le solerë, a pâke é/u tizon = Noël au balcon, Pâques aux tisons
  • É fô pa tarstyé myézeur a katôrze yeura = Il ne faut pas chercher midi à 14 heures
  • É no balye ran, é no voute ran = Cela ne nous donne rien, et ne nous enlève rien
  • Te vera poé kan te saré vyu toke/man mé = Tu verras bien quand tu sera vieux comme moi
  • L'bon vin a tozho/adé égayà l'koueur d'l'omo, é n'a zhamè gatà cho d'la fèna = Le bon vin a toujours égayer le cœur de l'homme et n'a jamais gâté celui de la femme.
  • Brâva/Bèla rouza devin grata-ku = belle rose devient gratte-cul (= le fruit de l'églantier qui sert à faire du poil à gratter).
  • Mé on brasse la mèrda, mé l'chê (ou tan mé on brafe la mèrda pe mouindre lè chouan) = plus on brasse la merde, plus elle sent.
  • Sé on povè fère on pèr d'solié, avoué na linga d'féna é na rankuna d'inkrouà/ankroua, y ên aré pe tota la vyà = Si on pouvait faire une paire de souliers avec une langue de femme et une rancune de curé, il y en aurait pour toute la vie.

Mots français empruntés à la langue savoyarde[modifier | modifier le code]

  • Avalanche, vient du savoyard avalanste ou avalanche. ava veut dire descendre et lanste ou lanche est un terrain en pente.
  • Chalet, vient du mot chalet, tsalé ou stalé signifiant abri de montagne, venant du pré-indoeuropéen (Kalittu)[19].
  • Crétin, vient du savoyard krétin. Chrétien en savoyard, ce terme devint péjoratif pour désigner les Savoyards sous le terme "crétin des Alpes".[20]
  • Diot, vient de Diô, saucisse en savoyard
  • Fayard, vient du mot savoyard fayâr, foueu venant du latin Fagus et désigne populairement le Hêtre commun.
  • Génépi, vient de zhépépi, jnépi (jénépy en valdotain), plante de montagne utilisée pour des macérations[21].
  • Gnôle, vient du savoyard nyôle, désignant l'eau-de-vie (dans certaines vallées issue de sureau). Popularisée durant le premier conflit mondial. Ce mot tient aussi son origine dans d'autres dialectes francoprovençaux[22].
  • Givre, vient du savoyard zhivro,zevra désignant un liquide gelé[23].
  • Piolet, venant du savoyard chamoniard piolet, piolë signifiant pioche[24].
  • Reblochon, vient du savoyard rbloston (fromage savoyard), venant lui même du mot rblostyé, rbloché voulant dire (traire une seconde fois).
  • Sérac, vient du savoyard seré, sera[25] (fromage issu du lactosérum), qui définit à la fois le fromage ainsi que l’amas de neige devenue glace (rassemblant au fromage).
  • Moraine, vient du savoyard morèna (renflement de terre) qui désigne un amas de pierre déposé par un glacier.
  • Traviôle (de), venant du parler savoyard traviôle, de travers.
  • Grèbe, vient du savoyard grèbo, désignant comme en français les oiseaux aquatiques de la famille des Podicipedidae[26].

Littérature[modifier | modifier le code]

Ouvrages et auteurs[modifier | modifier le code]

On considère souvent le Savoyard comme dépourvu de littérature, alors qu'il possède nombre d'écrits et de poèmes[27]. en voici quelques uns.

  • Chantin nos atro, (auteur inconnue), XVIIeme siècle, publié par la revue savoisienne, 1867,p 73.
  • La moquerie savoyarde, (auteur inconnue), Chambéry, 1603.
  • prologue faict par un messager savoyard, (auteur inconnue), Lyon, 1596.
  • texte adressé à Mr Dumaz, Amelie Gex, 1878.
  • E n'Aero, Just Songeon, réédité en 1980.
  • Solférino, Just Songeon, réédité en 1980.
  • Na sisparichon. Simone Hyvert Be sson, réédité dans, Les contes fantastiques de Savoie, 2009

extraits[modifier | modifier le code]

Per le kobri! Le chesi ba

Par le corbeau! Elletomba

Le ne fou pa a mi tonba

Sa roba etya ja ronpua

Que sa robe était déjà déchirée

Et le se trovi touta nua

Et elle se trouva toute nue

Un chakon vi adon ke ly ere

Chacun vit alors sequ'elle était

Petit ê gran l'alave veire

Petits et grands allaient la voir

En tonban se fôr le kieri

En tombant, elle cria si fort

Ke vouz y oussia vu couri

Que vous aurez vu accourir

touta le bety' a l'environ

Toutes les bêtes autour d'elle

Me dessu touta, lo lion

Mais les dépassant toutes, le lion

(Prologue faict par un messager savoyard, 1596, v. 60-69)

Chéra Monchu, n'ên vô la pêina

Sûrement Monsieur, il en vaut la peine

De konserva noutron patoué.

De conserver notre patois.

Pêndên k'on sêntra diên sa veîna

Pendant qu’on sentira dans sa veine,

Le san de la vilye Savoué...

Le sang de la vieille Savoie…

Pêdên ke, yeu k'on save ên France

Pendant que, où qu’on soit en France

Diên noutro koueur on gârdera

Dans nos cœurs on gardera

La ple petiouta sovenance

Le plus petit souvenir

De le bognète et du tara,

Des bougnettes et du pichet

Monchu, mâgré voutron mémouére,

Monsieur, malgré votre mémoire

Lo savoyâr se faron gloere

Les savoyards se feront gloire

De parlâ man du devan

De parler comme ci-devant.

Texte adressé à Mr Dumaz, Maire de Chambéry, pour protester contre ses positions sur le savoyard,

Amelie Gex, 1878.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon in Vingt-cinq communautés linguistiques de la France, tome 1, p. 204, Geneviève Vernes, éditions L’Harmattan, 1988.
  2. code générique
  3. « 1 .Le Franco-Provençal par Gaston Tuaillon. 1ére partie » (consulté le 31 décembre 2015)
  4. « 2. Le Franco-Provençal par Gaston Tuaillon. Seconde partie »
  5. (fr+frp) Christian Abry, Collectif, Marius Hudry, Dominique Abry, Aristide Beruard, DECOUVRIR LES PARLERS DE SAVOIE, Centre de la culture savoyarde,‎
  6. http://www.wat.tv/video/savoyards-attaches-leur-patois-2uijl_2eyxv_.html
  7. Interview de Gaston Tuaillon. Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon
  8. « Le patois d'la Yaute : les expressions populaires à connaître en Haute-Savoie », sur ledauphine.com
  9. « Charte des langues régionales: Pierre Grasset, le défenseur du francoprovençal », France 3 Alpes,‎ (lire en ligne).
  10. Patois, gaga, savoyard, francoprovençal, arpitan. Quel nom pour une langue ?[1], par James Costa, article de vulgarisation de Jean-Baptiste Martin paru dans Langues et Cite, 18, p. 6. 2011.
  11. Interview de Marc Bron: http://www.youtube.com/watch?v=itekbNMIdv0
  12. Le Portable, Annecy, N°6, février 2001
  13. « L'affaire Tournesol vient d'être traduite en arpitan, terme qui désigne les patois alpins parlés de Lyon à Aoste en passant par Savièse » in Le Nouvelliste, Sion, 31 mars 2007.
  14. (fr+frp) Les derniers patoisants Giettois, la giettaz , le patois du haut Val d'Arly, Cleopas,‎
  15. « http://www.arpitania.eu/aca/documents/Dictionnaire_Viret_Francais_Savoyard.pdf »
  16. http://projetbabel.org/document/savoyard_graphie_conflans.pdf
  17. « Centre de la culture savoyarde | Institut de la Langue Savoyarde », sur www.langue-savoyarde.com (consulté le 24 décembre 2015)
  18. « FRANCOPROVENCAL.COM : Le site de l'arpitan en France, Suisse et Italie », sur www.francoprovencal.com (consulté le 24 décembre 2015)
  19. « Survivances du patois savoyard »
  20. « crétin », sur wikipedia.org
  21. « Génépi »
  22. « GNOLE: Etymologie de GNOLE », sur www.cnrtl.fr
  23. « Givre », sur wikipedia.org
  24. (fr+frp) Gaston tuaillon, Survivances du patois savoyard, 65 p.
  25. Hachette, Le dictionnaire du français, Hachette,‎ , 1816 p., p.1526, "- Du savoyard serai, sera, du lat serum".
  26. « grebe »
  27. Gaston Tuaillon, La littérature en francoprovençal avant 1700, Ellug,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dictionnaires[modifier | modifier le code]

  • Anita Gagny, Dictionnaire du français régional de Savoie : Savoie, Haute-Savoie, Christine Bonneton, coll. « Dictionnaires Bonneton »,‎ , 159 p.
  • Les derniers patoisants Giettois, La Giettaz, Le patois du haut Val d'Arly, Cleopas, 2009
  • Roger Viret, Patois du Pays de l'Albanais. Dictionnaire savoyard-français, Seynod, Annecy-Impression (1re éd. 1998), 531 p. (ISBN 295121460X). La 3e édition peut être consultée sur le site arpitania.eu [PDF] Dicitonnaire savoyard-français. Comportant plusieurs variantes de la langue savoyarde, 2269 pages.
  • Chanoine Victorin Ratel, « Étude du parler local, la patois savoyard », dans Jacques Lovie ; Paul Dufournet ; Victorin Ratel ; Louis Terreaux ; Pierre Préau ; Alain Boucharlat, Savoie. Encyclopédie régionale, Paris, Christine Bonneton, coll. « Encyclopédies régionales » (réimpr. 1997) (1re éd. 1978), 368 p. (ISBN 978-2-86253-006-2).
  • Célestin Duch; Henri Béjean; Madeleine Béjean, Le patois de Tignes (Savoie), ELLUG, 1998.
  • Nombreux ouvrages ou articles publiés notamment dans la Revue savoisienne (Académie florimontane) du philologue Aimé Constantin, dont

Approches locales[modifier | modifier le code]

  • Maurice Richard, Les mots du Haut-Chablais : Morzine, Avoriaz, La Fontaine de Siloé,‎ , 119 p. (ISBN 978-2-90869-793-3)
  • Chanoine Victorin Ratel, Dictionnaire, grammaire, phonétique du patois de Saint-Martin-la-Porte (Savoie), Chambéry, Les imprimeries réunies de Chambéry,‎ , 363 p..
  • Julie Dupraz, Le patois de Saxel : dictionnaire,‎ , 221 p.

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]