Saint-bernard

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Saint-bernard
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Un saint-bernard
Un saint-bernard

Caractéristiques
Silhouette Large, robuste
Taille 62 à 90 cm
Poids 51 kg à 80 kg
Poil long ou court
Robe Blanc et roux/brun avec un masque foncé
Tête carrée
Yeux Moyens, bruns ou noisette
Oreilles Retombantes, triangulaires et relativement grandes
Queue Longue et très empanachée dans la variété de poil
Caractère Doux, gentil et dévoué à son maître, mais tetu
Nomenclature FCI
  • groupe 2
    • section 2
      • no 61

Le saint-bernard est une race de grand chien de montagne, souvent dressé comme chien de recherche en avalanche. L'imaginaire populaire les affuble d'un tonnelet de schnaps accroché au cou qui serait destiné à revigorer les victimes du froid. Cette pratique a été utilisée surtout à la fin du XIXe siècle dans la recherche de personnes perdues dans les montagnes ou victimes d'une avalanche.

La devise du saint-bernard est : « Noblesse, dévouement et sacrifice[1],[2]. » Il a pour réputation d'être un chien intelligent, apte à recevoir une formation de sauveteur.

Origine[modifier | modifier le code]

Appellation[modifier | modifier le code]

Saint-bernard dans la neige

Le nom renvoie à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, situé au col homonyme dans les Alpes Suisses, à la frontière avec l'Italie, où ces chiens étaient utilisés par les chanoines d'abord pour la garde et la défense puis pour la recherche des voyageurs en hiver. Voir aussi homonymes Bernard et Barry.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il semble que les chiens initialement utilisés par les religieux appartenaient à une race aujourd'hui disparue, qu'ils auraient tenté d'améliorer en lui enlevant sa férocité. Un spécimen empaillé de la race initiale (sans bajoues et sans oreilles tombantes) est visible à l'hospice.

Le chien viendrait de Haute-Assyrie. Des bas-reliefs ont été retrouvés au Moyen-Orient datant de plus de trente siècles, ressemblant au saint-bernard à poil court. Il descendrait du légendaire Mâtin du Tibet, et donc originaire d'Asie[3]. Quelques spécimens auraient été importés en Grèce, puis à Rome et auraient été ensuite dispersés dans l'Europe Occidentale par l'intermédiaire des armées romaines[4] au Ier siècle[5]. Le saint-bernard figure sur certaines armoiries de familles nobles[réf. souhaitée].

Vers 1660-1670, des familles vaudoises et valaisannes offrent des chiens à l'hospice du Grand-Saint-Bernard[réf. souhaitée].

Cette race est signalée pour la première fois à l'hospice du Saint-Bernard, en 1709 par le prieur Ballalu : « En 1700, le Chanoine Camos, économe de la Maison, fit faire une roue dans laquelle on met un chien pour faire tourner la broche… » En 1735, le prieur mentionne la réparation du collier d'un chien dans les comptes du prieur[réf. souhaitée].


Les publications relatant les exploits de ces chiens qui sauvent des voyageurs égarés dans la neige, tout comme les récits de soldats l'armée de Bonaparte franchissant le col en 1800, ont fait la réputation de cet animal.

Grâce à un élevage systématique, la race actuelle fut créée. En 1867, Heinrich Schumacher, habitant Holligen près de Berne, établit des documents généalogiques pour ses chiens. Le livre suisse des origines fut ouvert en février 1884 et le premier à y être inscrit fut un saint-bernard nommé Léon. Le club suisse du saint-bernard fut créé le à Bâle, le saint-bernard fut reconnu comme race d'origine suisse et son standard adopté lors d'un congrès international de cynologie en . Il est alors devenu le chien national suisse[réf. souhaitée].

Le saint-bernard à poil court et le terre-neuve[modifier | modifier le code]

En raison d'un risque de consanguinité, un croisement fut opéré entre le terre-neuve et le saint-bernard à poil court. De ce fait, la corpulence et les qualités du terre-neuve furent ajoutées au croisement, ce qui créa un saint-bernard plus gros et plus grand à poil long. Henry Schumacher (1831-1903) expose ces chiens remarquables à Paris et, en 1884, fonde le club suisse du saint-bernard[réf. souhaitée].

Il existe donc deux variétés de saint-bernard : l'une à poil long (fin du XIXe siècle), et une autre à poil court et double, moins répandue. Mais ces chiens, coûteux à instruire et à entretenir, sont progressivement remplacés par d'autres races plus communes comme le berger allemand, polyvalent et très utile aussi comme chien de secours en montagne[réf. souhaitée].

Apparence[modifier | modifier le code]

Le saint-bernard est un chien ayant une grosse tête. Le représentant plus massif qui ait été enregistré présentait une hauteur de 107 cm, 89 cm au niveau des épaules, 2,59 m de long et pesait 100 kg. Le poids moyen de la race est entre 51 et 80 kg ou plus, et la hauteur approximative au garrot est de 70 à 90 cm.

Le manteau peut être lisse ou rugueux, avec un pelage lisse à l'extrémité du tronc. La fourrure ondulée est abondante, dense mais plate, et un peu plus fournie autour du cou et des pattes postérieures. Le pelage est typiquement de couleur rouge avec du blanc, ou parfois un brin acajou et - toujours - avec du blanc. Un ombrage noir se trouve généralement sur la face et les oreilles. La queue est longue, lourde et tombante, avec l'extrémité tournée vers le haut. Les yeux noirs sont munis d'auréoles, avec une « conjonctive peu visible ». Les yeux, généralement bruns, peuvent être bleu froid, presque blancs.

Santé[modifier | modifier le code]

Le taux de croissance et la prise de poids d'un saint-bernard étant rapides, ces traits peuvent conduire à une dégradation grave des os, si le chien ne reçoit pas de nourriture appropriée ni d'exercice physique. Beaucoup de chiens sont génétiquement touchés par la dysplasie de la hanche ou la dysplasie du coude. Il a été démontré que l'ostéosarcome (cancer des os) était héréditaire dans cette race.

Ils sont sensibles aux troubles de la vue, tels l'entropion et l'ectropion, dans lequel la paupière se retourne en avant ou en arrière. Le standard de la race indique qu'il s'agit d'un défaut majeur. La race est également sensible aux crises d'épilepsie, à une maladie cardiaque appelée cardiomyopathie dilatée et à l'eczéma. En raison des problèmes de santé l'espérance de vie moyenne pour un saint-bernard est d'environ huit ans. Certains peuvent toutefois vivre au-delà de dix ans, mais cela est assez rare.

Caractère[modifier | modifier le code]

Le saint-bernard est doux, comédien et très têtu. Attention : ce n'est pas une peluche. Il est donc nécessaire de lui donner d'emblée une éducation stricte, de façon qu'il soit agréable à vivre au quotidien. Le saint-bernard n'est pas un chien pour débutants; il tend à prendre beaucoup de place à la maison, et parfois à entrer en conflit. Par son instinct de chien de sauvetage, il aidera cependant sans hésitation toute personne en danger. Très attaché à son territoire, il constitue un excellent chien de garde. Il n'est pas agressif, sauf si l'on s'attaque à son maître. N'étant pas citadin, il a besoin de beaucoup d'espace.

Sauvetage et tonnelet autour du cou[modifier | modifier le code]

Ancien saint-bernard sauveteur.
Peinture de John Emms
Musée d'histoire naturelle de Berne

Le fameux tonnelet figurant dans les illustrations et présent dans l'imaginaire collectif a successivement été présenté comme une pratique locale en Suisse puis dénoncé vers la fin du XXe siècle comme étant une légende sans fondement issue d'illustrations du XIXe siècle qualifiées de farfelues[6]. Mais grâce aux travaux des musées locaux (ex : Musée local du Val d'Anniviers Canton de Valais, Barryland - Musée et chiens du Saint-Bernard, Museum d'Histoire Naturelle de Berne, etc), les témoignages et surtout les objets recueillis ont tendance à confirmer la réalité de cette pratique. Une des explications qui a fait croire que le tonnelet du saint Bernard était une légende provient de la confusion entre le sauvetage des personnes emportées et enterrées dans les avalanches et le sauvetage de personnes égarées en montagne.

  • Dans le premier cas on ne trouve pour l'instant aucune preuve crédible que les chiens de sauvetage étaient affublé de cet équipement. En effet les recherches et le dégagement des personnes ensevelies ne se faisait qu'avec une équipe de secouristes de montagne. Le matériel était transporté à dos d'homme ou à l'aide de chevaux et d'ânes. L'eau de vie utilisée si besoin faisait partie de l'équipement emporté[7].
  • Dans le second cas on utilisait fréquemment ( à partir du XVIIIe siècle selon certaines sources) en Suisse un chien (ex : St Bernard mais aussi d'autres espèces) équipé du tonnelet. L'animal grâce à son odorat, sa rapidité et son agilité pouvait retrouver de lui-même et de façon autonome un promeneur égaré. Cette tactique était d'autant plus utilisée de nuit lorsque les recherches faites par les hommes devaient obligatoirement être stoppée avant de reprendre le lendemain[8].

Une autre explication est la récupération sans contrôle et à outrance par les publicitaires et entreprises de l'image du Saint Bernard pour vanter leur produit. Le Saint Bernard et son tonnelet ont été représenté de façon fictive et imaginaire et souvent sans aucun respect de la véracité locale et historique.

Constitution[modifier | modifier le code]

  • Le tonnelet : il est censé destiné à contenir de l'eau de vie permettant une réactivation temporaire de la circulation sanguine dans les membres dangereusement atteints par le froid. Contenant de l'alcool très concentré appelé eau de vie il fallait systématiquement le remplacer à chaque intervention. Il pouvait être soit de fabrication locale mais était le plus souvent de récupération.
Exemple de tonnelet du premier Empire fabriqué en grande quantité et pouvant être réemployé à cet usage. À noter la cannelle en bronze
St Bernard avec un tonnelet de fabrication moderne(décoratif, non fonctionnel)
  • La boisson : On peut citer plusieurs liquides qui auraient été utilisé dans le tonnelet : Vin chaud (peu crédible en raison de l'impossibilité de garder la température de cette boisson), Whisky (peu crédible en raison du prix et de l'usage inconnu à l'époque de cet alcool dans les Alpes), Le musée du col du Grand St Bernard indique que le tonnelet contenait du Rhum, mais là également cela pose des problèmes de cohérence par rapport aux usages de l'époque dans les Alpes. "Schnaps" et alcool de fruit local serait plus vraisemblable. À noter que l'image du Saint Bernard avec son tonnelet à été récupéré par beaucoup de publicitaires et de marques d'alcohol (ce qui a contribué à décrédibiliser un peu plus la véracité historique du Saint Bernard et son tonnelet) . Il n'est pas exclut que le tonnelet contenait une boisson locale énergisante à base de miel et de plantes sauvages.
  • La douve : Il est généralement fabriqué en bois de merrain, c'est un bois de fente utilisé habituellement dans la tonnellerie traditionnelle[9].
  • La cannelle : c'est le robinet de fabrication en bois ou en bronze (plus rare)[9]. C'est la pièce la plus fragile du dispositif. Le chien empruntant des chemins difficiles et devant surmonter des obstacles, cette pièce devait souvent être changée. C'est souvent la pièce la plus "neuve" des dispositifs retrouvés à ce jour. Un robinet en bronze permettait de résoudre cette difficulté mais en raison du prix, peu ont été retrouvés.
  • Le harnais : composée de lanières en cuir de bœuf. Ensérant le cou de l'animal, rarement le torse. Il devait positionner le tonnelet de la façon connu de tous. Le chien arrivant au niveau de la personne à secourir cette dernière était supposée être allongée ou affaiblie sur le sol. Le rescapé devait pouvoir actionner la cannelle et y boire de la manière la plus commode possible en dépis de son état.
  • La décoration : aucun tonnelet arborant le drapeau Suisse n'a pour l'instant était retrouvé. On pense que c'est une vue d'artiste qui à contribué à décrédibilisé la véracité de cette pratique. Des tonnelets recouverts d'une pigmentation rouge ont bien été retrouvé (sans la croix blanche). On pense que ce devait être pour une raison de visibilité.
  • Accessoires : on peut citer une clochette accrochée au collier destinée à repérer le chien (très utile la nuit). Dans certains cas un sifflet à destination de la personne à sauver pour qu'il signale sa position.
  • Le Saint Bernard : c'est la race qui à finit par s'imposer dans cette pratique. Non seulement à cause de sa force et de sa rusticité mais aussi grâce à son obéissance. D'autres races avaient pour tendance à développer une dépendance à l'alcool et a vider le tonnellet dont ils avaient la charge. Le chien échouant dans sa "mission" mais aussi causant sa mort (coma éthylique, chute...)[7]

Le saint-bernard peut détecter une présence humaine jusqu'à six mètres sous la neige grâce à sa truffe humide[10]. Contrairement à la plupart des chiens, il possède un sens de l'orientation extrêmement développé; il pourrait même prévoir des avalanches et des tempêtes de neige, et serait capable de percevoir si une personne est vivante ou morte sous la neige[4].

Développement au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Préparatifs pour le passage des Alpes par Charles Thevenin 1808 château de Versailles.
Article détaillé : Campagne d'Italie (1799-1800).
Nous luttons contre la glace, la neige, les tourmentes, et les avalanches. Le Saint-Bernard étonné de voir tant de monde le franchir si brusquement, nous oppose quelques obstacles.

Napoléon Bonaparte, 18 mai 1800 (L. Garros et J. Tulard (2002), Itinéraire de Napoléon au jour le jour, p. 156)

Le 13 mai 1800 un énênement majeur intervient au col du Grand-Saint-Bernard : c’est la traversée des Alpes par l'armée de réserve de Napoléon qui intervient dans la deuxième campagne d’Italie, déclenchée par la reprise de Milan par les Autrichiens. Il fallait surprendre les Autrichiens du général Melas et fondre sur eux en profitant de l’effet de surprise. Avec son armée de réserve, il passe le col du Grand-Saint-Bernard, le corps du général Moncey franchit le col du Saint-Gothard et le corps du général Turreau se dirige vers le col de Montgenèvre. Le 18 mai, Bonaparte quitte Martigny et se met en route vers le Grand Saint-Bernard. Le 20 mai, habillé d’un uniforme bleu que recouvre une redingote blanche et coiffé d’un bicorne couvert de toile cirée, il monte une mule, et escorté par le guide Dorsaz, traverse le col.

Du 15 au 21 mai, les troupes gravissent les monts et acheminent des tonnes de matériel et l’artillerie logée dans des troncs d’arbres évidés pour en faciliter le transport. L’artillerie fut retardée au fort de Bard par la résistance des Autrichiens, mais le reste de l’armée fut au rendez-vous de la première bataille importante à Montebello.

La traversée des Alpes ne se fit pas si facilement non seulement à cause du terrain accidenté mais aussi à cause du climat (noté par Napoléon au col du Grand-Saint-Bernard) et des attaques ennemies. Une petite partie du matériel est restée sur place, soit abandonnée soit perdue. Parmi eux des tonnelets de bonne fabrication(voir photo). Cet évênement coïncide avec le développement de la pratique de sauvetage avec tonnelet du Saint Bernard à l'Hospice ainsi qu'à sa propagation dans le reste des Alpes Suisses tout au long du XIXe siècle.

Hospice[modifier | modifier le code]

Gravure du XIXe siècle : "Two st. Bernard dogs" avec le tonellet visible sur les deux chiens
Gravure du XIXe siècle : "Couvant du Grand Saint Bernard, deux chiens secouristes" avec le tonellet visible sur les chiens

L'hospice du Grand-Saint-Bernard a conservé jusqu'en 2004 un élevage de saint-bernards, pour maintenir la tradition et augmenter l'intérêt touristique du site. Depuis , la congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard a remis la charge du chenil et de l'élevage à la fondation Barry basée à Martigny, du côté suisse de la route du col du Saint-Bernard.

Musée[modifier | modifier le code]

En 2005, le Musée du saint-bernard a été créé à Martigny afin d'y présenter les célèbres chiens. L'histoire de l'hospice et du Col du Grand-Saint-Bernard y est également racontée.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

À l'instar du dalmatien popularisé et propagé par le dessin animé Les 101 Dalmatiens, cette race de chiens a connu, grâce au cinéma, un grand succès auprès du public :

Références[modifier | modifier le code]

  1. fr.woopets.com
  2. fremalo0680.canalblog.com
  3. Premier paragraphe de "Origine du saint-bernard"
  4. a et b Dog-sitting et garde d'animaux - MyEasyPet.com : le blog
  5. Troisième paragraphe de "Origine du saint-bernard"
  6. Musée local du Val d'Anniviers Canton de Valais
  7. a et b Barryland - Musée et chiens du Saint-Bernard
  8. Musée local du Val d'Anniviers Canton de Valais , espace consacré
  9. a et b Robert Herman Anciens Outils de la vigne et de la tonnellerie Éditions Glénat
  10. home.nordnet.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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