Massif des Bornes

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Massif des Bornes
Massifs des Alpes occidentales
Géographie
Altitude 2 438 m, Pointe Blanche
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Géologie
Roches Roches sédimentaires

Le massif des Bornes est un massif montagneux des Préalpes du Nord dans le département de la Haute-Savoie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Modèle Numérique de Terrain du massif des Bornes
La vallée de Dingy vue depuis le Parmelan. Les montagnes du fond font partie du massif des Bauges ; sur la droite après le défilé, la crête du mont Baret.

Il est limité à l'est par la dépression de Thônes et la chaîne des Aravis dans laquelle on trouve les sommets les plus élevés des Préalpes du Nord, au sud-ouest par le lac d'Annecy et le massif des Bauges, et au nord par la vallée de l'Arve et le Chablais.

On peut pénétrer dans le massif par de nombreuses vallées ouvertes, qui séparent bien les différents sommets du massif :

Deux rivières importantes traversent le massif :

Sommets[modifier | modifier le code]

Vue depuis le sud de la partie ouest du massif.

Sommets principaux du massif (plus de 2 000 m) hors ceux de la chaîne des Aravis :

  • la Pointe Blanche, 2 438 m, point culminant du massif, dans la chaîne du Bargy
  • le Pic de Jallouvre, 2 408 m, dans la chaîne du Bargy
  • la Pointe du midi, 2 364 m, également dans la chaîne du Bargy
  • la Tournette, 2 351 m, bien visible du lac d'Annecy
  • le Grand Bargy, 2 301 m
  • la Pointe de Balafrasse, 2 296 m
  • la Pointe Dzérat (ou pointe Est du Midi), 2 278 m
  • la Pointe d'Almet, 2 232 m
  • la Pointe de la Grande Combe, 2 210 m
  • le Petit Bargy, 2 098 m
  • le Buclon, 2 072 m
  • la Cime de Février, 2 056 m
  • le mont Lachat de Châtillon, 2 050 m (au-dessus du Grand-Bornand)
  • l'Aiguille verte, 2 045 m
  • la Pointe de la Beccaz, 2 041 m
  • le Crêt des Mouches, 2 033 m
  • le Mont Lachat, 2 023 m (au nord de Thônes)
  • la Pointe de Deux Heures, 2 018 m
  • la Pointe de Banc Fleuri, 2 009 m
  • la Montagne de Sous-Dine, 2 004 m
Sur le chemin de crête entre le mont Veyrier et le mont Baron

Sommets visible d'Annecy (en plus du massif de la Tournette) :

Le plateau des Glières

À côté de ces sommets, il faut quand même citer des plateaux peu élevés mais d'accès difficiles, comme le plateau des Glières tristement célèbre lors de la Seconde Guerre mondiale.

Principaux cols[modifier | modifier le code]

Principales vallées[modifier | modifier le code]

  • Vallée du Fier
  • Val du Nom
  • Vallée du Reposoir
  • Vallée d'Entremont et défilé des Étroits
  • Défilé de Dingy-Saint-Clair

Principales communes[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Comme tous les massifs des Préalpes, la chaîne des Aravis est constituée principalement de calcaire (et ses dérivés).

Climat[modifier | modifier le code]

Les Bornes sont un massif particulièrement arrosé, mais les anciens redoutaient particulièrement les années très pluvieuses et froides qui étaient des années de faibles récoltes et potentiellement de famines comme en 1812.

Dès 1881, la vallée de Thônes accueille une des 172 stations météorologiques recensées dans les Alpes :

  • entre 1881 et 1910, la vallée connaît des précipitations annuelles moyennes de 1 556 mm, la classant deuxième après celle de Flumet avec 1 642 mm ;
  • entre 1932 et 1992, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 743 mm ;
  • entre 1992 et 2002, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 844 mm.

Les années de sécheresse — relative — les plus mémorables sont les années 1782, 1800, 1802, 1816, 1818, 1832, 1859, 1870, 1893, 1904, 1906, 1921, 1949, 1962, 1976, 1983, 1984, 1994 et 2003[1].

Parmi les années les plus froides : janvier 1905 (−22,2 °C), février 1956, janvier 1963 (−21,0 °C), janvier 1985 (−21,2 °C), février 2012 (−18,0 °C).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Au Néolithique, la grotte de La Balme-de-Thuy est occupée l'été par des chasseurs-cueilleurs.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1151, le seigneur Aymon de Faucigny fonde un monastère dans la vallée de Béol. Le Bienheureux Jean d'Espagne lui donnera son nom définitif ayant trouvé en ce lieu son « reposoir ». Au Moyen Âge, le seigneur des Clefs régnait sur une grande partie des Bornes. Son vaste domaine s'étendait du Reposoir jusqu'à la rive droite du lac d'Annecy.

Le , le Bienheureux Pierre Favre né au hameau du Villaret à Saint-Jean-de-Sixt.

Révolution française[modifier | modifier le code]

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Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Moutesquiou envahissent par surprise le duché de Savoie, obligeant l'armée savoyarde, le roi et de nombreux fonctionnaires et membres du clergé à se réfugier au Piémont. Fin octobre, l'Assemblée des Allobroges, réunie dans la cathédrale de Chambéry déclare la fin du despotisme, la suppression des corvées et de la gabelle, la fin de la milice et la création du département du Mont-Blanc. Les savoyards deviennent français pour 23 ans.

Dès le début 1793 et avant même l'arrêté du 21 janvier 1794, mettant fin à l'exercice de la religion dans le département, la population des Aravis, très attachée à l'Église catholique romaine, ressent fortement les évènements et développe de très forts sentiments contre-révolutionnaires. Le dimanche , les paroisses s'insurgent contre les mesures anti-religieuses et surtout l'établissement du tirage au sort des « volontaires » enrôlés par l'armée révolutionnaire. Les révoltés décident de faire du pont de Dingy qui commande l'entrée de la vallée de Thônes, leur première ligne de résistance. Surpris par la fusillade, la grêle de pierres et l'explosion de mines, mais aguerris, les soldats républicains réussissent à prendre le pont puis se lancent à la poursuite des insurgés dans toute la vallée. Une bataille décisive de 2 nuits et un jour s'engage dans la nuit du 7 au entre les soldats de la république et les insurgés à Morette. Le , les insurgés n'ayant plus de munitions sont obligés de se replier dans les bois et la montagne laissant la route de Thônes ouverte aux troupes françaises.

La bataille aura causé la mort de 12 insurgés, 5 autres insurgés, dont une femme, Marguerite Frichelet-Avet, seront faits prisonniers et condamnés à mort par la justice révolutionnaire. Les troupes françaises prennent la ville de Thônes, dont les habitants par milliers se sont enfuis dans les montagnes proches, et la mettent à sac. Le curé témoigne : « Les toits abattus, les portes, fenêtres, armoires brisées, tout le bétail emmené, tout le vin bu ou versé ; le pillage fut si universel qu'il ne resta ni pain, ni blé au retour des malheureux habitants [...] Toute la paroisse attendait le massacre général [...] Je ne crois pas que la terreur puisse être portée plus loin qu'elle n'était parmi le peuple [...] On se fuyait les uns des autres dans la crainte que ce fut des espions français ». Au Grand-Bornand, la population s'organise en vue de l'arrivée des troupes françaises et dans la peur d'être massacrée. Les provisions, les semailles et les animaux sont cachés dans les forêts. Des milliers de personnes aussi s'y réfugient.

L'amnistie est proclamée dès le , permettant aux habitants de regagner leurs habitations. Cependant les révolutionnaires mettent en place pour 10 années une véritable armée d'occupation avec l'obligation pour les communes de subvenir aux frais de casernement des soldats. Au total 86 insurgés seront tués par la troupe d'occupation. Le , Marguerite Frichelet-Avet est exécutée sur le Pâquier d'Annecy à l'âge de 37 ans pour son rôle dans « la guerre de Thônes ». Ses dernières paroles fût : « Je meurs fidèle à mon Dieu et à mon Roi. Vive la religion catholique ! Vive le roi de Sardaigne ! Tirez seulement. »[2].

Durant les mois suivants, l'hostilité des habitants de la vallée de Thônes grandit à l'encontre du nouveau « régime révolutionnaire » à cause des nombreuses atteintes portées à la religion catholique ; en 1794, le clocher, une « offense pour l’œil révolutionnaire » est démoli. La conscription de masse fut imposée par l'occupation française ; elle constitua une véritable saignée dans les familles et appauvrit grandement la vallée en diminuant la capacité des forces de travail.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1812, le massif connaît une importante famine due à un hiver très enneigé et un printemps très pluvieux, l'estive ne peut se faire qu'en août.

En 1831, trois communes du Haut, s'allient pour construire le « pont des Antérieux », aussi appelé « pont des Étroits » ou « pont de la Douane ».

En 1851, la vallée de Thônes est frappée d'une importante épidémie de variole (petite vérole).

Le Régie d’électricité de Thônes est distributeur et fournisseur d'électricité depuis 1931

En 1971, la « Coopérative des producteurs de reblochon fermier » est créée à Thônes.

En 1991, le festival international « Au Bonheur des Mômes » est créé au Grand-Bornand.

Activités[modifier | modifier le code]

La chaîne des Aravis est souvent étroitement associée au massif des Bornes, qu'on appelle alors massif des Bornes-Aravis. Mais on rencontre également l'appellation raccourcie « massif des Aravis » pour l'ensemble du massif, peut-être un effet du marketing touristique.

Stations touristiques[modifier | modifier le code]

Le massif bénéficie d'un enneigement exceptionnel compte tenu de son altitude moyenne. Il abrite deux stations de sports d'hiver (ski alpin et fond) avec des pistes de 900 à 2 000 m :

L'activité touristique est également très forte en été. Une des caractéristiques de ces « stations » est d'être avant tout des villages de montagne où il y a encore une forte activité agricole.

Le plateau des Glières est également un site réputé de ski de fond.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château d'Arenthon, où s'est installée la Fondation d'art contemporain Salomon, près du centre du village à Alex, accueille une galerie d'œuvres contemporaines qui changent toutes les saisons.
  • L'abbaye d'Entremont (XIIIe siècle).
  • La chartreuse du Reposoir, fondée en 1151 par le Bienheureux Jean d'Espagne, est blottie dans un cirque boisé au bord d'un petit lac de montagne. Depuis 1932, les bâtiments sont occupés par un Carmel qui regroupe une vingtaine de religieuses.
  • Maison de la pomme et du biscantin à Serraval.
  • Nécropole nationale de la résistance (Thônes) avec l'accueil, le Mémorial de la Déportation et le Musée départemental de la Résistance situés à côté mais qui se trouvent sur la commune de La Balme-de-Thuy.
  • Le refuge de Rosairy (Les Clefs), construit en 1911 et situé à 1 610 mètres d'altitude, accueille des événements culturels.
  • Le site archéologique de la Balme-de-Thuy.
  • Le four de Carouge aux Villards.
  • La maison du patrimoine du Grand-Bornand, la galerie des amis du Val-de-Thônes.

Économie[modifier | modifier le code]

Le massif est le pays du reblochon, le fameux fromage, né au Grand-Bornand, et qui est fortement produit de manière artisanale dans les vallées du massif. Deux marchés importants se tiennent hebdomadairement à Thônes et au Grand-Bornand. 17 400 tonnes ont été produites en 2002 et 15 200 tonnes en 2009. On notera également une forte industrie du bois.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Essor savoyard du 29 juillet 2010, page 18
  2. Cet épisode tragique a fait l'objet d'une pièce de théâtre écrite par Madeleine Humbert, La Tragédie de Marguerite Frichelet, jouée pour la première fois en 1926.