États de Savoie

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Les États de Savoie ou États de la maison de Savoie, aussi appelé « États sardes » par les Français après 1718, sont les possessions territoriales par les comtes, puis ducs de Savoie, appartenant à la maison de Savoie, depuis le XIe siècle jusqu'à l'unité italienne (1861). Les comtes puis ducs de Savoie portent en qualité de souverains de ces états le titre de prince et vicaire perpétuel du Saint-Empire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation (XIe-XIVe)[modifier | modifier le code]

La constitution des États de Savoie débute avec le comte Humbert Ier, installé en Maurienne, détient le contrôle sur les comtés de Salmourenc, de Savoie en 1003, puis celui de Belley, de Nyon en 1018, enfin celui d’Aoste en 1024[1]. Il domine aussi le nord du comté de Viennois avant 1025 (possédé jusqu'en 1355), puis celui de Sermorens. Par mariage, il a des Valais et dans le Chablais[1]. Othon Ier acquiert aussi par mariage de vastes possessions en Italie du nord, avec Suse (clef du passage du Mont-Cenis), Ivrée, Pignerol[2] et le bourg de Turin[3]. Pierre II de Savoie accroît les possessions comtales, notamment en pays de Gex et de Vaud au XIIIe siècle.

Les comtes de Savoie obtiennent durant le e (Thomas Ier de Savoie en 1226 pour tout ou partie du royaume d'Italie, Pierre II en 1263[4]) le titre de vicaire impérial[5]. Ce titre donne aux comte le pouvoir juridique nécessaire de s'imposer à tout autre, notamment face aux évêques[4],[5]. En 1365, le comte Amédée VI obtient le titre de vicariat perpétuel pour ses possessions (villes et diocèses de Sion, Lausanne, Genève, Aoste, Ivrée, Turin, la Maurienne, la Tarentaise, Belley et le comté de Savoie)[5]. La décision est révoquée l'année suivante[5].

Au XIIIe siècle, la Maison de Savoie possède une dizaine de baillis :

Après 1355, les territoires de la Maison de Savoie s'agrandissent de

XVe-XVIe[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Amédée VIII (1391-1439), la croissance des États de Savoie est importante. Dès 1388, par l'intermédiaire du traité de l'Abbaye de Saint-Pons (connu comme la Dédition de Nice à la Savoie), l'obtention du comté de Nice et de son port permet un accès à la mer Méditerranée. Les armées du duc Amédée VIII contrôlent le val d'Ossola, en 1411, permettant le contrôle du Simplon (perte du territoire en 1417). Il obtient en 1413, l'apanage définitif du marquisat de Saluces. En 1416, Amédée obtient le titre ducal, et par la même occasion l'apanage direct du Piémont, de l'empereur Sigismond. Entre 1401-1402 et 1424, le comté de Genève (avec Genève, puis Annecy), dont le comte est devenu vassal depuis la seconde moitié du XIVe siècle, est acheté aux héritiers du dernier comte par le duc[6]. Il deviendra à partir de 1460 l'apanage du Genevois[7].

Les États de Savoie n'évoluent guère jusqu'au règne malheureux[8] de Charles III de Savoie (1504-1553) :

  • Genève, soutenu par les Bernois protestants, s'agite (1519, 1526, 1534),
  • occupation du Chablais oriental par les Valaisans catholiques (1536),
  • tandis que les Bernois protestants envahissent le Pays de Vaud et le Chablais occidental.

Au même moment François Ier, parti guerroyer à Milan, occupe Bourg-en-Bresse, Chambéry et la Savoie Propre, les vallées de Maurienne et de Tarentaise, pour s'assurer son passage vers l'Italie, entre 1536-1559.
Les États de Savoie n'existent plus. Cette première annexion a pour conséquence, dès le rétablissement des États de Savoie avec Emmanuel-Philibert, le transfert de la capitale de Chambéry vers Turin, en 1563.

Apogée des États de Savoie (XVIe-XVIIIe)[modifier | modifier le code]

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, les États de Savoie sont à leur apogée.
Lors du Traité de Lyon en 1601, à la suite de l'occupation française, les États de Savoie perdent les terres de Bresse, de Gex et du Bugey au profit du roi de France mais récupèrent toutefois le marquisat de Saluces.

Malgré une nouvelle occupation française en 1690-1696, la Maison de Savoie contrôle toujours les territoires et des cols alpins reliant la France à la péninsule italienne. Le Traité de Turin (1696) permet l'obtention de Pignerol.
En 1703, le duché s'agrandit du marquisat de Montferrat.
En 1713, Victor-Amédée II de Savoie obtient, lors du traité d'Utrecht, les provinces d'Alexandria (la Lomelline, Valenza) et de Valsesia, de même que trois Escartons du Briançonnais : "le roi Victor prit tout ce qui était à l'eau pendante du Piémont"[9] (Vallées de la Haute Doire, du Cluzon et de la Haute Varaïta avec les places fortes d'Exilles et de Fenestrelle). Mais ce traité est bien plus qu'une occasion d'agrandissement : Victor-Amédée reçoit le titre royal en obtenant la Sicile.

Le Traité de Londres de 1718 permet l'échange de cette couronne avec celle de la Sardaigne avec la Maison d'Autriche. À partir de cette érection en royaume, les États de Savoie sont appelés États sardes.

Toutefois, trente ans plus tard, le duché de Savoie est à nouveau occupé, cette fois-ci par les troupes espagnoles de 1742 à 1748, en raison du rapprochement avec l'Autriche.

Source:Sabaudia.org, le site des archives départementales de l'Assemblée des Pays de Savoie

Disparition des États de Savoie (1860)[modifier | modifier le code]

La situation politique des États de Savoie fut modifiée par le Statut albertin puis surtout par le traité de Turin, signé le entre Napoléon III, empereur des Français et Victor-Emmanuel II, duc de Savoie, roi de Sardaigne, de Chypre et de Jérusalem. Ce dernier, suivant les modalités du traité, cède à la France le comté de Nice (augmenté de Menton et de Roquebrune, dépendances de la Principauté de Monaco, auto-proclamées villes libres en 1848 et rachetées par l'Empire français à Charles III, prince de Monaco 4 millions de francs-or en 1861) qui devient l'actuel arrondissement de Nice, partie du département des Alpes-Maritimes nouvellement créé, et le duché de Savoie qui forme depuis les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Toutefois, le traité de Turin n'incluait pas les communes de Tende et de La Brigue, qui, déclarées "territoires de chasse" du roi Victor-Emmanuel II, resteront sardes puis italiennes jusqu'en 1947. L'année suivante, en 1861, Victor-Emmanuel II incorpore les états restants des ex "États de Savoie", devenus (pour peu de temps) le "royaume de Piémont Sardaigne", dans le nouveau royaume d'Italie.

Composition[modifier | modifier le code]

États ayant durablement compté au nombre des États de Savoie (Certaines régions ont aussi durablement fait partie des États de Savoie) :

Provinces ayant fait partie des États de Savoie du XIIIe au XVIIe siècle (trois provinces en ont fait partie du XIIIe siècle jusqu'au Traité de Lyon en 1601) :

Régions ayant temporairement fait partie des États de Savoie (D'autres régions en ont fait partie plus brièvement) :

Épopée[modifier | modifier le code]

La Savoysiade épopée en vers d'Honoré d'Urfé (1609)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Demotz 2000, p. 19-20.
  2. Demotz 2000, p. 27.
  3. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 419.
  4. a et b Demotz 2000, p. 40, 188.
  5. a, b, c et d Bettina Braun, « Vicariat impérial » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 20 juillet 2012..
  6. Paul Guichonnet, « de Genève » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  7. Catherine Santschi], « Genevois » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  8. Henri Ménabréa, 1933, Histoire de la Savoie, Grasset, p.108
  9. Henri Ménabréa, 1933, Histoire de la Savoie, Grasset, p.187-190