Ferdinand Lot

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Ferdinand Lot
Biographie
Naissance
à Plessis-Piquet
Décès (à 85 ans)
à Fontenay-aux-Roses
Nationalité(s) Drapeau : France Français
Enfant(s) Éveline Lot-FalckVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation École des chartes
Titres professeur des universités
Académie des inscriptions et belles-lettres
Profession(s) Médiéviste et historienVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Les derniers Carolingiens. Lothaire, Louis V, Charles de Lorraine (954-991) (1891)
  • Études sur le règne d'Hugues Capet (thèse de doctorat, 1903)
Approche histoire carolingienne (histoire positiviste)
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Arthur Giry

Ferdinand Lot, né le au Plessis-Piquet et mort le à Fontenay-aux-Roses, est un historien médiéviste français. Il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1924.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né à Plessis-Piquet (maintenant Le Plessis-Robinson). Il venait d'avoir six ans lorsque son père mourut le . Après ce décès, sa mère se réinstalla à Paris où il passa toute sa scolarité. Il fut élève au collège Saint-Barbe-des-Champs puis à partir d'octobre 1879 au lycée Louis-le-Grand. Il obtint le baccalauréat, mention philosophie, en août 1885.

Il est l'arrière-petit-fils du général Michel Ordener, inhumé au Panthéon de Paris.

Études supérieures[modifier | modifier le code]

Il fut reçu troisième au concours de l'École des chartes en octobre 1886. À l'École des chartes, il rencontra le professeur qui allait avoir une influence décisive sur lui, Arthur Giry. Le 27 janvier 1890, Lot soutint sa thèse d'École des chartes consacrée aux Derniers Carolingiens (Louis V, Lothaire et Charles de Lorraine). Cette thèse fut jugée la meilleure de sa promotion et fut publiée dans la Bibliothèque de l'École pratique des hautes études en 1891 et reçut le second prix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1892.

Le 26 avril 1904, Lot avait soutenu sa thèse devant la Faculté des Lettres de Nancy une thèse consacrée à Hugues Capet assortie d'une thèse complémentaire intitulée Fidèles ou vassaux consacrée aux relations entre le roi et les grands à la fin du Xe siècle.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Archiviste-paléographe[modifier | modifier le code]

Il fut nommé archiviste-paléographe par un arrêté ministériel du . Il fut affecté à la bibliothèque de l'université de Paris où, après un stage de trois ans sans traitement, il fut nommé sous-bibliothécaire le . Il passa dix ans à la bibliothèque de la Sorbonne. Parallèlement à ses activités de bibliothécaire, il s'initia aux langues celtiques en suivant les cours au Collège de France et à l'École pratique des hautes études, ce qui fit dire à son supérieur, Chantepie, au moment de sa titularisation, « Je ne suis pas éloigné de croire qu'il penchera toujours plutôt du côté du travail personnel que de la pratique ». Les années passées à la Bibliothèque de la Sorbonne permirent à Lot de se lier avec des historiens réputés de son temps comme Charles Seignobos et Charles-Victor Langlois. En 1899, la mort de Giry bouleverse le plan de carrière de Ferdinand Lot. En effet, sur son lit de mort, Giry avait désigné Lot comme son disciple le plus capable de prendre sa succession à l'École pratique des hautes études. Conformément à ce vœu, Lot fut appelé à remplacer son ancien maître et devint maître de conférences à l'École pratique des hautes études, le .

Professeur d'histoire du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En , il succéda à Arthur Giry à l'École pratique des hautes études. En , il fut nommé maître de conférences à la Faculté des Lettres de Paris. En 1920, il fut nommé professeur titulaire dans une chaire d'histoire du Moyen Âge de cette même faculté. En 1924, il était élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Enfin, à la suite de sa mise en retraite, il termina son enseignement à la Sorbonne en mars 1937.

Docteur ès lettres, Lot put devenir maître de conférences à la Sorbonne en 1909. Toutefois, déçu par ses premières années d'enseignement, il publia en 1912 dans la Grande revue un article très critique intitulé « Où va la Faculté de Lettres de Paris ? ». Il y soulignait que les étudiants étaient peu nombreux et se dispensaient d'assister au cours. Il rendait responsable de cette situation la place exclusive que tenait dans l'enseignement la préparation de la licence et du concours de l'agrégation. En outre, il soulignait l'absence regrettable de séminaire, véritable centre de travail collectif. La réforme de 1920 qui créa une licence d'histoire avec quatre certificats (trois pour l'histoire découpée en ses trois tranches traditionnelles et un pour la géographie) permit de renouveler le public des Facultés de Lettres et répondit en partie aux attentes de Lot. En revanche, ne pouvant créer un séminaire à la Sorbonne, Lot invitait ses étudiants à ses conférences à l'École pratique des hautes études, dont certaines prenaient la forme d'une sorte de séminaire.

Apport à l'histoire du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il commença par poursuivre les projets initiés par Giry, à savoir la publication des annales d'une part, des diplômes d'autre part, des souverains carolingiens qui avaient régné sur la France de 840 à 987. Toutefois, la publication des diplômes de Charles le Chauve fut confiée par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à un autre élève de Giry, Maurice Prou. Pour ce qui est des Annales, Giry, partant de la mort de Louis le Pieux en 840 avait fait une série de conférences portant jusqu'à l'année 865 mais n'avait laissé aucune note pour une éventuelle publication. Donc, il fallait reprendre le travail à zéro. Dans ses conférences à l'École pratique des hautes études, Lot commença par poursuivre ce qui avait été fait par Giry et étudia, pour trois ans, les Annales de 865 à 877. Mais, à partir de 1904 et 1905, il revint à l'étude des Annales pour la période entre 840 et 865. Pour mener à bien la rédaction des Annales, il avait recruté une équipe de collaborateurs, anciens chartistes pour la plupart. Lui-même publia dès 1902, un fragment des Annales correspondant à l'année 866. Mais, dès 1906, il devait constater que la plupart de ses collaborateurs ne lui avaient pas remis leurs travaux. Le projet était mal-en-point. Heureusement, à partir de 1906, il put bénéficier de la collaboration de Louis Halphen, un jeune chartiste qui venait de passer deux ans à l'École française de Rome. Grâce à ce soutien, le premier volume des Annales consacré à la période 840–851 paraissait au début de l'année 1909. La publication d'un second volume consacré à la période 851–860 était annoncée pour la fin de l'année. Il ne vit jamais le jour comme le troisième volume (860–877).

Renonçant après 1909 à la publication des Annales de Charles le Chauve, Ferdinand Lot s'intéressa à d'autres sujets que l'érudition carolingienne. Il s'intéressa notamment à la conquête de la Grande-Bretagne celtique par les Anglo-Saxons et à l'histoire de l'établissement des Bretons en Armorique.

Tout en poursuivant ses études sur l'époque carolingienne et notamment les capitulaires de Charles le Chauve, Ferdinand Lot aborda de nouveaux thèmes d'étude. Il s'intéresse aux romans de la Table Ronde publiant en 1918 une Étude sur le Lancelot en prose très remarquée qui reçoit le premier Prix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il s'intéresse à la démographie d'abord pour l'époque carolingienne à partir de l'étude du polyptyque d'Irminon, puis pour le Moyen Âge plus tardif, en étudiant l'état des feux de 1328. Il fait même une incursion dans le domaine des finances en étudiant avec Robert Fawtier le premier budget de la monarchie française, le compte de 1202 et 1203. Dans le même temps, il publie en 1927 une grande synthèse historique destinée à un large public cultivé La fin du monde antique et le début du Moyen Âge.

Élu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1924, Lot se vit confier la direction pour la France du projet du Nouveau Du Cange. Ce projet, lancé en 1920 par l'union internationale des Académies siégeant à Bruxelles, consistait à établir un nouveau dictionnaire du latin médiéval pour remplacer le Glossarium mediae et infimae latinitatis de Charles du Fresne, sieur du Cange. En France, le projet avait pris un certain retard car il avait été confié à Henri Goelzer, professeur de latin à la Sorbonne, dont les étudiants étaient intéressés surtout par le latin classique. C'est grâce à Lot que le projet du Nouveau Du Cange, pour ce qui concerne la France, put être mené à bien.

Après sa retraite de l'université en 1937, il se consacra à écrire des ouvrages destinés au grand public cultivé, Les invasions germaniques en 1935, Les invasions barbares en 1937, La France des origines à la guerre de Cent ans en 1941, La Gaule en 1947 et La Naissance de la France en 1948. En même temps, il abordait de nouveaux domaines d'études, l'histoire militaire et l'histoire urbaine.

Une vision de l'histoire[modifier | modifier le code]

Il avait une très haute conception de l'histoire dans laquelle il voyait la mémoire de l'humanité, faculté qui différencie l'espèce humaine et lui confère sa dignité suprême. Pour lui, le propre de l'histoire est le changement ; des « éléments perturbateurs » peuvent ainsi provoquer de brusques changements de l'orientation de l'histoire, comme la conversion de Constantin. De fait il condamnait le matérialisme historique ainsi que l'emploi du terme « évolution » en histoire.

Il portait un jugement très sévère sur l'histoire romantique et notamment sur Augustin Thierry. Il lui oppose une histoire critique conforme aux principes dégagés par Charles Seignobos et Charles-Victor Langlois.

Pour Lot, l'histoire est tout à fait imprévisible, et un régime politique peut mourir victime des principes-mêmes qui l'ont inspiré. L'exemple caractéristique fut le monde carolingien : Charlemagne développa a vassalité pour renforcer son pouvoir. Mais, sous ses successeurs, le développement de la vassalité contribua à l'affaiblissement du roi. Lot n'hésite pas d'ailleurs à écrire : « C'est une loi de nature que tout régime creuse sa propre tombe. »

Si l'histoire est changement, l'historien doit toutefois tenir compte de fondements permanents. Lot, passionné d'ethnologie dans sa jeunesse, a accordé une place importante au problème de la race.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les derniers Carolingiens. Lothaire, Louis V, Charles de Lorraine (954-991), Paris, Librairie Émile Bouillon éditeur, 1891, [lire en ligne].
  • Études sur le règne d'Hugues Capet (Thèse), Paris, Librairie Émile Bouillon éditeur, 1903, [lire en ligne].
  • Mélanges d'histoire bretonne (VIe ‑ XIe siècle), Paris, Honoré Champion, 1907, [lire en ligne].
  • Études critiques sur l'abbaye de Saint-Wandrille, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, 1913, [lire en ligne].
  • Études sur le Lancelot en prose, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, « Bibliothèque de l'école des hautes études publiée sous les auspices du ministère de l'instruction publique », 226e fascicule, 1918, [lire en ligne].
  • La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, La Renaissance du Livre, Paris, 1927. Réédité en 1968 aux éditions Albin Michel.
  • L'impôt foncier et la capitation personnelle, Paris, 1928.
  • Les invasions germaniques, Payot, 1935. Réédité sous le titre Les Invasions barbares, Payot, Paris, 1937.
  • La France, des origines à la guerre de cent ans, Paris, Gallimard, 1941, [lire en ligne].
  • L'art militaire et les armées au Moyen Âge, Paris, 2 vol., 1946.
  • La Gaule, Les fondements ethniques, sociaux et politiques de la nation française, Paris, Librairie Arthème Fayard, collection « Les grandes études historiques », 1947, 592 p., [lire en ligne].
  • Naissance de la France, Paris, Librairie Arthème Fayard, collection « Les grandes études historiques », 1948, 864 p., [lire en ligne].

Famille[modifier | modifier le code]

Il était l'époux de Miropia Borodine (1882-1957), spécialiste de la quête du Graal. Elle demeura à l'étage de l'ancienne maison d'Antoine Petit au no 53 rue Boucicaut à Fontenay-aux-Roses[réf. nécessaire]. Elle est morte à côté, dans la maison de repos de Mademoiselle Blanc au no 1 rue Jean-Jaurès[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les registres paroissiaux et d'état civil (1612-2012), 400 ans d'histoires fontenaisiennes, Ville de Fontenay-aux-Roses, p. 22.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Edmond Perrin, « Ferdinand Lot. L'homme et l’œuvre », dans Recueil des travaux historiques de Ferdinand Lot, tome premier, Genève-Paris, Droz, 1968. Centres de recherches d'histoire et de philologie de la IVe section de l'École pratique des hautes études. Hautes Études médiévales et modernes, p. 3-118.
  • Jacques Monfrin, « Les études de Ferdinand Lot sur les légendes épiques françaises », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 119, 1961, p. 245-255, [lire en ligne].
  • Marianne Mahn-Lot, « À propos des papiers inédits de Ferdinand Lot », in bibliothèque de l'École des chartes, volume 155, no 1, 1977, [lire en ligne].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]