Fanfare

Terme polysémique, le mot fanfare peut désigner différentes compositions musicales (sonnerie…) et par extension, divers ensembles de cuivres, accompagnés ou non de percussions.
Compositions musicales
[modifier | modifier le code]- En ethnomusicologie, une fanfare est une écriture particulière de mélodie plutôt disjointe (sans seconde), utilisant le plus souvent le redoublement des harmoniques d'une note fondamentale rappelant la sonnerie des cuivres[1],[2] ; par exemple, la chanson enfantine Jean de la Lune est une fanfare basée sur trois notes (ici : sol, si et ré).


- Une fanfare est également une sonnerie, une phrase musicale souvent courte, parfois plus longue, à une ou plusieurs voix, servant de signal et jouée par un ou plusieurs instruments de musique de la famille des cuivres lors de manifestations civiles (chasse à courre…) ou officielles (inauguration…), de cérémonies religieuses (sacre ou couronnement…) ou militaires (commémoration…)[1]. Les premières sonneries guerrières de trompettes et fanfares de chasse aux cors naturels sont citées par Marin Mersenne dans ses Harmonicorum Libri de 1637, mais, dès le Moyen Âge, les enluminures et les miniatures des manuscrits, les tapisseries, les sculptures et les tableaux témoignent des circonstances de l'utilisation de ces compositions (e.g. Moïse et les trompettes d'argent, enluminure de Maître de Fauvel, (ca. 1330)…). Les péplums sur la Rome Antique, la Grèce antique ou l'Égypte antique nous font entendre (et voir) maintes fanfares, interprétation éclectique du cinéma italien et hollywoodien. L'époque antique dispose de nombreux instruments de la famille des cuivres naturels (cornu, buccin, tuba romaine…). À l'époque baroque, la fanfare jouée en plein air est l’illustration des musiques d’apparat royal. Le corps de musique de la Grande Écurie du roi sous Louis XIV jouait cette musique au moyen de tambours, de trompettes et de hautbois. On notera l'Air pour le carrousel de Monseigneur le Dauphin en 1686, composé par Jean Baptiste Lully (1632-1687)[3] ; Music for the Royal Fireworks[a] (1749), composé par Georg Friedrich Haendel[3]…
- Symbolisant généralement des airs de chasse ou de musique militaire[1], c'est également une œuvre ou une partie d'œuvre musicale composée plus spécifiquement pour les cuivres ou les pupitres de cuivres d'un orchestre symphonique ou d'harmonie. Les plus célèbres sont extraites de l’Aïda de Verdi, des Troyens et du Requiem[b] de Berlioz et du Tannhäuser et du Parsifal de Wagner, mais Monteverdi dans son Orfeo, Lully dans son Te Deum, Rameau dans Castor et Pollux, Mouret Fanfares royales, Zelenka Fanfares équestres, Méhul La Chasse du Jeune Henri, Rossini Fanfare de chasse, Dukas Fanfare pour précéder La Péri, de Falla Fanfare sur le nom d'Arbos, Ravel Fanfare en prélude à l’Éventail de Jeanne… et bien d'autres ont aussi composées. Le cinéma[c] dans ses musiques utilise souvent des fanfares, particulièrement dans les films d'aventures héroïques comme le Superman, les Indiana Jones ou les Star Wars composés par John Williams.
- Chef d'oeuvre du baroque, la Messe en si mineur de Bach comporte des phrases musicales brillantes pour la trompette.

- À 25 ans, Mozart renouvelle l'opéra seria avec Idomeneo, re di Creta K. 366 de diverses façons (1780-1781) ; notamment dans l'acte III, pour renforcer l'effet du Deus ex machina, il introduit pour l'air Ha vinto Amore[d] chanté par La Voce (voix de basse, oracle de Neptune) un accompagnement par deux cors et trois trombones dont les effets dynamiques de crescendo et de decrescendo « renforcent l'aspect surnaturel du personnage »[4].
- La fanfare jouée à la trompette de la marche funèbre de la première partie de la Symphonie no 5 (1901-1902) de Malher ressemble à un mouvement de concerto pour trompette.
- Les Tableaux d'une exposition de Modeste Moussorgski ont été composés pour le piano en 1886 et ils ont été orchestrés par Maurice Ravel en 1922 à la demande du chef russo-américain Serge Koussevitsky en utilisant des instruments à vent comme soliste, notamment le tuba dans Bydło, le saxophone, dialoguant avec le basson, dans Il Vecchio Castello, ainsi que des procédés nouveaux pour l'époque comme la trompette avec sourdine employée sur des lignes mélodiques renforcées par des jeux de percussion innovants[5] ; la promenade jouée aux cuivres revenant entre chaque tableau rappelle la mélodie d'un choral orthodoxe pentatonique et les marches triomphales entrecoupées d'intermèdes dans le dernier tableau intitulé La grande porte de Kiev jouées aux cuivres s'appuient sur un hymne rappelant le procédé lithurgique de la promenade[6].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le mot trouve son origine dans un terme espagnol ancien du XVe siècle, « fanfa » (« vanterie »). Bien que ce mot puisse être onomatopéique, il est également possible qu'il dérive des mots arabes « fanfáre » (« trompettes ») ou farfâr, (« bavard, inconstant »). Ce mot apparaît pour la première fois en français en 1542 (« les fanfares de Rome » dans Pantagruel de Rabelais) et en anglais en 1605, mais ce n'est qu'au XIXe siècle qu'il acquiert son sens actuel de brève fanfare cérémonielle pour cuivres[7]. Le terme a également pour signication : « Ensemble de bruits, de sons éclatants[1]. »
En anglais , un autre terme employé pour désigner la fanfare est « flourish », comme dans les ruffles and flourishes (en) joués par les orchestres de fanfare militaires aux États-Unis pour annoncer l'arrivée du président, d'un général ou d'un autre dignitaire de haut rang[8]. « À l'époque de Shakespeare en Angleterre », les fanfares « étaient souvent appelées flourishes et parfois « tuckets » (un mot lié à toccata)[9].
Ensembles musicaux
[modifier | modifier le code]Par définition (métonymie), une fanfare (ou aussi orchestre de fanfare) est un ensemble de musiciens dont les instruments sont exclusivement des cuivres accompagnés occasionnellement de percussions[1],[10],[11],[12],[13].
- Avec des instruments à sons naturels, c'est un ensemble :
- de trompes de chasse pour la vénerie.
- de trompettes de cavalerie, de cors de chasse ou de clairons[e], pour la musique militaire ; ils peuvent être mixés et soutenus par des timbales, tambours, grosse caisse, cymbales et même de glockenspiels ou de fifres ; s'y ajoutent parfois des cuivres graves (tubas, saxhorns, hélicons ou sousaphones) ; voir orchestre de batterie-fanfare.
- Avec les cuivres de l'orchestre symphonique classique (trompettes, cors d'harmonie, trombones, tuba) et des timbales, c'est un ensemble souvent spécialisé dans un répertoire allant du Moyen Âge à la période classique, mais jouant aussi des pièces de musique contemporaine. Son appellation assez courante est Grand ensemble de cuivres.
- Avec des cornets à piston, bugles, altos, trombones, euphoniums, tubas, saxhorns basses et contrebasses et un pupitre très complet de percussions, c'est un orchestre à vent fort courant en Angleterre, Suisse, Belgique, Hollande et Allemagne ; son nom en français est orchestre de fanfare ou ensemble de cuivres, mais l'anglicisme brass band est de plus en plus employé. Le film britannique de 1996 Les Virtuoses (Brassed Off) évoque l'histoire d'un orchestre de fanfare de mineurs participant à la finale du championnat national anglais.
- Par analogie et simplification, une fanfare peut également désigner un groupe de musiciens amateurs formé de cuivres, mais aussi de bois, notamment de flûtes traversières, de clarinettes et de saxophones. Leur véritable appellation devrait être harmonie-fanfare (en France) ou fanfare mixte (en Suisse), ces formations étant intermédiaires entre l'orchestre d'harmonie et l'orchestre de fanfare cité précédemment. Leur diversité instrumentale est souvent due à la difficulté, dans un secteur donné, souvent rural (bassin minier[11]…), de trouver l'ensemble des musiciens nécessaires à la réalisation d'un orchestre complet plus structuré. Il s'y ajoute parfois des instruments d'ordonnance (clairons, cors de chasses, tambours…) venant d'orchestres de batterie-fanfare. Ils participent à la vie locale en animant des événements régionaux et parfois en les créant (concerts, dîners champêtres, festivals…).
Histoire
[modifier | modifier le code]Comme vu plus haut, la présence de la musique dans les armées remonte à la plus haute Antiquité qu'elle soit vocale ou instrumentale, notamment pour transmettre des ordres de mouvements dans la bataille et cadencer des allures de marche[14]. Néanmoins la fanfare n'est pas qu'un ensemble militaire, elle permet de regrouper d'animer des cérémonies civiles ou religieuses.

Dans le tombeau de Toutânkhamon (mort vers -1327 avant J.C.) ont été retrouvés des instruments de musique disposés pour accompagner son âme dans l'au-delà, pour le protéger. Parmi ces instruments , on trouve deux trompettes militaires en argent, cuivre bois et or, d'une longueur de 50 cm, et gravées d'un texte à la gloire de Ptah le Grand, Amon-Rê, dieu à tête de faucon, de Rê-Horakhty, seigneur de l'or. Leur pavillon est orné d'une image du roi et de motifs symbole de puissance. Les autres instruments trouvés sont deux crotales et deux sistres.
À la Renaissance, Clément Janequin compose la célèbre chanson polyphonique et bruitiste à quatre voix La Guerre (La Bataille de Marignan), publiée à Paris en 1528[15], qui intègre les airs des fanfares des armées du roi de France François 1er.

Au XVIe siècle, l'Allemagne est reconnu pour la facture des sacqueboutes, ancêtre du trombone à coulisse, avec des facteurs comme Anton Schnitzer (1581)[16]... Des ensembles de cuivres permettent d'interpréter des musiques de danse ; on citera les œuvres de Johann Hermann Schein (1586-1630), pavane, gaillarde, courante, allemande (1590).
A l'époque baroque, la cour de Versailles vit au rythme de la musique des différentes formations musicales : la musique de la Chapelle royale, la musique de la Chambre, la musique de la Grande Écurie. Les compositeurs tels Jean-Baptiste Lully, Marc-Antoine Charpentier, Michel-Richard de Lalande... composent des œuvres festives pour animer la vie versaillaise sous le règne de Louis XIV exploitant trompettes et timbales. On retiendra pour exemple la fanfare du prélude du Te Deum en ré majeur de Charpentier composé pour l'église Saint-Louis-des-Jésuites (entre 1688 et 1698,).
En France, lors de la révolution française à la fin du XVIIIᵉ siècle, la fanfare et l’orchestre d’harmonie vont occuper une place importante dans les cérémonies nationales. La Marseillaise par son succès devient un chant national en 1795 mais elle n'est adoptée comme hymne national que le 14 février 1879. Néanmoins, la musique militaire emporte une forte influence sur la musique populaire, grâce à des formations comme la musique de la Garde Nationale dirigée par François-Joseph Gossec, héritière directe de la musique des Gardes françaises de Louis XVI, et également de sociétés musicales de sapeurs-pompiers. Composant les hymnes pour les grandes cérémonies de la Révolution, Gossec fonde ensuite, avec le compositeur Grétry, le Conservatoire de Paris.
« Les sonorités musicales des fanfares se doivent d’être exaltantes et ces formations populaires sont présentes lors de toutes les fêtes républicaines. Les appels à la population donnent une nouvelle dynamique au point que les autorités de l’époque ont établi une liste des fêtes républicaines dont le déroulement prévoit la présence d'une « musique guerrière. »
— Anne-Claire Rocton, Fanfare[3]
Avec l'amélioration de la facture instrumentale au XIXe siècle, notamment l'introduction du piston pour les cuivres, les fanfares se modernisent en ajoutant bugles, cornets, trombones à pistons, cors à piston, ophicléides, toute la famille des saxhorns ainsi qu'une percussion[17].
La culture populaire évolue au XIXe siècle avec l'émergence du mouvement vocal orphéonique qui rencontra un grand succès sur le territoire[18]. L'état français cherche à éduquer le peuple par la musique. Néanmoins le mouvement orphéonique connaîtra son déclin au début du XXe siècle en raison notamment d'un répertoire appauvri, décorrelé des attentes du public et d'une « spécialisation des salles et des répertoires, qui opposa la "musique pure" des connaisseurs aux produits plus commerciaux et plus populaires dont le café-concert est l'emblème »[17].
À partir de la Deuxième République, chaque ville et village se dote d'une société de musique[19]. La bannière est le symbole principal de la société musicale et est exhibée en tête du défilé. « L’uniforme est un autre indice visible de la cohésion affichée par le groupe. Inspiré également du modèle militaire ou du pompier, il incarne la discipline et l’esprit de corps qui animent ces sociétés : la tenue est obligatoire lors des sorties musicales et est interdite pour tout autre usage. Elle permet de masquer les disparités sociales, en ôtant au musicien toute caractéristique de sa vie "civile"[19]. ». A cette période, seules les musiques militaires sont autorisées à se produire à l’extérieur de façon déambulatoire (marches, défilés, procession...), tant le ministère de l’Intérieur craint des troubles susceptibles de menacer l’ordre public. Lorsque les sociétés musicales amateurs auront le droit de jouer à l’extérieur, les fanfares s’installent dans des kiosques à musique répondant à la demande des autorités de se produire dans des lieux bien identifiés[20]. On comptait en France 2 000 chorales et 8 000 fanfares en 1908, présentes en particulier dans les petites villes.
« Elles fondent leur existence sur un règlement et des statuts précis, reflets des motivations de leurs fondateurs et de l’esprit qui les anime : soif de loisirs et désir de sociabilité. Ces statuts en décrivent la composition ainsi que les fonctions ou les obligations de chacun de ses membres[19]. »
A la fin de la première guerre mondiale, les soldats américains surnommés sammies (en référence à l'oncle Sam) débarquent en Europe avec leurs musiciens. On notera l'incidence de la fanfare du “New York Infantry Band”, rattachée au 369e régiment d’infanterie de l’armée des États-Unis, débarquée à Brest puis transportée à Saint-Nazaire sur le répertoire des fanfares françaises ; elle est composée de quarante-deux musiciens noirs dirigés par le chef de musique James Reese Europe (1881-1919), plus connu sous le nom de Jim Europe, et aussi surnommé le “roi de la marche“, compositeur majeur de la musique militaire américaine. Cette fanfare a joué à l’intérieur du théâtre Graslin à Nantes dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance du président américain Abraham Lincoln le 12 février 1918; ce qui sera considéré comme le premier concert de jazz en Europe.
Après la Première Guerre mondiale, l'émergence de nouveaux loisirs comme la pratique du sport et le cinéma va impacter la participation populaire aux orphéons et aux fanfares .
« Jusque dans les années 1950, la fanfare est une formation éducative importante puisqu’elle permet à de nombreuses personnes d'apprendre gratuitement la musique et d'utiliser un instrument. Pour beaucoup de musiciens, les sorties de la fanfare représentent les seules occasions de sortir de son village ou de son quartier et de découvrir d'autres lieux. Elle a contribué à jouer un rôle important pour la démocratisation de la musique. »
— Anne-Claire Rocton, Fanfare[3]
Issues de formations militaires, les fanfares excluent la présence de femmes jusque dans les années 1970 : « Une femme respectable ne peut jouer de la trompette ou de la grosse caisse dans la rue[20]. »
À partir des années 1960-1970 qui porte une vague d'anti-militarisme (guerre d'Algérie, guerre du Vietnam…) et de nouveaux genres musicaux (mouvements rock 'n' roll, yéyé, rock progressif…), la fanfare est perçue avec une image anachronique et démodée liée au port de l'uniforme associé à son histoire militaire et au recours à un répertoire figé dans le passé. Simultanément, les villes se dotent de conservatoires et d'écoles de musique qui offrent de nouveaux moyens d’apprentissage de la musique, en particulier en province.
La réforme des armées en 1996 en supprimant le service militaire en France et en professionnalisant les musiciens militaires a également tari une source de formation des musiciens de fanfare et de renouvellement d'effectifs.
Le nombre de fanfares civiles de forme traditionnelle sur le modèle militaire a globalement décru en France mais la fanfare reste présente au XXIe siècle dans l'espace public, aussi bien pour des commémorations officielles que pour des manifestations festives. Les types d'instruments de fanfare utilisés par les musiciens leur permettent toujours de jouer dans des conditions rudimentaires et mobiles sans contraintes logistiques majeures, ni amplification.
Depuis la fin du XXe siècle, on assiste à un renouveau de la fanfare amateur de rue qui s'approprie un répertoire moderne allant de la musique jazz, be-bop et funk, du jazz manouche, de la fanfare balkanique, du rock alternatif, à la chanson paillarde, à des reprises de chansons populaires ou militantes et l'électro ; elle donne à se voir dans des festivals de fanfare de rue et également sur scène. Parallèlement, on citera l'émergence de fanfares professionnelles sur la scène internationale de groupes comme le Dirty Dozen Brass Band actif depuis 1977, Lucky Chops...venant des États-Unis; en France, Les Fanflures Brass Band actif depuis 2013, les Rock The Stage et bien d'autres encore ; en Allemagne, Meute, une fanfare de techno active depuis 2015...
La fanfare active la plus ancienne est la Società Filarmonica Guido Moretti (lij) créée en 1518 à Pietra Ligure, Italie[3].
Orchestres militaires
[modifier | modifier le code]« Fanfare » est fréquemment employé pour désigner des ensembles à vent appartenant aux différents corps d'armée de tous pays, quel que soit leur effectif instrumental[10]. Qu'il s'agisse d'orchestre d'harmonie, de brass band, de big band, de jazz band, de batterie-fanfare, de clique, de guggenmusik ou autres orchestre de cuivres, tous sont le plus souvent nommés sous le terme générique de « fanfare ». Certaines armées nationales possèdent de nombreuses formations, comme la Suisse avec ses trois fanfares d'école de recrues, ses huit orchestres d'harmonie, ses huit brass bands et ses cinq orchestres d'armée[21].
En France, « les fanfares de cavalerie étaient composées de 16 trompettes, de 6 cors, de 3 trombones et d’une paire de timbales. En effet, les instruments à piston peuvent aussi se tenir d'une seule main et sont donc adaptés aux musiques de cavalerie[3]. »
Fanfares d'écoles supérieures
[modifier | modifier le code]Sur le modèle des fanfares des Beaux-Arts, apparues dès 1948 et issues de la section architecture de l'École des Beaux-Arts[22],[12], quelques écoles d'ingénieur et écoles de médecine ont leurs fanfares ou leurs harmonies-fanfares. Elles se font connaître par les festivals (Montpellier, Fleurance, Lyon, Crest ou Thoissey), les ferias (Vic-Fezensac, Arles, Nîmes ou Dax) ou par le Concours des Fanfares des Beaux-Arts. Les fanfares de ces écoles sont souvent un élément important de la vie associative, par l'ambiance qu'elles mettent en diverses occasions. Certains membres de ces fanfares y débutent la musique dans un contexte festif, à un âge où l'admission dans un conservatoire ou une école de musique est souvent difficile. À la suite de leurs études, un certain nombre de musiciens de ces fanfares étudiantes poursuivent leur pratique, dans des fanfares souvent constituées d'une base d'anciens étudiants mais s'ouvrant aussi à d'autres musiciens.
Depuis une dizaine d'années, certaines universités publiques ont également leur fanfare, comme l'Université Paris 8, l'Université Paris Saclay et l'Université d'Angers.
Il existe également des fanfares lycéennes, comme les Incorruptibles (lycée Aristide Briant, Saint-Nazaire), ou la fanfare de Bellevue, anciennement les Rats en Congé (lycée Bellevue, Le Mans).
Fanfares et jazz
[modifier | modifier le code]De nombreux musiciens de jazz, en particulier ceux jouant des instruments à vent, ont rencontré des fanfares dans leur parcours musical aussi bien dans des formations de jazz traditionnel New Orleans que de jazz expérimental et des musiques improvisées. On citera par exemple le trompettiste américain Lester Bowie (1941-1999), membre fondateur du Art Ensemble of Chicago, un ensemble de free jazz, en 1968 puis du Lester Bowie's Brass Fantasy[23] en 1984, un nonet d'instruments à vent dans lequel il démontre les liens du jazz avec les autres formes de musique populaire.
Fanfares et cinéma
[modifier | modifier le code]On retrouve le thème de la fanfare traité au cinéma[3] :
- 1937 : Fanfare d'amour de Richard Pottier ;
- 1988 : Le Temps des Gitans d’Emir Kusturica ;
- 1993 : Arizona Dream d’Emir Kusturica ;
- 1996 : Les Virtuoses de Mark Herman ;
- 2007 : La Visite de la fanfare d'Eran Kolirin ;
- 2024 : En fanfare d'Emmanuel Courcol.
Fédérations nationales françaises
[modifier | modifier le code]Les orchestres de fanfare se sont regroupées en fédérations et confédérations, faisant la promotion de la pratique musicale collective et en organisant l’enseignement musical :
- Confédération Française des Batteries et Fanfares[24], fondée en 1980 ;
- Confédération musicale de France, fondée en 1833 ;
- Fédération sportive et culturelle de France, fondée en 1898 ;
- Union des fanfares et ensembles musicaux, fondée en 1906.
Termes et expressions associés
[modifier | modifier le code]- Un fanfariste : un musicien d'une fanfare.
- Un fanfaron : personne vantarde, fier-à-bras.
- Une fanfaronnade, acte de fanfaron.
- Une arrivée en fanfare : entrée avec panache, mais quelquefois tapageuse.
- Un réveil en fanfare : à l'origine, aubade donnée certains jours de fête en l'honneur de quelqu'un, aujourd'hui, réveil bruyant et tapageur.
- Une fanfouille : orchestre ou groupe jouant fort et faux (plaisanterie de musicien : « pourquoi une fanfouille joue en marchant ? … pour s'éloigner du bruit »).
Galerie
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Anecdote
[modifier | modifier le code]La Fanfare for the Common Man d'Aaron Copland fait partie d'une série de 18 œuvres commandées par le chef d'orchestre Eugène Goossens de l'Orchestre symphonique de Cincinnati en 1942-1943, chacune devant ouvrir un concert[25]. Chacune devait rendre hommage à un aspect de l'effort de guerre ; les États-Unis étaient entrés dans la Seconde Guerre mondiale l'année précédente. La seule de ces fanfares à être devenue célèbre est celle de Copland ; les autres sont rarement, voire jamais, jouées ou enregistrées. La série, avec la date du concert auquel chacune a été jouée, est la suivante :
- 1. « A Fanfare for Airmen », Bernard Wagenaar, 9 octobre 1942
- 2. « A Fanfare for Russia », Deems Taylor, 16 octobre 1942.
- 3. « A Fanfare for the Fighting French », Walter Piston, 23 octobre 1942.
- 4. « Fanfare pour les forces de nos alliés latino-américains », Henry Cowell, 30 octobre 1942. (Enregistré.)[évasif]
- 5. « Fanfare pour les amis », Daniel Gregory Mason, 6 novembre 1942.
- 6. « Fanfare pour les parachutistes », Paul Creston, 27 novembre 1942.
- 7. « Fanfare de la Liberté », Darius Milhaud, 11 décembre 1942.
- 8. « Fanfare pour les héros américains », William Grant Still, 18 décembre 1942.
- 9. « Fanfare for France », Virgil Thomson, 15 janvier 1943.
- 10. « Fanfare for Freedom », Morton Gould, 22 janvier 1943. (Enregistrée.)[évasif]
- 11. « Fanfare for Airmen », Leo Sowerby, 29 janvier 1943. (Enregistrée.)[évasif]
- 12. « Fanfare pour la Pologne », Harl McDonald, 5 février 1943.
- 13. « Fanfare pour le corps médical », Anis Fuleihan, 26 février 1943.
- 14. « Fanfare pour le soldat américain », Felix Borowski, 5 mars 1943.
- 15. « Fanfare for the Common Man », Aaron Copland, 12 mars 1943. (Nombreux enregistrements. Intégrée à la Symphonie no 3 (en) de Copland.)
- 16. « Fanfare pour le corps des transmissions », Howard Hanson, 2 avril 1943.
- 17. « Fanfare for the Merchant Marine », Eugene Goossens, 16 avril 1943.
- 18. « Fanfare for Commandos », Bernard Rogers, 20 février 1943.
Citations
[modifier | modifier le code]« La fanfare est un genre à la croisée de deux mondes, celui de la rue et celui des musiques actuelles. »
— Jean-Noël Bigotti, Le guide des fanfares de Jean-Louis Perrier et Michel Bridenne, IRMA, 2007
« La fanfare, c’est la fête, la joie et le mouvement. »
— Amélie Ranty, Chargée de mission Art dans l’Espace Public à la direction générale de la culture de la ville de Nantes (2020)[26].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Le London Magazine a annoncé la composition de l'orchestre pour accompagner le feu d'artifice célébrant le traité d'Aix-la-Chapelle : « Il sera constitué de 40 trompettes, 20 cors, 16 hautbois, 16 bassons, 8 paires de timbales, 12 tambours, un nombre convenable de flûtes et de fifres ; avec 100 canons qui partiront seuls de loin en loin. » Une précédente annonce avertissait déjà qu'un « orchestre de 100 musiciens devaient jouer, avant que le feu d'artifice ne commence, une musique composée par Mr. Handel. »
- ↑ La fanfare
séparant le Dies Irae du Tuba mirum du Requiem de Berlioz est remarquable, par ses effectifs notamment, qui fait intervenir 4 groupes de cuivre sur scène :
- 4 cornets à pistons en sib, 4 trombones ténors, 2 tubas.
- 2 trompettes en fa, 2 en mib, 4 trombones ténors.
- 4 trompettes en mib, 4 trombones ténors
- 4 trompettes en sib bas, 4 trombones ténors, 4 ophicléides.
- ↑ Alfred Newman, directeur du département musical de la 20th Century Fox de 1940 à 1960, a composé la célèbre fanfare de la 20th Century Fox ouvrant chacun de leur film.
- ↑
« Ha vinto Amore... Idomeneo cessi esser re... lo sia
Idamante... ed Ilia a lui sposa, e fia pago Nettuno
contento il ciel, Premiata l'innocenza »
« L'amour a vaincu... Idoménée abdiquera... Idamante sera à sa place et Ilia sera sa femme, et la volonté de Neptune sera faite, le ciel apaisé, l'innocence récompensée. »
- ↑ Le clairon est un instrument d'ordonnance à sons naturels conçu pour l’infanterie et inventé en 1822 par le facteur d'instrument Antoine Courtois ; il ne possède ni piston ni coulisse. Il diffère de la trompette de cavalerie par sa perce.
Références
[modifier | modifier le code]- « Fanfare », définition du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
- ↑ Marc Honegger (dir.), « Fanfare », dans Dictionnaire de la musique : Science de la musique : formes, technique, instrument, vol. 1, A-K., Paris, Bordas, , 1109 p. (ISBN 2-04-005140-6)
- Anne-Claire Rocton, « Fiches repères : Fanfare », sur histoiredesarts.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ (en) [vidéo] « Idomeneo, K. 366, Act 3: "Ha vinto Amore" (La Voce) », sur YouTube (consulté le ).
- ↑ Bérénice Blackstone, « Œuvre : Tableaux d’une exposition - Modest Moussorgski », sur pad.philharmoniedeparis.fr (consulté le ).
- ↑ Harry Halbreich et Bernadette Beyne, « MUSIQUES EN PISTES : Les Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, orchestration Ravel », sur crescendo-magazine.be, (consulté le ).
- ↑ Tarr 2001.
- ↑ Randel 2003.
- ↑ Lloyd 1968, p. 172.
- Jérôme Sandlarz, « Fanfares, une histoire en marche… LSD propose une plongée dans l’univers des fanfares d’ici et d’ailleurs. 4 épisodes - Épisode 1/4 : Sonnez trompettes ! », sur radiofrance.fr, la série documentaire, (consulté le ).
- Jérôme Sandlarz, « Fanfares, une histoire en marche… LSD propose une plongée dans l’univers des fanfares d’ici et d’ailleurs. 4 épisodes - Épisode 2/4 : De la mine à la feria », sur radiofrance.fr, la série documentaire, (consulté le ).
- Jérôme Sandlarz, « Fanfares, une histoire en marche… LSD propose une plongée dans l’univers des fanfares d’ici et d’ailleurs. 4 épisodes - Épisode 3/4 : Fanfares et fanfarons aux Beaux-Arts… », sur radiofrance.fr, la série documentaire, (consulté le ).
- ↑ Jérôme Sandlarz, « Fanfares, une histoire en marche… LSD propose une plongée dans l’univers des fanfares d’ici et d’ailleurs. 4 épisodes - Épisode 4/4 : L’internationale des fanfares », sur radiofrance.fr, la série documentaire, (consulté le ).
- ↑ « musique militaire », dans Dictionnaire de la musique, Éditions Larousse (lire en ligne).
- ↑ Clément Jannequin, « La Guerre (Bataille de Marignan) » [PDF], sur Tard-Bourrichon.fr (consulté le )
- ↑ « Saqueboute, Nuremberg - Auteur : SCHNITZER, Anton (Nuremberg, avant 1545-Nuremberg, 1608) - Date : 1581 - Lieu : Palais Lascaris, Nice », sur tresors.nice.fr, nice (consulté le ) : « Il est aussi l'un des meilleurs spécimens au monde de la célèbre école de facture d'instruments à vent en métal qui s'est illustrée à Nuremberg, en particulier avec la dynastie de la famille Schnitzer. Seulement treize saqueboutes de cette époque sont répertoriées dans le monde, et la sacqueboute de Schnitzer du Palais Lascaris, l’une des plus anciennes qui soient, se trouve conservée intégralement, surtout grâce à son embouchure originale signée. »
- Sophie-Anne Leterrier, « Musique populaire et musique savante au XIXe siècle. Du "peuple" au "public" », Revue d'histoire du XIXe siècle, vol. 19, (DOI https://doi.org/10.4000/rh19.157, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jean-Yves Rauline, « Pratique musicale amateur et plaisir : L’exemple des associations musicales au XIXe siècle », La Musique et le plaisir, Rouen, France, (lire en ligne [PDF]).
- « Les rassemblements musicaux », sur archivespasdecalais.fr (consulté le ).
- Catherine Bréjat, « Des fanfares et harmonies ancrées dans leur territoire », Rè à la une, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Musique militaire suisse », sur he.admin.ch (consulté le ).
- ↑ Véronique Flanet, La belle histoire des fanfares des Beaux-Arts, Paris, L'Harmattan, , 250 p. (ISBN 978-2-343-06353-9).
- ↑ (en-US) « Jazzlists: Lester Bowie's Brass Fantasy discography », sur www.jazzlists.com (consulté le )
- ↑ « site de la Confédération Française des Batteries et Fanfares », sur batterie-fanfare.fr (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Goossens Fanfares » [archive du ], Cincinnati Symphony Orchestra (consulté le ).
- ↑ Cédric Mériau, Cuivres et pavés - Le rôle de la ville dans la construction d'une pratique musicale urbaine (mémoire de master), École Nationale Supérieure d’architecture de Nantes, , 262 p. (lire en ligne [PDF])
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste de compositeurs pour orchestres d'harmonie et de fanfare
- Banda, Brass band, Fanfare des Beaux-Arts, Harmonie-fanfare
- Clique, Orchestre de batterie-fanfare, Orchestre d'harmonie
- Arguèdène
- Guggenmusik
- Banda (musique)
- Batterie-fanfare
- Historique
- Alta cappella
- Équale, composition musicale généralement jouée par un ensemble de trombones
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Anthony Baines et Jane Bellingham, « Fanfare », dans Alison Latham, The Oxford Companion to Music, Oxford et New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-866212-9, lire en ligne)
- Pascal Bussy et Jérôme Rousseaux, Les fanfares : de la marche à la danse (Dossier d’accompagnement de la conférence–concert), Atelier des Musiques Actuelles / Ignatub, (lire en ligne [PDF]).
- Georges Gourdet, Les Instruments à vent (Que sais-je ? n° 267), Presses universitaires de France 1976 - 126 p.
- Philippe Gumplowicz, Les travaux d'Orphée. Deux siècles de pratique musicale amateur en France (1820-2000). Harmonies, chorales, fanfares, Aubier, 2001
- Félix Hauswirth, Le chef d'orchestre à vent, Editions Ruh music AG, 2001.
- Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Technique, formes, instruments, éditions Bordas, coll. « Science de la Musique », , 1109 p. [détail des éditions] (ISBN 2-04-005140-6)
- Sylvie Hue, Gal Villermain Lécolier, 150 ans de musique à la Garde Républicaine : Mémoires d'un Orchestre, Éditions Nouvelle Arche de Noé, 1998 - (ISBN 978-2843680977)
- Henk van Linjnschooten, Initiation à la direction des orchestres à vent, Éditions Robert Martin, 1994
- (en) Norman Lloyd, « Fanfare », dans The Golden Encyclopedia of Music, New York, Golden Press,
- (en) Don Michael Randel, « Fanfare », dans The Harvard Dictionary of Music, Cambridge, Harvard University Press, , 4e éd. (ISBN 978-0-674-01163-2, lire en ligne)
- (en) Edward H. Tarr, « Fanfare », dans Stanley Sadie et John Tyrrell, The New Grove Dictionary of Music and Musicians, London, Macmillan Publishers, , 2e éd.
- Jean-Philippe Vanbeselaere, Guide de l'instrumentation à l'usage des ensembles à vent, Editions Van de Velde, 2002
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Confédération française des batteries & fanfares (CFBF)
- Union des fanfares et des ensembles musicaux de France (UFF)
- « Fanfares, une histoire en marche… », LSD, la série documentaire, série de 4 émissions, France Culture, juin 2025.
- « Site regroupant une centaine de fanfares actuelles françaises pour l'organisation d'animation », sur mafanfare.com, Issy-les-Moulineaux, (consulté le ) : « Vibrantes, festives et pleines d’énergie, les fanfares font résonner la musique dans les rues du monde entier. Avec leurs cuivres éclatants et leurs rythmes entraînants, elles rassemblent les foules et créent une ambiance inoubliable.
Qu’elles viennent de partout en France, les fanfares font danser les cœurs et voyager les esprits. Chaque performance est une fête, un moment de partage, de passion et de joie pure. » - « Recherche d'œuvres contemporaines de fanfare », sur ressources.ircam.fr (consulté le ). 208 œuvres contemporaines de fanfare sont recensées en 2026.
Bases de données et notices
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- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :







