Chaîne des Aravis

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Chaîne des Aravis
Massifs des Alpes occidentales
Géographie
Altitude 2 750 m, Pointe Percée
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Départements Savoie, Haute-Savoie
Géologie
Roches Calcaires, marne, flysch, molasse

La chaîne des Aravis est une chaîne de montagnes située dans les Préalpes à cheval entre la Haute-Savoie (versant ouest) et la Savoie (versant est). Son plus haut sommet est la pointe Percée (2 750 m) que se partagent les communes du Grand-Bornand, de Sallanches et du Reposoir. L'extrémité septentrionale du massif est appelée chaîne du Reposoir[1],[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les noms des montagnes font partie des couches les plus anciennes des noms. La plupart du temps ils sont d’origine celte ou indo-européenne. Dans la langue celte, Aravis signifie « aïeux, ancêtres[3] ». C’est un mot composé sur les racines celtes –avo « grands parents » et Are- « devant ». Soit les montagnes de la chaîne étaient perçues comme l’incarnation des ancêtres, soit la tribu celte qui peuplait les lieux se considérait comme « ceux du grand ancêtre ». La racine -avo se retrouve dans un autre toponyme des Aravis : la Pierre à Voix de Sallanches. C'est un grand bloc rocheux détaché de la masse des Aravis. À l'époque celte, c'était sans doute une pierre « Avo », c'est-à-dire une pierre « ancêtre ». Comme la Pierre Avoi dans le canton du Valais, la Pierre à Voix de Sallanches ressemble à un mégalithe. Or, selon certains archélogues, les mégalithes érigés par les indo-européens commémoraient la mémoire des ancêtres.

La toponymie des Aravis contient des éléments qui indiquent des limites de territoire celte. La pointe des Arbennes se situe vers l’extrémité nord du massif. C’est un toponyme celte caractéristique des limites de territoire[4]. Au sud du massif, sur la limite entre les communes de Serraval et Manigod, se trouve la Riondaz[5]. C’est un autre toponyme courant sur les limites de pagus. Dans leur territoire, les Gaulois s’orientaient face à l’est (are[6] en celte continental). Le point le plus oriental du massif est la pointe d’Areu.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Elle s'étend du nord au sud, de Cluses à Ugine, bordée à l'ouest par la dépression de Thônes et le massif des Bornes, au nord et au nord-est par la vallée de l'Arve et le massif du Giffre, au sud-est par le val d'Arly et le massif du Beaufortain et au sud par la vallée de la Chaise dans la trouée d'Annecy et le massif des Bauges.

Elle est constituée d'une chaîne centrale orientée nord-est-sud-ouest, essentiellement calcaire et qui comporte les plus hauts sommets avoisinant les 2 500 mètres d'altitude dont le point culminant, la pointe Percée avec 2 750 mètres d'altitude, bordée de part et d'autre de contreforts moins élevés dépassant à peine les 2 000 mètres d'altitude et au relief plus doux, essentiellement marneux et domaine des alpages, qui sont du nord au sud la klippe des Annes (tête d'Auferrand, pointe de Deux Heures, pointe d'Almet, tête des Annes, mont Lachat de Châtillon), la tête du Danay, le plateau de Beauregard, la tête de Cabeau et la montagne de Sulens d'une part à l'ouest et le Croise Baulet, le Christomet, la tête du Torraz, la Croix Cartier, le Treu et le Praz Vechin d'autre part à l'est.

Sommets[modifier | modifier le code]

Chaîne des Aravis et son point culminant : Pointe Percée (2 750 m)
Vue depuis la commune du Grand-Bornand

Voici une liste des principaux sommets et leurs antécimes de la chaîne principale, du nord au sud :

La chaîne est ici coupée par le col des Aravis (1 486 m) qui relie La Clusaz à Flumet dans le val d'Arly.

Versant oriental du massif, depuis le plateau des Saisies en Savoie, du sud avec le mont Charvin au nord avec la pointe Percée dans les nuages, en passant par le col des Aravis (au centre).
Versant occidental du massif, du nord avec une partie du massif des Bornes et la pointe Percée jusqu'à l'Étale.
Reste du versant occidental du massif, au sud du col des Aravis (de gauche à droite) : Merdassier, Étale, Mandalle, tête de l'Aulp et Rouelle, Goenne, Charvin, aiguilles du Mont et aiguille du Bouchet ; tout à droite dans les nuages, la dent de Cons.

Principaux cols[modifier | modifier le code]

Principales vallées[modifier | modifier le code]

Communes[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Comme tous les massifs des Préalpes, la chaîne des Aravis est constituée principalement de calcaire (et ses dérivés).

Climat[modifier | modifier le code]

Les Aravis sont un massif particulièrement arrosé, mais les anciens redoutaient particulièrement les années très pluvieuses et froides qui étaient des années de faibles récoltes et potentiellement de famines comme en 1812.

Dès 1881, la vallée de Thônes accueille une des 172 stations météorologiques recensées dans les Alpes :

  • entre 1881 et 1910, la vallée connaît des précipitations annuelles moyennes de 1 556 mm, la classant deuxième après celle de Flumet avec 1 642 mm ;
  • entre 1932 et 1992, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 743 mm ;
  • entre 1992 et 2002, les précipitations annuelles moyennes sont de 1 844 mm.

Les années de sécheresse — relative — les plus mémorables sont les années 1782, 1800, 1802, 1816, 1818, 1832, 1859, 1870, 1893, 1904, 1906, 1921, 1949, 1962, 1976, 1983, 1984, 1994 et 2003[7].

Parmi les années les plus froides : (−22,2 °C), , (−21,0 °C), (−21,2 °C), (−18,0 °C).

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le seigneur des Clefs régnait sur une grande partie des Aravis. Son vaste domaine s'étendait du Reposoir jusqu'à la rive droite du lac d'Annecy.

En 1851, la vallée de Thônes est frappée d'une importante épidémie de variole (petite vérole).

En 1911, la 9e édition du Tour de France cycliste pénètre pour la première fois dans le massif en arrivant par la Giettaz, passant la col des Aravis et descendant la vallée de Thônes.

Le Régie d’électricité de Thônes est créée à la fin des années 1920 par 13 communes des Aravis pour amener l'électrification de la vallée de Thônes et de la Giettaz. Depuis 1931, la régie fournit et distribue l'électricité.

Le , création du Syndicat des expéditeurs de véritables reblochons.

En 1971, la « Coopérative des producteurs de reblochon fermier » est créée à Thônes. Une fête se tient à La Clusaz début août depuis 1962.

En 1991, le festival international « Au Bonheur des Mômes » est créé au Grand-Bornand.

En 2006, la chaîne des Aravis est classée « site Natura 2000 » ce qui garantit son environnement et sa biodiversité. Le , le président Nicolas Sarkozy, en déplacement à La Clusaz, à l'occasion d'une table ronde organisée sur l'économie de montagne annonce le classement de la chaîne des Aravis en réserve naturelle, ce qui divise les maires concernés.

Activités[modifier | modifier le code]

La chaîne des Aravis est souvent étroitement associée au massif des Bornes, qu'on appelle alors massif des Bornes-Aravis. Mais on rencontre également l'appellation raccourcie « massif des Aravis » pour l'ensemble du massif, peut-être un effet du marketing touristique.

Sport estival[modifier | modifier le code]

  • Ascension de la Pointe Percée[8]
  • Escalade sur la Pointe Percée (Paroi de Gramusset)[9]
  • Aravis Trail, course de montagne
  • Randonnée cycliste « Le Reblochon »
  • Le Bélier, trail[10]

Stations de sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Chaîne des Aravis, en hiver, vue du village de la Clusaz

En 2011 est créée la marque « Lake Annecy Ski resorts » regroupant les quatre stations suivantes qui offraient 64 300 lits touristiques, 3 214 meublés, 41 hôtels, 128 restaurants, 24 bars, 3 discothèques 61 magasins de sports, 82 remontées mécaniques, 3 snowparks, etc. :

Autres stations :

Le « Master des Neiges » est une compétition de raquette à neige (finale de la coupe d'Europe), mi-mars à Thônes/Manigod au plateau de Beauregard.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pont romain
  • Maison de la pomme et du Biscantin (cidre local) à Serraval.
  • Le pont romain situé sur la commune Les Clefs est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du .
  • La chapelle des Aravis construite au col en 1624.
  • Le plateau de Beauregard, partagé entre 4 communes, offre un panorama sur la chaîne des Aravis et sur le massif du Mont-Blanc. Il dispose d'une flore particulièrement riche grâce à ses nombreuses tourbières. Son territoire présente un fort magnétisme et la foudre frappe souvent lors des orages. Il existe sur le plateau deux vestiges très anciens, le menhir de la Croix-Fry et le mur de Colomban.
  • La scierie du Pont de la Scie à La Clusaz, écomusée du Bois et de la forêt.
  • Le four des Murailles à Manigod.
  • La maison du patrimoine du Grand-Bornand, la maison du patrimoine de Manigod, la galerie des amis du Val-de-Thônes.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

La chaîne des Aravis est une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, classée sur une surface de 8 034 hectares. C'est un site de nidification de l'Aigle royal et du Gypaète barbu[11]. Les forêts des Aravis sont constitueés en moyenne par 70 % de conifères.

Culture[modifier | modifier le code]

  • La Jeune Fille et les Loups de Gilles Legrand, un film inspiré de La Mort du loup d'Alfred de Vigny et tourné dans les Aravis. Au sortir de la Grande Guerre, une jeune fille désireuse de devenir la première femme vétérinaire est amenée à s'opposer à l'éradication planifiée de la dernière meute de loups en France qui ignorant les frontières réapparaîtront naturellement en provenance d'Italie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MB Management, Plan de prévention des risques naturels prévisibles de la commune de Le Reposoir, Préfecture de la Haute-Savoie – Direction départementale des territoires de la Haute-Savoie, , 114 p. (lire en ligne), p. 10
  2. DIREN – Rhône-Alpes (Chatelain Marc), Chaîne des Aravis – ZNIEFF continentale de type II, INPN, SPN-MNHN Paris, , 19 p. (lire en ligne), p. 3
  3. Xavier Delamarre, Les noms des Gaulois, Vaucresson, les Cent chemins, , 411 p. (ISBN 978-1-5468-6932-0 et 1-5468-6932-8, OCLC 1013539963, lire en ligne), p. 127-130
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, Arles/impr. en Lituanie, Éditions Errance, , 440 p. (ISBN 978-2-87772-631-3 et 2-87772-631-2, OCLC 1055598056, lire en ligne), p. 53
  5. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, Arles/impr. en Lituanie, Éditions Errance, , 440 p. (ISBN 978-2-87772-631-3 et 2-87772-631-2, OCLC 1055598056, lire en ligne), p. 164
  6. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, Arles/impr. en Lituanie, Éditions Errance, , 440 p. (ISBN 978-2-87772-631-3 et 2-87772-631-2, OCLC 1055598056, lire en ligne), p. 52
  7. L'Essor savoyard du 29 juillet 2010, page 18
  8. Pointe Percée > "Cheminées de Sallanche", summitpost.org
  9. Pointe Percée > Paroi de Gramusset, summitpost.org
  10. Franck Allin, « le Bélier: un record qui tient depuis 25 ans », sur Snow Universe, (consulté le )
  11. « Chaîne des Aravis N° régional : 74220004 », DIREN Rhône-Alpes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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