Val d'Arly

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Val d'Arly
Notre-Dame-de-Bellecombe avec le mont Charvin, dans le val d'Arly
Notre-Dame-de-Bellecombe avec le mont Charvin, dans le val d'Arly
Massif Beaufortain / Aravis / Bauges (Alpes)
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Départements Savoie, Haute-Savoie
Coordonnées géographiques 45° 49′ nord, 6° 31′ est

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Val d'Arly

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Val d'Arly
Orientation sud-ouest
Longueur 33 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Arly
Voie d'accès principale D 1212

Le val d'Arly est une région naturelle et une vallée situées entre les massifs du Beaufortain, des Aravis et des Bauges, à la limite des départements de la Savoie et de la Haute-Savoie, entre les cols des Aravis et des Saisies.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Val d'Arly est le nom d'une région correspondant à la vallée où coule le torrent de l'Arly. L'hydronyme Arly semble dériver, d'après Charles Marteaux, du nom d'un domaine gallo-romain et de son propriétaire, ici, Arilus, un patronyme d'origine gauloise[1] ou, selon le chanoine Gros, d’Arelia, la forme féminine d'Arelius[2]. Pour le chanoine Adolphe Gros, la villa pouvait être située au niveau de L'Hôpital[2].

La première mention de cet hydronyme remonte au XIVe siècle[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Une vue des basses gorges de l'Arly depuis le belvédère de la commune de Cohennoz.

Le val d'Arly est une vallée alpine prenant naissance sur les hauteurs de Megève, dans le département de la Haute-Savoie, à la source du torrent de l'Arly[3], sous le mont Joly[2]. Elle débouche sur la ville d'Ugine, en Savoie, d'où l'Arly part rejoindre l'Isère au niveau d'Albertville[2],[3]. Elle appartient au sillon alpin[4],[5].

La vallée supérieure de l'Arly se situe à l'amont de la ville d'Ugine[4]. Elle comprend, pour le géographe Raoul Blanchard, les territoires des communes d'Héry-sur-Ugine, de Cohennoz, de Crest-Voland, de Saint-Nicolas-la-Chapelle, de Notre-Dame-de-Bellecombe, de Flumet, de La Giettaz, de Praz-sur-Arly, de Megève et de Demi-Quartier[4]. Les sept premières communes appartiennent au département de la Savoie, les trois dernières à la Haute-Savoie. Le Bas val d'Arly comprend, toujours pour ce géographe, les communes de Savoie suivantes : Ugine, Outrechaise (rattachée à Ugine en 1963), Marthod, Thénésol, Allondaz, Pallud, Césarches, Venthon[6].

Le val d'Arly est traversé par l'ancienne route nationale 212, devenue D 1212, reliant Ugine (Bas val d'Arly-combe de Savoie, Savoie) à Sallanches (vallée de l'Arve, Haute-Savoie)[7], avec la section à risques des gorges de l'Arly[5]. La vallée est accessible depuis Thônes et les Aravis par la D 909, via le col des Aravis, ou encore depuis le Beaufortain, par le col des Saisies.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Savoie.

Durant l'Antiquité, le val d'Arly est occupé, tout comme le Haut-Faucigny, le Beaufortain et la haute vallée de la Tarentaise, par les Ceutrons[8]. Vers 20 av. J.-C., ces derniers sont dominés par les Romains. La vallée est dès lors intégrée à la province des Alpes grées[3]. La partie basse est quant à elle intégrée à la province viennoise[9]. Au niveau du col du Jaillet, une borne permettait d'indiquer la limite entre les deux provinces[10].

Vue générale de Flumet.

Durant le Moyen Âge, la vallée est partagée entre les seigneurs de Savoie et de Faucigny[3]. Il faut attendre le XIIIe siècle, sans qu'une date soit réellement avancée, pour voir les sires de Faucigny devenir maîtres de Flumet et du haut val d'Arly, le tout formant une châtellenie[11], tandis que l'aval, le mandement d'Ugine, est une possession des comtes de Savoie[3]. Le château de Flumet contrôle l'accès aux gorges de l'Arly permettant de rejoindre la combe de Savoie, ainsi que la vallée de l'Arrondine, accédant à La Giettaz, et, au-delà, aux Aravis et vallées de Thônes[12]. Le bourg obtient d'ailleurs, dès 1228, des franchises[12] et joue un rôle économique important, notamment avec la mise en place d'un marché[13].

Au cours des XVIe et XVIIe siècles, le mandement de Flumet appartient à l'apanage des Savoie-Nemours, comtes apanagistes de Genevois, barons de Faucigny et de Beaufort[13].

Après la Restauration savoyarde de 1815, le massif est intégré, avec le pays de Faverges, le Beaufortain et l'amont de la combe de Savoie, à la nouvelle province de Haute-Savoie, créée en 1816, au sein du duché de Savoie[14],[15]. La circonscription disparaît, en 1860, lorsque le duché de Savoie est annexé par la France du Second Empire. Le val d'Arly est compris dans le nouveau département de la Savoie.

Les autorités réalisent une route afin de passer les gorges de l'Arly, entre 1862 et 1886[3],[16]. La ville de Flumet est reliée à Ugine en 1884[17]. Flumet était jusqu'alors mieux connecté avec le Faucigny et la ville de Sallanches, du côté haut-savoyard, qu'avec le reste de la Savoie[17]. En effet, la route reliant Ugine à Héry, puis se dirigeant vers Flumet était peu praticable[17]. Les raisons de cet aménagement sont la perspective des « échanges du Faucigny et de la combe de Savoie et l'accès de Chamonix par les touristes », ainsi que l'exportation du bois exploité sur les versants[17].

Dès les années 1900, les progrès technologiques de l'hydroélectricité suisse sont à l'origine d'intenses spéculations boursières sur les sociétés hydroélectriques, qui profitent aux implantations industrielles en val d'Arly, tandis que le tourisme prend son essor.

Activités[modifier | modifier le code]

Le val d'Arly, aux côtés du Beaufortain, de la Maurienne et de la Tarentaise, a reçu le label « Villes et Pays d'art et d'histoire » pour le projet Pays des Hautes vallées de Savoie (1991)[18],[19].

Le val d'Arly possède plusieurs grands domaines skiables, reliant certaines stations-villages de la vallée, ainsi que certaines du Beaufortain :

Nom du domaine Communes / stations touristiques Pistes
(2017)
Pistes (km)
(2017)
Remontées
mécaniques
(2017)
Capacité
(nombre de lits
2016[Note 1])
Espace Diamant Bisanne 1500 ; Crest-Voland Cohennoz ; Flumet - Saint-Nicolas-la-Chapelle ; Hauteluce ; Notre-Dame-de-Bellecombe ; Praz-sur-Arly ; Les Saisies
157
192
81
48789
Évasion Mont-Blanc
(pas complètement connecté)
Combloux ; La Giettaz-en-Aravis ; Les Contamines (Hauteluce et Les Contamines-Montjoie) ; Megève ; Saint-Gervais Mont-Blanc ; Saint-Nicolas-de-Véroce
110
400
251
109814
Portes du Mont-Blanc
(Espace Jaillet)
(pas complètement connecté)
Combloux ; Cordon ; La Giettaz-en-Aravis ; Megève (Jaillet)
85
85
25
72824

La ville de Megève accueille un musée du Haut Val d'Arly, créé en 1987, dans une ancienne ferme du XIXe siècle, permettant de présenter l'art et les différentes traditions populaires de la région[21]. Le musée édite le premier numéro de Mag-éva Megève : revue d'histoire et de traditions du Val d'Arly, en 1988[22].

Religion[modifier | modifier le code]

Le val d'Arly, tout comme le pays d'Ugine, appartient au diocèse d'Annecy[23], depuis le haut Moyen Âge[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Site de l'Office de tourisme du Val d’Arly (partie Savoie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La capacité en termes de lits touristiques, marchands et non-marchands, est exprimée à partir des données du site de l'organisme Savoie-Mont-Blanc. Ces chiffres ne sont qu'une approximation, puisque certaines données sont manquantes[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Arlian, Arlier, Arlod, Arly », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté le 9 mars 2017).
  2. a, b, c et d Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 36.
  3. a, b, c, d, e et f Sur les chemins du Baroque 1999, 149  [lire en ligne]
  4. a, b et c Raoul Blanchard 1948, 251
  5. a et b Putz 1934, 724
  6. Raoul Blanchard 1948, 273
  7. Charles Socquet, Megève et son passé, France Couleur, , 380 p., p. 160.
  8. Garin 1939, p. 29 (lire en ligne).
  9. a et b Histoire des communes savoyardes 1982, 266
  10. Histoire des communes savoyardes 1982, 398
  11. Nicolas Carrier, La vie montagnarde en Faucigny à la fin du Moyen Âge, Éditions L'Harmattan, , 620 p. (ISBN 978-2-7475-1592-4, lire en ligne), p. 32.
  12. a et b Histoire des communes savoyardes 1982, 402-404
  13. a et b Histoire des communes savoyardes 1982, 406
  14. Hudry 1982, 24
  15. Louis Chabert, Jean-Marie Albertini (sous la dir.), Jacques Champ et Pierre Préau, Un siècle d'économie en Savoie, 1900-2000, La Fontaine de Siloé, , 141 p. (ISBN 978-2-8420-6157-9, lire en ligne), p. 12.
  16. Histoire des communes savoyardes 1982, 399
  17. a, b, c et d Putz 1935, 6-9
  18. Hautes vallées de Savoie sur le site de rhone-alpes.culture.gouv.fr.
  19. « Le label PAH » sur le site de la Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne - fondation-facim.fr.
  20. « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, 2016 (consulté le 9 mars 2017) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2016, .xlsx) ».
  21. Site officiel du musée du Haut Val d'Arly.
  22. Revue savoisienne, Volume 145, 2005, p.133.
  23. Henri Baud (éditeur scientifique), Louis Binz (contributeur), Robert Brunel (contributeur), Paul Coutin (contributeur), Roger Devos (contributeur), Paul Guichonnet (contributeur), Jean-Yves Mariotte (contributeur) et Jean Sauvage (contributeur), Le Diocèse de Genève-Annecy, Paris, Editions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », , 331 p. (ISBN 2-7010-1112-4, notice BnF no FRBNF34842416, lire en ligne).