Massif du Chablais

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Massif du Chablais
Massifs des Alpes occidentales
Géographie
Altitude 2 466 m, Hauts-Forts
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Drapeau de la Suisse Suisse
Région
Canton
Auvergne-Rhône-Alpes
Valais
Département Haute-Savoie
Géologie
Âge Trias-Oligocène
Roches Roches sédimentaires

Le massif du Chablais est le deuxième massif le plus étendu des Préalpes du Nord. Il est situé en Haute-Savoie dans le Chablais français et le Faucigny, et en partie dans le Chablais valaisan en Valais en Suisse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le massif du Chablais est un massif périphérique des Alpes. Il est délimité du nord au sud par le Léman, les vallées de l'Arve et du Giffre ainsi que le val d'Illiez. Il est entouré des Alpes bernoises de l'autre côté de la vallée du Rhône, du massif du Haut-Giffre au sud-est, et du massif des Bornes au sud de l'Arve.

Topographie[modifier | modifier le code]

Le massif inclut de nombreux reliefs s'élevant au-delà de 2 000 m dont les plus hauts sommets sont les Hauts-Forts (2 466 m) et le mont de Grange (2 432 m). Plusieurs d'entre eux matérialisent la frontière entre la France et la Suisse.

Le massif du Chablais correspond actuellement au Haut Chablais. Le cœur du massif du Chablais correspond au bassin hydrographique de la Dranse (Dranse de Morzine et Dranse d'Abondance) et qui est exploité pour l'hydroélectricité par la centrale électrique de Bioge. Il inclut plusieurs lacs d'origines diverses dont le lac de Jotty (hydroéléctricité), le lac de Montriond, le lac de Vallon (glissement de terrain) et divers petit lacs glaciaires (lacs de la Case, lac de Darbon, etc.)

Principaux sommets
Drapeau de la France France Drapeau de la France France-Drapeau de la Suisse Suisse Drapeau de la Suisse Suisse
Hauts-Forts, 2 466 m Cornettes de Bise, 2 432 m Pointe des Mossettes, 2 277 m
Mont de Grange, 2 432 m Pointe de Fornet, 2 300 m Les Jumelles, 2 215 m
Pointe de Vorlaz, 2 346 m Pointe de Chésery, 2 251 m Chambairy ou Hautagrive, 2 206 m
Roc d'Enfer, 2 243 m Tête du Géant, 2 228 m Mont Gardy, 2 201 m
Dent d'Oche, 2 221 m Pointe de Chavanette, 2 219 m Le Grammont, 2 172 m
Château d'Oche, 2 197 m Cornebois, 2 200 m
Pointe de Nantaux, 2 170 m
Mont Chauffé, 2 093 m

Lacs[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

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Le massif du Chablais est constitué de roches sédimentaires calcaires et silici-clastiques, accumulées sous forme de nappes de charriages. Ces nappes correspondent aux couvertures sédimentaires déposés dans les différents domaines paléogéographiques de la Téthys alpine. Elles sont datées entre le Trias jusqu'à l'Éocène et l'Oligocène pour certains dépôts postérieurs. La disposition des nappes de bas en haut respectent a priori leur introduction dans le prisme d’accrétion et donc leur position relative dans la Téthys alpine: les nappes situés à la base de l'édifice préalpin sont associés à la marge nord européenne tandis que celle situés vers le sommet donc davantage placés vers la marge sud. Les nappes sont ici présentés de bas en haut et donc de la marge nord vers la marge sud téthysienne.

Nappe ultrahelvétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Domaine ultrahelvétique.

La nappe ultrahelvétique est associée au domaine helvétique dont il en constitue son extrémité sud. Tout comme ce dernier, elle correspond à des dépôts de la plateforme nord thétysienne mais en position plus distale et donc plus profonde. Elle correspond à la dernière unité tectonique décollée de son substrat cristallin et introduite dans le prisme orogénique. Si les âges les plus anciens sont triasiques et donc contemporains de l'ouverture de la Téthys alpine, les âges les plus récents correspondent à des séries marines profondes (grès de Taveynnaz et grès du val d'Illiez) déposées dans le bassin d'Avant-Pays alpin à l'Oligocène, soit après la collision (ou formation des Alpes) et la fermeture de la Téthys alpine.

L'ultrahelvétique affleure principalement dans la zone des Cols, c'est-à-dire au sud du massif du Chablais, coincé entre les Préalpes et les Alpes s.s. Une partie a été érodée lors du charriage des Préalpes et se retrouve aujourd'hui en position frontale sur la bordure externe sous forme de lentilles tectoniques au front des Voirons. Le socle cristallin d'où provient ces unités est aujourd'hui représenté par la pointe Noire de Pormenaz et ses équivalents latéraux. De rares lentilles sédimentaires sont encore préservées.

Nappe du Gurnigel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nappe du Gurnigel.

La nappe du Gurnigel est restreinte sur la bordure externe du massif du Chablais. Les Voirons et les reliefs secondaires l'entourant (mont Vouan, Tête de Char) ainsi que les collines d'Allinges constituent les principales unités. Il s'agit de dépôts marins profonds issus de courants de densité ou turbidites s.l. qui peuvent être interprétés comme des flyschs. Son origine paléogéographique est débattue. Certains lui attribuent une origine sud téthysienne mais de récents travaux tendent à lui attribuer une origine valaisanne c'est-à-dire nord téthysienne. Ainsi la nappe du Gurnigel est datée de l'Éocène moyen à tardif voire l'Oligocène basal avec incertitude.

Contrairement aux autres nappes, la nappe du Gurnigel ne possède pas de socle cristallin. En effet elle s'est déposée sur des séries marines profondes préexistantes à l'image d'autres unités de flysch.

Nappe des Préalpes médianes plastiques et rigides[modifier | modifier le code]

La nappe des Préalpes médianes (plastiques et rigides) constitue la majeure partie de l'édifice préalpin. De par leur position structurale dans les Préalpes et leur épaisseur, elles comportent une grande partie des sommets supérieures à 2 000 m à l'image de la dent d'Oche. Les Préalpes médianes correspondent aux couvertures sédimentaires issues du micro-continent (et domaine) briançonnais. Il s'agit de dépôts carbonatés de plateforme (Préalpes médianes rigides) et du bassin marginal (Préalpes médianes plastiques). La différence réside dans la plus forte proportion d'intervalles marneux dans les Préalpes médianes plastiques liée à leur plus grande profondeur de dépôt. Cette teneur en marnes confère par ailleurs à cette dernière une plus grande plasticité qui apparaît régulièrement plissée en une succession de plis synclinaux et anticlinaux. Par opposition, la faible teneur en niveaux marneux das les Préalpes médianes rigides favorise une déformation cassante qui se manifeste par une forte proportion de plans de faille. Les dépôts sont datés entre le Trias avec les niveaux évaporitiques qui furent exploités à Armoy et les niveaux de flysch de l'Éocène moyen qui affleurent sporadiquement.

Le socle cristallin correspond de nos jours à un ensemble d'unités incluant la nappe Siviez-Mischabel.

Nappe de la Brèche[modifier | modifier le code]

La nappe de la Brèche affleure dans une bande débutant au Praz de Lys et traversant Châtel. De par sa position structural élevée et sa lithologie, la nappe de la Brèche compose le sommet le plus élevé du massif du Chablais : le mont de Grange. La nappe correspond à la transition entre les domaines briançonnais et piémontais. La majeure partie des dépôts se sont par ailleurs déposés lors de la phase de rifting de la Téthys alpine (sédimentation syn-rift). Elle se caractérise par d'importantes accumulations de brèche scindées en deux unités géologiques (brèches inférieure et supérieure) et séparés par des dépôts fins schisteux. La série sédimentaire débute au Trias et se poursuit jusqu'aux flyschs éocènes. Son socle cristallin correspond au mont Rose.

Nappe supérieure des Préalpes[modifier | modifier le code]

La nappe supérieure des Préalpes constitue la partie sommitale du massif du Chablais. Toutefois en raison de leur forte sensibilité à l'érosion, ils sont uniquement préservés de nos jours au cœur des plis synclinaux. Cette unité est constituée d'une superposition de quatre flyschs qui sont de bas en haut : le flysch de la Sarine, le flysch de la Dranse, le flysch de la Simme et le flysch des Gets. Ces différentes unités sont des dépôts silico-clastiques marins profonds et déposés par des courants de densités ou turbidites s.l.. Ils ont été déposés le long de la marge sud téthysienne et constituent par ailleurs les premières unités emportées dans la subduction et donc dans le prisme d’accrétion. Ces flyschs affleurent très mal et sont généralement couverts par des prairies. Ils sont par ailleurs sujet régulièrement à des glissements de terrain. Selon les interprétations, la nappe du Gurnigel est parfois associée à la nappe supérieure des Préalpes et plus particulièrement au flysch de la Sarine.

Activités[modifier | modifier le code]

Stations de sports d'hiver[modifier | modifier le code]

France :

Suisse :

Les grands domaines skiables[modifier | modifier le code]

Présentation des grands domaines skiables (chiffres de 2014).

Nom du domaine Communes / stations touristiques Pistes
(nombre)
Pistes
(Km)
Remontées
mécaniques
(nombre)
Capacité
(nombre de lit[Note 1])
Hirmentaz-Les Habères Les Habères ; Hirmentaz
43
50
23
5375
Portes du Soleil
(Drapeau de la France France-Drapeau de la Suisse Suisse)
(pas complètement connecté)
Abondance ; Avoriaz ; La Chapelle-d'Abondance ; Châtel ; Les Gets ; Montriond ; Morzine ; Saint-Jean-d'Aulps-Espace Roc d'Enfer
280
650
195
105390
Roc d'Enfer La Grande Terche ; La Chèvrerie
24
50
15
12365

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

En 2015, le Chablais obtient le nouveau label, « Géoparc mondial UNESCO » (UNESCO Global Geopark), décerné par l'UNESCO[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Lamaury, Chablais, balcon du Léman, Glénat, coll. « Guide Franck », 2002 (ISBN 2723438732)
  • Maurice Richard, Les mots du Haut-Chablais : Morzine Avoriaz, La Fontaine De Siloé, 1994 (ISBN 2908697939)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La capacité en termes de lits touristiques est exprimée à partir des données du site de l'organisme Savoie-Mont-Blanc. Ces chiffres ne sont qu'une approximation, puisque certaines données sont manquantes[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  2. « Chablais UNESCO global geoparks (France) », sur le site de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture - unesco.org (consulté le 12 mars 2016).