Beaufortain

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Pour le massif de montagnes, voir Massif du Beaufortain.
Beaufortain
La commune et les hameaux de Beaufort, au cœur du Beaufortain. Au fond, le défilé d'Entreroches conduit au barrage de Roselend.
La commune et les hameaux de Beaufort, au cœur du Beaufortain. Au fond, le défilé d'Entreroches conduit au barrage de Roselend.
Massif Massif du Beaufortain (Alpes)
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Communes Beaufort-sur-Doron, Villard-sur-Doron, Hauteluce, Queige, Venthon
Coordonnées géographiques 45° 44′ nord, 6° 33′ est

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Beaufortain

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Beaufortain
Orientation sud-ouest
Longueur 30 km
Type Vallée glaciaire
Écoulement Doron de Beaufort
Voie d'accès principale D 925

Le Beaufortain, ou pays de Beaufort, est une région naturelle s'étendant autour de la commune de Beaufort dans le département français de la Savoie. Elle est constituée principalement par la vallée du Doron dit de Beaufort.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Beaufortain est un adjectif dérivant du toponyme Beaufort, composé de « beau » et « fort », soit un « endroit fortifié »[1].

La petite région est appelée également pays de Beaufort[2], plus rarement Beaufortin[3]. Correspondant au bassin versant du Doron, elle porte également le nom de vallée du Doron ou parfois de vallée de Luce[1]. Luce, nom d'une villa romaine, passé à la paroisse, avant de devenir Beaufort en 1225[1],[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue sur le Beaufortain (Hauteluce, Beaufort, Arêches)

La superficie de la région est estimée à environ 27 427 ha[2]. Elle correspondant au bassin hydrographique du vallée du Doron dit de Beaufort et de ses affluents[2].

L'ensemble, faiblement individualisé, est limité[2] :

L'ensemble regroupe le territoire des quatre communes de Beaufort-sur-Doron, Hauteluce, Queige et Villard-sur-Doron[2].

Ses sommets les plus remarquables sont le Grand Mont, l'aiguille du Grand Fond et la Pierra Menta (la Pierre montée), sorte de dent rocheuse en surplomb au-dessus du lac de Roselend, autour de laquelle a lieu la célèbre course de ski-alpinisme, la Pierra Menta. Le signal de Bisanne, avec ses 1 941 m, constitue un belvédère remarquable sur le massif du Mont-Blanc tout proche.

Lacs et barrages[modifier | modifier le code]

Lac de Roselend

Le Beaufortain est la région privilégiée des lacs de barrage[5] :

Le massif est traversé de conduites forcées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période antique[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité, le Beaufortain est occupé, tout comme le Haut-Faucigny et la haute vallée de la Tarentaise, par le peuple Ceutrons[6], contrôlant les principaux cols alpins entre la péninsule italienne et la Gaule. Vers 20 av. J.-C., les Ceutrons sont dominés par les Romains[7]. La Centronie devient, à la suite de la conquête par Rome, la province des Alpes Grecques, puis Alpes grées, avec Axima (Aime) pour capitale. La vallée se trouvant en dehors des grands axes de communication de l'Empire romain, peu de traces ont été retrouvées[6].

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Du Xe siècle au XIe siècle, le Beaufortain appartient au royaume de Bourgogne. Des sires de Beaufort apparaissent vers la fin Xe siècle et semblent contrôler la vallée.

Dès le XIe siècle, les barons de Faucigny dominent la vallée du Doron (Beaufortain) en plus de la vallée de l'Arve et de son affluent le Giffre, l'Arly jusqu'à Flumet, formant ainsi la province du Faucigny. En 1355, en application du traité de Paris, cette vallée rejoint les territoires des comtes puis ducs de Savoie. Elle n'est constituée que d'une seule châtellenie, dite aussi mandement, dans l'organisation savoyarde du Genevois[8].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Après la Restauration savoyarde de 1815, le massif est intégré, avec le pays de Faverges, le val d'Arly et l'amont de la combe de Savoie, à la nouvelle province de Haute-Savoie, créée en 1816, au sein du duché de Savoie[9],[10]. La circonscription disparaît, en 1860, lorsque le duché de Savoie est annexé par la France du Second Empire. Le Beaufortain est compris dans le nouveau département de la Savoie. L'ancien mandement de Beaufort devient le canton de Beaufort-sur-Doron[11].

Le tourisme se développe au début du XXe siècle. En 1912, on compte sept hôtels[12], notamment à Beaufort avec les hôtels du Cheval Blanc, de l'Étoile, de la Poste et du Mont-Blanc[13]. Le ski est pratiqué sur les pentes du massif dès 1914[12]. Dix ans plus tard, plusieurs compétitions de ski se déroulent à Arêches, Beaufort et Hauteluce[12].

Activités[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

L'agriculture de montagne se développe sur les versants du massif du Beaufortain. La filière laitière permet la fabrication de 4 900 t de beaufort (AOC/AOP)[14]. La coopérative laitière de Beaufort réalise la production de 30 500 meules par an, en 2015[15]. Son chiffre d'affaires est estimé à 14,7 millions d’euros, en 2015[15].

La présence de torrents de montagne a permis l'exploitation de la houille blanche. Ainsi, une chute du Doron accueille les papeteries Aubry de Venthon entre 1888 et 1905, jusqu'à leur rachat en 1902 et la transformation par l'aciériste suisse Paul Girod. Le site sert à la mise au point d'autres alliages, ferro-tungstène, ferro-molybolène, ferro-uranium, ferro-tantale et ferro-bore, puis à la fabrication industrielle du ferro-chrome et du ferro-manganèse[5],[16].

Au XXe siècle, le massif accueille sept centrales hydrauliques, qui font dire au géographe Raoul Blanchard qu'il s'agit d'« un des réseaux les plus complets et les plus puissants »[5]. Elles sont acquises par la suite par Électricité de France[5].

Le tourisme et des sports d'hiver se développent depuis le début du XXe siècle dans le massif. La capacité d'accueil, par des infrastructures marchandes et non marchandes, pour les quatre communes, est estimée à un peu plus de 33 200 lits, en 2016[17]. La capacité strictement touristiques (marchands) est estimée à environ 8 200 lits[17].

Sport et tourisme[modifier | modifier le code]

Sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Le Beaufortain possède trois espaces permettant la pratique des sports d'hiver : Arêches, situé sur la commune de Beaufort, Les Saisies, sur les communes d'Hauteluce et de Villard-sur-Doron, relié au grand domaine skiable de Espace Diamant et pour Hauteluce un versant du domaine des Les Contamines.

La station des Saisies (domaine nordique olympique de Crest-Voland Cohennoz – Les Saisies), réputée pour la pratique du ski nordique, a accueilli les épreuves de biathlon et de ski de fond lors des Jeux olympiques d'hiver de 1992 d'Albertville[18].

Les stations-villages du Beaufortain
Nom de la station Communes Capacité d'accueil (structures)
[Note 1]
Domaine skiable
Logo du ski alpin alpinLogo du ski de fond nordique
Illustration
Arêches-Beaufort Beaufort-sur-Doron
9 797 lits
(1 581)
Logo du ski alpin

Logo du ski de fond Domaines nordiques de Beaufort-Marcôt et le plateau de Cuvy

Arêches from road to Beaufort.jpg
Bisanne 1500 Villard-sur-Doron
(cf. Les Saisies)
Logo du ski alpin Les Saisies - Espace Diamant

Logo du ski de fond Domaine nordique olympique de Crest-Voland Cohennoz – Les Saisies

Hauteluce - Val Joly Hauteluce
(cf. Les Saisies)
Logo du ski alpin Les Contamines - Évasion Mont-Blanc
Hauteluce, station (2015).JPG
Les Saisies Hauteluce
Villard-sur-Doron
15 253
(2 420)
Logo du ski alpin Espace Diamant

Logo du ski de fond Domaine nordique olympique de Crest-Voland Cohennoz – Les Saisies

Les Saisies (Hauteluce) - Savoie - FRANCE.jpg

Alpinisme[modifier | modifier le code]

  • Aiguille de la Nova (2 890 m) :
    • 1941 - Première traversée ouest-est par Bisch, Carpentiet et Guers.
  • Cime de Gargan (2 762 m)
  • Dent d'Arpire (2 445 m)

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le Beaufortain, aux côtés du val d'Arly, de la Maurienne et de la Tarentaise, a reçu le label « Villes et Pays d'art et d'histoire » pour le projet Pays des Hautes vallées de Savoie (1991)[19],[20].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Châteaux[modifier | modifier le code]

Églises[modifier | modifier le code]

Chapelles et oratoires[modifier | modifier le code]

  • Chapelle des Curtillets, dédiée aux saintes Brigitte et Marguerite (Beaufort, avant le XIVe siècle), une des plus anciennes du Beaufortain avec un clocher à bulbe, restaurée de 2008 à 2012[21]
  • Chapelle du Praz, dédiée à sainte Barbe[22] (fermée)
  • Chapelle de Roselend (1960), en remplacement d'une ancienne chapelle peut être du XIIIe siècle. (fermée)
  • Chapelle Saint-Sauveur (Le Revers, antérieur en 1732)[23]
  • Chapelle Notre-Dame-de-Haute-Lumière (Les Saisies, 1997)

Autres édifices :

  • Beaufort : Beaubois (en rénovation), la Frasse (ouverte), Bersend (ouverte), Les Villes Dessus (ouverte), Mont (fermée), la Pierre (à rénover)
  • Arêches : l’Adray (fermée), Boudin (ouverte), haut d'Arêches (partiellement)
  • Hauteluce : Planay
  • Queige : Outrechenais, les Roengers, la Poyat, Molliessoulaz, les Pointières
  • Villard-sur-Doron : ....

Spécialités culinaires[modifier | modifier le code]

Le Beaufortain possède une filière laitière composée, en 2015, de 398 producteurs (sur 650 agriculteurs) et environ 13 000 vaches, issue des races tarine et/ou d'Abondance[14]. Le beaufort est un fromage cuit à pâte dure, labélisé Appellation d'origine contrôlée depuis 1968, et appellation d'origine protégée (AOP) depuis 2009. On distingue le Beaufort, le Beaufort d'été (fabriqué avec le lait de l'été) et le Beaufort Chalet d'alpage . Il aurait été qualifié de « Prince des gruyères » par Jean Anthelme Brillat-Savarin[24].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Site officiel de l'Office de tourisme
  • Site officiel de la Communauté de communes du Beaufortain (ayant intégré la Communauté d'Agglomération Arlysère)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La capacité en termes de lits touristiques (marchands et non-marchands) est exprimée à partir des données du site de l'organisme Savoie-Mont-Blanc. Ces chiffres ne sont qu'une approximation, puisque certaines données sont manquantes[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Article « Beaufort, Beaufortain » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté le 7 mars 2017).
  2. a, b, c, d et e Garin 1939, p. 8 (lire en ligne).
  3. Larousse, « Beaufortin, ou Beaufortain, ou Massif de Beaufort », sur larousse.fr (consulté le 1er octobre 2013).
  4. Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 52., article « Beaufort », p.228, article « Hauteluce ».
  5. a, b, c et d Louis Chabert, Jean-Marie Albertini (sous la dir.), Jacques Champ et Pierre Préau, Un siècle d'économie en Savoie, 1900-2000, La Fontaine de Siloé, , 141 p. (ISBN 978-2-8420-6157-9, lire en ligne), p. 88-91.
  6. a et b Garin 1939, p. 29 (lire en ligne).
  7. Viallet 1993, p. 25.
  8. Laurent Perrillat, Le contrôle des comptes et l’enregistrement à la Chambre des comptes de Genevois, p. 259-275, in Dominique Le Page, Contrôler les finances sous l’Ancien Régime. Regards d’aujourd’hui sur les Chambres des comptes. Colloque des 28, 29 et 30 septembre 2007, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, 2011 (ISBN 978-2-11-097514-0)
  9. Hudry 1982, 24
  10. Louis Chabert, Jean-Marie Albertini (sous la dir.), Jacques Champ et Pierre Préau, Un siècle d'économie en Savoie, 1900-2000, La Fontaine de Siloé, , 141 p. (ISBN 978-2-8420-6157-9, lire en ligne), p. 12.
  11. Notice communale de Beaufort sur le site de l'EHESS.
  12. a, b et c Hudry 1982, 149
  13. Hudry 1982, 157
  14. a et b « De l'électricité produite... avec du fromage », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  15. a et b Laurence Veuillen, « La coopérative laitière a investi 2,3 millions d’euros dans de nouvelles caves à beaufort », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  16. « Fonds Paul Girod », Archives départementales de la Savoie ([PDF] lire en ligne).
  17. a, b et c « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, 2016 (consulté en mars 2017) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2016, .xlsx) ».
  18. (fr) / (en) [PDF] Comité d'organisation des XVIes Jeux Olympiques d'hiver et Comité d'Organisation des Jeux Olympiques, Rapport officiel des 16es Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville et de la Savoie, Albertville (France) (lire en ligne), p. 366-371.
  19. Hautes vallées de Savoie sur le site de rhone-alpes.culture.gouv.fr.
  20. « Le label PAH » sur le site de la Fondation pour l'action culturelle internationale en montagne - fondation-facim.fr.
  21. « Inauguration de la chapelle des Curtillets restaurée », Le Dauphiné libéré,‎ (lire en ligne).
  22. Sur les chemins du Baroque 1999, p. 119 et suivantes (lire en ligne).
  23. Sur les chemins du Baroque 1999, p. 113-116 (lire en ligne).
  24. Jacques-Louis Delpal, Fromages & vins: le livre des accords, Éditions Artémis, , 159 p. (ISBN 978-2-84416-222-9, lire en ligne), p. 93.