Francisque Gay

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Francisque Gay
Image illustrative de l'article Francisque Gay
Fonctions
Vice-président du Conseil des ministres

(4 mois et 17 jours)
Président du Conseil Félix Gouin
Gouvernement Gouin
Ministre d'État

(2 mois et 2 jours)
Président du Conseil Charles de Gaulle
Gouvernement de Gaulle II

(5 mois et 4 jours)
Président du Conseil Georges Bidault
Gouvernement Bidault I
Député de la Seine
Élu dans la 1re circonscription

(7 mois et 20 jours)
Élection 21 octobre 1945
Législature Ire Constituante
Groupe politique MRP

(5 mois et 25 jours)
Élection 2 juin 1946
Législature IIe Constituante
Groupe politique MRP

(4 ans, 7 mois et 24 jours)
Élection 10 novembre 1946
Législature Ire (Quatrième République)
Groupe politique MRP
Ambassadeur de France au Canada

(1 an et 6 mois)
Prédécesseur Jean de Hauteclocque
Successeur Hubert Guérin
Biographie
Nom de naissance Francisque Olivier Désiré Gay
Date de naissance
Lieu de naissance Roanne (Loire)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Paris (14e)
Nature du décès Crise cardiaque
Sépulture Cimetière du Montparnasse
Nationalité Française
Parti politique PDP
MRP
Conjoint Blanche Fromillon
Enfants Élisabeth Gay
Alphonse Gay
Marie Gay
Geneviève Gay
Odile Gay
Camille Gay
Profession Éditeur
Diplomate
Religion Catholicisme

Francisque Gay, né le à Roanne (Loire) et mort le dans le 14e arrondissement de Paris, est un homme politique, éditeur et diplomate français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Francisque Gay est le fils de Camille Gay, entrepreneur en plomberie, maire-adjoint de Roanne de 1912 à 1919, et d'Amélie Pélissier[1]. Ses parents sont originaires d'Annonay en Ardèche.

Il fait ses études secondaires chez les maristes de Charlieu puis chez les lazaristes de Lyon où il obtient son baccalauréat à 18 ans. Il est ensuite séminariste de 1905 à 1906 au grand séminaire de Lyon (aujourd'hui lycée de Saint-Just)[2]. Francisque Gay termine ses études à la faculté des lettres de la Sorbonne.

En 1903, il se rend à Paris pour retrouver Marc Sangnier qu'il avait brièvement fréquenté à Lyon. Il est influencée par les idées de christianisme social de Marc Sangnier et met en place une antenne du Sillon à Roanne. Il collabore aussi au journal Démocratie du Sillon.

Après ses études, Francisque Gay devient professeur d'anglais dans un collège religieux de Montpellier. En 1909, il quitte l'enseignement et rentre à la librairie Bloud qui deviendra la librairie Bloud et Gay lorsque le propriétaire Edmond Bloud l'associe à sa librairie. Il entame une longue carrière d'éditeur.

Plaque apposée au 3 de la rue Garancière, Paris (6e), siège de la maison d’édition Bloud et Cie, devenue Bloud et Gay en 1911.

Il milita pour la diffusion du catholicisme social, en créant notamment l'organisation des Volontaires du Pape en 1927. En 1938, il fonde avec Georges Bidault les Nouvelles Équipes françaises, destinées à rassembler la mouvance démocrate-chrétienne.

Francisque Gay fonde les journaux catholiques La Vie catholique en 1924 et L'Aube en 1932. À l'approche de la guerre, les deux journaux arrêtent leurs diffusions, en 1938 pour La Vie catholique et en 1940 pour L'Aube.

Pendant l'exode, il se retire avec sa famille et l'essentiel de l'équipe de L'Aube dont Jean Dannenmuller à Meslon près de Saint-Amand-Montrond, Francisque Gay se rend à Vichy pour essayer de convaincre le cardinal Gerlier de ne pas se rallier au maréchal Pétain mais en vain. Francisque Gay et sa famille rentrent ensuite à Paris, rue Garancière, où il participe avec Jean Sangnier et Émilien Amaury au Groupe de la rue de Lille qui reçoit en 1941 Honoré d'Estienne d'Orves pour l'aider à créer une radio clandestine. Avec Henri de Montfort et Paul Petit, Francisque Gay publie le journal clandestin résistant chrétien La France continue. Il distribue des tracts clandestins et aide à fabriquer des faux papiers pour les juifs avec son ami Maurice Lacroix. Il reçoit chez lui rue Garancière de nombreux résistants dont Pierre Brossolette. Francisque Gay est chargé par François de Menthon pour le compte du Comité général d'études du CNR de préparer les réformes de la presse avec Pierre-Henri Teitgen.

Le 23 mars 1944, suite à des accusations de Charles Maurras visant Francisque Gay, la Gestapo perquisitionne son logement situé rue Garancière, mais il était à ce moment-là en voyage d'affaires dans le sud de la France. Le 23 août de la même année il fait repaître L'Aube à Paris.

Il fonde en novembre 1944 avec Georges Bidault et d'autres le Mouvement républicain populaire (MRP). Le même mois, il est désigné membre de l'Assemblée consultative provisoire.

Francisque Gay est élu le 21 octobre 1945 député MRP de la 1re circonscription de la Seine à la Ire Assemblée nationale constituante puis réélu le 2 juin 1946 à la IIe Assemblée nationale constituante, durant ses mandats il intervient notamment sur les questions liées à la presse.

En novembre 1945, il est nommé ministre d'État dans le deuxième gouvernement de Charles de Gaulle aux côtés de Vincent Auriol et Maurice Thorez. En janvier 1946, il est vice-président du Conseil du gouvernement Félix Gouin. Il redevient ministre d'État dans le gouvernement de Georges Bidault de juin à décembre 1946.

En novembre 1946, il réélu député MRP de la 1re circonscription de la Seine, il y restera jusqu'en juillet 1951, durant son mandat, il se consacre aux questions liées à la presse, aux affaires économiques et aux affaires étrangères. De 1948 à 1949, il est ambassadeur de France au Canada.

Il prend ses distances avec le MRP qu'il trouve trop conservateur sur les questions coloniales notamment. En 1954, il revend sa maison d'édition aux éditions Desclée et Cie. En 1958, il soutient le retour au pouvoir du général de Gaulle dont il était resté proche.

Il meurt le 23 octobre 1963 dans le 14e arrondissement de Paris des suites d'une crise cardiaque.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris (29e division)[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse le 20 mai 1911 à Paris, Blanche Fromillon (1890-1979), fille d'Alphonse Fromillon (1846-1908), cheminot, sympathisant de la Commune de Paris et d'Elisa Bacharah (1848-1934), modiste issue d'une famille juive allemande originaire de Mayence[4].

De ce mariage naîtront six enfants :

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Vice-président du Conseil[modifier | modifier le code]

Ministre d'État[modifier | modifier le code]

  • 21 novembre 1945 - 26 janvier 1946 : Ministre d'État.
  • 24 juin -16 décembre 1946 : Ministre d'État.

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • 21 octobre 1945 - 10 juin 1946 : Député de la 1re circonscription de la Seine.
  • 2 juin 1946 - 27 novembre 1946 :  Député de la 1re circonscription de la Seine.
  • 10 novembre 1946 - 4 juillet 1951 : Député de la 1re circonscription de la Seine.

Autre fonction[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Bolchévisme et démocratie, 1919.
  • L'Irlande et la Société des Nations, 1921.
  • Comment j'ai défendu le pape, Bloud et Gay, Paris, 1927.
  • Non, l'Action française n'a bien servi ni l'Église ni la France, Bloud et Gay, Paris, 1927.
  • Pour un rassemblement des forces démocratiques d'inspiration chrétienne, Bloud et Gay, Paris, 1935.
  • Dans les flammes et le sang, 1936.
  • Pour en finir avec la légende : Rouges-chrétiens, Mémoire confidentiel 2-3, Éditions de l'Aube, 1937.
  • La Tchécoslovaquie devant notre conscience et devant l'Histoire, Éditions de l'Aube, 1938.
  • Canada, XXe siècle, 1949.
  • Les Démocrates d'inspiration chrétienne et l'Exercice du pouvoir, 1951.
  • Éléments d'une politique de presse.

Décorations et titres[modifier | modifier le code]

Décorations officielles[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Une rue de Paris porte son nom : la rue Francisque-Gay (ouverte en 1971).

Une rue de Gagny (93200) porte son nom : Allée Gay.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Francisque GAY - "pierfit" - Geneanet », sur Geneanet (consulté le 2 avril 2017)
  2. http://museedudiocesedelyon.com/MUSEEduDIOCESEdeLYONgayfrancisque.htm
  3. Collectif Sarka-SPIP, « GAY Francisque (1885-1963) - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 4 avril 2017)
  4. Marie-Anne Kraft, « Francisque Gay, 50 ans d'actions pour la démocratie et pour une presse libre », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  5. « Courrier des lecteurs », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  6. Décret du 31 décembre 2004 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  7. « ANCIENS ELEVES WEB - Notice complète », sur bibli-aleph.polytechnique.fr (consulté le 2 avril 2017)
  8. Jean-Michel Cadiot, Francisque Gay, 1885-1963, Éditions Salvator, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]