Francisque Gay

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Francisque Gay
Fonctions
Député de 1re circonscription de la Seine

(7 mois et 20 jours)
Élection
Législature Ire Constituante
Groupe politique MRP

(5 mois et 25 jours)
Élection
Législature IIe Constituante
Groupe politique MRP

(4 ans 7 mois et 24 jours)
Élection
Législature Ire (Quatrième République)
Groupe politique MRP
Vice-président du Conseil

(4 mois et 17 jours)
Gouvernement Félix Gouin
Ministre d'État

(2 mois et 2 jours)
Gouvernement Charles de Gaulle II

(5 mois et 4 jours)
Gouvernement Georges Bidault I
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Roanne (Loire)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Paris 14e
Nature du décès Crise cardiaque
Nationalité Française
Parti politique PDP
MRP
Père Camille Gay
Mère Amélie Pélisser
Conjoint Blanche Marie Fromillon
Enfants Alain Terrenoire (petit-fils)
Jean-Michel Cadiot (petit-fils)
Entourage Louis Terrenoire (gendre)
Profession Éditeur
Diplomate
Religion Catholique
Résidence Paris

Francisque Gay, né le à Roanne (Loire) et décédé le en son domicile du 14e arrondissement de Paris, est un homme politique, éditeur et diplomate français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Francisque Gay est le fils de Camille Gay, entrepreneur en plomberie et quincaillerie, maire adjoint de Roanne et de Amélie Pélisser[1],[2].

Il épouse le 20 mai 1911 Blanche Marie Fromillon dont il aura six enfants.

Il est le beau-père de Louis Terrenoire, homme politique.

Il est le grand-père d’Alain Terrenoire, homme politique et de Jean-Michel Cadiot, journaliste et écrivain.

Carrière[modifier | modifier le code]

Né à Roanne le 2 mai 1885, ses études se déroulent dans des institutions chrétiennes, d'abord chez les frères maristes de Charlieu, puis chez les lazaristes de Lyon ; mais son engagement catholique prend une toute autre tournure lorsqu'il se rend en 1903 à Paris, pour retrouver Marc Sangnier, qu'il avait brièvement fréquenté à Lyon. Très influencé par le christianisme social de celui-ci Francisque Gay fonde l'antenne du Sillon à Roanne, collabore au journal de ce mouvement, Démocratie, dirigé par Marc Sangnier. La foi ardente de Francisque Gay le pousse à s'engager plus avant dans le catholicisme : en 1905, il intègre le grand séminaire de Francheville, qu'il ne quitte qu'à la fermeture de l'établissement, en décembre 1906. Il repart alors pour Paris, suivre des cours à la faculté des lettres de la Sorbonne, puis pour Montpellier, où un collège religieux l'accueille en tant que professeur d'anglais. Cependant, il délaisse vite l'enseignement et rentre, en 1909, à la librairie Bloud, qui devient la librairie Bloud et Gay[3] lorsque le propriétaire Edmond Bloud l'associe à son entreprise ; c'est là qu'il entame une longue carrière d'éditeur, dont les publications sont largement influencées par les idées sillonistes.

En dehors de son métier d'éditeur, Francisque Gay milite ardemment pour la diffusion, à travers l'Europe entière, des idées du catholicisme social ; il crée notamment en 1927 l'organisation des Volontaires du Pape, avec laquelle il met en place, deux ans plus tard, un grand pèlerinage à Rome. Mais la presse est le principal relais de son action : Gay fonde La vie catholique en 1924, l'Almanach catholique et surtout L'Aube, dont le succès s'affirme grâce à la signature de collaborateurs prestigieux comme Georges Bidault, avec lequel il fonde en 1938 les Nouvelles Equipes Françaises. Ses activités journalistiques périclitent à l'approche de la guerre : La Vie catholique disparaît en 1938[4], L'Aube en juin 1940[5].

Francisque Gay reprend alors la direction de sa maison d'édition, et se lance très vite dans la Résistance active : dans les locaux de sa maison d'édition, à Paris ou à Lyon, il reçoit Jean Moulin, Estienne d'Orves, Brossolette et bien d'autres résistants d'envergure ; il accueille les travaux clandestins du Comité central d'études de la Résistance, qui publie les revues La France continue et Les cahiers politiques. En mars 1944, il échappe à une arrestation de la Gestapo ; il se cache alors jusqu'à la Libération de Paris, puis, le 23 août, au plus fort de l'insurrection parisienne, fait reparaître L'Aube.

Francisque Gay est au premier rang de ceux qui jugent que, dans le contexte troublé de la Libération de la France, il faut donner un prolongement politique au combat pour le catholicisme social : il fonde en novembre 1944 avec Georges Bidault et quelques autres, le Mouvement des Républicains Populaires (MRP)[6], et prend la direction de la Presse au ministère de l'information.

En outre, il est désigné le même mois pour siéger à l'Assemblée Consultative provisoire[7] ; membre de la Commission de l'éducation nationale et de la Commission de l'information et de la propagande, il intervient surtout lors des débats relatifs au retour à la liberté de la presse. Sa longue intervention à la tribune de l'Assemblée, le 7 mars 1945, relative au ravitaillement en papier des journaux qui se multiplient dans la France libérée, témoigne notamment de son souci constant d'offrir à la presse française les moyens techniques sans lesquels les mutations profondes qu'il appelle de ses vœux resteraient lettre morte.

Après cette première expérience, Francisque Gay est élu député de la première Assemblée nationale constituante ; la liste MRP qu'il conduit décroche quatre des dix sièges à pourvoir dans la 1re circonscription de la Seine, avec 137 669 voix sur 429 633 suffrages exprimés. Il est réélu sans peine lors de l'élection de la seconde Assemblée nationale constituante, malgré le fléchissement assez net de la liste MRP qui ne draine plus que 107 070 voix sur 434 358 suffrages exprimés. Après avoir refusé le premier projet de Constitution, présenté à l'Assemblée le 19 avril 1946, Francisque Gay vote pour le second projet (28 septembre), qui sera ratifié par référendum par le peuple français.

Si l'activité parlementaire de Francisque Gay n'est pas des plus intenses au long de ces mandats dans les deux Assemblées Constituantes, c'est parce qu'il occupe, au sein du pouvoir exécutif, une place éminente : autorité morale et figure majeure d'un MRP dont le soutien au gouvernement s'affirme déterminant, Francisque Gay est sollicité pour devenir en novembre 1945, aux côtés de Vincent Auriol et de Maurice Thorez, ministre d'État dans les derniers mois du Gouvernement Charles de Gaulle II.

Sa carrière ministérielle se poursuit après le départ de celui-ci, puisqu'il est vice-président du Conseil dans le cabinet Gouin, en janvier 1946, et de nouveau ministre d'État dans le cabinet Bidault, en juin : elle s'achève avec la chute de Bidault en décembre 1946.

Un mois auparavant, Francisque Gay avait retrouvé, à la tête de la liste MRP, son siège de député de la 1re circonscription de la Seine, en obtenant 119 138 voix sur 433 260 suffrages exprimés (contre 129 941 au PCF) ; durant cette première législature, son activité parlementaire se fait plus intense ; membre de la Commission de la presse, de la Commission des affaires économiques et de la Commission des affaires étrangères, Francisque Gay intervient cinq fois dans le débat parlementaire durant l'été 1947, le plus souvent sur des questions financières. Il accorde sa confiance aux cabinets Blum (17 décembre 1946) et Ramadier (4 mai 1947) ; absent lors du vote sur les écoles privées des houillères nationalisées (14 mai 1948), il se prononce pour l'adoption du projet relatif à la constitution du conseil de l'Europe (9 juillet 1949), pour la ratification du pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949) et pour la réforme électorale relative aux apparentements (7 mai 1951). De plus, il désapprouve silencieusement l'opportunisme gouvernemental de certains de ses amis et progressivement, il est amené à prendre ses distances avec son parti, le MRP ayant - à ses yeux une politique trop conservatrice, notamment sur les questions coloniales.

Il est ambassadeur de France au Canada d'avril 1948 à octobre 1949[8].

Francisque Gay ne se représente pas aux élections législatives de juillet 1951 et retourne à son métier d'éditeur, puis revend sa maison d'édition en 1954 à Desclée et Cie. L'observateur qu'il est resté déplore l'opposition passionnelle de la majorité du MRP à la personne et à la politique de Pierre Mendès France et se réjouit, en 1958, du retour au pouvoir du général de Gaulle dont il était toujours resté proche. Il avait - avant-guerre - accueilli sa collaboration occasionnelle à L'Aube et il était l'un des rares confidents auxquels le chef du gouvernement avait fait part, quelques jours à l'avance, de son intention de démissionner en janvier 1946. Francisque Gay est l'auteur de plusieurs ouvrages, pour la plupart issus de ses voyages ou de ses réflexions politiques.

Il meurt en son domicile du 14e arrondissement de Paris, le 23 octobre 1963 des suites d'une crise cardiaque.

Plaque apposée au n° 3 de la rue Garancière, Paris 6e, siège de la maison d'éditon Bloud et Cie, devenue Bloud et Gay en 1911.

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Ministre d'État[modifier | modifier le code]

Vice-président du Conseil[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

  • 21 octobre 1945 - 10 juin 1946 : Député de la 1re circonscription Seine
  • 2 juin 1946 - 27 novembre 1946 :  Député de la 1re circonscription Seine
  • 10 novembre 1946 - 4 juillet 1951 : Député de la 1re circonscription Seine

Autre fonction[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Bolchévisme et démocratie, 1919
  • L'Irlande et la Société des Nations, 1921
  • Comment j'ai défendu le pape, Bloud et Gay, Paris, 1927
  • Non, l'Action française n'a bien servi ni l'Église ni la France, Bloud et Gay, Paris, 1927
  • Pour un rassemblement des forces démocratiques d'inspiration chrétienne, Bloud et Gay, Paris, 1935
  • Dans les flammes et le sang, 1936
  • Pour en finir avec la légende : Rouges-chrétiens Mémoire confidentiel 2-3, Éditions de l'Aube, 1937
  • La Tchécoslovaquie devant notre conscience et devant l'Histoire, Éditions de l'Aube, 1938.
  • Canada, XXe siècle, 1949
  • Les Démocrates d'inspiration chrétienne et l'Exercice du pouvoir, 1951
  • Éléments d'une politique de presse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Francisque GAY - Fraternelle : l'encyclopédie biographique de l'Homo erectus - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le 23 juin 2016)
  2. « Francisque Gay », sur roglo.eu (consulté le 23 juin 2016)
  3. La Librairie Bloud et Gay entre 1911 et 1939, Anne-Lise Péréon, Mémoire de DEA d'histoire contemporaine, juillet 1992, Université de Paris IV - Sorbonne (cf aussi [1])
  4. Archives de presse des archives nationales (le fonds d'archive de l'institut Marc Sangnier mentionne 1924-1934 mais on peut ici supposer que c'est la collection du fonds qui s'arrête en 1934 et non l'hebdomadaire lui-même)
  5. L'Aube, Étude d'un journal d'opinion (1932-1940), Françoise Mayeur, Éd. Armand Colin, 1966
  6. Le mouvement républicain populaire: le MRP, histoire d'un grand parti français, Pierre Letamendia, 1995 (ISBN 978-2-7010-1327-5)
  7. Assemblée Nationale, « Francisque Gay - Base de données des députés français depuis 1789 - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le 23 juin 2016)
  8. « Liste chronologique des ambassadeurs », sur La France au Canada/France in Canada (consulté le 23 juin 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francisque Gay, le militant : Maurice Carité, Paris, Les Éditions ouvrières, 1966
  • Un combat d'avant garde : Francisque Gay et La Vie catholique, Élisabeth Terrenoire, Paris, Bloud et Gay - Cerf, 1976
  • Francisque Gay, 1885-1963, Jean-Michel Cadiot, Éditions Salvator, 2006 (ISBN 270670439X)
  • L'organizzazione dell'élite cattolica fra Francia e Spagna: La Revista Quincenal (1917-1919), dans Storia ed esperienza religiosa. Studi per Rocco Cerrato, Alfonso Botti (ed.), Urbino, QuattroVenti, 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]