La Tronche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La Tronche
La Tronche
Vue d'ensemble de la ville.
Blason de La Tronche
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Meylan
Intercommunalité Grenoble-Alpes Métropole
Maire
Mandat
Bertrand Spindler
2014-2020
Code postal 38700
Code commune 38516
Démographie
Gentilé Tronchois, Tronchoises
Population
municipale
6 692 hab. (2015 en augmentation de 7,38 % par rapport à 2010)
Densité 1 046 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 12′ 26″ nord, 5° 44′ 28″ est
Altitude 220 m
Min. 207 m
Max. 1 045 m
Superficie 6,4 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte administrative de l'Isère
City locator 14.svg
La Tronche

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte topographique de l'Isère
City locator 14.svg
La Tronche

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
La Tronche

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
La Tronche
Liens
Site web www.ville-latronche.fr

La Tronche est une commune française, limitrophe de Grenoble, située dans le département de l'Isère et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ses habitants sont les Tronchois et Tronchoises.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 1789, la paroisse de Saint-Ferjus est transformée en commune et prend le nom de La Tronche. L’expression locale « tronche » désigne une clairière créée par les coupes dans les forêts (du latin truncata, forêt coupée). C'est sur la commune en effet que se trouvaient les dépôts et les marchés des bois du Sappey. Mais contrairement à la plupart des communes, elle a conservé ce nom après l'époque révolutionnaire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Annexe résidentielle de Grenoble, dont elle est séparée par la boucle de l'Isère, la commune se compose primitivement de hameaux dispersés, selon une configuration typique de la vallée du Grésivaudan, au pied du Mont Rachais (1 046 m, point culminant de la commune) et des contreforts du Mont Saint-Eynard (massif de la Chartreuse). Cette position abritée des vents du Nord qui balaient ordinairement la ville de Grenoble est à l'origine d'un microclimat qui a valu à la commune sa réputation de "Petit Nice". Cette clémence est soulignée par la présence, sur les flancs du Mont Jalla et du Mont Rachais, de plantes méridionales qui se développent facilement. La commune est établie dans une combe de terres noires[1], terres argilo-marneuse affleurant sur les pentes orientales du Grésivaudan, fertiles pour l'agriculture.

Vue générale de La Tronche, au pied du Saint-Eynard, carte postale du début du siècle

Cette situation privilégiée ("une petite Provence aux portes de Grenoble"[2]) attira dès le XVIIIe siècle la haute société grenobloise, qui venait passer l'été dans de grands domaines de plaisance, quittant les vieux hôtels particuliers de la vieille ville parlementaire engoncée dans ses remparts. Au cours du XIXe siècle, la bourgeoisie industrielle prit le relais (familles Teisseire, Terray, Papet, Cartier-Millon...), faisant bâtir de belles villas noyées dans des parcs de verdure (la commune conserve un grand nombre d'arbres remarquables, notamment des cèdres bicentenaires), ainsi que sur la commune voisine de Corenc-Montfleury (famille Balthazar, les Bouchayer au château de la Condamine...).

C'est aussi à cette époque que s'implantèrent de nombreuses communautés religieuses : les Petites Sœurs des Pauvres, grâce à la générosité du général Yermoloff, le Carmel de Grenoble, l'Étoile du Rachais. Au début du XXe siècle s'installèrent également, en bordure de la commune, le Petit Séminaire du Rondeau, dans l'ancien couvent de Montfleury, puis le Grand Séminaire, dans le prolongement du parc de la villa des Ombrages, résidence d'été des évêques de Grenoble.

Puis au cours du XXe siècle, sous l'impulsion de la forte croissance urbaine de Grenoble, les hôpitaux civil et militaire furent installés le long de la RN 90 (route de Grenoble à Aoste), puis le CHU Grenoble-Alpes, ainsi que plusieurs centres de recherche dans le domaine de la biologie cellulaire et moléculaire. Le quartier des Sablons, au sud de la commune, resté longtemps agricole (hortillonnage), accueille le nouveau cimetière de Grenoble (dit des Grands-Sablons, par opposition au nouveau cimetière communal de La Tronche, ouvert en 1941, dit des Petits-Sablons), le polygone du Génie (servitude militaire) et l'usine d'incinération Athanor.

L'urbanisation de la commune s'est donc poursuivi à un rythme soutenu depuis 1950, pour atteindre aujourd'hui plus de 6 600 habitants (1046 hab./km²). La plupart des grandes propriétés ont été morcelées, et des immeubles collectifs ont vu le jour (Doyen-Gosse, La Carronnerie). Depuis le début des années 2000, les noyaux villageois de la Petite et Grande Tronche, maisons de rue anciennes et vétustes, font l'objet d'une opération de réhabilitation.

Depuis le Fort du Saint-Eynard, vue plongeante sur La Tronche et Grenoble.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de La Tronche
Saint-Martin-le-Vinoux Quaix-en-Chartreuse Corenc
La Tronche Meylan
Grenoble Saint-Martin-d'Hères

La commune est séparée de Grenoble (158 300 habitants) par la boucle de l'Isère, qui enserre le quartier de l'Île-Verte. Au sud, l'Isère sépare encore la commune de celle de Saint-Martin-d'Hères (38 500 habitants). Prolongent une même agglomération résidentielle, le chemin de la Carronnerie marque la limite avec Meylan (17 600 habitants), tandis que le torrent du Charmeyran la sépare du quartier de Montfleury, dépendant de la commune de Corenc (3 900 habitants). Enfin, le Mont Rachais, longue échine nord-sud terminant le massif de la Chartreuse, et prolongé par le mont Jalla dominant l'Isère et qui porte les fortifications de la Bastille, marque la frontière avec Saint-Martin-le-Vinoux (5 400 habitants) et Quaix-en-Chartreuse (900 habitants).

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est autour de la Grande Rue, partie d'une ancienne voie romaine, que se sont progressivement développés des hameaux, successivement, depuis le quartier de Saint-Laurent à Grenoble : la Petite Tronche, célèbre pour ses ateliers de faïences sous l'Ancien Régime, le Péage, à l'embranchement de la route de Chartreuse, où les Dominicaines de Montfleury percevaient une taxe, que leur avait donné le dernier Dauphin Humbert II, la Grande Tronche, enfin.

Des monnaies gauloises ont été trouvées dans le sous-sol de La Tronche. L'actuel cimetière ancien fut le premier site d'inhumation de la ville romaine de Gratianopolis, des sarcophages gallo-romains y ont été retrouvés.

Le centre religieux de la paroisse, qui sous l'Ancien Régime groupait tous ces hameaux sous le nom de Saint-Ferjus, était situé à l'écart de cet axe de circulation, plus au sud, à l'emplacement actuel du cimetière ancien. C'est ici que fut déposé le corps de saint Ferjus (Ferreolus en latin), évêque de Gratianopolis, assassiné vers 660 sur les ordres du maire du Palais Ebroïn. Ferjus avait l'habitude de se rendre de l'autre côté de l'Isère, au pied du mont Esson (aujourd'hui mont Rachais), pour prêcher en plein air, lorsqu'un jour, l'un des auditeurs se saisit soudainement d'une perche de saule, la lança sur la tête de l'évêque, le tuant sur le coup. Ses complices s'élancèrent sur le corps de l'évêque et allèrent le jeter dans un four à pain allumé situé non loin de là. Les fidèles recueillirent les cendres et les déposèrent dans un tombeau au cimetière de Gratianopolis, l'actuel cimetière ancien de La Tronche. Lieu de pèlerinages, une chapelle y fut édifiée, reconstruite au XIIe siècle comme église paroissiale.

Au Moyen Âge (au IXe siècle?), une statue de la Vierge Noire fut découverte par un vigneron du hameau de la Pinotte, le dénommé Guigue, sous le soc de sa charrue. Transportée deux fois de suite par l'évêque de Grenoble, soucieux de contrôler la ferveur locale, à la collégiale Saint-André, la statue fut retrouvée à chaque fois à la Pinotte, où une chapelle fut finalement érigée. Elle demeure un lieu de pèlerinage local, en particulier pour les jeunes femmes cherchant un mari, le 1er dimanche de mai.

Sur les points élevés du coteau à Rosans, Mantone, à Montvinoux, La Pinote par exemple, plusieurs maisons ont conservé des meneaux, meurtrières, fenêtres grillagées, antérieures au XVe siècle, vestiges d'anciennes maisons fortes, très nombreuses dans la vallée[3]. Sous le règne d'Humbert II, dernier dauphin (1333-1349), un atelier fut installé à la Grande Tronche pour la fabrication des monnaies delphinales. Au XVIIIe siècle, ce sont les fabriques de faïences qui firent la réputation de La Tronche. La dernière ferma en 1870.

En 1790, la paroisse de Saint-Ferjus, érigée en commune, prend le nom de La Tronche. Contrairement à la plupart des communes, elle a conservé ce nom jusqu'aujourd'hui. L'ancienne église paroissiale du XIIe siècle, située au milieu du cimetière, est remplacée en 1846 par un édifice situé plus près des habitations, l'actuelle église Saint-Ferjus. Sur le site de l'ancienne église est édifiée en 1866 une chapelle néo-romane, surmontée d'une statue du saint évêque martyr, par Paul Virieu.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville compte de nombreuses pensions de famille abritant des persécutés du nazisme. Directrice de la pension protestante Brise des Neiges, Éva Péan-Pagès a caché 120 réfugiés, dont 96 Juifs. Ceci lui a valu de recevoir, à titre posthume, le titre de « Juste parmi les nations »[4]. Ce titre est décerné par Israël aux non-juifs qui, au risque de leur vie, ont préservé des juifs de la déportation. D'autres juifs trouvèrent refuge dans des communautés religieuses. En mars 1942, 84 Juifs étrangers et une centaine de Juifs français habitaient la commune de La Tronche [5], la « petite Nice des Alpes ».

L’avenue des maquis du Grésivaudan (ancienne route de Chapareillan) témoigne de ce passé historique. De nombreux résistants ont marqué l’histoire locale par leur courage et leur persévérance : le doyen René Gosse[6], Louis Nal, André Didier.

Jusqu’en 1950, La Tronche reste une bourgade où les terres sont consacrées à la vigne et aux cultures. Les coteaux du Rachais, abrités du vent et exposés au soleil levant, portent un vignoble depuis le Moyen Âge. Avec l’ouverture de l’hôpital civil en 1913 et de la route nationale 90 (de Grenoble au col du Petit-Saint-Bernard), la ville se développe. Les cultures vont alors laisser la place aux constructions : des habitations, le quartier Doyen Gosse avec un centre commercial, des écoles, l’église Notre-Dame du Rosaire, la piscine, le stade et des gymnases.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La plaine alluviale de l'Isère est densément peuplée et urbanisée avec une importante emprise du centre hospitalier, d'une part, et du cimetière des Sablons, d'autre part. Les quartiers anciens se trouvent au pied des coteaux, le tissu urbain devient beaucoup moins dense dès que l'on gagne les pentes. Sur les hauteurs, la vigne et les pâturages ont laissé place aux arbres, la forêt couvre tout le nord de La Tronche (forêt domaniale de La Tronche).

La commune de La Tronche a pour particularité d'accueillir sur 40 % de son territoire des équipements publics intercommunaux destinés à l'ensemble des habitants de l'agglomération grenobloise. Parmi ces équipements, on peut citer :

  • l'usine d'incinération (UIOM) Athanor ;
  • les Pompes Funèbres Intercommunales ;
  • le cimetière du grand Sablon ;
  • un Foyer départemental de l'enfance (Établissement public départemental « Le Charmeyran »).

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La Tronche a bénéficié dès le début du XXe siècle de la desserte du tramway de Grenoble à Chapareillan. Elle est desservie par la Ligne B du tramway de Grenoble, par le réseau Transisère ainsi que les lignes 16, 13, 41 et 42 de la TAG.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Grenoble, ancienne ville parlementaire et précurseur de la Révolution française (journée des Tuiles, Assemblée de Vizille) reste marquée par une forte tradition socialiste et progressiste (notamment sous le mandat d'Hubert Dubedout)[7]. Cependant, la rive droite du Grésivaudan (Corenc, La Tronche, Meylan), lieu de résidence de la bourgeoisie aisée, se démarque en choisissant le plus souvent des municipalités de droite. Toutefois, La Tronche, plus proche de Grenoble, abrite aussi des quartiers d'habitat collectif (Doyen-Gosse) destinés dans les années 1950 aux classes moyennes.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie La Tronche
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1985 Louis Galliard    
1985 juin 1995 Denise Revel    
juin 1995 mars 2001 Robert-Paul Carrichon PS  
mars 2001 mars 2008 Jean-Michel Remande DVG  
mars 2008 mars 2014 Hervé-Jean Bertrand-Pougnand UMP  
mars 2014 en cours Bertrand Spindler PS Ingénieur retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[9].

En 2015, la commune comptait 6 692 habitants[Note 1], en augmentation de 7,38 % par rapport à 2010 (Isère : +3,7 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9971 1641 0951 1091 3721 5191 5371 6311 722
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 7041 7281 9802 1312 2882 3852 4462 4282 754
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 8872 8572 9223 4614 2005 5725 6025 3646 320
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
7 5177 9937 4106 6906 4546 4336 1426 0796 627
2015 - - - - - - - -
6 692--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Campus santé[modifier | modifier le code]

La Tronche accueille un pole santé et recherche exceptionnel en France en raison de sa proximité avec Grenoble. Le manque de place dans la ville centre et l'agrandissement nécessaire à la fin du XIXe siècle imposent le transfert des hôpitaux civil et militaire sur sa commune voisine de La Tronche, les autres communes du sud de l'agglomération se trouvant alors trop éloignées d'une ville qui possède encore de vastes fortifications. La première implantation liée au monde médical est le vaste ensemble de l'asile des vieillards en 1894. Puis en 1910, s'installe l'hôpital militaire suivi trois ans plus tard de l'hôpital civil. En 1939, c'est à proximité de l'Isère que la clinique des Sablons destinée à la pédiatrie est ouverte.

Établissements du campus santé (cliquer la carte).

En 1967, la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Grenoble se décentralise à son tour et s'installe en face de l'hôpital militaire, sur le domaine de La Merci, un site qui lui permettra de construire régulièrement de nouveaux bâtiments[12]. Dans les années 1970, l'extension de l'hôpital se poursuit avec la mise en service en 1974 du centre hospitalier universitaire dit Albert-Michallon et son Établissement français du sang. Depuis novembre 1990, la ligne B du tramway en provenance du quartier de l'Île-Verte traverse le site avant de rejoindre le domaine universitaire. En 1992, le musée grenoblois des sciences médicales ouvre ses portes dans l'ancienne chapelle de l'asile des vieillards.

Dans les années 2000, s'installent à proximité immédiate deux prestigieux centres de recherche dans le domaine de la biologie cellulaire et moléculaire avec l'Institute for Advanced Biosciences puis le Grenoble-Institut des neurosciences. En 2007, Biopolis, une pépinière en biotechnologies de 2 000 m2 s'installe à son tour dans le quartier, hébergeant des startups liées à la recherche médicale de pointe[13]. Trois semaines après sa prise de fonction, la ministre des Solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, consacre un déplacement le 8 juin 2017 à cette pépinière d'entreprises[14].

En octobre 2008, la première tranche de l'hôpital couple-enfants est inaugurée à l'emplacement d'anciens bâtiments hospitaliers datant de 1913, puis en 2011, l’Institut de biologie et de pathologie de 27 500 m2 est inauguré à proximité du CHU[15]. Cette même année, avec l'ouverture de la seconde tranche de l'hôpital couple-enfants qui accueille les urgences pédiatriques, les anciens locaux de la clinique des Sablons commencent à être démolis.

En 2012, le départ du Centre régional du service de santé des armées (CRSSA) ayant remplacé l'hôpital militaire après sa fermeture en 1983, laisse vacant un terrain de 2,8 hectares[16]. À l'horizon 2020, cet espace devrait accueillir entre autres, un centre de recherche en santé intégrative de 10 000 m2 porté par l'université Grenoble-Alpes[17]. Par ailleurs, un plan de rénovation visant à restructurer le CHU à l'horizon 2020, prévoit la construction d'un nouveau bâtiment de 12 000 m2 regroupant la réanimation chirurgicale et médicale avec un héliport de trois places sur le toit de l'édifice[18].

Entrée de l'hôpital militaire, au pied du Rachais

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Ferjus (1846).
  • Église Saint-Ferjus (1846), abritant une célèbre peinture d'Hébert, la Vierge de la Délivrance (1872).
  • Chapelle de la Vierge-Noire, chemin de la Pinotte, lieu d'un pèlerinage local.
  • Église Notre-Dame-du-Rosaire, de la seconde moitié du XXe siècle, depuis 2003 labellisée « Patrimoine du XXe siècle » de l'Isère.
  • Ancien Carmel de Grenoble, chemin du Pont-Bottu (aujourd'hui direction diocésaine de l'enseignement catholique).
  • "Ma Maison", maison de retraite des Petites Soeurs des Pauvres, à la Petite Tronche en bordure de l'Isère. Bâtiments reconstruits dans les années 2000.
  • Plusieurs chapelles privatives d'anciennes propriétés.
  • Cimetière Ancien de La Tronche[19] : lieu d'inhumation des notables de Gratianopolis (on y a découvert des sarcophages gallo-romains), cimetière de la paroisse depuis le XVIIIe siècle, de nombreuses personnalités y sont enterrées : l'historien André Fugier, l'archéologue Hippolyte Müller, le général Michel de Yermoloff, l'abbé Raillane, précepteur de Stendhal, ainsi que de nombreuses sépultures anciennes de grandes familles grenobloises.
  • Cimetière nouveau, dit cimetière du Petit Sablon, ouvert en 1941. Il borde le cimetière du Grand Sablon, ouvert par la ville de Grenoble dans les années 1960.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Hôpital civil de 1913.

La ville accueille le centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes, comprenant l'hôpital civil inauguré en 1913 dont une partie des bâtiments ont été conservés.

En raison de la présence de la maternité du CHU de Grenoble sur la commune de La Tronche, le nombre de personnes nées à La Tronche pour l'état civil est sans proportion avec la population réelle de la commune (voir ci-dessous la liste des personnages nés à La Tronche ; la plupart n'ont fait qu'y naître et n'ont aucun autre lien avec la ville de La Tronche).

La ville abrite également le foyer de l'enfance, un centre maternel, une pouponnière et un service d'accueil pour la protection de l'enfance au niveau départemental (Établissement public départemental le Charmeyran).

Dans l'ancienne chapelle de l'asile des vieillards (1894) a été installé le musée grenoblois des sciences médicales installé dans l'ancienne chapelle de l'asile des vieillards de 1894, également appelée chapelle des tuberculeux après la Première Guerre mondiale. Le musée plonge dans l'histoire du prestigieux centre hospitalier universitaire de Grenoble de sa construction par Hugues de Chateauneuf, évêque de Grenoble, à nos jours en exposant des objets médicaux, les sculptures de bienfaiteurs, des tableaux et des dessins.

Propriétés notables[modifier | modifier le code]

La Tronche, sur les flancs du Rachais autrefois plantés de vignes et dominée par la cime altière du Saint-Eynard, est depuis longtemps une villégiature recherchée par la haute société grenobloise, satisfaite de trouver à seulement 2 km de la ville de l'espace et un climat pur : abrité et doux l'hiver (ce qui permet d'y faire pousser des essences rares), plus frais l'été, protégé des vents toute l'année.

Les Dauphins eux-mêmes avaient choisi la colline de Montfleury comme résidence champêtre, dès le XIIe siècle, et chassaient dans les bois de La Tronche. Humbert II, dernier des Dauphins de Viennois, donna Montfleury et son fief, dont dépendaient les hameaux de La Tronche, à l'ordre dominicain, qui y demeura jusqu'à la Révolution (Couvent royal de Montfleury). A partir du XVIIe siècle, les dominicaines se défirent de certaines terres, rachetées par la noblesse de robe du Parlement de Dauphiné, soucieuse de s'y faire construire des résidences de plaisance dignes de leur rang, et manifestant leur réussite.

La propriété Barral vers 1780, depuis les bords de l'Isère.

Le premier de ces grands domaines nobles fut le "Mas de Saint-Ferjus", ou domaine de la Merci : ce château, établi dans un parc somptueux près de l'ancienne église paroissiale et dominant l'Isère, fut bâti dans les dernières années du XVIIe siècle par le marquis de Dolomieu. Passé ensuite à la famille de Barral, ce fut le domaine privilégié des plaisirs et divertissements mondains du Grenoble des Lumières. Casanova y séjourna lors de son passage à Grenoble. A la fin du XVIIIe siècle, le domaine fut racheté, "au nom du Roy", par Gaspard Louis Caze de la Bove, en vue d'y installer le Jardin Botanique de la ville, créé en 1782 par Dominique Villars, et trop à l'étroit près de la porte de Bonne. Des travaux d'aménagement du jardin et des milliers de plantation furent réalisées, mais la Révolution mit un terme au projet. Joseph-Marie de Barral, marquis de Montferrat et premier maire de Grenoble, profite de sa mise en vente en 1792 pour racheter son ancien domaine. En 1830, la propriété est revendue au banquier grenoblois Gaillard, puis passe entre plusieurs mains avant d'être rachetée vers 1920 par l'ingénieur Charles Marre, qui rebaptise la propriété "Mas de Saint-Ferjus" et la loue à Mlle Luce Quenette qui y établit une école, fermée en 1944 pour "pétainisme". Le domaine de 6 hectares est racheté en 1945 par le Conseil général, qui y installe une "Maison de l'Enfance". En 1967, la propriété est choisie pour le futur site de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, en raison de sa proximité avec les hôpitaux, et le domaine est alors morcelé, plusieurs bâtiments modernes étant érigés dans le parc. Le corps central du célèbre Château Barral ou Mas de Saint-Ferjus abrite désormais les services administratifs du Secteur santé de l'Université-Grenoble-Alpes.

Musée Hébert

Le Clos Hébert témoigne d'un autre type de ces domaines de plaisance, affectionnés par la bourgeoisie grenobloise. Ancienne partie d'un domaine noble de 7,5 hectares du hameau de Civaty, comprenant maison de maître et orangerie (des fresques du XVIIe siècle ont été dégagées dans une des pièces), la propriété est achetée par Amélie Durand, mère du peintre Ernest Hébert (1817-1908), et cousin de Stendhal, à la famille Taulier. Relais sur la route d'Italie, celui qui fut directeur de la Villa Médicis et peintre officiel du Second Empire aménage la demeure et ses jardins dans le style italien. Il meurt à La Tronche en 1908 et sa tombe est déplacée dans le parc par sa veuve, Gabrielle d'Uckermann. Elle y constitue un musée privé dès 1934, animé après sa mort par son fils adoptif, René Patris d'Uckermann (1897-1992), directeur littéraire des éditions Flammarion, et qui y reçoit nombre d'écrivains (Jules Romains, François Mauriac, Maurice Genevoix, Roger Peyrefitte...), et lègue la propriété en 1979 au Conseil général de l'Isère. La présentation reconstitue fidèlement l'atmosphère de vie du peintre, son mobilier et ses souvenirs dont le salon de Laetitia Bonaparte restauré. Il est ouvert au public tous les jours sauf le mardi. La maison d'Ernest Hébert est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [20]. Son parc de près de 2 hectares constitue un havre de verdure à 2 km du centre-ville de Grenoble.

Villa La Bérangère

D'autres grandes propriétés anciennes sont groupées autour de l'avenue des Maquis du Grésivaudan. De l'autre côté du chemin Hébert, le château des Tilleuls, élégante bâtisse aux façades roses implantée dans un parc boisé, date de la fin du XIXe, propriété des familles Hébert de Champozou et Achard. Entre le clos Hébert et l'ancien Carmel, la propriété Novel (notables grenoblois) est une ancienne demeure du XVIIIe siècle. Au sud de son parc, la "Bérangère" est une grande bâtisse du début du siècle, en style basque, propriété de René Gosse, doyen de la Faculté des Sciences de Grenoble et grand résistant (arrêté par la Milice chez lui à La Tronche avec son fils Jean, assassinés à Saint-Ismier le 22 décembre 1943). Son grand parc de 3 hectares fut le premier à être morcelé dans les années 1950.

Sur des terrains dépendant autrefois du domaine Hébert, dont il ont été séparés à la fin du XIXe siècle par la construction de la RN 90 (avenue des Maquis du Grésivaudan), la propriété Papet fut édifiée vers 1900 dans un parc de 2,5 hectares. Elle comprend une maison de maître de style classique et une "ferme" de style basque, Le Petit Trianon, construites par l'architecte parisien André Papet, propriétaire du château de Beaurevoir à Sassenage et l'un des promoteurs du béton armé à Grenoble (notamment l'immeuble Monoprix du 22 rue Lafayette). La propriété fut habitée par son fils, le peintre régional Pierre Papet, puis par la famille Grasset. Aujourd'hui morcelée, la propriété fait partie de la clinique du Grésivaudan, relevant de la Fondation Santé des Etudiants de France. Le parc a conservé de superbes cèdres centenaires.

D'autres grandes propriétés s'étagent sur les flancs du Rachais. Grande-Rue, la villa Brise des Neiges, construite en 1901 par Alphonse Vernet, a conservé des éléments de décor remarquables, en particulier le bel escalier donnant accès aux jardins. Transformée en maison de famille protestante en 1918, sa directrice, Mme Eva Péan-Pagès, donna refuge à de nombreux Juifs sous l'Occupation. Route de Chartreuse, un manoir du XIXe siècle a conservé sa chapelle domestique. En surplomb de l'ancien chemin de la Procession qui conduisait à la Bastille, près de la Vierge Noire, La Pinote, ancien domaine noble vendu comme bien d'émigrés de la famille Lacoste, fut la propriété de Xavier Drevet, directeur de la revue Le Dauphiné (qui devient en 1904 Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné), et de son épouse la romancière dauphinoise Louise Drevet (1836-1898), le "Walter Scott" dauphinois. La terrasse de cette villa offre une vue incomparable sur la ville et les Grandes Alpes enneigées.

Escalier de la villa Brise des Neiges

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du parc naturel régional de Chartreuse.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason La Tronche 38700.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'or à la hache de sable fendant une souche arrachée d'azur, un dauphin d'azur, crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules au canton dextre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saint Ferjus, 13e évêque de Grenoble (Gratianopolis), mort en martyr au pied du Mont Esson, actuelle commune de La Tronche, le 12 janvier 660.
  • Joseph-Marie de Barral, marquis de Montferrat (1842-1828), premier maire de Grenoble, propriétaire du domaine de la Merci.
  • Jean-Claude Moreau (1755-1828), général des armées de l'Empire y est décédé.
  • Abbé Raillane (1756-1840), précepteur de Casimir Périer et de Stendhal, directeur d'institution à La Tronche.
  • Joseph Pellegrin de Millon (1759-1832), général des armées du Premier Empire, décédé dans la commune.
  • Michel de Yermoloff (1794-1870), général russe, ancien combattant des guerres de l'Empire, bienfaiteur de la commune.
  • Frédéric Taulier (1806-1861), maire de Grenoble (1845-1848 et 1849-1851), avait sa propriété à La Tronche et y est inhumé.
  • Ernest Hébert (1817-1908), peintre officiel du Second Empire, ancien directeur de la Villa Médicis.
  • Hippolyte Müller (1865-1933), archéologue, fondateur du Musée dauphinois.
  • Éva Péan-Pagès (1877-1951), "Juste parmi les nations", directrice de la pension de famille "Brise des Neiges".
  • Raoul Blanchard (1877-1965), géographe, spécialiste des Alpes, fondateur de l'Institut de géographie alpine, habitait une propriété Grande-Rue, près de la Croix de Montfleury.
  • René Gosse (1883-1943), mathématicien et résistant, doyen de la faculté des Sciences de Grenoble.
  • André Fugier (1896-1976), historien moderniste, inhumé à La Tronche.
  • Francisco Cepeda (1906-1935), coureur cycliste espagnol décédé à la suite d'une chute en descendant le col du Galibier lors du Tour de France.
  • Pierre Mendès France (1907-1982), homme politique, réfugié à La Tronche en 1941.
  • Jacques Debelmas (1925-2018), géologue.
  • Laurent Avezou (né en 1972), professeur d'Histoire, historien moderniste.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Boulet, Refuge et Résistance. La Tronche 1939-1945, Éditions Ampelos, 2016, 162 p.
  • Paul Dreyfus, Histoire du Dauphiné, Librairie Hachette, 1976, (ISBN 2-01-001329-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Grenoble nord », sur www.geol-alp.com (consulté le 2 mai 2018)
  2. Jules-M. Auteur du texte Sestier, Le tramway Grenoble-Chapareillan et la vallée du Graisivaudan, rive droite de l'Isère / Jules Sestier,..., X. Drevet, (lire en ligne)
  3. Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey, Les Maisons-fortes du Dauphiné, Grenoble, X. Drevet,
  4. François Boulet, Refuge et Résistance. La Tronche 1939-1945, Éditions Ampelos, (ISBN 978-2-35618-103-9), p. 63-72.
  5. François Boulet, Refuge et Résistance, p. 49-50.
  6. François Boulet, Refuge et Résistance, p. 87-101.
  7. Bernard Bruneteau, « Le «mythe de Grenoble» des années 1960 et 1970 un usage politique de la modernité », Vingtième Siècle, revue d'histoire, vol. 58, no 1,‎ , p. 111–126 (ISSN 0294-1759, DOI 10.3406/xxs.1998.3748, lire en ligne)
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  12. bbf.enssib.fr, La section médecine-pharmacie de la nouvelle Bibliothèque universitaire de Grenoble-La Tronche.
  13. lessor.fr du 2 décembre 2016, Dix ans de Biopolis : en route pour Medtech City.
  14. « La ministre de la Santé Agnès Buzyn à La Tronche en Isère pour soutenir Olivier Véran candidat LREM », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 22 juin 2017)
  15. reseau-chu.org du 24 juin 2011, Inauguration de l’Institut de biologie et de pathologie.
  16. lessor.fr du 20 mars 2017, La Tronche : le service de santé des armées est cédé.
  17. communaute-univ-grenoble-alpes.fr du 23 février 2017, Biopolis, 10 ans d’innovation en biotech et medtech.
  18. « Grenoble : en 2020, voilà à quoi ressemblera l’hôpital nord (ou presque) », sur Le Dauphiné libéré (consulté le 3 juin 2017)
  19. Collectif Sarka-SPIP, « LA TRONCHE (38) : cimetière ancien - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 1er mai 2018)
  20. « Maison du peintre Ernest Hébert », notice no PA00117298, base Mérimée, ministère français de la Culture