Gigondas (AOC)

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44° 09′ 53″ N 5° 00′ 19″ E / 44.16472, 5.00528

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Gigondas
Gigondas by JM Rosier.jpg
Le vignoble de Gigondas dominé par son village.
Désignation(s) Gigondas
Appellation(s) principale(s) gigondas
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1971[1]
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée du Rhône
Sous-région(s) vallée du Rhône méridionale
Localisation Vaucluse (pays des Dentelles de Montmirail)
Saison deux saisons sèches (hiver et été)
deux saisons pluvieuses (automne et printemps)
Climat tempéré méditerranéen sous influence du mistral
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 700 heures
Sol grandes terrasses alluviales d'origine mindelienne sur le plateau, sols argilo-sableux sur molasses au pied des dentelles de Montmirail et sols marno-calcaires
Superficie plantée 1 233 hectares
Nombre de domaines viticoles 72 caves particulières et 3 caves coopératives
Cépages dominants grenache N, syrah N et mourvèdre N
Vins produits 98 % rouges et 2 % rosés
Production 40 000 hl en moyenne
Pieds à l'hectare 4 300 pieds par ha,
soit maximum 2,2 m² par pied
Rendement moyen à l'hectare 36 à 40 hl/ha[2]

Le gigondas[3] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur la commune de Gigondas, dans le département du Vaucluse, au pied des dentelles de Montmirail.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Si la colonisation romaine fut effective à Gigondas, les fouilles ou les déterrements accidentels par labourage de tombeaux en plomb pour incinération, d'urnes lacrymatoires, de statuettes, de lampes, de tuiles plates, etc[4], le prouvent, les vestiges archéologiques ayant trait à la vigne ou au vin sont rares. Seule une tête de Bacchus a été mise à jour, en 1866, par Eugène Raspail[5], le neveu de François-Vincent Raspail, sur les terres de son Château Raspail[6].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Vers 1120, Rostang III, évêque de Vaison, donna à son église cathédrale, une mense qui comprenait une vigne sise à Gigondas, près de l'Ouvèze[7]. Il le fait en ces termes :

« Petro vero Alberto Gigundatis pro vinea quoe sita est juxta viam publicam est inter (... otam)) episcopalem et fluvium Ovicœ solidis ordo dedit[8]. »

C'est l'acte le plus ancien confirmant l'existence d'un vignoble sur ce terroir.

Il faut attendre le XIVe siècle pour connaître l'évolution de ce vignoble, fief des Princes d'Orange. Un de ceux-ci, Raymond V des Baux, en juillet 1341, tout en se réservant les droits de haute et basse justice, accorda aux Gigondassiens certaines libertés contre un droit de vingtain sur le vin de ce terroir pendant sept ans[9].

En 1376, au lieu-dit « Les Bosquets », les registres notariaux indiquent l'existence de « vinea culta », puis ceux des notaires d'Oussan, dans un acte daté de l'an 1380, font état de vignes qui couvraient un territoire descendant de la chapelle Notre-Dame des Pallières jusqu'à l'Ouvèze[7].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Tout au long du XVe siècle, les mêmes registres indiquent que le vignoble s'étendait alors des « Garrigues » au « Trignon », en passant par les « Beaumettes » et la « Coste de Saint-Cosme »[7].

Au siècle suivant, la Communauté rédigea ses statuts et les approuva le 14 novembre 1591. L'article 45 intitulé « De ceux qui vendent du vin en gros qu'ils en vendent aux autres habitans » indique avec précision les conditions de ce négoce :

« Toute personne qui voudra vendre du vin en gros aux estrangiés sera tenue de vendre aux habitans dudit lieu, à quatrs ou à pichet, pour le prix qu'ils l'auront vendu auxdits estrangiés, à peine y contrevenant, de payer, pour chaque personne et fois XII deniers ; et qui aura du vin à vendre, et le vendra aux habitans en gros, sera tenu de le vendre à tous habitans, à quarts ou à pichets, pour emplir ses tonneaux, au prix qu'il l'aura vendu en gros pour ouiller lesdits tonneaux, à peine de contravention pour le regard des habitans de payer II sols applicables[7]. »

L'année suivante, cet article fut repris en faisant, cette fois, expressement mention du vin blanc. C'est un des rares textes faisant mention de ce type de vin sur le terroir gigondassien[7].

Même si Jean-Joseph Expilly[10] note que la commune est « fertile en vin », le XVIIIe siècle marqua une mutation importante dans les cultures. De plus en plus d'habitants délaissèrent la vigne pour se consacrer à la culture de l'olivier et du mûrier[7]. Ce qui n'empêcha point de proclamer la ban des vendanges sur tout le territoire de la commune. Un acte communal daté de 1771 décréta d'ailleurs que tout contrevenant à cette interdiction serait passible d'une amende de cinq livres[11].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Chateau Raspail à Gigondas.

Ce fut la famille Raspail, et plus particulièrement Eugène, qui prit sa retraite politique à Gigondas, qui relança la viticulture sur place. Au cours de l'année 1861, il fit l'acquisition du domaine des Bosquets, revalorisa les 37 hectares déjà existant, en fit planter 9 autres l'année suivante, puis 26 les années qui suivirent[12]. Par héritage paternel, il reçut le domaine du Colombier qu'il transforma en Château Raspail tout en valorisant son vignoble.

Dès 1864, la production de ses domaines fut telle qu'il put l'expédier, par le port de Roquemaure sur le Rhône, à des négociants de Valence, Lyon, Saint-Étienne et Paris[13], qui la lui avait acheté sur la base de 16, 50 l'hectolitre[12]. Des résultats assez probants pour qu'il reçut, en dépit de ses idées républicaines, et avec l'aval de Napoléon III, une prime d'honneur pour son exploitation[12]. Fier de ses résultats, le savant vigneron put noter :

« Les vins de Gigondas doivent à leur proportion d'alcool une valeur qui les fait rechercher. Au printemps de 1865, ils étaient tous achetés quand le Languedoc se plaignait de ne pas les vendre. »

Il put alors se consacrer à ses passions qu'étaient l'archéologie, la géologie et la paléontologie. Les vins de ses vignobles se vendant de mieux en mieux, il constata :

« Toujours est-il que la localité de Gigondas jouit du privilège de produire avec une main-d'œuvre peu élevée, des vins fort apprécié par le commerce et qui le seront bien plus encore lorsque leur réputation naissante sera plus étendue[13]. »

L'émulation qu'il parvint à susciter déboucha même sur les premières mises en bouteille[11]. Mais l'arrivée du phylloxéra et l'anéantissement du vignoble, au début des années 1870, réduisirent à rien ces efforts.

Plaque commémorative de la fondation de la cave des vignerons.

En 1956, après les grands gels qui avaient ravagé les oliveraies au pied des Dentelles de Montmirail, anéantissant la tombarelle, variété locale[14], Jean-Louis Alexandre, René Astran, Albin Gaudin, René Goubert, Jules Marcel, Fernand Pézenas et Jean Souchières décidèrent de fonder une cave coopérative et lui donnèrent le nom de « Cave des vignerons de Gigondas ».

Rapidement classée en côtes-du-rhône villages les vins de ce terroir viticole de qualité obtirent de la part de l'INAO le droit d'être protégé par une appellation locale (ou cru) le 6 janvier 1971. C'était la première appellation villages des côtes-du-rhône qui accédait à cet honneur.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La plus ancienne graphie documentée est Jocundatis, datée de 951. Elle tire son origine du vocable latin Jucundus (agréable, utilisé comme surnom) auquel a été adjoint le suffixe -atis[15].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dentelles de Montmirail.

Géologie[modifier | modifier le code]

Eugène Raspail, dans un ouvrage dédié à son oncle François-Vincent, a donné une description toujours actuelle du terroir de Gigondas à l'intérieur des Dentelles de Montmirail :

« Le relief du territoire de Gigondas présente trois chaînes principales et parallèles, courant de l'ouest au nord-est, suivant une courbe dont le centre serait au nord-ouest. La ligne de faîte de ces trois chaînes se compose d'un calcaire gris appartenant au terrain jurassique. Du côté du midi, la première ligne recouvre les argiles noires de l'oxfordien. Au nord, la troisième ligne est recouverte par le terrain néocomien inférieur, par le gault, les grès verts et la craie chloritée. Les deux vallées intermédiaires (Col d'Alsau, la Buissière) appartiennent exclusivement au terrain néocomien inférieur. Dans cette seconde vallée, au quartier du Cayron, les marnes argileuses alternent avec des bancs d'un calcaire bleu et jaune[16]. »

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le climat de ce terroir est soumis à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches (une brève en hiver, une très longue et accentuée en été), deux saisons pluvieuses, en automne (pluies abondantes et brutales) et au printemps[17]. Sa spécificité est son climat méditerranéen qui constitue un atout exceptionnel :

  • Le mistral assainit le vignoble
  • La saisonnalité des pluies est très marquée
  • Les températures sont très chaudes pendant l'été.
Données météorologiques d'Orange de 1961 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,3 2,6 4,4 7,2 10,8 14,4 17 16,3 13,8 9,7 4,9 1,9 8,7
Température moyenne (°C) 5,4 6,9 9,4 12,5 16,4 20,2 23,3 22,5 19,4 14,7 9,1 5,7 13,8
Température maximale moyenne (°C) 9,4 11,3 14,4 17,8 22,1 26,1 29,6 28,8 25 19,7 13,3 9,5 18,9
Ensoleillement (h) 132 137,1 192,5 230,4 264,6 298,9 345,3 310,7 237,6 187,1 135,2 123,8 2 595,3
Précipitations (mm) 44,4 57,5 61,1 58,9 72,4 43,6 27,8 56,3 67,6 97,4 57,7 48,9 693,4
Source : [18]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
9,4
1,3
44,4
 
 
 
11,3
2,6
57,5
 
 
 
14,4
4,4
61,1
 
 
 
17,8
7,2
58,9
 
 
 
22,1
10,8
72,4
 
 
 
26,1
14,4
43,6
 
 
 
29,6
17
27,8
 
 
 
28,8
16,3
56,3
 
 
 
25
13,8
67,6
 
 
 
19,7
9,7
97,4
 
 
 
13,3
4,9
57,7
 
 
 
9,5
1,9
48,9
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm
Vaucluse AOC Gigondas moyenne nationale
Ensoleillement 2 595 h/an 2 800 h/an 1 973 h/an
Pluie 693 mm/an 700 mm/an (sur 80 jours) 770 mm/an
Neige 4 j/an 14 j/an
Vent 110 j/an essentiellement du Mistral
Orage 23 j/an 22 j/an
Brouillard 31 j/an 40 j/an
Mois Jan Fev Mar Avr Mai Jui Jui Aou Sep Oct Nov Dec
Records de températures minimales °C (Année) -13,4 (1985) -14,5 (1956) -9,7 (2005) -2,9 (1970) 1,3 (1979) 5,7 (1984) 9,0 (1953) 8,3 (1974) 3,1 (1974) -1,1 (1973) -5,4 (1952) -14,4 (1962)
Records de températures maximales °C (Année) 20,3 (2002) 23,0 (1960) 27,2 (1990) 30,7 (2005) 34,5 (2001) 38,1 (2003) 40,7 (1983) 42,6 (2003) 35,1 (1966) 29,6 (1985) 24,6 (1970) 20,2 (1983)
Source: http://www.linternaute.com/ville/ville/climat/25721/orange.shtml


Tableau comparatif des précipitations relevées en nord Vaucluse lors de l'année 2006[19].
Pluie. Oct. Nov. Dec. Jan. Fev. Mars. Avril. Mai Juin Juil. Août Sept.
% de précipitations
comparé à la normale[20]
90 % 100 % 48 % 103 % 61 % 84 % 16 % 42 % 5 % 174 % 60 % 175 %
Fort orage
(grêle)
0 0 0 0 0 0 0 0 0 7 2 2
Températures relevées en nord Vaucluse lors de l'année 2006[19].
Température. Oct. Nov. Dec. Jan. Fev. Mars. Avril. Mai Juin Juil. Août Sept.
t° la plus chaude
(date)
25,2°
(le 09)
21,7°
(le 03)
14,2°
(le 04)
13,3°
(le 19)
15,5°
(le 13)
23,9°
(le 31)
26,7°
(le 26)
30,9°
(le 17)
35,2°
(le 28)
38,9°
(le 21)
34,1°
(le 01)
34,2°
(le 04)
Nombre de jours
t° > à 30°
0 0 0 0 0 0 0 2 16 31 2 8
t° la plus froide
(date)
6,6°
(le 05)
-5,8°
(le 28)
-6,9°
(le 30)
-6,8°
(le 15)
-4,7°
(le 03)
-3,2°
(le 02)
-2,8°
(le 08)
4,9°
(le 01)
9,4°
(le 02)
17°
(le 07)
11,1°
(le 15)
10,3°
(le 01)
Nombre de jours
t° < à -6° (forte gelée)
0 1 2 5 0 0 0 0 0 0 0 0
Tableau des différentes vitesses du mistral enregistrées et à sa fréquence au cours de l'année 2006. Une partie du vignoble est protégée du mistral par les arrêtes rocheuses des Dentelles de Montmirail.

"=" : idem à la normale ; "+" : supérieur à la normale ; "-" : inférieur à la normale.

Mistral. Oct. Nov. Dec. Jan. Fev. Mars. Avril. Mai Juin Juil. Août Sept.
Vitesse maximale relevée sur le mois 87 km/h 91 km/h 118 km/h 96 km/h 97 km/h 112 km/h 97 km/h 94 km/h 100 km/h 90 km/h 90 km/h 90 km/h
Tendance : jours
avec une vitesse >
16 m/s (58 km/h)
--- = ++ -- +++ --- ++++ ++++ = = ++++ +

Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette appellation est produite sur la seule commune de Gigondas.

Quartiers et lieux-dits[modifier | modifier le code]

C'est en 1376 qu'apparaît le premier nom d'un vignoble sur le terroir gigondassien. Il s'agit des « Bosquets ». Au XVe siècle, les actes notariés livrent les noms des lieux-dits ou quartiers suivants : Les Hautes et Basses Garrigues, Teyssonnières, Chanteduc, Ventolon, Pallières, Trignon, Beaumettes et la Coste de Saint-Cosme[7].

Encépagement[modifier | modifier le code]

Les cépages entrant dans la composition des vins rouges et rosés sont le grenache, la syrah et le mourvèdre.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Pour tous les cépages, il est utilisé la taille en gobelet sur un fil, à deux yeux maximum par courson avec un maximum de quinze yeux francs par cep en plus du bourillon. Seule la syrah subit la taille Guyot.

Le rendement est limité à 35 hl/ha. Pour la vinification, il est préconisé une cuvaison longue et un élevage en fûts et foudres de chêne anciens ce qui évite aux vins de l'appellation les goûts exogènes de vanille qu'apportent des futailles neuves. Tous les vins de Gigondas titrent au moins et naturellement 12 ,5°.

Vinification[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux vignobles en dessous du 45e parallèle, les côtes-du-rhône méridionales sont des vins assemblant plusieurs cépages. Ceci est justifié par les caractéristiques climatiques régionales avec des étés très chauds, sinon torrides, et la présence du mistral, vent excessif, qui participent à la surmaturation des cépages. Tous les essais de vinification mono-cépage ont démontré que ces vins ne peuvent atteindre une qualité élevée et donner la véritable expression du terroir. Par contre, l'assemblage de plusieurs variétés permet d'obtenir un parfait équilibre entre acidité, alcool et tannins[21].

Vinification en rouge
Article détaillé : Vin rouge.

C'est le grenache noir qui représente la plus importante proportion, il est assemblé avec le mourvèdre et la syrah. Un peu de cinsault permet d'apporter la finesse. Les trois premiers cépages permettent d'obtenir un parfait équilibre et donnent des grands vins de garde qui truffent en vieillissant. En fonction des parcelles et des micro-climats, l'assemblage peut varier entre 80 % de grenache, syrah et mourvèdre entrant en part égale pour le pourcentage restant, et 50 % de grenache, la syrah et le mourvèdre représentant chacun 25 %[22].

Vinification en rosé
Article détaillé : Vin rosé.

Majoritairement réalisée par saignée, le jus s'écoulant sous le poids de la vendange, la vinification est faite par un assemblage dans lequel le grenache noir reste majoritaire. Le cinsault apporte ici toute son expression ainsi que le mourvèdre s'il ne dépasse pas 10 %[23].

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Les vignes de Gigondas avec en ligne de fond les Dentelles de Montmirail.

Des terrasses caillouteuses d’argile rouge qui montent à l’assaut des Dentelles de Montmirail composent ce terroir.

Les rouges ont une robe profonde à la couleur chatoyante. Ces vins équilibrés et charpentés, au goût puissant, sont caractérisés par un nez qui évolue d’un bouquet juvénile de fruits où domine la marasque (cerise noire) vers des nuances de menthe sauvage, de sous-bois et de venaison en vin de garde.

Le rosé, capiteux et généreux, à la couleur soutenue et ensoleillée, se distingue par des arômes marqués d’amande et de fruits compotés. Ne manquant pas de corps, d'esprit et de bouquet, c'est un vin à boire à table avec les charcuteries et les fromages. Il s'accorde parfaitement avec la cuisine asiatique.

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Grâce à une sélection au terroir, de nombreux domaines sont vinifiés et mis en bouteille à la cave des vignerons de Gigondas.

Type de vins et gastronomie[modifier | modifier le code]

Gigondas et plateau de fromages

Le rouge qui possède une grande aptitude au vieillissement, - dix ans et plus - est traditionnellement conseillé sur du gibier et de la venaison et il s'accorde parfaitement avec les daubes (avignonnaises ou provençale), le civet de cerf ainsi que les civets de lièvre ou de sanglier[1]. Il est aussi parfait sur des fromages de haut goût tels que les différents bleus ou les pâtes persillées, ainsi que sur le reblochon et le maroilles[24].

Le rosé, en fonction de sa vinification - par saignée ou par pressurage - peut se garder entre 2 ou 4 ans. C'est à boire à table avec les charcuteries et les fromages. Il s'accorde parfaitement avec la cuisine asiatique[1].

Millésimes[modifier | modifier le code]

Ils correspondent à ceux du vignoble de la vallée du Rhône. Ils sont notés : année exceptionnelle Article de qualité, grande année Bon article, bonne année ***, année moyenne **, année médiocre *.

Millésimes 2000
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Caractéristiques Article de qualité *** *** Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Bon article
Millésimes 1990
1999 1998 1997 1996 1995 1994 1993 1992 1991 1990
Caractéristiques *** *** ** *** Bon article ** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1980
1989 1988 1987 1986 1985 1984 1983 1982 1981 1980
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Bon article *** Article de qualité ** Bon article *** Bon article Article de qualité
Millésimes 1970
1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 19722 1971 1970
Caractéristiques Bon article Article de qualité Bon article ** *** Bon article *** ** ** Article de qualité
Millésimes 1960
1969 1968 1967 1966 1965 1964 1963 1962 1961 1960
Caractéristiques ** * Article de qualité Article de qualité *** *** ** ** *** Article de qualité
Millésimes 1950
1959 1958 1957 1956 1955 1954 1953 1952 1951 1950
Caractéristiques Bon article Bon article Article de qualité Bon article Bon article *** Bon article Article de qualité ** Article de qualité
Millésimes 1940
1949 1948 1947 1946 1945 1944 1943 1942 1941 1940
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité Article de qualité Bon article Article de qualité ** Article de qualité Bon article ** **
Millésimes 1930
1939 1938 1937 1936 1935 1934 1933 1932 1931 1930
Caractéristiques * Bon article Bon article *** ** Article de qualité Article de qualité ** ** **
Millésimes 1920
1929 1928 1927 1926 1925 1924 1923 1922 1921 1920
Caractéristiques Article de qualité Article de qualité ** Bon article ** Bon article Bon article ** Bon article Bon article
Sources : Yves Renouil (sous la direction), Dictionnaire du vin, Éd. Féret et fils, Bordeaux, 1962 ; Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, Les millésimes de la vallée du Rhône & Les grands millésimes de la vallée du Rhône

Soit sur 90 ans, 24 années exceptionnelles, 26 grandes années, 16 bonnes années, 22 années moyennes et 2 années médiocres.

Commercialisation[modifier | modifier le code]

En 1924, la commercialisation des vins plafonnait à 4 784 hl, elle passa en 1967 à 25 887 hl[11], pour atteindre actuellement 40 000 hl[25].

Les principaux producteurs de l'appellation[modifier | modifier le code]

Les principaux producteurs de l'AOC Gigondas sont[26] :

Gigondas
  • Pierre Amadieu ; Château de Saint-Cosme ; Cave des vignerons de Gigondas ; Domaine Raspail-Ay ; Domaine de la Tourade ; Domaine du Cayron, Michel Farraud et filles ; Domaine du Grapillon d'Or ; Les Goubert, Jean-Pierre et Mireille Cartier ; Moulin de la Gardette ; Gabriel Meffre, Domaine de Longue Toque ; Domaine du Terme ; Domaine La Fourmone, Roger Combes et filles ; Château Raspail, Meffre Christian ; Domaine du Pesquier, R. Boutière et fils ; Domaine Santa-Duc ; Château Saint-André, Gabriel Rey ; Domaine Saint-Gayan ; Mas des Restanques ;
Ampuis
  • Domaine E. Guigal.
Beaumes-de-Venise
  • Domaine de Durban, Leydier et fils ; Domaine Font-Sante, Pierre Rougon
Bédoin
  • Les vignerons du Mont-Ventoux
Cairanne
  • Domaine Brusset ; Camille Cayran, Cave de Cairanne
Castillon-du-Gard
  • La Compagnie Rhodanienne
Châteauneuf-du-Pape
  • Ogier, Caves des Papes ; Maison Brotte ; Caves Saint-Pierre ; Château de Vaudieu
Courthézon
  • Caves Jean-Paul Jamet ; Perrin et fils, Château de Beaucastel ; Cellier des Princes
Entrechaux
  • Le Mas des Flauzières
Laudun
  • Dauvergne-Ranvier, Château Saint-Maurice
Lourmarin
  • Maison Tardieu-Laurent
Sablet
  • Domaine de Boissan, Christian Bonfils ; Domaine des Pasquiers ; Cave des vignerons du Gravillas
Saint-Jean-de-Muzols
  • Delas frères
Sarrians
  • Montirius
Tain-l'Hermitage
  • M. Chapoutier ; Paul Jaboulet aîné
Tupin-et-Semons
  • J. Vidal-Fleury
Vacqueyras
  • Château de Montmirail ; Domaine du Grand Montmirail ; Cave des Vignerons de Caractère ; Clos des Cazaux, Archimbaud ; Domaine de la Garrigue, Earl Bernard et fils ; Vieux Clocher, Maison Arnoux ;

Caveaux de dégustation[modifier | modifier le code]

Trois cuvées du caveau des vignerons de Gigondas
Dégustation à Gigondas

Une charte de qualité, à laquelle adhèrent caves et domaines de Gigondas, a été mise en place dans la vallée du Rhône par Inter Rhône[27]. Elle propose trois catégories différentes d'accueil en fonction des prestations offertes par les professionnels[28].

La première - dite accueil de qualité - définit les conditions de cet accueil. Un panneau à l'entrée doit signaler que celui-ci est adhérent à la charte. Ce qui exige que ses abords soient en parfait état et entretenus et qu'il dispose d'un parking proche. L'intérieur du caveau doit disposer d'un sanitaire et d'un point d'eau, les visiteurs peuvent s'asseoir et ils ont de plus l'assurance que locaux et ensemble du matériel utilisé sont d'une propreté irréprochable (sols, table de dégustation, crachoirs, verres)[27].

L'achat de vin à l'issue de la dégustation n'est jamais obligatoire. Celle-ci s'est faite dans des verres de qualité (minimum INAO). Les vins ont été servis à température idéale et les enfants se sont vu proposer des jus de fruits ou des jus de raisin. Outre l'affichage de ses horaires et des permanences, le caveau dispose de fiches techniques sur les vins, affiche les prix et offre des brochures touristiques sur l'appellation[27].

Caveaux à Gigondas

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Caveau à Gigondas

La seconde - dite accueil de service - précise que le caveau est ouvert cinq jours sur sept toute l'année et six jours sur sept de juin à septembre. La dégustation se fait dans des verres cristallins voire en cristal. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il est chauffé l'hiver et frais l'été, de plus il dispose d'un éclairage satisfaisant (néons interdits). Sa décoration est en relation avec la vigne et le vin, une carte de l'appellation est affichée. Il dispose d'un site internet et fournit à sa clientèle des informations sur la gastronomie et les produits agroalimentaires locaux, les lieux touristiques et les autres caveaux adhérant à la charte. Des plus les fiches techniques sur les vins proposés sont disponibles en anglais[29]

Caveaux à Gigondas

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La troisième - dite accueil d'excellence - propose d'autres services dont la mise en relation avec d'autres caveaux, la réservation de restaurants ou d'hébergements. Le caveau assure l'expédition en France pour un minimum de vingt-quatre bouteilles. Il dispose d'un site Internet en version anglaise et le personnel d'accueil parle au moins l'anglais[30].

Caveaux à Gigondas

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fiche techniqueVitis
  2. Décret du 23 octobre 2009
  3. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  4. Joseph Sautel, Carte archéologique de la Gaule romaine : le Vaucluse, Éd. Lerroux, Paris, 1936, p. 45, n° 79.
  5. Eugène Raspail, archéologue, géologue et paléontologue
  6. Robert Bailly, op. cit., p. 8.
  7. a, b, c, d, e, f et g Robert Bailly, op. cit., p. 70.
  8. Louis Anselme Boyer de Sainte-Marthe, Histoire de l’Église cathédrale de Vaison, Avignon, 1731.
  9. Barthélemy, Inventaire chronologique et analytique des chartes de la Maison des Baux, Marseille, 1882, charte, 1 198
  10. Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique des Gaules et de la France, 1762-1770, 6 vol. Reprint : Éd. de Paris, Desaint et Saillant, (ISBN 3262000450).
  11. a, b et c Robert Bailly, op. cit., p. 71.
  12. a, b et c Robert Bailly, op. cit., p. 86.
  13. a et b Robert Bailly, op. cit., p. 114.
  14. Les olives de Vaucluse, sur le site bibdigital
  15. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1798.
  16. Eugène Raspail : description des étages géologiques du terroir de Gigondas à l'intérieur des Dentelles de Montmirail
  17. La climatologie du Vaucluse
  18. Relevés météorologiques d'Orange, (Vaucluse), de 1961 à 1990
  19. a et b Source : Services techniques d'Inter Rhône Données météorologiques concernant le millésimes 2006
  20. La normale correspond à la moyenne des 53 dernières années pour les relevés météorologiques d'Orange et à celle des 42 dernières pour Carpentras (Sources : Services techniques d'Inter Rhône).
  21. Pierre Charnay, op. cit., p. 172.
  22. Pierre Charnay, op. cit., p. 175.
  23. Pierre Charnay, op. cit., p. 176.
  24. Accord fromages/gigondas rouge sur le site lafdv.fr
  25. Présentation de l'AOC Gigondas
  26. Liste des producteurs de l'AOC Gigondas
  27. a, b et c Les exigences de la charte de qualité d'Inter Rhône
  28. Charte de qualité des caveaux de dégustation de la vallée du Rhône
  29. Les exigences de la charte de qualité d'Inter Rhône : Accueil de service
  30. Les exigences de la charte de qualité d'Inter Rhône : Accueil d'excellence

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Le Roy de Boiseaumarié, Histoire de l'appellation Côtes du Rhône, Éd. Reflets Méditerranées, Avignon, 1978.
  • Robert Bailly, Histoire du vin en Vaucluse. Domaines viticoles historiques, Éd. F. Orta, Avignon, 1972.
  • Pierre Charnay, Vignobles et vins des Côtes-du-Rhône, Éd. Aubanel, Avignon, 1985.
  • Robert W. Mayberry, Wines of the Rhône Valley, a guide to origins, Rowman & Littlefield Publishers, Totawa, New Jersey, U.S.A. , 1987.
  • Guy Jacquemont et Patrick Galant, Le Grand Livre des Côtes-du-Rhône, Éd. du Chêne, Paris, 1988.
  • Vilmin Richard d'Allègre, Gigondas, un grand vin de France, Gannat, 1989.
  • Charles Pomerol, sous la direction de, Terroirs et vins de France. Itinéraires œnologiques et géologiques, Éd. du BRGM, Orléans, 1990.
  • Jean-Pierre Saltarelli, Vallée du Rhône : de l’appellation à la notion de cru, Vins magazine, n° 41, décembre 2001, janvier-février 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]