Koutoubia

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Koutoubia
Image illustrative de l'article Koutoubia
Présentation
Nom local مسجد الكتبية
Culte Musulman
Type Mosquée
Début de la construction 1120
Fin des travaux 1196
Style dominant Almohade
Géographie
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Marrakech-Tensift-El-Haouz
Commune Marrakech
Coordonnées 31° 37′ 28″ N 7° 59′ 35″ O / 31.62444, -7.9930631° 37′ 28″ Nord 7° 59′ 35″ Ouest / 31.62444, -7.99306  

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Koutoubia

La mosquée Koutoubia (arabe : الكتبية [kutubiyah]) est un édifice religieux édifié au XIIe siècle à Marrakech (Maroc) et représentatif de l'art des Almohades.

Histoire[modifier | modifier le code]

La mosquée Koutoubia, ou mosquée des libraires, fut débutée sous la dynastie berbère des Almoravides en 1120, mais fut profondément remaniée à partir de 1162 sous l'émir Almohade Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, et devint l'un des édifices les plus caractéristiques de ce style. Son nom vient du fait qu'elle se situait dans le souk des marchands de manuscrits.

Architecture[modifier | modifier le code]

La mosquée des libraires s'organise sur un plan en T. Cette tradition existe depuis la construction de la mosquée de Kairouan au IXe siècle, et se retrouve également en Espagne. Il s'agit en fait d'un plan arabe hypostyle[1], c’est-à-dire comportant une grande cour entourée d'un portique et une salle de prière à colonnes. Les nefs sont perpendiculaires au mur de qibla, celle du centre étant plus large ; et la travée qui longe le mur qibli est également magnifiée, ce qui forme un T, d'où le nom. Le mihrab est traité comme une niche très profonde, et le minaret, haut de 69 m, est de section carrée, selon la tradition de l'occident musulman.

Ses 17 nefs, soutenues par de nombreux piliers blancs, abritent l'une des plus vastes salles de prière de l'Occident musulman (90 × 60 m) pouvant accueillir jusqu'à vingt mille fidèles. Le bâtiment a été restauré dans l'esprit du monument original en 1990, sous l'autorité du ministère de la Culture marocain.

Décor[modifier | modifier le code]

La dynastie Almohade, qui adhérait au rite malikite, patronnait une architecture assez austère, reflétant un certain ascétisme. La mosquée Koutoubia ne fait pas exception : sa sobriété se remarque par son dépouillement. Les arcs employés peuvent être outrepassés ou polylobés, mais restent nus.

Le minaret est plus tardif (achèvement en 1196), et plus décoré : on remarque notamment un important travail d'arcs entrelacés (sebka). Il est surmonté de trois boules de cuivre doré qui symboliseraient les trois mosquées de l'Islam Kaaba (Mecque), Médine, et Al Qods. Il servit, entre autres, de modèle pour la Giralda de Séville.

Le décor extérieur du minaret est différent sur les quatre faces : peinture sur enduit à ornements floraux et épigraphiques, réseau d'entrelacs en relief où s'intercalent les peintures, bandeau de faïences à filet blanc sur fond turquoise, arcatures parfois entremêlées. Il est construit en grès schisteux originaire des carrières du Guéliz. Admirablement proportionné : 12,80 de côté pour 69 de hauteur avec le lanternon (77 m jusqu'à la pointe de la flèche), avec un mur extérieur de 2,50 m. Au centre de la tour, un noyau extérieur abrite six salles superposées. Autour de celle-ci, une rampe en pente douce mène au chemin de ronde. La plate-forme est entourée d'une chemin de ronde protégé par une balustrade dentelée de merlons. Le lanternon, haut de 16 m, apparaît comme un second minaret posé sur le premier. Il est surmonté d'une tige de métal à laquelle sont fixées quatre boules dorées de taille décroissante, la plus grosse ayant 6 m de diamètre. Elles sont faites de plaques de cuivre doré rivées entre elles.

Mobilier[modifier | modifier le code]

La mosquée des libraires conserve un magnifique minbar datant de 1137, fait à Cordoue pour une autre mosquée. Comme la plupart de ceux d'occident, il est mobile (sur roues), composé de différentes essences de bois mais sans ivoire. La facture du décor, extrêmement fin, en ajourements, aurait pris sept ans. Il présente notamment de petits arcs collés les uns aux autres qui marquent les emmarchements, et un goût de la polychromie y est notable.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « [...] pendant près d'un millénaire, aucune mosquée qui ne fût pas de plan arabe n'a été construite [au Maghreb]». Encyclopédie de l'Islam, article « masdjid »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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