Toucouleurs

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Toucouleurs

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Alpha Sega, interprète toucouleur et ses sœurs (Mission Borgnis-Desbordes au Soudan en 1882)

Populations significatives par région
Population totale env.
Autres
Langues

Peul

Religions

Islam

Ethnies liées

Peuls, Sérères, Wolofs

Les Toucouleurs sont une population de langue peule en Afrique de l'Ouest, vivant principalement dans le nord du Sénégal (où ils représentent 26 % de la population, dans la vallée du fleuve Sénégal), en Mauritanie et au Mali.

Même s'ils sont souvent présentés comme un groupe ethnique, il ne s'agit pas, selon l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, d'une ethnie, mais plutôt « d'un ensemble culturel assez homogène (islamisé et foulaphone, c'est-à-dire parlant peul) »[1].

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe de très nombreuses variantes : Foutanké, Foutankoré, Futankobé, Futatoro, Futa Toro, Haalpulaaren, Haal Pulaaren, Haalpulaar, Haal Pulaar, Halpular, Hal Pular, Pulaar, Takruri, Tekarir, Tekrourien, Tekrour, Tekruri, Tokolor, Tokoror, Torado, Torodo, Toucouler, Toucouleurs, Tuculeur, Tukri, Tukuler, Tukuleur, Tukuloor, Tukulor, Turkylor[2].

Le nom « Toucouleur » est la déformation du mot Tekrour, le nom d'origine du royaume qu'ils ont fondés, le Tekrour. Dans ce nom « Toucouleur », cette population a trouvé un statut juridique territorial et une identité stable, donnés par l'administration coloniale française de la fin du XIXe siècle. Ils se définissent Haalpulaar'en (ceux qui parlent le pulaar) et Foutankobé (ceux qui habitent le Fouta).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire toucouleur.

Les recherches du scientifique Cheikh Anta Diop et d'autres ont montré que les Toucouleurs étaient originaires de la vallée du Nil. Ils sont eux-mêmes à l'origine de l'ancien royaume du Tekrour. Leur nom français est une déformation du nom de ce royaume.

Femmes toucouleures du Boundou (gravure de 1890)

Les Toucouleurs, qui sont un rameau des Peuls, qui ont cohabité auprès des Sérères, mais ils ont aussi vécu auprès d'autres ethnies : Wolofs, Soninkés, Maures, etc. Les Toucouleurs ont créé l'État du Fouta-Toro avec les Peuls, ainsi que le royaume du Boundou au Sénégal. On trouve également quelques familles Toucouleur au Fouta-Djalon. Les Toucouleurs étaient présents au Cayor – un royaume wolof –, dans la province du Ndiambour, au Baol, et au Saloum où ils sont arrivés par vagues successives en partant du Fouta-Toro, au milieu du XVe siècle, sous la conduite de Ali Elibana Sall, puis à la fin du XVIIIe siècle.

El Hadj Oumar Tall a fondé un empire toucouleur au XIXe siècle sur une partie de l'actuel Mali. De religion traditionnelle à l'origine, les Toucouleurs ont été convertis par les commerçants musulmans arabo-berbères, venus commercer avec l'empire du Wagadou, au XIe siècle, et les Maures. Les Toucouleurs ont plus tard participé à la guerre sainte que les Almoravides menaient contre l'empire du Ghana. Avec leur prosélytisme religieux, les Toucouleurs allaient figurer par la suite parmi les plus grands propagateurs de l'islam en Afrique de l'Ouest, par le biais du djihad. Au Fouta-Toro, les Toucouleurs commencèrent leur prise de pouvoir à partir de l'année 1776, qui marque le début de la révolution torodo, avec les marabouts Souleymane Baal et Abdoul Kader Kane, tous deux formés au Cayor. Abdoul Kader connut une grande défaite militaire à Bankhoye en allant combattre les troupes wolofs Tiédos dirigés par le damel (roi) du Cayor, Amary Ngoné Sobel Fall, allié au brack (roi) du Waalo, Fara Peinda Tégue Rella Mbodj. Il fut retenu captif à sa cour pendant de nombreux mois avant d'être relâché. Abdul Kader, considéré comme le premier almamy (roi) du Fouta-Toro, délivrera cet État du joug des Maures, qui razziaient les villages du Fouta, à la recherche d'esclaves.

Au milieu du XIXe siècle, Maba Diakhou Bâ, de père toucouleur et de mère wolof, originaire du Royaume du Saloum, sous les recommandations de El Hadji Oumar Tall, mena une guerre sainte au Saloum, et réussit à en annexer quelques provinces. Il prit par la suite le titre d'almamy du Rip, sa province d'origine, où il renomma la capitale du Rip en Nioro du Rip. Il meurt en allant combattre les Sérères du Royaume du Sine, dirigés par le Bour Sine, Maat Sine Coumba Ndofféne Famak Diouf.

Population[modifier | modifier le code]

Proches des Peuls, ils se différencient d'eux surtout par leur sédentarité. Les Toucouleurs sont tous musulmans. Ils sont à l'origine de l'islamisation du Sénégal. La langue parlée est le peul du Fouta-Toro. Ils se nomment eux-mêmes Haalpulaaren, ce qui signifie « Ceux qui parlent le pulaar », la langue peul. Leur langue présente toutefois de légères différences avec d'autres dialectes de la langue peul.

Adhérant en grande majorité à 99,99 % à l'islam, la religion est d'autant plus un facteur d'unité de ce peuple d'identités diverses.

Mêmes si les méthodologies ont été différentes, plusieurs enquêtes permettent de tenter une évaluation du nombre de Toucouleurs au Sénégal. En 1921, un recensement en dénombre 1 946 657[3], soit 14,22 % de la population totale. Pour 1948, un annuaire de l'AOF estime leur nombre à 2 994 500, soit 19,90 %[4]. Des statistiques de 1960 portent leur nombre à 3 422 000[5], soit 19,6 %. Au recensement de 1976, les Toucouleurs sont 5 523 990[6], soit 25,6 %. Lors de celui de 1988 ils ne sont pas décomptés séparément, mais réunis aux Peuls et aux Laobés (Haalpulaaren) pour former un groupe de 7 572 510 personnes[7], soit 47,2 %.

Les castes[modifier | modifier le code]

La maison « dite » des Toucouleurs à Bandiagara au Mali

De type patriarcal, la société toucouleure est très fortement hiérarchisée en douze castes réparties en trois classes.

♦La classe des nobles, appelée RimBes, (Dimo au singulier), constituée par :

  • Les Jaawanbe (Jaawando au singulier) sont fortement apparentés au fulbe avec qui ils s'entremarient très souvent. Parmi les Jaawanbe on retrouvent d'éminents marabouts tels que Thierno Siddick Daff fondateur de Kanel (Sénégal), Thierno Abdoul Karim Daff de Seno Paalel (légendaire pour avoir décliné le titre de premier Almamy du Fouta), des conseillers de Rois et Almamys tel que Boureima Kalilou du temps de Cheikhou Ahmadou au Macina, et d'illustres intellectuels et commerçants tels que le Docteur Pharmacien et Investissuer Elhadji Mamadou Ndiade de Thilogne, le Professeur Hamady Bocoum, directeur de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire. Ils portent les patronymes Bocoum, Saam, Basum, Daff, Ndjim, Lah, Baccily, Koita, et Niane.
  • Les Toorobbe (Torodo au singulier. Définition Torotodo : mendiant ,demandeur ou Torotodo celui qui récite le Coran souvent. Ils venaient du Fouta Toro, représentent la religion. Dans le Fouta-toro ancien, l'almamy de Diama (Mosquée); ils sont issus de la classe moyenne, ils sont variés. On trouve chez eux des membres des groupes sociaux inferieurs anoblis par le Coran. Souleymane Baal ou Souleymane Baal, Peulh reconverti en Torodo qui fut à l'origine de la chute de la dynastie Tengella et à l'établissement de l'Almamyat du Fouta Toro. L'illustre Elhadji Umar Fuutiyu Taal est aussi Torodo.
  • Les Sebbe (Ceddo au sing.), qui sont des guerriers d'origines diverses, pour certains descendants des soldats Koli Tenguella, les Deniankobé. Ils sont chargés de l'administration et de la défense. Il y a plusieurs catégories de sebbes, mais il n'y a pas de hiérarchie entre elles. Ils étaient aussi chasseurs, et agriculteurs en temps de paix. Ils étaient à l'origine au plus haut dans la hiérarchie, c'est après la prise du pouvoir par les torodo en 1776, qu'ils ont régressé. Malgré cela, ils étaient très indépendants et redoutés des torodo qui n'ont jamais pu leur imposer une véritable domination. Les Sebbes étaient connus pour leur fierté et leur intrépidité, ils n'avaient nulle peur de la mort. Belliqueux ils intervenaient dans la plupart des conflits. À l'époque de l'Empire du Djolof, le Buurba Jolof Tyukuli Ndiklam dirigeant de l'empire, installa des gouverneurs farba, pour son compte, tous d'origine Sebbe, au fouta-toro passé sous domination du Djolof. Koly Tenguella Ba et son groupe Denianke, délivra le Fouta-Toro de l'emprise du Djolof, et les Sebbe gardèrent leur rôle. De religion traditionnelle à l'origine, ils ont selon les uns, été convertis à l'islam de façon pacifique, à une époque où cette religion gagnait de plus en plus d'adeptes. Mais il semblerait qu'ils se soient tournés vers l'islam, pour des raisons politiques, à une époque où le Fouta-Toro était sous le joug des Maures, afin de se concilier ceux-ci. Ils pratiquaient toutefois un islam très superficiel. Ils sont les plus anciens habitants du Tékrour / fouta. Voir Tiedos.
  • Toujours dans la classe des nobles, on note les Subalbes, Cuballo au singulier, qui sont des guerriers et des pêcheurs. Le chef des subalbe porte le titre de diagodin, teen. Au fouta-toro, ce sont eux qui contrôlaient le trafic du fleuve. En temps de guerre, ils constituaient aussi de puissantes flottes guerrières. Ils portent souvent les patronymes, Sarr, Diaw, Faye, Maal, Diouf, Diol, Dieye. Ils nouent des alliances avec les sebbe, avec qui ils ont beaucoup en commun.

♦La classe des NyenyBe, équivalent des Nyenyo des pays wolofs. Ils se distinguent des nobles de par leurs métiers, soit artisans ou laudateurs, ils sont d'origine variée, et de nombreux interdits les touchent, pratiquant l'endogamie stricte; il n'y a pas de véritable hiérarchie entre eux, chaque catégorie a ses croyances et ses rites, liées au métier. Ils sont divisés selon leur métier : il existe à l'intérieur de ces castes des sous-castes:

  • Les Wayilbe (Baylo au singulier), les artisans du fer, les forgerons et les bijoutiers. D'origines diverses, en particuliers peulhs et mandingues. Dans cette caste, les patronymes Mbow, Thiam et Kanté sont fréquents. Les forgerons bénéficiaient à l'époque du Tekrour de grands privilèges. La première dynastie du Tekrour, les Dia-ogo, étaient de grands forgerons. Leur prestige diminua au fil des siècles, jusqu'à être marginalisés, craints et frappés de nombreux interdits. Parmi les wayilbe, certains devinrent de grands marabouts.
Article détaillé : Laobés.
  • Les Laobés, artisans du bois, sont également d'origines diverses, mais les véritables Laobés sont d'origine peulh et portent souvent les patronymes Sow et Dioum, ceux de la légende peulh des trois frères Dicko expliquant l'origine des Laobés. Ils sont très indépendants, à tel point qu'on les considère souvent comme une ethnie distincte. Ils sont aussi nomades en ce qui concerne les Laobes worworbe qui pour certains voyagent avec les Peulhs dans leur transhumance pour leur fournir des matériaux. Ce sont ces Laobés que l'on retrouve chez les Wolofs et les Sérères où ils constituent également dans leur société la caste des artisans du bois.
  • Les Maabube, Maabo au singulier : la classe des tisserands, ici les noms Guissé, Sangott et Tall sont les plus fréquents. Tous tisserands à l'origine, certains d'entre eux sont devenus des Maabube jaawambe, spécialistes de la généalogie de Jaawambe ou Maabube saadu paate, spécialistes de celle des Subalbe.
  • Les Sakeebee (Sakke au singulier) : la classe des travailleurs du cuir est considérée comme authentique sakeebe les Beye et Gakou. Ceux détenant les secrets liés à cette caste dont on considère qu'ils en sont les initiateurs.
  • Les Buurnabe (Burnaajo au singulier) : la classe des potiers et des céramistes, le nom Wade est très présent ici. Ils sont tous originaires du Waalo, et sont enfaite d'anciens guerriers devenus artisants et laudateurs.
  • Les Waambaabe (Bambado au singulier) : qui représentent les guitaristes, les musiciens, spécialistes des chants épiques et guerriers. À la guerre, ce sont les porte-étendards. On les retrouve dans la légende des trois frères Dicko. Quelques Laobes, Wayilbe, et Maabube sont devenus Bambado, ce qui explique la présence de nom Guissé ou chez eux, entre autres.
  • Enfin, les Awlube (Gawlo au singulier) : les griots, qui clôturent la classe des Nyenybe. La plupart des Gawlo halpulaar. Ils portent les noms Mboum, Mbaye, Samb, Seck, Dieng, [Diop).

♦Les Maccube, Jyaabe ou Kordo représentent la caste des captifs. Ils se situent au plus bas dans la hiérarchie. Ils proviennent de toutes origines. On distingue les Jyaabe sottiibe représentant les captifs affranchis, et les Jyaabe haalfabe qui eux sont demeurés captifs. La servitude qu'ils ont connue n'existe plus.

Malgré leurs origines diverses, ils parlent tous le pulaar, et d'ailleurs seuls leurs patronymes indiquent leur origine ethnique. Cependant ils se reconnaissent tous comme Toucouleurs, toutes castes confondues.

Culture[modifier | modifier le code]

Entre les Toucouleurs et les Sérères, il existe un lien de cousinage, qu'on appelle la parenté à plaisanterie. Ce lien qui unit les deux ethnies leur permet de se critiquer, mais les oblige aussi à l'entraide, au respect mutuel. Les Haalpulaaren appellent ce cousinage le dendiraagal ou jongu. Ce lien existe aussi entre les noms claniques ou patronymes. Les classes d'âge concernaient surtout les enfants et les adolescents.

Les Toucouleurs sont reconnaissables grâce à leur chapeau conique, que les Sérères, Diolas et Peuls portent aussi. Traditionnellement, les hommes se rasaient le crâne et laissaient pousser leur barbe qu'ils taillaient en pointe. Certains se tressaient les cheveux et il y avait une multitudes de coiffures. Les femmes se coiffaient à la manière des femmes wolofs, des coiffures très complexes, et portaient toujours un léger voile par dessus la tête. Les Toucouleurs pratiquent encore de nos jours la scarification. Souvent ils se font deux incisions sur les tempes, autant les hommes que les femmes. Il y avait aussi le tatouage des lèvres pour les femmes, que les femmes de sakeebe, caste des travailleurs du cuir, pratiquaient. L'excision des femmes est une pratique que les Toucouleurs partagent avec les Mandingues au Sénégal, au Mali et en Mauritanie, mais avec les dispositifs de lutte contre cette pratique, elle se fait de moins en moins.

Le yela est un chant d'origine haalpulaar.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Les Toucouleurs étant un peuple regroupant des groupes ethniques variés, on trouve parmi eux la plupart des patronymes sénégalais :

Les études des chercheurs tels que Cheikh Anta Diop, le professeur Saïdou Kane, démontrent que les patronymes Hane, Athie, Kane, Ly, Sy, appartiennent à la souche Tékrouri (Toucouleur), Cependant bon nombre de clans maures, se sont alliés à ces familles, raison pour laquelle des familles Kane, Hane, ly, Sy, revendiquent des origines maures. Les Aw, Tall, Baal, Thiello, Bousso, Yock, Maal, Lô, Wane, Wone, sont purement toucouleurs (Tekrouri). Il existe encore plusieurs dizaines d'autres noms. Le nom Thiam, porté par des familles peules et toucouleurs au Sénégal et au Mali, l'est aussi par de nombreuses familles Wolofs castées. Cela est dû aux migrations toucouleurs en pays wolof.

Les noms Dia, Diallo, Lam, Diol, Ka, Sow, Barr, Ndongo, Ba, Niane, Sall, Wele, Déme, Ngaido, Thiongane, sont d'origine peul, on y trouve la souche Tékrouri aussi Fulbe, portés par des Toucouleurs. Ces familles peules étaient regroupées dans une multitude de groupes et de sous-groupes, appelés Leeyi ou KinDe, tels les UrurBe, WodaaBe, WalwaalBe, Jaawbe, etc. Chacun de ces groupes marquait ses particularités, liées à sa provenance géographique (Fouta-Toro, Diara, Macina, Diafunu, Tagant, Ferlo, etc.), à ses Ardo, chef du groupe ou du lignage, ceux ayant conservé la religion traditionnelle et ceux ayant adhéré à l'islam, ceux étant nomades ou bien sédentaire. Les Peuls nomades, quels que soient leurs groupes ou lignages, étaient régis par une éthique nommée pulaaku, que tout Peul se devait de respecter. Le socle de base du pulaaku, était avant tout le mode de vie nomade et l'activité pastorale. Dans la société toucouleur, les individus considérés comme étant des Peuls sont avant toute chose ceux dont l'élevage est le métier. Un éleveur, quelle que soit son origine, sera toujours qualifié de pullo (peulh).

Les Toucouleurs portant les noms Ndiaye, Diop, Dieng, Fall, Diouf, Mbodji, Seck, sont d'origine wolof ou sérère, et très souvent du groupe Sebbe/Ceddo, Subalbé, ou Gawlo. Beaucoup descendent des Farba wolofs ayant dominé le Fouta-Toro durant l'empire Djolof. Les Sérères sont parmi les plus anciens habitants du Fouta-Toro.

Les Toucouleurs portant des noms soninkés/mandingues (Camara, Touré, Cissé), et maures (Aïdara), viennent souvent de familles maraboutiques musulmanes. Les ToroBe sont issus des groupes ethniques qui composent la société toucouleur ou Halpulaar'en.

Mis à part la souche Tekrouri, les autres Toucouleurs sont un ensemble de maures, sérères, peuls, wolofs, mandingues etc. Ils parlent pulaar et sont presque tous musulmans. Également au fil des siècles, de nombreuses familles peules se sont intégrées à cet ensemble culturel et se définissent aujourd'hui comme toucouleures.

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Traditionnellement et toutes castes confondues, les Toucouleurs pratiquent en général l'agriculture (mil, sorgho, melon, niébé, oignons) et l'élevage de bovins, ovins, volaille, chevaux. Ils ont créé la race chevaline foutanké, née d'un croisement entre un mbayar[8], race locale du Sénégal, en particulier des pays wolofs, sérères, et un naru-gor, « cheval du fleuve », descendant des races barbes[9] et pur sang arabe. Les jeunes enfants toucouleurs apprenaient très tôt à monter à cheval, en vue de la guerre.

Les souverains du Fouta-Toro et leurs liens avec la traite orientale et occidentale[modifier | modifier le code]

Les Rois du Fouta du haut fleuve Sénégal étaient souvent les principaux vassaux des négriers arabes de Mauritanie dès le XIIIe siècle. À de très nombreuses reprises, sous le joug des Arabes ou des Maures, les rois du Fouta-Toro leur ont payé un tribut, très souvent constitué d'esclaves Foutankobés. C'est à grand peine que les Foutankobés réussirent à mettre un terme aux razzias des Arabo-berbères au XIXe siècle.

Il en fut de même avec l'arrivée des Européens à partir du XVIIIe siècle ou les almamys étaient les principaux vassaux des colons occidentaux basés dans le comptoirs de Saint-Louis du Sénégal. Les almamys, divisés en clans nommés Jagoordo, étaient souvent liés aux commerçants européens par des liens de vassalité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Toucouleurs : peuple d'Afrique occidentale, vivant surtout au Sénégal et en Guinée (ancien royaume du Fouta Toro). Il ne s'agit pas d'une ethnie, mais d'un ensemble culturel assez homogène (islamisé et foulaphone, c'est-à-dire parlant peul) », Amadou Hampâté Bâ, « Vie et Enseignement de Tierno Bokar : Le Sage de Bandiagara », 1957
  2. Source RAMEAU, BnF [1]
  3. Chiffres d'Iba Der Thiam cités par Makhtar Diouf, Sénégal. Les ethnies et la nation, NEAS, Dakar, 1998, p. 26
  4. Annuaire statistique de l'AOF, volume IV, tome I, p. 57, cité par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 26
  5. Démographie Africaine, novembre-décembre 1986, chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 27
  6. Démographie Africaine, mars-avril 1987, chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 27
  7. Chiffres cités par M. Diouf, Les ethnies et la nation, op. cit., p. 28
  8. J. P. Dehoux, A. Dieng (École Nationale Supérieure d'Agriculture, Thiès (Sénégal) et A. Buldgen, « Le cheval Mbayar dans la partie centrale du bassin arachidier sénégalais », Bulletin d'Information sur les Ressources Génétiques Animales (FAO/PNUE), 1996, n° 20, p. 35-54
  9. La race barbe [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Seynabou Cissé-Male, « L’émigration Toucouleur en Casamance : Exemple de trois villages de Balantacounda », Dakar, Université de Dakar, 1984, 72 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Babacar Coulibaly, « L’armée toucouleur, du Jihad omarien à la fin de l’Empire », Dakar, Université de Dakar, 1978, 180 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Abdoulaye Bara Diop, « L’Immigration Toucouleur à Dakar (enquête 1958-1959) », Dakar, Université de Dakar, 1962, 98 p. (Mémoire de Maîtrise géographie)
  • (fr) Abdoulaye Bara Diop, « Société toucouleur et migration (enquête sur l’immigration toucouleur à Dakar) », Dakar, IFAN-Univ. de Dakar, 1964, 309 p. (Thèse de 3e cycle, éditée en 1965)
  • (fr) Bassirou Diop, « Le rôle joué par les marabouts toucouleurs dans l’islamisation du Sénégal », Dakar, Université de Dakar, 1983 (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Cheikh Anta Diop, Nations nègres et culture, Éditions africaines, 1955 (nombreuses rééditions, dont Présence africaine, 2000, 564 p. (ISBN 978-2708706880)
  • (fr) Oumar Kane, La première hégémonie peule : le Fuuta Tooro de Koli Teŋella à Almaami Abdul, Karthala, Presses universitaires de Dakar, 2004, 672 p. (ISBN 2-84586-521-x)
  • (fr) Gérard Kisyeti, « Recherches sur le commerce dans l’empire toucouleur : 1860-1890 », Dakar, Université de Dakar, 1980, 147 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Boubacar Ly, « L’honneur et les valeurs morales dans les sociétés ouolof et toucouleur du Sénégal. Étude de sociologie », Paris, Université de Paris I, 2 vol., 1966, 574 p. (Thèse de 3e cycle)
  • (fr) Yves Jean Saint-Martin, « L’empire toucouleur et la France. Un demi-siècle de relations diplomatiques (1846-1893) », Dakar, Univ. de Dakar, 1967, 482 p. (Thèse de 3e cycle publiée en 1968, Dakar, Publications FLSH, no 11)
  • (fr) Adama Yaya Sow, « Approche socio-historique de l’éducation en milieu toucouleur », Dakar, Université de Dakar, 1984, 180 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Yaya Wane, « Les Toucouleurs du Fouta Tooro (Sénégal). Stratification sociale et structure familiale », Dakar-IFAN-CNRS, 1966, 369 p. (Thèse de 3e cycle, publiée en 1969 dans Initiations et Études Africaines no 25)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]