Sénégal (fleuve)

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15° 47′ 17″ N 16° 31′ 44″ O / 15.78806, -16.52889 ()

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Sénégal
À Saint-Louis-du-Sénégal.
À Saint-Louis-du-Sénégal.
Carte du bassin versant du fleuve Sénégal
Carte du bassin versant du fleuve Sénégal
Caractéristiques
Longueur 1 790 km
Bassin 337 000 km2
Bassin collecteur Sénégal
Débit moyen 640 m3/s
Régime pluvial tropical
Cours
Embouchure l'océan Atlantique
Géographie
Pays traversés Drapeau de la Guinée Guinée
Drapeau du Mali Mali
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Sénégal Sénégal
« Cours du Sénégal, 1889 »

Le Sénégal est un fleuve d'Afrique occidentale au régime tropical, long de 1 790 km, qui prend sa source en Guinée à 750 m d'altitude. Il arrose le Mali, puis la Mauritanie et le Sénégal, tout en servant de frontière entre ces deux pays, avant de se jeter dans l'océan Atlantique à Saint-Louis.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Sénégal se forme en fait à Bafoulabé au Mali par la confluence de deux rivières qui descendent du massif du Fouta-Djalon, le Bafing et le Bakoye (grossi du Baoulé). Le Bafing, qui apporte la moitié des eaux du fleuve est ainsi considéré comme la branche mère.

Il reçoit sur sa rive gauche la Falémé, qui est son principal et dernier affluent significatif et forme la frontière entre le Mali et le Sénégal, et sur sa rive droite la Colimbiné, le Karakoro, le Ghorfa et le Gorgol, rivières moins importantes, voire insignifiantes.

Le bassin versant couvre environ 337 000 km² et s'étend sur quatre États. On distingue trois régions différenciées : le haut bassin jusqu'à Bakel (ville du Sénégal, non loin de la frontière malienne), la vallée de Bakel à Saint-Louis (816 km) et le delta.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fleuve a été exploité pour ses ressources halieutiques, pour son eau, et pour les déplacements en pirogue, depuis des millénaires probablement.

Pour les Européens, Dakar sera un port commercial important et le fleuve jouera sera un axe important pour la traite des esclaves puis celle des billes de bois tropicaux. C'est sur les bords du fleuve que les navires arabes et occidentaux de bois, puis les cargos viennent chercher les équipes d'ouvriers qui jouent là le rôle des dockers, souvent très modestement payés.

Avant cela, le Sénégal est un fleuve que les géographes du XVIIIe siècle appelaient encore la Nigritie, localisé par les marins français de l'époque (cités par Jean-Baptiste Gaby, supérieur du couvent de l'observance de Saint-François de Loches lors d'un voyage qu'il effectue en 1689), au sud des terres de « Barbarie ». Le fleuve est encore assez mal connu et mal cartographié [1]

Régime - Débits[modifier | modifier le code]

Son régime est très irrégulier et dépend entièrement des pluies de mousson. Le bassin du fleuve appartient en effet en bonne partie à la région du Sahel africain et bénéficie de ce fait d'un climat semi-aride avec des précipitations irrégulières comprises entre 300 et 1 000 mm/an. Seule la partie méridionale de son bassin correspondant à son cours supérieur bénéficie d'un climat tropical humide et reçoit de ce fait des précipitations plus abondantes comprises entre 1 000 et 2 000 mm/an et un peu mieux réparties dans l'année. Le débit moyen inter annuel ou module du fleuve est de 640 m³/s à son embouchure mais il peut varier de 3 m³/s en période d'étiage à 5 000 m³/s par forte crue. Les périodes de hautes eaux se situent de juillet à novembre et les périodes d'étiage de mars à juin. Pendant les périodes de très grande sècheresse, la faiblesse du débit permet parfois le franchissement du fleuve à gué.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Dagana
(données calculées sur la période 1903-1974[2])

Navigabilité[modifier | modifier le code]

Baignade dans le fleuve aux environs de Kanel

Il est normalement navigable en toute saison sur 175 km, de son embouchure jusqu'à Podor et en période de hautes eaux, environ trois mois par an, jusqu'à Kayes, à 975 km de l'embouchure.

Mise en valeur[modifier | modifier le code]

Le fleuve au niveau du village de Dramané (Mali, région de Kayes)
Le fleuve Sénégal vu par le satellite Spot

Depuis 1972, les États riverains du fleuve Sénégal (Mali, Mauritanie et Sénégal) se sont organisés au sein de l'OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal) pour mettre en valeur le bassin du fleuve et exploiter rationnellement ses ressources (énergie, navigation, irrigation,...) dans le cadre d'une gestion intégrée des ressources en eau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gregory C. Woodsworth, Irrigation Agriculture in the Senegal River Basin, Carleton University (Ottawa), 1987 (M.A.)
  • Claire Bernard, Les aménagements du bassin fleuve Sénégal pendant la colonisation française (1850-1960), ANRT, 1996, (ISBN 2284000770)
  • K. I. Beziukov, Atlas nautique du fleuve Sénégal. Tome I. Embouchure. Port de Boghé, Paris, 1971, OERS (Organisation des États riverains du Sénégal)/PNUD, 1971, 14 p. (une mise à jour de l'ouvrage de E. Fromaget de 1908, voir ci-dessous)
  • Pierre Biarnès, « Fleuve Sénégal : un pas en avant », Revue française d'études politiques africaines (Dakar), n° 28, avril 1968, p. 13-15 (création de l'OERS)
  • Sylvie Bredeloup, La Diams'pora du fleuve Sénégal : sociologie des migrations africaines, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2007, 300 p.
  • E. Fromaget, Colonie du Sénégal - Direction des Travaux Publics - Instructions nautiques du Fleuve Sénégal d'après les travaux de la mission de balisage 1906-1907-1908, Bordeaux, Imprimerie G. Gounouilhou, 1908, 125 p. + cartes
  • Pierre Hubert, Jean-Claude Bader et Hocine Bendjoudi, « Un siècle de débits annuels du fleuve Sénégal », Hydrological Sciences Journal, 2007, vol. 52, n° 1, p. 68-73
  • Philippe Lavigne Delville, La Rizière et la valise. Irrigation, migration et stratégies paysannes dans la vallée du fleuve Sénégal, Paris, Syros, 1991, 232 p. (ISBN 2-86738-686-1)
  • Nouredinne Ghali, La Vallée du Sénégal selon Al-Bakrî et Al Idrîsî, Paris, université de Paris-I, 1979 (mémoire de maîtrise).
  • Maya Leroy, Gestion stratégique des écosystèmes du fleuve Sénégal : actions et inactions publiques internationales, Paris, L'Harmattan, 623 p. (ISBN 2296017649)
  • Mahamadou Maiga, Le Bassin du fleuve Sénégal - De la traite négrière au développement sous-régional autocentré, Paris, L’Harmattan, 1995, 330 p. (ISBN 2738430937)
  • Richard Marcoux, Émigration et capacité de rétention des unités villageoises de la vallée du fleuve Sénégal, université de Montréal, 1987 (M. Sc.)
  • Massaer N’Dir, Possibilités de mécanisation agricole dans le delta du fleuve Sénégal, Université Laval, 1986 (M. Sc.)
  • Ibrahima Seck, La vallée du Sénégal dans la géographie d’Al-Bakri et celle d’Al-Idrisi (étude comparative), Dakar, Université de Dakar, 1984, 71 p. (mémoire de maîtrise)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Paysan du fleuve, film documentaire réalisé par Jean-Michel Destang (et al.), SAED, Dakar ; ORSTOM audiovisuel, Bondy, 1997, 26' (VHS)
  • Fleuve Sénégal : les eaux du partage, film de Isàbel Santos, Marcel Dalaise (et al.), Cité des sciences et de l'industrie, Paris ; Institut de recherche pour le développement, Bondy, 1999, 52' (VHS)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Jean-Baptiste Gaby, supérieur du couvent de l'observance de Saint-François de Loches (1689), « Relation de la Nigritie, contenant une exacte description de ses Royaumes & de leurs Gouvernements, la Religion, les Moeurs, Coustumes & raretez de ce Païs. Avec la découverte de la Rivière du Senega, dont on a fait une Carte particulière » ; Ed: E. Couterot, 92 pages (livre numérisé par Google)
  2. Le Sénégal à Dagana