Algrange

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Algrange
Église catholique Saint-Jean-Baptiste
Église catholique Saint-Jean-Baptiste
Blason de Algrange
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Thionville-Ouest
Canton Algrange (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Val de Fensch
Maire
Mandat
Patrick Péron
2014-2020
Code postal 57440
Code commune 57012
Démographie
Population
municipale
6 464 hab. (2011)
Densité 929 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 36″ N 6° 02′ 56″ E / 49.36, 6.048949° 21′ 36″ Nord 6° 02′ 56″ Est / 49.36, 6.0489  
Altitude Min. 221 m – Max. 405 m
Superficie 6,96 km2
Localisation

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Algrange est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Algrange se trouve sur la rive gauche de la Moselle, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Thionville. Elle est limitée au sud par les communes de Nilvange et de Knutange, tandis qu'à l'est et à l'ouest, elle est bordée de deux plateaux dont un avec pelouse calcaire. Le village est installé dans une vallée étroite qui s'étire sur quatre kilomètres de long et qui est parcourue par la Stimbach, un petit affluent de la Fensch. Le fond de la vallée se trouve à une altitude qui avoisine les 250 mètres, alors que le point culminant situé sur le plateau atteint les 395 mètres.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Algrange: Alkerengis et Alkeringas en 875, Alkeringis (1139), Algerenge (1205-1206), Alkringes (1239), Algringes (1293), Alcrange (1323), Algringen (1347 et 1605), Allgringen (1596 et 1762), Ollegrange (1685), Olgrange (1762), Allegrange (1793). Algringen en allemand[1]. Oolgréngen et Algréngen en francique lorrain.
  • Batzenthal: Bacendal (1147), Batzendall (1622), Batzendail (1650), Balsandal (1685), Batzandal (1686), Batzental (1692), Ballendal (1708), Batzeler (XVIIIe siècle).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1817, Algrange, village de l’ancienne province des Trois-Évêchés avait pour annexe la ferme de Batzenthal. À cette époque, il y avait 228 habitants répartis dans 52 maisons et fermes.

Le moulin de Gourstal, donné en 1205 par Wirric, seigneur de Vallecour, à l’abbaye de Justemont.

Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Algrange est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. La première ligne de chemin de fer est ouverte le 1er juin 1882, suivi de peu par le premier bureau de poste, ouvert le 10 janvier 1884. L'hôpital des mines et forges est ouvert le 30 septembre 1899. Algrange connaît une période de prospérité au début du XXe siècle, grâce à ses quatre principales mines de fer (une dizaine de puits ouverts) et à l'usine Hütte Friede (S.M.K.) en partie sur le ban communal.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tombèrent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres. Sujets loyaux de l'Empereur, les Mosellans accueillent cependant avec joie la fin des hostilités et la paix, enfin retrouvée. Algringen redevient Algrange.

Algrange fut l'une des trois premières municipalités de Moselle, avec Hagondange et Amnéville, à être dirigée par un maire communiste, en 1923. Le Front populaire et les grèves de 1936 touchèrent la population algrangeoise. Les mines et la S.M.K. cessèrent alors leurs activités, les ouvriers étant en grève, comme dans le reste de la France.

La Seconde Guerre mondiale et le drame de l'Annexion marqueront longtemps les esprits. Beaucoup de jeunes gens incorporés de force dans les armées allemandes ne revinrent jamais. La commune sera libérée dès le 10 septembre 1944[2] grâce à la IIIe armée de Patton.

Dans le Républicain Lorrain daté du 17 août 1961, on pouvait lire qu'avec l'extension du Batzenthal, la ferme construite en 1726 serait appelée à disparaître, pour permettre l'extension du nouveau quartier résidentiel d'Algrange.

Une ligne de chemin de fer, qui desservait Algrange à partir de Hayange, a été fermée aux voyageurs le 31 août 1944, et aux marchandises vers 1974.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1796 1808 Pierre Weber    
1808 juillet 1812 Pierre Gille    
juillet 1812 janvier 1831 Jean Frantz   maire d’Angevillers
février 1831 août 1833 Jean-Pierre Greten   maire d’Angevillers
9 août 1833 janvier 1842 Louis Muller    
4 février 1842 octobre 1848 François Freichein   installé le 8 février 1842
8 octobre 1848 avril 1853 Jean Gille le jeune   installé le 16 novembre 1848
13 mai 1853 juillet 1860 Antoine Weber   installé le 22 mai 1853
14 juillet 1860 juillet 1865 Nicolas Weber   cultivateur, installé le 15 août 1860
7 septembre 1865 octobre 1871 Jean Pirche   agriculteur, installé le 17 décembre 1865
30 juillet 1871 décembre 1881 Louis Renard   tisserand, installé le 17 décembre 1871
10 janvier 1882 août 1886 Jean Gille   agriculteur, installé le 15 janvier 1882
22 août 1886 1891 Nicolas Hoffmann   menuisier
1891 juin 1895 M. Rauch    
5 juin 1895 1900 Joseph Kill   boucher
1900 janvier 1910 Pierre Wiltzer   maire fonctionnaire
19 janvier 1910 novembre 1918 Paul Frey   maire de carrière
28 novembre 1918 décembre 1919 Luc Florange Républicain président de la délégation municipale d’Algrange
10 décembre 1919 septembre 1922 François Dorville Socialiste  
25 mars 1923 mai 1925 Victor Haberkorn PCF  
17 mai 1925 juin 1940 Louis Kopp Socialiste  
juin 1940 10 septembre 1944 Regneri    
17 septembre 1944 septembre 1945 Nicolas Gille   président de la délégation municipale d’Algrange
29 septembre 1945 Mars 1977 Frédéric Schultz Républicain  
25 mars 1977 juin 1995 Henriette Simonetto PCF conseillère générale du canton d'Algrange (1992-1998)
18 juin 1995 mars 2001 Gilbert Schmitt PCF  
17 mars 2001 mars 2008 Roland Ruscher sans étiquette  
22 mars 2008 en cours Patrick Peron PCF  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 6 464 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1836 1841 1861 1866 1871 1875
264 200 217 334 341 357 335 367 364
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
404 1 151 1 943 2 382 5 230 7 575 9 475 6 947 9 528
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
10 175 7 953 7 877 8 417 9 163 8 658 7 658 6 767 6 325
1999 2006 2008 2011 - - - - -
6 198 6 326 6 360 6 464 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École de garçons puis de filles rue Clemenceau
  • Maison de la Sainte-Famille
  • L.E.P.T. Saint-Vincent-de-Paul
  • École maternelle La Lorraine
  • École de la Mairie
  • Écoles de la rue Wilson
  • École du Chemin des dames
  • École maternelle rue de Londres
  • C.E.S. Évariste Galois
  • École du Batzenthal

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Vestiges préhistoriques et antiques.
  • Façades néo-Renaissances et néo-gothiques datant de l'Annexion.
  • Fresque monumentale de Greg Gawra à la gloire des quatre mines et de ses travailleurs : le plus grand mur peint avec le plus grand nombre de personnages ayant existé.
  • Monument aux morts.
  • Stèle des mineurs des quatre mines.
  • Pierre dite des Croates, 1650.
  • Autel datant de 1754 à la chapelle.

Friches industrielles des sites sidérurgiques et miniers:

  • mine Burbach à Algrange
  • mine Röchling et ensuite d'Angevillers
  • mine Pennsbrunn et ensuite de Rochonvillers
  • mines Witten I et II
  • mine Moltke puis Sainte-Barbe et en dernier La Paix
  • usine Hutte Friede Kneuttigen puis Société Métallurgique de Knutange (SMK) et Société Mosellane de Knutange (SMS)au 3/4 sur le ban d'Algrange

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église catholique Saint-Jean-Baptiste, néo-gothique, 1892.
  • Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue ; installée en 1920, destinée aux nombreux mineurs immigrés, italiens et polonais ; aménagée définitivement en lieu de culte en 1934
  • Temple protestant réformé, rue Foch construit entre 1890 et 1891.
  • Église néo-apostolique, 1961, rue de Bous.
  • Grotte Notre-Dame-de-Lourdes, 1951.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Adolf Wagner (1890-1944), Gauleiter et membre de haut rang du NSDAP, né en 1890 à Algrange.
  • Josef Wagner (1899-1945), Gauleiter et membre de haut rang du NSDAP[5], né en 1899 à Algrange.
  • Alain Pelosato, né en 1946 à Algrange, écrivain et éditeur français.
  • Christian Eckert, homme politique français, né en 1956 à Algrange.
  • Claude Bodziuch, footballeur français, né en 1957 à Algrange.
  • Michel Liebgott, homme politique français, né en 1958 à Algrange.
  • Philippe Hinschberger, joueur et entraîneur de football français, né en 1959 à Algrange.
  • Gilbert Gruss, karatéka français, ancien champion de France et d'Europe, du monde par équipe, entraineur de l'équipe de France, né en 1943 à Algrange.
  • Baptiste Butto, handballeur français, né en 1987 à Algrange.
  • Aurélien Salmon, joueur de basket-ball français, né en 1987 à Algrange.

Héraldique[modifier | modifier le code]

De gueules au marteau d'argent chargé d'un dragon contourné d'or, les ailes éployées en fasce et la queue tortillée autour du marteau.

Le blason d'Algrange[6]. Le marteau est l'emblème du mineur et du forgeron sur un fond rouge symbolisant l'industrie métallurgique. Le dragon, emblème de feu, provenant des armes de l'abbaye Saint-Vanne de Verdun rappelle qu'une partie des terres d'Algrange était une ancienne possession de ce monastère.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anciens algrangeois, Algringen zum Gedächtnis, juillet 1938, 136 p.
  • Denis Germain, Burbach, quartier minier d’Algrange, mémoire de maîtrise de l’université de Metz, 1973.
  • Vincent Gori, Algrange d’une guerre à l’autre 1918-1939, mémoire de maîtrise de l’université de Nancy, 1991, 240 p.
  • Roland Sebben, Algrange : cité aux quatre mines, Éditions Fensch Vallée, mars 1997, 346 p. (ISBN 2-908196-23-9).
  • Roland Sebben, Retour à la France de la vallée de la Fensch, Partie Algrange, Éditions Fensch Vallée, octobre 1998, 156 p. (ISBN 2-908196-32-8).
  • Roland Sebben, Algrange : cité du fer, Éditions Alan Sutton, août 2002, 128 p. (ISBN 978-2842537821).
  • Ernest Niessen, Elle avait bonne mine… la mine d’Angevillers, Éditions Fensch Vallée, septembre 2008, 284 p. (ISBN 978-2-916782-18-8).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  2. 1944-1945, Les années Liberté, Le Républicain Lorrain, Metz, 1994 (p.14).
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  5. Biographie sur historisches-centrum.de
  6. Armoiries et logo de la ville