Champigneulles

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Champigneulles
Église Saint-Epvre.
Église Saint-Epvre.
Blason de Champigneulles
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Nancy
Canton Pompey
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin de Pompey
Maire
Mandat
Claude Hartmann
2008 - 2014
Code postal 54250
Code commune 54115
Démographie
Population
municipale
6 886 hab. (2011)
Densité 287 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 44′ 03″ N 6° 09′ 55″ E / 48.7341666667, 6.16527777778 ()48° 44′ 03″ Nord 6° 09′ 55″ Est / 48.7341666667, 6.16527777778 ()  
Altitude Min. 186 m – Max. 364 m
Superficie 23,99 km2
Localisation

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Champigneulles
Liens
Site web champigneulles.fr

Champigneulles est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Lorraine, célèbre pour sa brasserie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Champigneulles est située dans la vallée de la Meurthe à quatre kilomètres au nord de Nancy sur l'ancienne route nationale 57.

Communes limitrophes de Champigneulles
Liverdun Frouard
Bouxières-aux-Dames
Lay-Saint-Christophe
Velaine-en-Haye Champigneulles Malzéville
Maron Laxou Maxéville

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Le nom du village est attesté sous les formes : Villa nuncupata Champeigneules (v. 940)[a 1],[1] ; – Amalwinus de Campeniulis (v. 1070)[a 2] ; – Ecclesia apud Campaniolas (1130)[a 3] ; – In Champegneulle (1156)[a 4] ; – Molendinum de Campagneio de novo constructum (1188)[a 5] ; – Campaneola (1192)[a 6] ; – Campinoles (1196)[a 7] ; – Finis de Champigneulle (1206)[a 8] ; – Champeignola (1225)[a 9] ; – Champegnueles (1349)[a 10] ; – Champignolæ (1386)[a 11] ; – Champegneulle (1420)[a 12] ; – Champegnelle (1424)[a 12] ; – Champegneulles (1492)[a 13] ; – Champgneulles (1526)[a 12] ; – Champigneul (1594)[a 14] ; – Champigneulle (1600)[a 12].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom est issu du bas latin campineola qui signifie[2],[3],[4] « petite campagne, dans le sens de champ ou terre fertile » [4] ou, d'après Ernest Nègre, « petite étendue de plaine », étant composé du bas latin campania « vaste plaine » et du suffixe diminutif féminin singulier -eola (ensuite au pluriel)[5]. Ce genre de formation toponymique est médiéval.

Homonymie avec les nombreux Champigneulles, Champagnolles, Champignolles, Campagnolles, Campigneulles, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fouilles ont révélé des traces de peuplement dès la Préhistoire (deux stations néolithiques sont signalées)[4].

Des vestiges gallo-romains furent trouvés en 1869 dans le secteur de Noirval, notamment une stèle du dieu Mars[6]. Par ailleurs, le site d'une villa gallo-romaine fit l'objet, en 1969/1970, d'une fouille de sauvetage au lieu-dit Au Sarrasin. On y découvrit notamment une cave contenant un dépôt d'objets en bronze, plus ou moins cassés, qui étaient sans doute destinés à la fonte (dont une statue de Dionysos)[7].

Une population dispersée dans le vallon de Bellefontaine forma progressivement un hameau, nommé Saint-Barthélémy, relié à Bouxières-aux-Dames[4].

D'après Henri Lepage, le village de Champigneulles était autrefois un franc-alleu qu'une dame, nommée Hérisende (Hersende), avait donné à saint Gauzelin, évêque de Toul, lequel en fit don à son tour, en 935, à l'abbaye de Bouxières-aux-Dames, qu'il venait de fonder[2]. Le même auteur indique dans un autre ouvrage que c'est le comte Alborfe (ou Albolfe[8] ou Albolfus[9]), qui donna au monastère de Saint-Arnoul, vers 940, sa ville de Champigneulles[10], composée de « l'église avec le ban, tant en manses qu'en maisons, terres cultes et incultes, prés, champs, moulins, etc. »[3]. Cette apparente contradiction n'en est peut-être pas une[11].

En 1130, Henri de Lorraine, évêque de Toul, confirma à Bertram, abbé de Saint-Arnoul, et au prieur de Lay-Saint-Christophe, la possession des trois églises de Saint-Christophe, de Saint-Epvre de Champigneulles et de Saint-Barthelémy, situées en un vallon dans les bois de Haye[3],[2]. Cette église de Saint-Barthélemy et le village du même nom n'existent plus, l'église ayant subsisté avec un ermitage jusque après 1636, mais qui furent l'un et l'autre détruits par les guerres dans les décennies qui suivirent[12],[3],[2].

En 1156, les dîmes du village de Champigneulles, avec celles de Frouard, furent données à l'abbaye de Bouxières par le duc Mathieu de Lorraine[2], et, en 1206, le duc Ferry donna à celle-ci le droit de vaine pâture dans tout le ban de Champigneulles et de Frouard[3]. En 1225, le duc Mathieu II donna une partie de la forêt de Haye à l'église de Toul par un acte où le village de Champigneulles était appelé « Champeignole »[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de Champigneulles depuis 1793
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
710 653 638 682 742 863 951 959 1 020
1856 1861 1866 1872 1875 1880 1885 1890 1895
1 062 1 237 - 1 528 2 041 2 350 2 573 2 872 3 088
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 378 3 544 4 283 4 125 4 531 5 070 5 310 5 006 5 417
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 -
5 854 5 484 5 992 7 919 7 541 7 167 6 765 6 769 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; 2006 : population municipale légale.
(Sources : Base Cassini de l'EHESS jusqu'en 1962[13], base Insee à partir de 1968[14],[15],[16].)


Courbe d'évolution démographique de Champigneulles depuis 1793

Administration[modifier | modifier le code]

En 2010, la commune de Champigneulles a été récompensée par le label « Ville Internet @@@ »[17].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1968 1989 Charles Kaufmann MRG  
1989 2001 Jean-Marie Uhlrich PS  
2001 en cours Claude Hartmann UMP puis UDI  
Les données manquantes sont à compléter.

Économie[modifier | modifier le code]

Brasserie de Champigneulles[modifier | modifier le code]

Fronton de la Brasserie de Champigneulles par Alfred Finot.
Bière de Champigneulles.

La légende de Saint-Arnoul veut qu'il se soit arrêté à Champigneulles (sur le site des Brasseries).

Champigneulles est célèbre pour sa brasserie qui a été fondée le 20 juin 1897 par Anton/Antoine Trampitsch, immigré d'origine slovène de la Carinthie en Autriche actuelle et par son compagnon Victor Hinzelin[18]. Celle-ci a longtemps été le plus important site de production de la Société Européenne de Brasserie (S.E.B) qui comptait plus de vingt sites de production en France. La bière Champigneulles est connue pour avoir notamment parrainé le tour de France cycliste avec comme slogan "La reine des bière parraine la Petite Reine".

En 1987, la S.E.B fusionne avec les Brasseries Kronenbourg au sein du groupe BSN (futur groupe Danone). La brasserie de Champigneulles sera par la suite le lieu de production des bières Kanterbräu, Gold, Tourtel et Grimbergen. En 2006, les Brasseries Kronenbourg, face au recul persistant du marché français de la bière et au déclin des bières d'entrée de gamme auxquelles se rattache la Kanterbräu, regroupent leur production sur le site d'Obernai et cèdent le site à Frankfurter Brauhaus, brasseur allemand localisé à Francfort-sur-l'Oder[19]. Cette mesure se traduit alors par de fortes réductions d'emploi mais préserve une activité brassicole à Champigneulles.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château bas.
le château de haut, actuellement la Mairie masquant l'église.
  • Enceinte préhistorique de la Fourasse, datant de la préhistoire et de l'âge du fer, classée monument historique[20].
  • Forêt de Haye : Champigneulles bénéficie des richesses de la nature toute proche qui offre un site idéal à la pratique de la course à pied ou du VTT.
  • Château de Bas : il fut construit en 1711[21] par François Christophe Le Prud'Homme, comte de Fontenoy, seigneur de Champigneulle en partie[22]. Ce dernier était héritier de la famille de Mengin qui possédait déjà en 1525 à Champigneulles le domaine de la Grande Maison[3], et était elle-même héritière de la famille de Rémerville, déjà seigneur de Champigneulles au XVe siècle. Voltaire voulut acheter ce château en 1758 mais cela lui fut refusé[4]. Autour du château de Bas ail y a actuellement un parc public, une école élémentaire et une salle d'activités intergénérationnels sur l'emplacement du moulin.
  • Château de Haut : c'était une maison forte au Moyen Âge qui fut transformée en château par la suite. On ne sait pas de quand date exactement le bâtiment actuel mais il est flanqué de deux tourelles du XVIe siècle[23]. Au XVIIIe siècle, le château et son immense parc étaient devenus la possession de Claude-Charles de Malvoisin, époux de Marie-Elizabeth Collignon, petite-fille de Georges Collignon, conseiller d'État, seigneur de Silly, de Champigneulles en partie, etc., qui avait acheté en 1628 au duc de Lorraine les rentes et revenus de Champigneulles, Frouard, Faulx et Malleloy[3]. Le parc fut vendu en 1924 et transformé en lotissement, tandis que le château fut racheté par la municipalité, en 1931, et est depuis lors la mairie de Champigneulles[24].
  • Le Bâtiment Administratif des Brasseries, rasé fin 2009[25] malgré un intérêt architectural certain, notamment des sculptures d'Alfred Finot[26].

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Epvre. S'il ne reste rien de l'église du Moyen Âge, l'édifice actuel est tout de même vieux de près de 400 ans, la première travée du chœur datant de 1618, tandis que la nef date de 1774[27].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Élise Fischer, née le 13 juillet 1948 à Champigneulles, femme de lettres lorraine, journaliste et romancière, ayant écrit plusieurs romans dont l'histoire se situe dans la ville de Champigneulles et ses alentours.
  • Fernande Volral, résistante belge de la Seconde Guerre mondiale, exécutée à Wolfenbüttel en 1944.

Saint Arnoul, patron des Brasseurs[modifier | modifier le code]

Et cy est Champigneulles en iceluy ban, qui est à Dieu et à Saint-Arnou

D'après la légende, Champigneulles est située à l'endroit même où se produisit le miracle de saint Arnoul né vers 580 à Lay-Saint-Christophe. En l'an 641, des pèlerins transportent par la voie romaine les reliques de saint Arnoul du Saint-Mont de Remiremont dans les Vosges à Metz, ville dont il fut évêque en 612 avant de se retirer en ermite dans la forêt vosgienne jusqu'à sa mort en 640. Le 18 juillet, le cortège s'arrête à Champigneulles, exténué, à court de vivres et de cervoise. Un des pèlerins en quête de cervoise implore : « À présent il est temps que le Bienheureux Arnoul vienne, en cette nuit, calmer notre ardente soif : sa puissante intercession nous procurera ce qui nous manque. » Aussitôt, la cervoise se mit à couler à flot d'un cruchon à tel point que tous les pèlerins s'abreuvèrent et qu'il en resta abondamment pour le lendemain.

Article détaillé : Arnoul de Metz.

Astronomie[modifier | modifier le code]

L'astéroïde (18634) Champigneulles, découvert en 1998, a été ainsi baptisé en l'honneur de la commune[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le latin « Villa nuncupata ... » signifie en français « villa appelée ... ».
  2. a, b, c, d et e Henri Lepage, Le département de La Meurthe: statistique historique et administrative, volume 2, chez Peiffer, Nancy, 1843, article Champigneules, p. 104-105 (version html de cet article).
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Henri Lepage, Les communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département, volume 1, Nancy, 1853, article Champigneulles, p. 220-223.
  4. a, b, c, d et e Champigneulles, un cité vieille de 5000 ans..., sur le site de la ville de Champigneulles.
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, paragraphe 5202.
  6. Chez vous à Champigneulles, n°5, juin 2003, article Un site historique peu connu dans l'étonnant passé du val de Bellefontaine., p. 8.
  7. « Quid, article Champigneulles » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  8. Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, tome 9, 1844, p. 104
  9. Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, volume 29, 1879, p. 98-99.
  10. villam nuncupatam Champeigneules
  11. Par exemple la dénommée Hérisende peut avoir fait le don en commun avec le comte Albolfe, dont elle était peut-être la femme ou une parente, et/ou il y avait peut-être plusieurs parties de Champigneulles qui ont été données séparément.
  12. Henri Lepage, Les communes de la Meurthe, journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département, volume 2, Nancy, 1853, article Saint-Barthélémy, p. 445
  13. « Notice communale de Champigneulles », sur la base Cassini (consulté le 1er janvier 2012)
  14. « Résultats du recensement de la population - Champigneulles », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  15. « Recensement de la population au 1er janvier 2006 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  16. « Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er janvier 2012)
  17. Palmarès 2010 des Villes Internet sur le site officiel de l'association. Consulté le 18/12/2009.
  18. www.champigneulles.fr/tourisme/la-brasserie
  19. Brasserie de Champigneulles, entité intégrée au groupe allemand TCB
  20. L'enceinte préhistorique de la Fourasse dans l'inventaire général du patrimoine culturel français.
  21. Parc de Champigneulles.
  22. Le Château de Bas sur le site de la mairie de Champigneulles.
  23. Voir photos sur D'hier à aujourd'hui, l'évolution du paysage urbain, Le Château du Haut (Mairie), sur le site LEs paysages de Meurthe-et-Moselle.
  24. Le Château de Haut (Hôtel de Ville), sur le site de la ville de Champigneulles.
  25. http://www.lorrainedecoeur.com/2009/07/brasseries-en-danger-la-fin
  26. http://www.lorrainedecoeur.com/2009/01/brasseries-en-danger
  27. L'Église St-Epvre, sur le site de la ville de Champigneulles.
  28. Dictionary of Minor Planet Names p.954, Lutz D. Schmadel


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Charte du prieuré de Lay-Saint-Christophe.
  2. Collection Moreau, t. XXX, 1° 78, Manuscrit, Bibliothèque impériale, à Paris.
  3. Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, par Dom Augustin Calmet, 1re édition, 1728 (notice BnF), t. II, preuves 392.
  4. ibid., preuves 349.
  5. ibid, preuves 401.
  6. Histoire générale de Metz, par des religieux bénédictins, 1775 et années suivantes, preuves 155.
  7. Charte de l'abbaye de Clairlieu.
  8. Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, par Dom Augustin Calmet, 1re édition, 1728 (notice BnF), t. II, preuves 417.
  9. ibid, preuves 426.
  10. Charte de la cure de Dombasle : archives de la Meurthe.
  11. Charte de l'abbaye de Belchamp.
  12. a, b, c et d Titres du couvent des Dominicains de Nancy, aux archives de la Meurthe.
  13. Trésor des Chartes de Lorraine, cote B. 7612.
  14. Dénombrement de la Lorraine, par Thierry Alix, président de la Chambre des Comptes, 1594.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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