Moyeuvre-Grande

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Moyeuvre-Grande
Vue de Moyeuvre
Vue de Moyeuvre
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Thionville-Ouest
Canton Moyeuvre-Grande (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Orne-Moselle
Maire
Mandat
René Drouin
2014-2020
Code postal 57250
Code commune 57491
Démographie
Gentilé Moyeuvriens
Population
municipale
7 969 hab. (2011)
Densité 831 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 15′ 12″ N 6° 02′ 47″ E / 49.2533333333, 6.04638888889 ()49° 15′ 12″ Nord 6° 02′ 47″ Est / 49.2533333333, 6.04638888889 ()  
Altitude Min. 168 m – Max. 330 m
Superficie 9,59 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-moyeuvre-grande.fr

Moyeuvre-Grande (allemand : Großmövern) est une commune française située à la confluence de l’Orne et du Conroy en Moselle. Ses habitants sont appelés les Moyeuvriens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ancienne école Joliot-Curie de Froidcul.

La ville est constituée de deux entités géographiquement distinctes :

  • la ville essentiellement en fond de vallée
  • Froidcul (aussi appelé Sainte-Ségolène, ce qui est une erreur car c'est en fait le nom de l'église) sur le plateau.

Dépassant 15 000 habitants durant les années 1960, la commune de Moyeuvre-Grande compte désormais moins de 9 000 habitants à la suite de la crise de la sidérurgie lorraine.

Les coteaux et les plateaux environnants constituent un important un cadre naturel pour la commune sur laquelle s’étend un massif forestier important (forêt domaniale de Moyeuvre).

Altitude : Moyeuvre-centre 175 m ; Froidcul 304 m.

Le quartier de Froidcul[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Froidcul.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Anciens noms et orthographe de Moyeuvre-Grande[1]: – Modover (871) ; – Moebrium (Xe siècle) ; – Moeuvre (1251) ; - Moweurs (1277) ; – Moieuvres (1279) ; – Moyouvre (1290) ; – La Grande-Moyeuvre (1321) ; – Moeuvre-la-Grande (1329) ; – Moieuvre (1335) ; – Moieubre (1360) ; – Moiewre (1513) ; – Moyeuvre-aux-Bois (1635) ; – Moyeuvre-la-Grande (1779) ; – Grossmoyeuvre (1870) ; – Grossmoevre (1917) ; – Moevern (1940) ; – Moyeuvre-Grande (1944).
  • Grous-Moder et Grooss-Moderen en francique lorrain. Moyeuf en lorrain roman.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cimetière allemand de la guerre 1870-1871 sépulture de 46 prussiens
Tombes de l'ancien "camp russe" dans la fôret de Moyeuvre.

Village du Duché de Bar cité en 871 dans une charte de l’abbaye de Gorze. De 1285 à 1560, les comtes puis ducs de Bar y possédaient des forges. L’origine des forges remonte au XIIIe siècle. Citée industrielle dès le XVIIe siècle. Propriétaires des forges : Gauvin de Germiny, Fabert en 1624, Bourdelois en 1729 et De Wendel en 1811.

Le village est incendié par les Messins en 1345 et 1429 et détruit pendant la guerre de Trente Ans.

En 1817, Moyeuvre, « village de l’ancienne province du Barrois au confluent de l’Orne et du Conroy » avait pour annexes le village de Moyeuvre-Petite, les trois fermes de Froidcul, les fermes de Corba et Tréhèmont et le moulin de la Frapouille. À cette époque, le village comptait 1 165 habitants répartis dans 185 maisons.

À l'instar des autres communes de l'actuelle Moselle, Moyeuvre-Grande est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Moyeuvre-Grande devient "Grossmoyeuvre", puis "Grossmövern". À cette époque, Moyeuvre-Grande est un bourg frontalier, à la limite de l'Allemagne et de la France, proche de Joeuf qui, restée française, est devenue meurthe-et-mosellane.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les soldats Mosellans sont incorporés de force dans l'armée allemande.Pour éviter les désertions, de nombreux soldats sont envoyés sur le front russe. Les Mosellans accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix retrouvée. En 1918, Grossmoyeuvre redevient Moyeuvre-Grande.

La Seconde Guerre mondiale et le drame de l'Annexion marqueront longtemps les esprits. Le 1er décembre 1940, les cantons de Moyeuvre-Grande (en allemand Großmövern) et de Mondelange (Mondelingen) de l'arrondissement de Thionville (Diedenhofen) sont rattachés à l'arrondissement de Metz (Landkreis Metz). La commune, administrativement rattachée au Gau Westmark, sera libérée dès le 6 septembre 1944[2], échappant ainsi aux derniers bombardements américains.

Une histoire de fer[modifier | modifier le code]

Depuis la nuit des temps, le travail du fer a donné de l’ouvrage aux habitants de la vallée de l’Orne. Aux époques romaines et mérovingiennes, des traces d’activité métallurgique sont mises en évidence dans la contrée.

En 1323, le comte Édouard Ier de Bar fait construire, près de la confluence de l’Orne et du Conroy, une forge hydraulique, la plus ancienne forge de ce type connue de la France actuelle. Au XVIIe siècle, la forge de Moyeuvre est la plus importante d’Europe. Après une très longue et tumultueuse histoire, les forges de Moyeuvre, devenues une immense installation industrielle, fermeront en 1970 (hauts-fourneaux, laminoirs, etc.). La dernière mine de fer en exploitation de France, située à Moyeuvre-Grande, sera close en 1993.

Mines[modifier | modifier le code]

Mine de Moyeuvre[modifier | modifier le code]

  • 1565 : ouverture par le mineur Barbas et son équipe sur le versant sud du Tréhémont.
  • 1633 à 1660 : fermeture due à la guerre de Trente ans.
  • 1660 à 1811 : faillite des repreneurs due à de mauvaises méthodes d’exploitation.
  • 1811 : achat par François de Wendel.
  • 1883 : mort par asphyxie de 15 mineurs due aux émanations de benzol de la locomotive qui les menait au fond.
  • 1895 : fusion de Moyeuvre-Grande et Froidcul
  • 1905 : les chevaux sont remplacés par les machines.
  • 1914 : la guerre et le départ des Italiens font baisser la production.
  • 1916 : les prisonniers russes sont utilisés comme main d’œuvre.
  • 1919 à 1921 : les nombreux immigrés italiens et polonais sont embauchés.
  • 1923 : fusion de Moyeuvre-Grande et Moyeuvre-Petite et devient de Wendel
  • 1936 : nombreux licenciements dus à la crise économique.
  • 1940 : les Allemands reprennent la mine.
  • 1941 : Hermann Göring en devient propriétaire.
  • 1942 : les prisonniers russes sont utilisés comme main d’œuvre.
  • 1944 : de Wendel récupère la mine après le départ des Allemands.
  • 1968 : devient Société Wendel-Sidélor.
  • 1968 : travaux sur le site du Pérotin.
  • 1969 : fusion de Moyeuvre et Joeuf.
  • 1969 : ouverture du carreau du Pérotin.
  • 1974 : devient Société Sacilor.
  • 1978 : devient Lormines.
  • 1993 : arrêt de l’exploitation.
  • 1995 : fermeture définitive.

Sidérurgie[modifier | modifier le code]

L’existence des forges de Moyeuvre remonte à des temps anciens. C’est en 1811 que François de Wendel les rachète. Sept hauts-fourneaux sont successivement mis à feu à l’usine de Moyeuvre à la fin du XIXe siècle, puis un huitième en 1901 et le 8bis en 1921. Il n’est fait que très rarement mention du haut-fourneau no 4 dont la durée de vie a été très courte (1879-1893/94). En 1927, huit hauts-fourneaux sont en activité. Le HF2, arrêté pour reconstruction en novembre 1935, ne sera pas reconstruit. Le HF6 est arrêté en 1944. En 1956, les six hauts-fourneaux en activité produisent 425 000 tonnes de fonte. Ces hauts-fourneaux vont connaître des réfections successives que les archives nous permettent de bien cerner. Le HF5 est arrêté en décembre 1957, puis le HF8 en octobre 1963. Les années 1968-1969 marquent l’arrêt des derniers hauts-fourneaux.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Gare de Moyeuvre.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1887 1892 Francois Benoît    
1918 1919 Auguste Leroy    
1919 1937 Lucien François    
1937 1940 Louis Sacrez    
1944 1945 René Dantlo    
1945 1947 Anna Schell PCF  
1947 mars 1959 Georges Eugène Dahlem    
mars 1959 mars 1983 César Depiétri PCF Député - Conseiller général du Canton de Moyeuvre-Grande

(1964-1982)

mars 1983 en cours René Drouin PS Ancien député

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 7 969 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
964 1 003 1 027 1 596 1 398 1 578 2 536 3 195 3 084
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
3 409 3 723 5 013 5 441 6 322 8 792 9 425 9 555 9 199
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
10 397 12 276 11 067 10 163 10 707 15 146 14 568 12 523 10 287
1990 1999 2005 2006 2010 2011 - - -
9 203 8 994 8 325 8 264 7 939 7 969 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Château de Moyeuvre, des seigneurs de Bettainvillers, bâti en 1598 par Louis Pierron de Bettainvillers, achevé en 1616 comme l’indique le frontispice du portail, restauré XIXe siècle ; croisées Renaissance, cheminées XVIIe siècle, chapelle castrale.
  • tour des anciennes fortifications rue Foch, cachée par les habitations.
  • moulin de Frapouille.
  • loup sculpté en saillie d’une façade de la rue de la Taye, à l’endroit où le dernier a été tué en 1627.
  • croix de chemin du XVIIe au XVIIIe siècles.
  • cités ouvrières, XIXe-XXe siècles.
  • logement ouvrier à Froidcul : de la cité minière du début du XXe siècle « Castors » et « plans-courants » des années 1950, les HLM des années 1960 partiellement détruites.
  • Cimetière israélite, route de Joeuf construit en 1912.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • église néogothique Saint-Gorgon ; la première pierre fut posée le 18 avril 1886, inauguration le 17 septembre 1887 : son Christ de pitié du XVIe siècle.
  • temple protestant réformé, rue Clémenceau la première pierre fut posée le 25 août 1895, inauguration le 16 mai 1897.
  • ancienne église de 1752, construite sur l’ancienne en bois, actuellement école du centre rue Foch.
  • chapelle de Sainte-Ségolène, quartier de Froidcul, inauguration le 6 avril 1930.
  • chapelle Marie-Reine-de-l'Univers du Tréhémont.
  • ancienne chapelle des italiens rue Fabert.
  • chapelle de cimetière.
  • église évangélique de l'Arc-en-Ciel rue de la Marne.

Histoire du château[modifier | modifier le code]

Vers 1560, la famille Pierron de Bettainvillers s’était rendue acquéreur de l’une des deux seigneuries de Moyeuvre, celle de la Grande Cour détenue par l’abbaye Saint-Symphorien de Metz, en même temps qu’elle devenait amodiatrice de la forge ducale de Moyeuvre fondée au début du XIVe siècle par Édouard Ier de Bar.

C’est sans doute à partir de 1598 que Jean Pierron de Bettainvillers fit construire le château, pour servir de siège à la seigneurie, avec son fils Louis qui s’y installa dès 1599, au moment de son mariage avec Marguerite François, fille de Simon François, seigneur d’Auboué et de Saulcy. Mais le château ne fut vraisemblablement terminé qu’en 1616, selon la date inscrite sur le fronton de la porte. À la mort de Louis de Bettainvillers en 1644, le château passa à son fils Jean, puis en 1685 à son petit-fils Gury-Dieudonné.

La fille de ce dernier, Anne-Dorothée de Bettainvillers de Mensberg, qui avait épousé en 1711 Claude-Alexandre de Pons, marquis de Rennepont, séjourna au château jusque vers 1730, puis la famille quitta Moyeuvre pour Roches-sur-Rognon (Haute-Marne) aujourd’hui Roches-Bettaincourt, héritage paternel du marquis de Rennepont.

Le château fut alors loué de 1733 à 1805 et dès 1740 c’est la famille Cochard de Moyeuvre qui en devenait fermier. En 1805, les frères Cochard s’en rendirent acquéreurs et le possédèrent jusqu’en 1873, date à laquelle la partie ouest du château fut vendue à la société de Wendel qui y installa en 1884 une infirmerie, avant de pouvoir racheter en 1904 la totalité du bâtiment pour le transformer en 1907 en hôpital de ses forges et mines de Moyeuvre.

Personnalités nées dans la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle-rédigé en 1868.
  2. 1944-1945, Les années Liberté, Le Républicain Lorrain, Metz, 1994 (p.14)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011