Église néo-apostolique

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Église néo-apostolique de Metz, France
Église néo-apostolique à Metz

L'Église néo-apostolique (ENA) est une Église chrétienne issue en 1863 de l'Église catholique-apostolique. Ses dirigeants sont appelés apôtres[1]. En 2012, l'Église néo-apostolique est représentée dans plus de 200 pays et compte environ dix millions de membres[2]. Elle est la quatrième Église chrétienne en Allemagne[3].

Doctrine[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique professe l'imminence du retour de Jésus-Christ comme il est écrit dans Jean 14, dans 1 Corinthiens 15:51-58, dans Philippiens 3:20-21 et dans l'Apocalypse. Les apôtres actuels ont pour tâche, comme les premiers apôtres, d'annoncer l'Évangile dans le monde entier et de préparer l'Église pour le retour de Jésus-Christ.

Confession de foi[modifier | modifier le code]

La confession de foi de l'Église néo-apostolique[4] comporte dix articles dont les trois premiers reprennent globalement le Symbole des Apôtres. Les autres articles sont propres à l'Église néo-apostolique et complètent et interprètent les deux symboles de l'Église ancienne dans le domaine des ministères sacerdotaux, des sacrements, de l'eschatologie et des relations du croyant avec les autorités temporelles.

Sacrements[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique connaît trois sacrements : le Saint-Scellé, le Saint baptême d'eau et la Sainte-Cène[5].

  • Le Saint-Scellé ou dispensation de l'Esprit Saint est réalisé par l'imposition des mains et la prière d'un apôtre de l'Église[6].
  • Le Saint baptême d'eau est dispensé par aspertion d'eau consacrée en dessinant trois croix sur le front du baptisé et par l'imposition des mains du prêtre, au nom de la Trinité divine.
  • La Sainte-Cène est la distribution d'une hostie par le prêtre au moment de l'Eucharistie.

Au sein de l'Église néo-apostolique, le Baptême et le Saint-Scellé sont donc deux sacrements distincts, bien que complémentaires.

Catéchisme[modifier | modifier le code]

Depuis décembre 2012 l'Église néo-apostolique est dotée d'un catéchisme qui reprend et approfondit les notions développées dans des écrits plus anciens comme l'ouvrage "Questions et réponses concernant la foi néo-apostolique". Ce catéchisme a pour but d'être une référence pour la vie de foi néo-apostolique[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1860, Heinrich Geyer (18181896) et Friedrich Wilhelm Schwartz (18151895) sont exclus de Église catholique apostolique pour avoir voulu nommer six nouveaux apôtres en remplacement de ceux qui étaient déjà morts. Ils fondent en 1865 la Mission chrétienne apostolique universelle qui se sépare en deux groupes après une dissension entre Geyer et Schwartz. Le groupe de Geyer disparait peu après la mort de celui-ci.

Après la mort de Schwartz, le chef de gare Fritz Krebs (1832-1905) est considéré comme apôtre-patriarche par les autres apôtres et met en place la structure actuelle de l'Église. La structure se développe en Allemagne et aux Pays-Bas, puis s'implante en Suisse à partir de 1894. Le nombre de douze apôtres est à nouveau atteint en 1900.

Hermann Niehaus (1848-1932) devient le second apôtre-patriarche en 1905. En 1906 l'assemblée prend le nom de Communauté néo-apostolique, puis plus tard d'Église néo-apostolique.

Johann-Gottfried Bischoff (1871-1960) devient le troisième apôtre-patriarche en 1930. À noter qu'en allemand son nom, Bischoff, signifie « évêque », ce qui peut prêter à confusion : en effet, dans l'Église néo-apostolique les ministères d'apôtre et d'évêque sont distincts. Le 25 décembre 1950, il affirme que Jésus va revenir de son vivant. Ces affirmations deviennent un aspect important de la doctrine de l'Église jusqu'à la mort de Bischoff le 6 juillet 1960[8].

Ce décès provoque une crise au sein de l’Église, et de nombreux déçus la quitteront. Cependant, l’Église néo-apostolique continue à prospérer. Le 10 juillet 1960, Walter Schmidt (1891-1981) est nommé apôtre-patriarche. Il sera suivi le 23 février 1975 par Ernst Streckeisen (1905-1978), puis par Hans Urwyler (1925-1994) le 18 novembre 1978.

Le 22 mai 1988, le suisse Richard Fehr devient le septième apôtre-patriarche. Il prend sa retraite le 16 mai 2005 lors du service divin solennel de Pentecôte au cours duquel il institue Wilhelm Leber, apôtre du district d'Allemagne du Nord, dans le ministère d'apôtre patriarche. Wilhelm Leber devient donc le huitième apôtre-patriarche.

Le 27 mai 2012, lors du service divin de la Pentecôte, l'Apôtre-patriarche Wilhelm Leber a mandaté l'Apôtre de district de France, Jean-Luc Schneider, comme apôtre patriarche adjoint.

Lors du service divin de Pentecôte du 19 mai 2013, l'Apôtre-patriarche Wilhelm Leber a institué l'Apôtre-patriarche adjoint Jean-Luc Schneider dans le ministère d'Apôtre-patriarche et a été admis à la retraite[9].

Structure et organisation[modifier | modifier le code]

Organisation cultuelle[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique est hiérarchisée ainsi[10]:

  • Apôtre-patriarche
  • Apôtre de district
  • Apôtre
  • Évêque
  • Ancien de district
  • Évangéliste de district
  • Berger
  • Évangéliste
  • Prêtre
  • Diacre

À son sommet on trouve l'apôtre-patriarche qui siège depuis 1975 à Zurich en Suisse. Le nombre d'apôtres a suivi l'expansion de l'Église, de douze à l'origine, ils sont maintenant plus de trois cent[11].

Apostolat[modifier | modifier le code]

Le ministère d'apôtre joue un rôle fondamental dans l'Église qui en tire d'ailleurs son nom. Les apôtres sont les envoyés de Jésus-Christ, de la même manière que les apôtres de l'Église chrétienne primitive. Ils sont seuls habilités à dispenser le sacrement du Saint-scellé et à ordonner les ministres de l'Église.

Les apôtres de district ont la responsabilité d'un champ d'activité (souvent plusieurs pays) dans lequel ils veillent aux soins pastoraux, au suivi des communautés et à la formation spirituelle des ministres.

L'Apôtre-patriarche a pour tâche de remplir le ministère pétrinien c'est-à-dire de présider le cercle des apôtres, de veiller à leur unité ainsi qu'à la doctrine. Il est l'autorité spirituelle suprême de l'Église.

Ministères sacerdotaux[modifier | modifier le code]

Du prêtre jusqu'à l'évêque, les ministres sacerdotaux on reçu mandat d'un apôtre de dispenser les sacrements du Saint baptême d'eau et de la Sainte cène et d'annoncer le pardon des péchés. Ils célèbrent les services divins et les cérémonies religieuses et s'occupent du suivi pastoral des membres de l'Église.

Diaconat[modifier | modifier le code]

Les diacres sont des serviteurs qui œuvrent au sein des communautés et aident les prêtres dans le travail pastoral.


L’Église néo-apostolique s’est dotée d’une charte spécifiant sa conception de l’exercice des fonctions de service et de direction en son sein[12].

Structure juridique[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique internationale (ENAI) a son siège à Zurich en Suisse. Elle est représentée dans certains pays où elle est active par des organisations cultuelles ou associations relevant du droit local. Juridiquement l’Église néo-apostolique de France a le statut d’association à vocation exclusivement cultuelle[13]. En Autriche, l’Église néo-apostolique est officiellement reconnue par l’État Autrichien[14]. Dans plusieurs pays comme l'Argentine, la Zambie et l'Afrique du Sud, l'Église néo-apostolique semble accueillie favorablement par les pouvoirs publics.

Organisations humanitaires[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique a fondé dans un certain nombre de pays des organisations humanitaires qui œuvrent dans le domaine de la santé, de l'éducation et du développement[15]. La plus importante est NAK-Karitativ qui a son siège à Dortmund en Allemagne[16].

Structures annexes[modifier | modifier le code]

Propriétaire de la Maison d’édition Friedrich Bischoff Sarl (Francfort), elle publie plusieurs revues, dont le mensuel Notre famille. L'imprimerie Friedrich Bischoff Druckerei GmbH a quant à elle été cédée à un entrepreneur privé[17].

Relations avec les autres églises chrétiennes[modifier | modifier le code]

Œcuménisme[modifier | modifier le code]

L'Église néo-apostolique cherche à entretenir des relations fraternelles avec les autres églises chrétiennes. Elle a entre autres le statut d'église invitée dans un certain nombre de cercles œcuméniques en Allemagne et en Suisse[18].

L'Église néo-apostolique reconnait les baptêmes des autres confessions chrétiennes dès l'instant où ceux-ci ont été célébrés au nom de la Trinité divine et au moyen d'eau[19].

Dissidences[modifier | modifier le code]

L’Église néo-apostolique connaît quelques dissidences :

Les trois derniers ont fondé l'Union des communautés apostoliques en Europe en 1956 à Düsseldorf en Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]