Jarny

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Jarny
Hôtel de Ville.
Hôtel de Ville.
Blason de Jarny
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Briey
Canton Conflans-en-Jarnisy
Intercommunalité Communauté de communes du Jarnisy
Maire
Mandat
Jacky Zanardo
2014-2020
Code postal 54800
Code commune 54273
Démographie
Gentilé Jarnisiens
Population
municipale
8 454 hab. (2011)
Densité 541 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 35″ N 5° 52′ 41″ E / 49.1597222222, 5.87805555556 ()49° 09′ 35″ Nord 5° 52′ 41″ Est / 49.1597222222, 5.87805555556 ()  
Altitude Min. 185 m – Max. 236 m
Superficie 15,64 km2
Localisation

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Jarny

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Jarny

Jarny est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Lorraine.

Elle doit son développement aux mines de fer (Jarny, Droitaumont, Giraumont) et dans la foulée au chemin de fer (triage de Conflans-Jarny), les mines générant d'importants volumes de minerai, la « minette lorraine » à transporter jusqu'aux hauts-fourneaux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dans le relief de côtes (ou cuestas) de cette bordure est du bassin parisien, Jarny s'inscrit dans la dépression argileuse de la Woëvre, contenue entre deux lignes de côtes calcaires : côtes de Meuse à l'ouest, côtes de Moselle à l'est.

Les cours d'eau principaux sont l'Orne et l'Yron, qui se rejoignent dans la commune voisine de Conflans-en-Jarnisy (dont le nom vient de "confluent"). L'Orne a été légèrement détournée pour permettre l'agrandissement du triage ferroviaire.

Jarny, village du Duché de Bar, fera partie de la Moselle de 1790 à 1871 dans le premier découpage des départements, puis du nouveau département de Meurthe-et-Moselle créé suite à l'annexion en 1871 par l'Allemagne d'une grande partie de la Moselle et d'une petite portion de la Meurthe (la Meurthe-et-Moselle regroupant alors l'essentiel de la Meurthe, plus une fraction de la Moselle, d'où sa forme particulière évoquant une oie).

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis le Moyen Âge, Droiteaumont et Jarny sont deux seigneuries liées à la famille de Gorcy, ou de Gourcy, qui s'y fixa très tôt. Le blason de la commune leur est emprunté, avec une variante (annelets d'argent) pour se différencier du blason des Gorcy (annelets d'or). Cette famille fut très puissante et influente à la Cour de Lorraine, comme en témoignent ses alliances illustres (Lignéville, Manderscheild, Mérode). Droiteaumont donna son nom à l'une des branches de cette famille, dont plusieurs membres se distinguèrent : François Antoine Comte de Gourcy de Droiteaumont capitaine, chevalier des ordres prestigieux de Saint-Lazare et de Notre Dame du Mont-Carmel ; ainsi que son frère Joseph Comte de Gourcy-Droiteaumont, capitaine au régiment de Touraine, puis de La Fère chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, qui fit la campagne d'Amérique en 1776, puis qui commanda au jeune Bonaparte, encore sous-Lieutenant. Ou encore Ernest François Xavier Comte de Gourcy Droiteaumont, Conseiller de la Basse Autriche.

En 1817, Jarny, village de l'ancienne province du Barrois sur l'Orne et à droite de l'Yron, a pour annexe le village de Droitaumont, les fermes de Moncel et de Moulinelle et le moulin de Bruillot. À cette époque, il y avait 460 habitants répartis dans 81 maisons. En 1817, Droitaumont, village de l'ancienne province du Barrois sur l'Yron. À cette époque, il y avait 92 habitants répartis dans 14 maisons. Commune indépendante jusqu'en 1810, Droitaumont est aujourd'hui rattachée à la commune de Jarny.

Au début du XXe siècle, la ville se développe grâce aux mines de fer, qui font appel à une main d'œuvre immigrée, notamment allemande, luxembourgeoise, polonaise et italienne. La concurrence de minerais étrangers à plus haute teneur en fer conduira à la fermeture des mines à la fin du XXe siècle.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Située à seulement quelques kilomètres de la frontière franco-allemande de 1871, correspondant à la Moselle actuelle, Jarny est occupée par les troupes allemandes dès les premiers jours du conflit. Le 26 août 1914, quatre otages sont fusillés "pour l'exemple" en plein centre ville : Henri Génot, maire de la ville, l’abbé Léon Vouaux, frère du curé de Jarny, Jean Bernier, et François Fidler[1]. La liste des victimes continuera de s'allonger avec Cosme Aufiero, Jean Bérard (4 ans), Alexis Fournier, Ernest L’Hermite, Henri Menne, Adrien Pérignon, son épouse Eugénie née Sponville et leur fils Fernand (17 ans), Charles Plecis, et un autre Français, inconnu. Toujours en août 1914, des travailleurs italiens[2] des mines de Jarny sont fusillés dans l'actuelle rue Albert 1er, à quelques pas de l’actuelle place Henri Génot : Gerolamo Bernacchini, Andrea Bisesti, Giuseppe Brigatti, Vincenzo Cesaroni, Stefano Gaggioli, Angelo Luisetti, Enrico Maffi (13 ans), Luigi Pesenti, Stefano Piralli, Giovanni Testa, Giovanni Tron, Giuseppe Vaglia, Amilcare et Giovanni Zoni.

La commune restera sous la domination de l'armée allemande jusqu'à l'Armistice, en novembre 1918.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des communes françaises, Jarny est occupée par l'armée allemande après la Drôle de guerre, dés l'Armistice du 22 juin 1940. Jarny reste occupée jusqu'à la Libération. Les FFI et FTP du secteur prennent une part active à la Libération du Pays-Haut. Les premières patrouilles du XXe corps d'armée américain entrent à Jarny le 1er septembre 1944[3], mais la commune ne sera définitivement libérée que le 3 septembre 1944[4].

Villes partenaires[modifier | modifier le code]

  • Linkenheim-Hochstetten (RFA) depuis 1966
  • Gröditz (RFA, autrefois RDA) depuis 1969. À l'époque, les jumelages avec la RDA se rencontraient surtout chez les municipalités communistes, comme Jarny. Le partenariat deviendra triangulaire en 1990, avec un jumelage entre Linkenheim-Hochstetten et Gröditz (le premier contact entre les deux villes allemandes remonte à 1984).
  • Popoli ville italienne (touché par un tremblement de terre en 2009) dont le maire est un enfant de Jarny.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La gare.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  1914 Henri Génot    
1918   Charles Génot    
    Amiel DVD  
    Gilbert Schwartz PCF Député
    Henri Bezon PCF Conseiller général du Canton de Conflans-en-Jarnisy

(1973-1983)

1983 1988 Michel Gilles PCF  
mars 1989 1996 Philippe Nachbar UDF Sénateur, Conseiller général Canton de Conflans-en-Jarnisy (1985-1998)
1996 mars 2001 Jacques Dhur UDF  
mars 2001 en cours Jacky Zanardo PCF  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 8 454 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1872
515 423 469 510 704 709 768 726 722
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
927 803 780 702 733 771 890 3 411 4 156
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
6 111 7 214 7 010 7 512 8 001 9 248 9 236 9 287 8 849
1990 1999 2006 2007 2011 - - - -
8 401 8 377 8 452 8 447 8 454 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château de Moncel.
  • Château de Moncel, ancienne maison forte du XIIIe siècle, passée en 1633 aux Bettainvillers, maîtres de forge de Moyeuvre, rhabillage au XXe siècle, pastiche XVIIIe siècle.
  • Ancienne brasserie, 12 rue du Point du Jour, époque de construction : 1er quart du XIXe siècle ; 4e quart du XIXe siècle. Désaffectée entre 1900 et 1905.
  • Ancienne brasserie du début du XXe siècle "bière de Jarny" située sur le site actuel "EMC2" près de la gare de Conflans-Jarny
  • Lavoir, rue des mines.
  • Collège Alfred Mézières. Achevé en 1914, il servira de lazaret (hôpital militaire) pendant toute l'occupation allemande (1914-1918). Il servira ensuite d'école, avant de devenir un collège.
  • Ancienne mine de Jarny.
  • Ancienne mine de Droitaumont.
  • Cités de Moulinelle (typiques de l'habitat ouvrier à l'époque des mines).
  • Cités de Droitaumont.
  • Marais de Droitaumont, classé en Espace naturel sensible.
  • La Poncette. Lieu incarnant le rêve américain à la jarnysienne, la poncette se démarque par son cadre agréable. Au bord de l'Yron, les Jarnysiens viennent s'y promener en famille ou se détendre entre copains (beaucoup venaient aussi laver leur voiture dans le gué ; l'accès en est aujourd'hui interdit aux véhicules).
  • Une piscine

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Maximin fortifiée XIIIe siècle, clocher isolé (ancien donjon).
  • Chapelle Saint-Joseph à Droitaumont XXe siècle.
  • Chapelle Notre-Dame du Rail XXe siècle (n'est plus consacrée).
  • Chapelle de cimetière XXe siècle.
  • Chapelle sépulcrale des maîtres du château de Moncel XIXe siècle.
  • Salle du Royaume à Moulinelle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Yan Lindingre auteur de BD,actuel rédacteur en chef du magasine de Bdfonde par Gottlieb :fluide glacial
  • Gabriel De Michèle joueur professionnel de football au FC Nantes et en équipe de France

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La rue où eut lieu cette exécution porte aujourd'hui le nom de « rue du 26 août ».
  2. Contrairement à l'Italie fasciste de 1940, l'Italie de 1914 se bat contre l'Allemagne.
  3. René Caboz: La bataille de Metz, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1984 (pp.160, 180, 181).
  4. La liberté retrouvée sur cg54.fr
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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