Dieuze

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Dieuze
Rue du Prel
Rue du Prel
Blason de Dieuze
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Château-Salins
Canton Dieuze
Intercommunalité Communauté de communes du Saulnois
Maire
Mandat
Fernand Lormant
2014-2020
Code postal 57260
Code commune 57177
Démographie
Population
municipale
3 614 hab. (2011)
Densité 387 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 48′ 46″ N 6° 43′ 14″ E / 48.8127777778, 6.72055555556 ()48° 48′ 46″ Nord 6° 43′ 14″ Est / 48.8127777778, 6.72055555556 ()  
Altitude Min. 205 m – Max. 245 m
Superficie 9,35 km2
Localisation

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Dieuze est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située dans la plaine saline du Saulnois au sud-est de Metz, aux portes du Parc naturel régional de Lorraine. C’est la commune la plus peuplée de l’arrondissement de Château-Salins.

Dieuze était traversé par la ligne de chemin de fer reliant Nouvel-Avricourt à Bénestroff. La section entre Nouvel-Avricourt et Dieuze a été déclassée et déposée, seule subsiste la section entre Bénestroff et Dieuze. Aujourd'hui la gare de Dieuze constitue donc le terminus de cette ligne inexploitée depuis le début des années 2000.

Toponymie[modifier | modifier le code]

On a longtemps cru que Dieuze était désignée sous les termes latins Decem Pagi à l'époque gallo-romaine[1]. Il s'agit plus vraisemblablement du site voisin de Tarquimpol. De l'époque franque à la Guerre de Trente Ans, Dieuze fait partie de la zone germanophone. Son toponyme est Duss. La forme Dieuze est utilisée à partir du XVIIe siècle et s'impose à la Révolution. Le nom de la commune est de nouveau germanisé en 1915 et de 1940 à 1944, en Duss.

  • Decima (VIIe-IXe siècle), Duosa curtis (1006), Dosia (1120), Doza (1270), Dueze (1316), Duß et Duse (1486), Dieuse (1525), Thus (1558), Dusa (1589), Dieuze (1793).

Histoire[modifier | modifier le code]

Soldats américains à l’automne 1944.
Vue prise approximativement au même endroit que la vignette no 1 ( 1996 )

L'histoire de Dieuze remonte à l'antiquité. Les sources salées sont exploitées dès l’époque gallo-romaine. « Duosa Villa » prospère grâce au sel. Elle attirera bientôt la convoitise des ducs de lorraine. L’histoire de Dieuze fut celle de sa saline, documentée à partir du début du XIIe siècle. La ville fut en effet un enjeu pour le chapitre de Sainte-Madeleine de Verdun et les ducs de Lorraine.

Dieuze est un ancien fief important du Bailliage d'Allemagne et était en 1594, le chef-lieu d'une prévôté et châtellenie. En 1710, la commune faisait toujours partie de ce même bailliage en tant que prévôté et Office[2].

L'usage de la langue française était encore peu répandu à Dieuze à la fin du XVIe siècle. Et on y produisait encore en 1632 des actes rédigés en allemand[3].

La population fut massacrée durant la Guerre de Trente ans. Par les traités des Pyrénées, de Vincennes et de Riswick (1659, 1661, 1697), les ducs de Lorraine conservent Dieuze et les salines. En 1642, le roi de France s’empara de la ville. En 1657 les Espagnols tentèrent d’envahir Dieuze, en vain.

À la Révolution, Dieuze devint le chef-lieu du district, de 1790 à 1795. La commune connut un grand essor économique à la fin du XVIIIe siècle grâce au développement des salines. Dieuze eut le privilège de recevoir Napoléon Bonaparte et Napoléon III en 1857.

Dieuze fait partie du territoire cédé à l’Empire allemand en 1871, territoire qui deviendra le Reichsland Elsass-Lothringen. Pendant l'annexion allemande, la commune fait partie du Landkreis Château-Salins et compte 5 852 habitants en 1912[4]. Les jeunes appelés font leur service militaire dans l'armée impériale. Si certains rejoignent la France au début des hostilités, en 1914, la majorité d'entre-eux se battent pour le Reich allemand jusqu'en 1918.

Après l'échec de l'offensive française en 1914, certains regrettèrent l’accueil qu’ils avaient réservé aux troupes françaises. Après quatre ans de conflit meurtrier, l'Armistice de 1918 est bien accepté par les habitants du canton, heureux de retrouver la paix. Les Allemands de souche, devenus indésirables en Moselle, sont expulsés par la France. Après guerre, l'ancienne commune de la Meurthe reste dans le département de la Moselle. En 1924, la ville est décorée de la croix de guerre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après les combats de juin 1940 où s'illustrent les Polonais de la 1re division polonaise de grenadiers, la commune est de nouveau annexée au Reich allemand. À la fin de la guerre, pendant la Bataille de Metz, Dieuze est sévèrement bombardée par l'armée américaine et subit de sérieux dégâts. Libérée le 17 novembre 1944[5], la commune reçoit en 1948 la croix de guerre avec palme.

Garnison[modifier | modifier le code]

Dieuze devient une ville de garnison au cours de l'annexion allemande, durant cette période plusieurs casernes sont construites (actuels quartiers Lyautey et Fabert).

En 1963, le 13e régiment de dragons parachutistes s’installe à Dieuze ; sa devise est « Au-delà du possible ». Ce régiment est spécialisé dans la recherche du renseignement derrière les lignes ennemies ou en zone de crise. En juin 2011, ce régiment quitte la ville pour rejoindre le camp de Souge, en Gironde, afin de se rapprocher du reste des Forces spéciales.

Depuis 2011, un Centre de Formation Initiale des Militaires du rang (CFIM) est installé à Dieuze[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1997 Roger Husson RPR Agent de maîtrise
1997 en cours Fernand Lormant UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 614 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 097 3 114 3 793 3 823 4 044 3 965 3 895 3 944 3 930
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
3 596 3 203 2 786 2 659 2 895 2 767 5 786 6 278 5 991
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
5 893 3 160 2 527 2 407 3 082 3 462 2 498 3 431 3 563
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
4 075 4 141 3 893 3 566 3 612 3 789 3 614 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Cimetière militaire français
  • Vestiges de villas romaines.
  • Ancien château : au XVIIIe siècle, il fut l'un des sièges des comtes de Ficquelmont, grande famille de la haute noblesse lorraine. Le comte Charles-Louis de Ficquelmont y naquit en 1777. Sur son emplacement est bâti le tribunal construit en 1907.
  • Cimetière militaire qui rassemble les morts de la 1re division polonaise de grenadiers, tombés lors des combats de juin 1940[9].
  • Les prisonniers de guerre roumains "évacués" en Alsace et en Lorraine par les Allemands (1917-1918) ont particulièrement souffert des grandes épidémies et de conditions de détention difficiles – plus de 940 soldats reposent dans la Nécropole Nationale de Dieuze.
  • En Moselle, le plus important Mémorial aux soldats français tombés sur le sol roumain en 1914-1918, a été réalisé à Dieuze par le sculpteur Remus Botar Botarro. Il s’agit d’une majestueuse œuvre d’art contemporaine en bronze. Le monument commémoratif a été inauguré le 9 novembre 1998 par M Jean-Pierre Masseret, Secrétaire d’État aux Anciens Combattants et M Victor Babiuc, Ministre de la Défense de Roumanie.

La saline[modifier | modifier le code]

L’exploitation d’un puits salé à Dieuze est attestée par des documents à partir du XIe siècle. L’exploitation fut propriété du duc de Haute-Lorraine Godefroid le Barbu, puis du chapitre collégial de Sainte-Madeleine de Verdun. À partir du XIIIe siècle, les ducs de Lorraine prirent des parts dans l’exploitation, jusqu’à la mener à leur seul profit de même qu’à Rosières-aux-Salines[10].

Les magasins à sel et la porte Louis XV ont souvent été disputés dans l'histoire. Les fortifications de la saline, distincte de la ville, furent modernisées au XVIIe siècle. La saline elle-même connut une restructuration et une importante extension dans le cours du XVIIIe siècle. La saline devint royale lors du rattachement de la Lorraine à la France. La saline de Dieuze compte parmi les plus importantes unités de production du royaume qui en dénombrait six[réf. nécessaire]. Cette industrie du sel fit travailler jusqu'à sept cents ouvriers[11].

Les installations souffrirent moins que la ville des bombardements américains de 1944. Des réparations furent effectuées, cependant la production de sel s’arrêta définitivement en 1973.

La porte monumentale sur la ville est classée Monument historique. Des bâtiments d’exploitation, d’une facture XVIIIe ou XIXe siècle très sobre, sont encore visibles sur le site.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L’ancienne église XVe siècle, détruite en 1944, a été remplacée par l’église Sainte-Marie-Madeleine 1955 : décor en fer forgé.
  • Chapelle Saint-Jacques-Majeur de l'hôpital
  • Statue de la Vierge de 1891.
  • Temple protestant réformé civil, avenue Foch construit en 1903.
  • Temple protestant militaire, chemin du Pont-Moreau construit en 1900 désaffecté en 1919, transformé en église sous le vocal de Sainte-Jeanne d'Arc démolie en 1974.
  • Synagogue, avenue Foch construite en 1955, en remplacement de celle de 1907 détruite au cours de la Seconde guerre Mondiale.
  • Cimetière israélite, chemin du Calvaire construit fin XIXe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. P.M. Barbichon:Dictionnaire complet de tous les lieux de la France et de ses colonies, Tétot frères, Paris, 1831 (p. 749)
  2. Henri Lepage - Le département de la Meurthe, Statistique historique et administrative. Première Partie (1843)
  3. Henri Lepage - Le département de La Meurthe : statistique, historique et Administrative - Volume 2 - 1843
  4. Friedrich Bull: Statistischen Landesamt fur Elsass-Lothringen, Straßburg, 1912.
  5. Recensement préfectoral de 1994 sur les dates de libération
  6. http://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/inauguration-du-cfim-de-dieuze
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. http://www.beskid.com/robardet.html, site Beskid
  10. Les salines royales de Dieuze
  11. Le Républicain lorrain, Découvrir le pays du Saulnois. 3. Dieuze, supplément Un été en Moselle, août 2009
  12. Descendance au sein des familles Marie de Ficquelmont et Clary-Aldringen et, par adoption simple datant de 1991, les Albis devenus Albis de Ficquelmont.
  13. Richard Bothmer ( 27 mai 1890, Dieuze - 10 mars 1945, Jüngsdorf bei Oberpleis) : Generalmajor, le 01.12.1944.Generale nach Namen B - Lexikon der Wehrmacht