Bouzonville

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Bouzonville
Église abbatiale Sainte-Croix.
Église abbatiale Sainte-Croix.
Blason de Bouzonville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine (préfecture)
Département Moselle
Arrondissement Forbach/Boulay-Moselle
Canton Bouzonville
Intercommunalité Communauté de communes du Bouzonvillois
Maire
Mandat
Denis Paysant
2014-2020
Code postal 57320
Code commune 57106
Démographie
Gentilé Bouzonvillois
Population
municipale
4 033 hab. (2012)
Densité 290 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 33″ N 6° 32′ 06″ E / 49.2925, 6.53549° 17′ 33″ Nord 6° 32′ 06″ Est / 49.2925, 6.535  
Altitude Min. 192 m – Max. 310 m
Superficie 13,9 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-bouzonville.fr

Bouzonville est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de Moselle-est, au cœur du Pays de Nied, en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

À 37 km au nord-est de Metz par la route départementale 3, surnommée la Perle de la Nied, Bouzonville est un chef-lieu de canton paisible traversée par la basse Nied. C’est le carrefour de nombreuses routes secondaires, la plus notable étant la route départementale 918 qui mène de Thionville à Sarrelouis. Le sous-sol de Bouzonville, composé de grès bigarré, de calcaire coquillier et de marnes irisées, présente les trois faciès caractéristiques du Trias.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les villages de Heckling et Aidling sont rattachés à la commune depuis 1810.

La commune de Brettnach qui avait fusionné avec Bouzonville en 1974 (bien que non limitrophe) a repris son autonomie en 1982.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Nied.

Le nom de la commune est cité sous les formes latinisées Bozonisvilla ou Buosonis villa pour la première fois en 1106[1], puis sous les formes germaniques Bosendorph en 1176, Busindorf en 1211, Bousendorf en 1271, Busendorf en 1345[2], Büsendorff en 1365, Busendorff en 1383, Bussendorff en 1594, Bousendorff en 1604 et la forme française Bouzonville-sur-Nied en 1779[3].

Il s'agit d'une formation médiévale en -ville (appellatif issu du gallo-roman VILLA « grand domaine rural ») précédé, comme c'est le plus souvent le cas pour ce type toponymique, d'un anthroponyme germanique.

Bouzon- s'explique par le nom de personne Boso, fréquemment attesté en France du nord (exemples : Bouzonville-aux-Bois, Bouzanville, etc.) et qui se perpétue dans les noms de famille Boson et Bozon. À noter que toutes ces formes sont au cas régime de l’ancien français, caractéristique des noms lorrains et beaucerons en -ville (alors qu'en Normandie, elles sont au cas sujet). De « domaine rural », le sens de ville passe dès le Moyen Âge à celui de « village »

Le même anthroponyme se rencontre dans des formations, en général plus anciennes, en -court (exemples : Bézancourt, Bouzancourt, etc.)

Conjointement à la forme romane probablement employée dès le VIIIe siècle, il est fait mention au XIIe siècle de la forme germanique Bussendorff ou Büsendorff, attestée en 1365. Cette désignation fut employée jusqu’au XVIIe siècle. À cette époque, le nom roman du bourg s’imposa définitivement, avec toutefois les parenthèses historiques de l’annexion de 1871, et de l'annexion de 1940, pendant lesquelles la commune sera de nouveau baptisée Busendorf[4].

En Francique lorrain, elle se nomme Busendroff[5] et Boesendroff avec métathèse de [r].

En lorrain roman on disait: Bzonvèle & Besonvelle pour designer la commune.

Sobriquet[modifier | modifier le code]

Surnom à propos des Bouzonvillois : Die «Stripplinger» han so lange finger (les «petits voleurs» ont les doigts si longs/crochus)[6]. stripplinger est une formation dialectique dérivé de strippen s’appliquant aux gens qui commettent de petits larcins, notamment des vols de fruits.

Histoire[modifier | modifier le code]

La localité est intégrée au duché de lorraine, depuis l’origine du duché. Elle le restera jusqu'à l'annexion du duché à la France, en 1766. Entre 1275 et 1295, la partie germanophone du duché de Lorraine reçoit un justicier des nobles, puis un bailli, fixé quelque temps à Bouzonville, avant de l’être à Vaudrevange, une commune rattachée à la Sarre depuis 1815.

Érigé en prévôté en 1705, Bouzonville devient de nouveau le siège d’un bailliage en 1751. Rattaché au siège présidial de Metz en 1772, le bailliage de Bouzonville disparait en 1790, avec la création du département de la Moselle. En 1790, le canton de Bouzonville est incorporé pour cinq ans au district de Sarrelouis, aujourd’hui en Sarre. De 1800 à 1870, la commune appartient à l’arrondissement de Thionville. C'est un bourg actif, où se tient régulièrement un marché.

Le 25 juillet 1870, durant la guerre franco-allemande la ville est le théâtre de combats, opposant le 33e régiment d'infanterie de ligne et les troupes prussiennes.

Comme les autres communes de Moselle, Bouzonville, rebaptisée "Busendorf", est rattachée au nouvel Empire allemand le , conformément au traité de Francfort. Durant l’annexion allemande, Bouzonville est rattachée au Landkreis Bolchen, l'arrondissement de Boulay. Après deux générations de paix et de prospérité, la germanisation des esprits est telle que les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand durant la Première Guerre mondiale. Beaucoup tombent sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest. Loyaux sujets de l'Empereur, très peu de Mosellans trahissent leur Patrie pour rejoindre les troupes françaises. La victoire française, en novembre 1918, est toutefois bien acceptée.

En 1919, Bouzonville est rattaché à l'arrondissement de Boulay-Moselle.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, dès le 1er septembre 1939, les habitants de Bouzonville sont évacués par l'armée française à Chauvigny, dans la Vienne[7]. Durant l'Annexion de la Moselle, les habitants restés sur place vivent sous le joug nazi. En 1944, la commune du CdZ-Gebiet Lothringen est bombardée par les Américains. Busendorf est enfin libérée le 27 novembre 1944, après la bataille de Metz[8].

Le 30 juillet 1950, la ville se voit attribuer, comme 4 454 autres communes du pays, la croix de guerre. « Bouzonville, commune de Lorraine évacuée dès le 1er septembre 1939, qui a été gravement éprouvée par les bombardements et les combats livrés sur son territoire, tant en 1940 qu'en 1944, compte 25 de ses fils tués, 14 disparus, 20 blessés. A conservé, cependant, un moral intact et a mené une action patriotique résistante, dont témoignent ses 10 enfants fusillés, ses 135 déportés, ses nombreux insoumis et réfractaires. Par son attachement à la France, par son courage et par ses sacrifices, s'est acquis des droits à la reconnaissance du pays. ».

Après guerre, la vieille cité lorraine a su faire preuve de dynamisme, conservant ainsi son statut de ville commerçante.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 2001 Pierre Grandjean    
mars 2001 mars 2014 Gilbert Philipp DVD  
mars 2014   Denis Paysan DVD  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Rehlingen-Siersburg (Allemagne) depuis 1978

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 4 033 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871 1875
1 367 1 356 2 096 2 172 2 160 1 991 1 883 1 775 1 698
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
1 655 1 622 1 595 1 608 1 699 1 967 2 176 1 982 2 251
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
2 306 2 458 2 013 2 339 3 306 3 763 4 585 4 285 4 148
1999 2006 2008 2012 - - - - -
4 117 4 173 4 183 4 033 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Hôtel de ville avec beffroi à bulbe, 1719.
  • Emplacement du vieux moulin des moines.
  • Tribunal, XVIIIe siècle.
  • Lycée de la Providence avec chapelle.
  • Ancienne caserne de la Garde républicaine mobile.
  • Cimetière israélite, 1726.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église abbatiale Sainte-Croix, seul vestige du couvent bénédictin. Elle est classée monument historique, ainsi que le cloître la jouxtant, qui comporte des éléments datant des XIIe, XIVe et XVIIe siècles.
  • Oratoire de Belle-Croix (pèlerinage)
  • Chapelle Saint-Hubert à Heckling, clocher du XVIe siècle
  • Chapelle Sainte-Croix à Aidling, XVIIIe siècle
  • Chemin de Croix, 1879, le long de la route de Thionville
  • Statue de saint Vincent-de-Paul
  • Temple protestant réformé, rue du 27 Novembre, construit en 1951.
  • Synagogue, rue des Résistants, construite en 1960 pour remplacer celle de 1850 détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale. Devenue médiathèque depuis novembre 2012.
  • Salles de prières des musulmans

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Personnalités nées à Bouzonville[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à Bouzonville[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud Paris 1978. p. 99. Article Bossancourt.
  2. Burkhard Dietz, Helmut Gabel, Ulrich Tiedau - Griff nach dem Westen: die "Westforschung" (2003)
  3. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle - rédigé en 1868
  4. Henri Hiegel, Dictionnaire étymologique des noms de lieux du département de la Moselle, Sarreguemines, 1986.
  5. Geoplatt
  6. Passé-Présent : La Moselle dévoilée N°6 (Juin-Juillet-Août 2012)
  7. Bernard Le Marrec, Gérard Le Marrec, Les années noires, la Moselle annexée par Hitler, Éditions Serpenoises, 1990.
  8. 1944-1945 : Les années liberté, Recensement préfectoral sur les dates de libération, Le Républicain Lorrain, 1994 (p. 15).
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.