Bouzonville

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Bouzonville
Aidling, Benting, Heckling
Église abbatiale Sainte-Croix.
Église abbatiale Sainte-Croix.
Blason de BouzonvilleAidling, Benting, Heckling
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine (préfecture)
Département Moselle
Arrondissement Boulay-Moselle
Canton Bouzonville
Intercommunalité Communauté de communes du Bouzonvillois
Maire
Mandat
Denis Paysant
2014-2020
Code postal 57320
Code commune 57106
Démographie
Gentilé Bouzonvillois
Population
municipale
4 077 hab. (2011)
Densité 293 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 33″ N 6° 32′ 06″ E / 49.2925, 6.535 ()49° 17′ 33″ Nord 6° 32′ 06″ Est / 49.2925, 6.535 ()  
Altitude Min. 192 m – Max. 310 m
Superficie 13,9 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-bouzonville.fr

Bouzonville est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de Moselle-est, au cœur du Pays de Nied, en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

À 37 km au nord-est de Metz par la route départementale 3, surnommée la Perle de la Nied, Bouzonville est un chef-lieu de canton paisible traversée par la basse Nied. C’est le carrefour de nombreuses routes secondaires, la plus notable étant la route départementale 918 qui mène de Thionville à Sarrelouis. Le sous-sol de Bouzonville, composé de grès bigarré, de calcaire coquillier et de marnes irisées, présente les trois faciès caractéristiques du Trias.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Les villages de Heckling et Aidling sont rattachés à la commune depuis 1810.

La commune de Brettnach qui avait fusionné avec Bouzonville en 1974 (bien que non limitrophe) a repris son autonomie en 1982.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Nied.

Le nom de la commune est cité sous les formes latinisées Bozonisvilla ou Buosonis villa pour la première fois en 1106[1], puis sous les formes germaniques Bosendorph en 1176, Busindorf en 1211, Bousendorf en 1271, Busendorf en 1345[2], Büsendorff en 1365, Busendorff en 1383, Bussendorff en 1594, Bousendorff en 1604 et la forme française Bouzonville-sur-Nied en 1779[3].

Il s'agit d'une formation médiévale en -ville (appellatif issu du gallo-roman VILLA « grand domaine rural ») précédé, comme c'est le plus souvent le cas pour ce type toponymique, d'un anthroponyme germanique.

Bouzon- s'explique par le nom de personne Boso, fréquemment attesté en France du nord (exemples : Bouzonville-aux-Bois, Bouzanville, etc.) et qui se perpétue dans les noms de famille Boson et Bozon. À noter que toutes ces formes sont au cas régime de l’ancien français, caractéristique des noms lorrains et beaucerons en -ville (alors qu'en Normandie, elles sont au cas sujet). De « domaine rural », le sens de ville passe dès le Moyen Âge à celui de « village »

Le même anthroponyme se rencontre dans des formations, en général plus anciennes, en -court (exemples : Bézancourt, Bouzancourt, etc.)

Conjointement à la forme romane probablement employée dès le VIIIe siècle, il est fait mention au XIIe siècle de la forme germanique Bussendorff ou Büsendorff, attestée en 1365. Cette désignation fut employée jusqu’au XVIIe siècle. À cette époque, le nom roman du bourg s’imposa définitivement, avec toutefois la parenthèse historique de l’annexion, pendant laquelle la commune sera de nouveau baptisée Busendorf[4].

En Francique lorrain, elle se nomme Busendroff[5], avec métathèse de [r].

En lorrain roman on disait: Bzonvèle & Besonvelle pour designer la commune.

Sobriquet[modifier | modifier le code]

Surnom à propos des Bouzonvillois : Die «Stripplinger» han so lange finger (les «petits voleurs» ont les doigts si longs/crochus)[6]. stripplinger est une formation dialectique dérivé de strippen s’appliquant aux gens qui commettent de petits larcins, notamment des vols de fruits.

Histoire[modifier | modifier le code]

La localité est intégrée au duché de lorraine depuis l’origine du duché jusqu'à son annexion à la France en 1766. Entre 1275 et 1295, la partie germanophone du duché de Lorraine reçut un justicier des nobles, puis un bailli fixé quelque temps à Bouzonville, avant de l’être à Vaudrevange (aujourd'hui en Sarre). Érigé en prévôté en 1705, Bouzonville devint de nouveau le siège d’un bailliage de 1751 à 1790, rattaché au siège présidial de Metz dès 1772. Avec la création du département de la Moselle en 1790, le canton de Bouzonville fut incorporé pour cinq ans au district de Sarrelouis, aujourd’hui en Sarre. De 1800 à 1870, il appartint à l’arrondissement de Thionville et depuis 1919 à l'arrondissement de Boulay-Moselle. Pendant l’annexion allemande de 1871, Bouzonville dépendait du cercle de Boulay. Après deux générations de paix et de prospérité, la germanisation des esprits était telle que les Mosellans se battirent naturellement pour l’Empire allemand en 1914. Beaucoup tombèrent sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres. Loyaux sujets de l'Empereur, très peu de Mosellans trahirent leur Patrie pour rejoindre les troupes françaises. La victoire française en 1918 sera toutefois bien acceptée par les habitants du pays.

La Seconde Guerre mondiale et le drame de l'Annexion marqueront plus longtemps les esprits, car la libération de Bouzonville se fera dans la douleur. Depuis octobre 1944, les bombardiers de l’aviation américaine obligèrent en effet les habitants à se réfugier dans les caves, des caves souvent inondées par les pluies hivernales. Après avoir franchi la Nied à Filstroff dans la nuit du 18 au 19 novembre 1944, les Américains se regroupèrent sur les hauteurs près de Heckling et pilonnèrent sans relâche la ville qui ne comptait pourtant plus que quelques défenseurs allemands. Le clocher de l’abbatiale et la rue des Jardins-des-Couvents furent durement touchés par ces tirs qui ne cessèrent que le 27 novembre 1944, jour de la libération de la cité[7]. En 1945, la commune fut définitivement rattachée à l'arrondissement de Boulay.

La commune a vu se développer, du début du XXe siècle à l'après-guerre, une industrie lourde métallurgique, finalement victime de la crise de la sidérurgie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 2001 Pierre Grandjean    
mars 2001 mars 2014 Gilbert Philipp ((divers droite))  

|- style="vertical-align: top"

| mars 2014 | en cours | Denis Paysant | style="text-align: center" |   |  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Rehlingen-Siersburg (Allemagne) depuis 1978

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 077 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871 1875
1 367 1 356 2 096 2 172 2 160 1 991 1 883 1 775 1 698
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
1 655 1 622 1 595 1 608 1 699 1 967 2 176 1 982 2 251
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
2 306 2 458 2 013 2 339 3 306 3 763 4 585 4 285 4 148
1999 2006 2008 2011 - - - - -
4 117 4 173 4 183 4 077 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Vestiges d’une villa gallo-romaine.
  • Cimetière mérovingien.
  • Hôtel de ville avec beffroi à bulbe, 1719.
  • Emplacement du vieux moulin des moines.
  • Tribunal, XVIIIe siècle.
  • Lycée de la Providence avec chapelle.
  • Ancienne caserne de la Garde républicaine mobile.
  • Cimetière israélite, 1726.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église abbatiale Sainte-Croix, seul vestige du couvent bénédictin. Elle est classée monument historique, ainsi que le cloître la jouxtant, qui comporte des éléments datant des XIIe, XIVe et XVIIe siècles.
  • Oratoire de Belle-Croix (pèlerinage)
  • Chapelle Saint-Hubert à Heckling, clocher du XVIe siècle
  • Chapelle Sainte-Croix à Aidling, XVIIIe siècle
  • Chemin de Croix, 1879, le long de la route
  • Statue de saint Vincent-de-Paul
  • Temple protestant réformé, rue du 27 Novembre, construit en 1951.
  • Synagogue, rue des Résistants, construite en 1960 pour remplacer celle de 1850 détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale. Devenue médiathèque depuis novembre 2012.
  • Salle de prière musulmane

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud Paris 1978. p. 99. Article Bossancourt.
  2. Burkhard Dietz, Helmut Gabel, Ulrich Tiedau - Griff nach dem Westen: die "Westforschung" (2003)
  3. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle - rédigé en 1868
  4. Henri Hiegel, Dictionnaire étymologique des noms de lieux du département de la Moselle, Sarreguemines, 1986.
  5. Geoplatt
  6. Passé-Présent : La Moselle dévoilée N°6 (Juin-Juillet-Août 2012)
  7. 1944-1945, Les années Liberté, Le Républicain Lorrain, Metz, 1994 (p.15).
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  10. Julien Schvartz sur assemblee-nationale.fr