Rambervillers

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Rambervillers
Église Sainte-Libaire
Église Sainte-Libaire
Blason de Rambervillers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Canton Rambervillers
Intercommunalité Communauté de communes de la région de Rambervillers
Maire
Mandat
Gérard Keller
2008 - 2014
Code postal 88700
Code commune 88367
Démographie
Gentilé Rambuvetais(es)
Population
municipale
5 553 hab. (2011)
Densité 269 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 48″ N 6° 38′ 08″ E / 48.346667, 6.635556 ()48° 20′ 48″ Nord 6° 38′ 08″ Est / 48.346667, 6.635556 ()  
Altitude 287 m (min. : 272 m) (max. : 348 m)
Superficie 20,64 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-rambervillers.fr

Rambervillers [ʁɑ̃bɛʁvile][1] est une commune française du nord-est de la France, chef-lieu de canton du département des Vosges et de la région Lorraine.

Ses habitants sont appelés les Rambuvetais.

Géographie[modifier | modifier le code]

La cité est bâtie sur les rives de la Mortagne. Lors des périodes de fortes pluies, ce cours d'eau issu des massifs forestiers de Mortagne et du Haut Jacques est à l'origine d'inondations du fait de la canalisation beaucoup trop étroite de la rivière. Deux mètres d'eau ont pu envahir le centre ville en 2006 suite à des pluies diluviennes.

Communes limitrophes de Rambervillers
Roville-aux-chênes
Romont
Roville-aux-chênes Anglemont
Romont Rambervillers Bru
Jeanménil
Romont Vomécourt Saint-Gorgon

Histoire[modifier | modifier le code]

La cité a été voulue au IXe siècle par un certain Rambert, comte de Mortagne ou abbé de Senones, les sources divergent à son sujet. Au XIIe siècle, Étienne de Bar, évêque de Metz, entoure le bourg de palissades et de fossés, puis au XIIIe siècle, Jacques de Lorraine, également évêque de Metz, remplace les palissades de bois par une muraille flanquée de 24 grosses tours.

Dépendant de l'évêché de Metz, elle passe à la France avec les Trois-Évêchés en 1552. Peu de temps après, la ville est incendiée par l'armée huguenote sous les ordres du baron de Bollweiler, mais elle se relève rapidement. C'est en 1581 que les bourgeois décident la construction de l'Hôtel de ville.

Après le traité de Ryswick (1697) et au bout de vingt ans de négociations, le duc de Lorraine Léopold se voit attribuer la châtellenie de Rambervillers en 1718[2]. La ville et sa seigneurie redevienent pourtant françaises avec duché de Lorraine en 1766.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Le , en dressant des barricades contre l'envahisseur prussien, 200 gardes nationaux résistent un jour contre plus de 2000 Allemands. Pour cet acte de bravoure, la ville reçut la Légion d'honneur tandis qu'on donnait son nom à la rue de Rambervillers dans le 12e arrondissement de Paris.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à la croix de Lorraine de gueules cotoyée des lettres I R et de deux croissants d'azur et, en abîme, la croix de la Légion d'honneur.
Commentaires : Le blason a été composé en 1718 par le duc Léopold de Lorraine à l'occasion du rattachement de Rambervillers à la Lorraine, avec d'autres territoires de l'évêché de Metz, dont la ville dépendait auparavant. La croix de Lorraine symbolise cet événement : les initiales I et R des mots latins (Imperator Rex) signifient que le duc Léopold appartenait à la famille impériale d'Autriche et qu'il avait le titre d'Altesse Royale. Les croissants glorifient les victoires remportées par son père, le duc Charles V, sur les Turcs, notamment devant Vienne en 1683.

La Légion d'honneur a été ajoutée au cœur du blason, en application du décret du 19 avril 1896 pour la défense de Rambervillers par ses Gardes Nationaux le 9 octobre 1870. Rambervillers fut alors la deuxième ville décorée par la République et la sixième depuis la création de l'Ordre par Napoléon 1er.

Les Croix de Guerre 1914-1918 et 1939-1945, décernées dans la suite à la ville, sont supportées, au-dessus du blason, par deux crosses. Elle rappellent que Rambervillers appartenait, avant 1718, aux évêques de Metz, alors que ceux de Toul l'administraient au spirituel.

Sur les flancs de l'écu figurent des motifs du marteau de la porte de l'Hôtel de Ville, œuvre d'un artisan ferronnier rambuvetais du XVe siècle, qui évoque également les deux évêques.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Il y a 11 édifices répertoriés aux monuments historiques, dont quatre sont classés[3]

Patrimoine religieux :

Patrimoine civil :

  • le château épiscopal, construit au XVe siècle, la conciergerie et la tour de l'ancienne porterie sont inscrites par arrêté du 23 juin 1988[6],
  • le château des Capucins, construit à la limite du XVIIIe et du XIXe siècle à l'emplacement de l'ancien couvent des Capucins, les façades et toitures du château, de l'orangerie et des dépendances, la salle voûtée souterraine, ainsi que les sols et clôtures de la cour et du parc sont inscrits par arrêté du 29 juin 2004[7],
  • l'hôtel de ville, construit au XVIe siècle, classé par liste de 1900[8],
  • l'école du Centre (ancien couvent des bénédictines), construite au XVIIe siècle, façade sud (y compris la tour) et toiture correspondante inscrites par arrêté du 27 octobre 1995[9],
  • l'immeuble (64, rue Carnot), construit au 1er quart du XVIIe siècle, façades, toitures, cheminée, escalier hélicoïdal et jardin : inscrits par arrêté du 26 novembre 1993[10],
  • la tour (rue Maurice-Alexandre), construite en 1238, inscrite par arrêté du 23 juin 1988[11],
  • la tour d'Anglemein, construite au milieu du XIIIe siècle, inscrite par arrêté du 5 novembre 2002[12].

Patrimoine industriel :

  • l'usine métallurgique de Régnier-Void, fondée en 1719[13],
  • l'usine métallurgique de Genavoid ou Forge des Jacquots, mentionnée dès le XIVe siècle[14].

Particularités[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 5 553 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
4 420 4 926 4 934 4 992 4 990 4 987 4 732 4 900 4 706
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
4 861 4 986 5 310 5 281 5 153 5 691 5 735 5 706 5 675
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
5 584 5 848 5 873 5 767 5 679 5 844 6 097 6 257 7 042
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
7 229 7 113 6 595 5 919 5 999 5 714 5 669 5 553 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[17].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de Rambervillers repose sur un atout de masse: sa forêt (environ 15 000 ha) , elle possède 2 scieries plus la grosse usine de panneaux de particules appartenant au groupe Egger, la papeterie Matussiere et Forest a toutefois fermé en 2005. Elle compte aussi deux ou trois ateliers de métallurgie, un abattoir et un transporteur. Elle dispose également d'un incinérateur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Les rives de la Mortagne
Liste des maires depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1953 Albert Bodson    
1953 1966 Lucien Nicolas (1909-1966) MRP Entrepreneur de travaux publics, député
1966 1971 Jean Baudet    
1971 1989 Pierre Kempf (1920-1998) UDF Conseiller général
1989 1995 Georges Chevrier    
1995 2001 Claude Thiéry    
mars 2001 en cours Gérard Keller PS Principal adjoint de collège

Le canton de Rambervillers compte 29 communes pour un total de 12 814 habitants.

Article détaillé : Canton de Rambervillers.

Garnison[modifier | modifier le code]

Art[modifier | modifier le code]

Jules Benoît-Levy, né à Paris en 1866, a peint la défense de Rambervillers le 8 octobre 1870. Ce tableau aujourd'hui au musée lorrain de Nancy illustre le patriotisme des couches populaires lorraines. Les fragiles barricades érigées par les insurgés n'ont pourtant pas empêché la prise rapide de la ville par les troupes badoises, disposant d'une bien plus grande puissance de feu. Elles ont entraîné de terribles représailles et une masse d'impositions de guerre exceptionnels qui ont accablé la commune jusqu'en février 1871.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Rambervillers est la ville méridionale de la Lorraine, qui appartenait aux évêques de Metz. Ses fortifications et l'importance numérique de sa population en font un centre incontournable dès le XIIe siècle. Elle dépasse ou fait jeu égal sur certains secteurs marchands avec Plombières, Epinal, Châtel, La Neuveville, Raon L'Etape, et les autres villes du piémont vosgien, sans compter les minuscules villes religieuses de la montagne vosgiennes, mis à part Bruyères.
  • Nicolaus Serarius (1555-1609), exégète, jésuite et historien
  • La médiathèque porte le double nom d'Alphonse et Jean Vartier. Le journaliste d'origine rambuvetaise Jean Vartier, travaillant pour l'Est Républicain d'abord à Besançon, puis à Nancy et enfin à Paris, est resté attaché à ses Vosges natales. Outre son œuvre romanesque et satirique, il connaissait le monde du bois et du flottage[18].
  • La famille de l'industriel Henry Boucher, ministre du commerce à la fin du XIXe siècle, a contribué à sauver la notoriété de la commune. Elle a laisse un historien local[19]
  • Antoine-Paul Vaillant (Rambervillers, 1800-Antony,1884) est issu d'une famille de marchands tanneurs originaire de Châtel-sur-Moselle, installée en 1673 à Rambervillers avec Pierre-Hubert, fils du major de la garnison de Châtel. Il fut médecin militaire, inspecteur général des services de santé, président du Conseil de santé des armées, commandeur de la Légion d'honneur et de l'Ordre de Saint-Grégoire le Grand.
  • Nicolas Triboulot né le à Anglemont. s'installa comme notaire à Rambervillers. Veuf de Justine Catany, il épousa Elisa Chanal. Il eût pour gendre Sébastien Remy et pour petit-fils Maurice Perrin, professeurs agrégés à la Faculté de Médecine de Nancy. Une lignée de médecins qui exerceront pour les uns à Rambervillers (son petit-fils le Dr Jean Remy, puis son arrière-petit-fils le Dr Jacques Remy) et pour les autres à Nancy (le Dr André Remy, pédiatre, qui eut lui-même deux fils médecins: le Dr Michel Remy, Expert auprès de la cour d'appel de Metz, et le Dr François Remy, Président du Comité Français pour l'Unicef).
  • Jean Joseph Vaudechamp, né à Rambervillers en 1790, fut un portraitiste célèbre.
  • François Eugène Durupt (1847-1922), général de brigade - saint-cyrien (promotion du Sultan 1866-68), y est né ;
  • Sunsiaré de Larcône, né Suzy Durupt, écrivaine français et auteure d'un unique roman, est née à Rambervillers en 1935.
  • Yannick Baret, ancien footballeur français né à Rambervillers. Il a évolué à l'AS Monaco puis à l'En Avant de Guingamp et au FC Lorient, disputant 173 matchs de Ligue 1 et 87 matchs de Ligue 2 au poste de milieu de terrain.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Rambervillers est jumelée avec 2 villes :

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Rambervillers, p. 957
  • Charles-Laurent Salch, Atlas des villes et villages fortifiés en France, Début du Ve siècle à la fin du XVe siècle, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 1er novembre 1987, 495 p. (ISBN B.38.688.87)
    Rambervillers p. 456 et Carte n°5 des Vosges

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. Les armoiries de Rambervillers et leurs positions dans son histoire.
  3. « Liste des notices pour la commune de Rambervillers », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. « Notice no PA00107227 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Notice no PA00107229 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Notice no PA00107228 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. « Notice no PA88000041 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Notice no PA00107231 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. « Notice no PA00135424 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. « Notice no PA00125545 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  11. « Notice no PA00107230 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. « Notice no PA88000033 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. « Notice no IA88000316 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. « Notice no IA88000315 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  15. Musée de la terre
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  18. Jean Vartier, La vie quotidienne en Lorraine au dix-neuvième siècle, Hachette-Littérature, 1973, 296 pages.
  19. André Boucher, Sous les cendres du passé de Rambervillers, 1959.