Grosbliederstroff

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Grosbliederstroff
Église St Innocent
Église St Innocent
Blason de Grosbliederstroff
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarreguemines
Canton Sarreguemines-Campagne
Intercommunalité Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences
Maire
Mandat
Joël Niederlaender
2014-2020
Code postal 57520
Code commune 57260
Démographie
Gentilé Blithariens, Blithariennes
Population
municipale
3 311 hab. (2011)
Densité 253 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 26″ N 7° 01′ 43″ E / 49.15722222, 7.02861111 ()49° 09′ 26″ Nord 7° 01′ 43″ Est / 49.15722222, 7.02861111 ()  
Altitude Min. 105 m – Max. 357 m
Superficie 13,07 km2
Localisation

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Liens
Site web www.grosbliederstroff.fr

Grosbliederstroff est une commune française située dans le département de la Moselle. Elle fait partie de l’eurodistrict de Sarrebruck-Forbach qui avoisine les 700 000 habitants. Elle appartient également à l'aire urbaine de Sarrebruck-Forbach. À proximité de Sarrebruck (4 km), Sarreguemines (7 km) et Forbach (12 km), la commune est desservie par le tramway (Saarbahn) reliant Sarrebruck à Sarreguemines. Elle est aussi reliée aux autoroutes A4 et A320 ainsi qu’au réseau autoroutier allemand (A1, A6, A8).

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans la vallée de la Sarre, dans la zone du Canal des houillères de la Sarre, Grosbliederstroff occupe une position singulière. Le village fait face à son voisin allemand, Kleinblittersdorf. Ne formant qu’un seul et même village plusieurs centaines d’années auparavant, les deux entités sont désormais de nationalités différentes.

Les préfixes Gros(s)- et Klein- (respectivement Grand et Petit en français) font directement référence à la taille du village. C’était vrai autrefois, mais désormais, c’est Kleinblittersdorf, Gemeinde en communauté de villages jusqu’à la Blies, qui compte le plus d’habitants, tout en étant membre du (Stadtverband de Sarrebruck). Grosbliederstroff est membre de la Communauté d’agglomération de Sarreguemines.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Gungling est une annexe qui a été construite vers 1860 sur l’emplacement d'un ancien village dénommé Gundelinga en 1120.
  • La fouille du site de Gungling est à l'origine de la découverte d'un habitat rural occupé, sans interruption, du IXe au début du XVe siècle. Le site est abandonné au début du XVe siècle et les terres sont réservées à l'usage agricole.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

dans le sens des aiguilles d’une montre

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première mention écrite connue de Grosbliederstroff, remonte à 777 dans un acte de Fulrad, abbé de Saint-Denis et conseiller de Charlemagne, sous la forme latinisée Blithario villa[1]. Par ce testament, conservé aux Archives Nationales à Paris, Fulrad lègue des territoires situés dans les régions actuelles de Lorraine, de Sarre, d’Alsace, de Souabe et du Brisgau. Ensuite, le village est attesté en 1125 sous la forme germanique Bliterstorf ou Blitestorf[2]. Puis Biederstorff & Bliederstorff en 1544, Grossblietersdorff (1594), Bliterstroff (1721), Blidertorf-le-Grand (1756), Blidestroff-le-Gros (1779), Bliderstroff-Gros (1801).

Blithario villa est une traduction en latin médiéval du nom germanique d'origine *Blitharsdorf ou *Plidhersdorf, qui signifie « village de Blithar ou de Plidher », anthroponyme de souche germanique.

Cependant, en Lorraine francique, le mot dorf « village » est souvent passé à troff par durcissement de /d/ en /t/ et métathèse de /r/.

Groschbliderschtroff en francique lorrain[3].

Sobriquets[modifier | modifier le code]

  • Anciens sobriquets désignant les habitants[4]: Die Grumbere-Gerschel (les avaleurs/bouffeurs de pommes de terre).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Des découvertes archéologiques laissent penser que Grosbliederstroff et ses environs étaient habités dès le paléolithique : découvertes[5] de dents (Hanweiler) et d’ossements (Spicheren, 1931) de mammouth ou d’éléphant (Cocheren, 1866), plusieurs armes en silex.

Celtes, Gallo-Romains et Germains[modifier | modifier le code]

La présence des Celtes (Gaulois) est attestée dans la région de Grosbliederstroff, ensuite elle subit une romanisation intense et elle est desservie par une voie romaine. L'arrivée des Germains modifie le peuplement, dont le dialecte devient germanique.

Dans la forêt domaniale de Grosbliederstroff, on trouve une des plus anciennes nécropoles des invasions barbares[6].

Sous les Francs, le village faisait partie de l’Austrasie.

Après le traité de Verdun (843), Grosbliederstroff est rattaché à la Francie médiane, puis au Saint-Empire romain germanique.

Destructions, Peste[modifier | modifier le code]

Grosbliederstroff fut incendié par les troupes d’Albert de Brandenbourg en 1553[7], puis détruite par l’armée Suédoise pendant la Guerre de Trente Ans. Ces destructions suivies par une épidémie de peste en 1637 firent considérablement chuter la population.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Bliederstroff était une localité comprenant l’actuel village de Grosbliederstroff sur la rive gauche de la Sarre et de la ville de Kleinblittersdorf sur la rive droite. Les préfixes gros (en allemand : grand) et klein (en allemand : petit) n’ayant été introduits que lorsque le village a été divisé par une frontière. Ces préfixes ont tour à tour été francisés (préfixes 'petit’, 'grand’, 'le gros’) et germanisés ('gross’, 'klein’). La paroisse de Blittersdorf dépendait de l’abbaye des prémontrés de Wadgassen (Sarre) depuis 1253[8].

La chapelle Sainte-Croix fut probablement construite pendant les croisades bien que sa première mention écrite ne remonte qu’au XVIIe siècle.

L’église paroissiale telle qu’elle existe aujourd’hui – bâtie sur la base d’une chapelle – fut construite en 1745. Le presbytère, l’ossuaire, le cimetière (détaché de l’église) datent de la même époque: au XVIIIe siècle.

La population se remit à croître et Bliederstroff était une localité importante sur la Sarre.

En 1766, à la mort de Stanislas Leszczyński, dernier Duc souverain de Lorraine, la Lorraine et le Barrois sont définitivement rattachés à la France et Grosbliederstroff devient français, car territoire de l'abbaye.

En 1790, date de la création des départements, Grosbliederstroff sera rattaché au département de la Moselle. En 1792, poussée révolutionnaire jusqu'au Rhin, création du département de la Sarre dont la préfecture est fixée à Trèves, Sarrebruck devenant sous-préfecture.

Congrès de Vienne[modifier | modifier le code]

Après la chute de Napoléon, le congrès de Vienne en 1815 et deuxième Traité de Paris, définissent une nouvelle frontière le long de la Sarre : cette frontière divise le village de Bliederstroff en deux et donne naissance aux deux localités indépendantes de Grosbliederstroff et Kleinblittersdorf, nouvelle commune rattachée à la Prusse.

1870-1919[modifier | modifier le code]

Grosbliederstroff fût épargnée par la guerre de 1870/71 contrairement aux localités voisines (particulièrement Spicheren). En 1871, l’Alsace-Moselle est rattachée à la Prusse. La Prusse sera épargnée par la première guerre mondiale. Grosbliederstroff redeviendra officiellement français par le Traité de Versailles en 1919.

2e Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Grosbliederstroff se situant entre la frontière allemande et la ligne Maginot, les habitants ont été évacués en Charente ; les mineurs ont été réaffectés dans les mines du Nord. De nombreux habitants ont été incorporés de force dans l’armée allemande (on les appelle les « malgré-nous »). Grosbliederstroff a été bombardée en 1944 et ne fut libérée que le 18 février 1945 par les 275th Trailblazers américains. Grosbliederstroff comptait une importante communauté juive (environ 300 personnes), beaucoup de ses membres furent déportés.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1993, l’union européenne met en place la libre circulation des personnes dans l’espace de Schengen. De nombreux Sarrois éliront alors domicile à Grosbliederstroff. Si l’on ajoute à cela, le fait que de nombreux habitants de la commune travaillent en Sarre, Grosbliederstroff fait dès lors partie de la banlieue de Sarrebruck.

En 1997, Grosbliederstroff est reliée à Sarrebruck par tramway par l’arrêt voisin de Kleinblittersdorf.

En 2007, la synagogue, qui n’était plus utilisée, est déclassée.

Rattachements géographiques[modifier | modifier le code]

Pour mieux comprendre l’identité franco-allemande de Grosbliederstroff, voici une liste des rattachements géographiques successifs:

Armoiries[modifier | modifier le code]

La partie supérieure représente un alérion du drapeau de la Lorraine; la partie inférieure la foudre faisant référence à la centrale thermique. La séparation ondulée représente la Sarre. La ville est décorée de la croix de Guerre 1939-1945.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le conseil municipal est composé de 23 membres (dont le maire). Il y a 5 adjoints.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
2008 En cours Joël Niederlaender sans étiquette  
1995 2008 Robert Allmang sans étiquette  
1977 1995 Jean Jung sans étiquette  
1970 1977 François Ammer sans étiquette  
1959 1970 Marcel Maurer sans étiquette  
1947 1959 Joseph Fersing sans étiquette  
1945 1947 Pierre Adam sans étiquette  

Depuis 2004, Grosbliederstroff a rejoint la communauté d’agglomération Sarreguemines Confluences (anciennement District de Sarreguemines).

Fiscalité[modifier | modifier le code]

En pourcentage de la valeur locative cadastrale.

Taxe 2007
foncière sur le bâti 21,30 %
foncière sur le non-bâti 68,69 %
sur les ordures ménagères 10,70 %
d'habitation 24,06 %
professionnelle 20,24 %

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 311 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
1 100 1 184 1 327 1 579 2 137 2 126 2 003 2 115 1 873
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
1 865 1 880 1 751 1 906 1 961 2 200 2 292 2 434 2 180
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
2 243 2 319 2 306 2 247 2 763 3 108 3 218 3 279 3 163
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
3 092 3 334 3 308 3 301 3 311 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


En 2008, environ 20 % (plus de 600 habitants) de la population de Grosbliederstroff est de nationalité allemande (principalement du fait de la proximité de Sarrebruck). La population de nationalité française est par contre en baisse.

Climat[modifier | modifier le code]

Climat Grosbliederstroff
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −1 −1 2 4 8 11 13 13 10 7 2 0
Température maximale moyenne (°C) 3 4 9 13 18 21 23 23 19 14 7 4
Précipitations (mm) 54,4 42,1 38,6 38,1 46,5 49,3 50,6 40,3 39,7 52,9 59,9 61,3
Source : Relevés Sarrebruck


Transport[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École maternelle Blanche-Neige.
  • École primaire Erckman-Chatrian.
  • Collège Val-de-Sarre.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Restes de murailles antiques.
  • Bracelets du Hallstatt.
  • Voie romaine
  • Vierge du Brandenbusch (sur les hauteurs du village)
  • Monuments aux Morts
  • Ancien ossuaire
  • Pont de l'amitié
  • Pont international
  • Place de l’Euro

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Saint-Innocent 1749, restaurée XIXe siècle : autels à grands retables avec statues de saints de prémontrés, chaire XVIIIe siècle richement sculptée, confessionnaux, grande croix XVIIIe siècle (travaux du sculpteur de l’abbaye, Guldner de Bérus). Elle renferme trois autels classés monuments historiques[11], [12].
  • Chapelle Sainte-Croix restaurée 1855 : 12 statues en bois XVIIIe siècle, œuvres de Guldner.
  • Synagogue créée en 1835, endommagée au cours de la seconde guerre mondiale, désaffectée en 1992[13].
  • Cimetière Israélite créé en 1885.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Fulrad, abbé de Saint-Denis
  • François Hoën (1864-1935) minotier, ancien député protestataire au Reichstag et membre de l'ancien Parlement d'Alsace-Lorraine. Villa Hoen:incitation à la modernisation du village par l'électricité et l'eau courante bien avant d'autres villages.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Charbonnages de France : Grosbliederstroff comptait une centrale, la centrale thermique de Grosbliederstroff. Elle a été construite de 1951 à 1953 et les cheminées (les plus grandes d'Europe) en 1959. Cette unité de production d’électricité appartenait au groupe des HBL - Houillères du Bassin de Lorraine. Le charbon était amené par un système aérien de wagonnets directement de Morsbach situées à une dizaine de kilomètres delà. Elle a été détruite en 1990 car elle n'était plus assez rentable[14].
  • En été, l’émergence d’un banc de vase dans le cours de la Sarre a fait discuter de son appartenance territoriale; des Allemands facétieux et inspirés par le carnaval de Sarreguemines l’ont proclamé en 1982 État libre, le plus petit du Monde (30 m²), et baptisé Carnevalis, le dotant même d’un timbre-poste, d’une université et d’un site Internet[1]; le président-chancelier est domicilié à Kleinblittersdorf.
  • La commune est couverte par une télévision locale qui existe depuis 1984 et est diffusée via le réseau de télédistribution. Les programmes sont composés d'une boucle infographique évoquant l'actualité de la commune et de reportages des différentes manifestations au cours de l'année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]