Martin Luther

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Martin Luther (homonymie) et Luther (homonymie).
Martin Luther
Description de cette image, également commentée ci-après
Martin Luther en 1528 par Lucas Cranach l'Ancien.
Nom de naissance Martin Luther
Naissance
Eisleben, Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Décès (à 62 ans)
Eisleben, Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Allemand
Mouvement Réforme protestante
Luthéranisme
Genres
Signature de Martin Luther

Martin Luther Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le à Eisleben, en Thuringe[1] et mort le dans la même ville, est un frère augustin[2] théologien, professeur d'université, initiateur du protestantisme[3],[4],[5],[6] et réformateur de l'Église dont les idées exercèrent une grande influence sur la Réforme protestante, qui changea le cours de la civilisation occidentale[7].

Très préoccupé par son salut, il découvre la force libératrice de la foi en Jésus reçue à travers la Bible dans l'épître de Paul aux Romains[8]. Selon Luther, le salut de l'âme est un libre don de Dieu, reçu par la repentance sincère et la foi authentique en Jésus-Christ comme le Messie, sans intercession possible de l'Église. Il défie l'autorité papale en tenant la Bible pour seule source légitime d'autorité chrétienne[9].

Sommé le par le pape Léon X de se rétracter, il est excommunié, le , par la bulle pontificale Decet romanum pontificem. L'empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, Charles Quint, convoque Martin Luther en 1521 devant la diète de Worms. Un sauf-conduit lui est accordé afin qu'il puisse s'y rendre sans risque. Devant la diète de Worms, il refuse de se rétracter, se déclarant convaincu par le témoignage de l'Écriture et s'estimant soumis à l'autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu'à celle de la hiérarchie ecclésiastique. La Diète de Worms, sous la pression de Charles Quint, décide alors de mettre Martin Luther et ses disciples au ban de l'Empire.

Il est accueilli par son ami l'électeur de Saxe Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg, où il compose ses textes les plus connus et les plus diffusés. C'est là qu'il se lance dans une traduction de la Bible en allemand à partir des textes originaux, traduction dont l'influence culturelle sera primordiale, tant pour la fixation de la langue allemande que pour l'établissement des principes de l'art de la traduction[10].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La jeunesse du moine Martin Luther (1483-1546) à Eisleben, dans le comté de Mansfeld (Allemagne), c. 1850.

Martin Luther est né à Eisleben (dans le comté de Mansfeld, aujourd'hui en Saxe-Anhalt) le [1]. Il est le fils aîné de Hans Luder[11] et de Marguerite Zidler. Son père, paysan d'origine, devient mineur dans une mine de cuivre de la région de Mansfeld, puis exploitant d'une mine de cuivre et d'une fonderie, ce qui lui permet d'acquérir le statut de bourgeois puis de magistrat. Martin Luther a plusieurs frères et sœurs, et se sent particulièrement proche de son frère Jacob[12].

Hans Luder[11], ambitieux pour lui-même et pour sa famille, est déterminé à voir son fils aîné devenir juriste. Il envoie Martin suivre ses études primaires et secondaires dans les écoles latines de Mansfeld, puis à Magdebourg et à Eisenach. Ces trois écoles se focalisent sur le trivium : la grammaire, la rhétorique et la logique. Luther comparera plus tard sa scolarisation au purgatoire, puis à l'enfer[13].

En 1501, à l'âge de dix-huit ans, il entre à l'université d'Erfurt, où il obtient un diplôme de bachelier en 1502 et une maîtrise en 1505. Il a alors l'intention d'étudier le droit, comme le souhaite son père, dans la même université mais il abandonne presque aussitôt, avec l'idée que le droit relève de l'incertitude[14].

Luther se sent attiré par la théologie et la philosophie, et exprime un intérêt particulier envers Aristote, Guillaume d'Ockham et Gabriel Biel[14]. Il est influencé par deux tuteurs, Bartholomaeus Arnoldi von Usingen et Jodocus Trutfetter, qui lui apprennent à remettre en question les plus grands penseurs[14] et à tout analyser par l'expérimentation[15]. Cependant, la philosophie lui semble insatisfaisante, prometteuse quant à la raison mais sans rapport avec l'amour de Dieu. Pour lui, la raison ne saurait attirer les hommes vers Dieu, ce qui l'amène à une vision ambivalente d'Aristote en raison de l'importance que ce dernier accorde à la raison[15]. Selon Luther, la raison peut être utilisée afin de remettre en question les hommes et les institutions, mais non pas Dieu lui-même : l'homme ne peut étudier Dieu qu'à travers la révélation divine et, par conséquent, les textes saints sont essentiels[15].

Il quitte l'université et entre dans une confrérie augustinienne à Erfurt le [16]. Plus tard, il attribuera cette évolution à un événement : le , il retournait à cheval à Erfurt après un congé dans sa famille. Pendant un orage, la foudre frappa près de lui. Par la suite, il avouera à son père sa peur de la mort et du jugement divin en s'écriant : « Au secours, sainte Anne, je vais devenir moine ! »[17] (ou « Sainte Anne, sauve-moi et je me ferai moine ! »). Il en vient à considérer son appel à l'aide comme une promesse qu'il ne pourra briser.

Un ami impute cette décision à la douleur de Luther lors de la perte de deux de ses amis. Luther lui-même semble attristé. Il dit, le soir de son dîner de départ : « En ce jour, vous me voyez, et puis, plus jamais[15]. »

Son père est furieux de ce qu'il considère comme du gâchis[18].« Le maître des Arts va devenir un fainéant », dit-il[19].

Vie conventuelle[modifier | modifier le code]

Membre de l'ordre mendiant des Augustins[20], Martin essaie au couvent des Augustins d'Erfurt de rechercher dans l'ascèse (mortifications, jeûnes, veilles) la promesse de son salut tout en restant persuadé qu'il n'y parviendra jamais. En même temps, il continue à étudier la théologie et bientôt commence à l'enseigner : ordonné prêtre en 1507, il est désigné pour enseigner la philosophie au couvent d'Erfurt. Docteur en théologie en 1512, il occupe par la suite la chaire d'enseignement biblique à l'université de Wittemberg, ville où il est, à partir de 1514, prédicateur de l'Église. Enseignement, prédication et recherche personnelle sont désormais ses trois activités principales.

Vers la Réforme[modifier | modifier le code]

Certains font remonter les idées réformatrices de Luther à un séjour qu'il a fait à Rome en 1510-1511 pour les affaires de son ordre. Ce n'est apparemment pas le cas, et les abus ecclésiastiques de l'époque ne semblent pas l'émouvoir outre mesure. Plus importants sont son obsession du salut et ses travaux sur les épîtres de Paul. Il ressent en lui de multiples tendances vers le mal, et toutes les pratiques que lui offre l'Église, messes, confessions, jeûnes, etc. ne lui permettent pas de se libérer de ce sentiment de culpabilité. C'est sa compréhension nouvelle de l'épître de Paul aux Romains qui lui procure le soulagement. Il écrira : « Alors je commençai à comprendre que la « justice de Dieu » est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir de la foi, et que la signification (de la lettre de Paul aux Romains au chapitre 1, 17) était celle-ci : par l'Évangile nous est révélée la justice de Dieu..., par laquelle le Dieu miséricordieux nous justifie par la foi... Alors je me sentis un homme né de nouveau et entré, les portes grandes ouvertes, dans le paradis même. À l'instant même, l'Écriture m'apparut sous un autre visage »[21]. Il découvre que seule la foi sauve, que seule la confiance placée en Jésus qui nous aime malgré notre péché libère vraiment. Luther en arrive à se dire que l'homme doit accepter son état de pécheur et qu'il est fatalement imparfait devant Dieu, ce qui n'empêche pas la pénitence. En revanche, vouloir résoudre le problème du péché par des indulgences susceptibles de se substituer en tout ou en partie à cette pénitence, le plus souvent monnayées, est pour lui une pratique incompatible avec la piété ainsi qu'un danger d'éluder les vrais problèmes.

Portes en bronze (actuelles) des 95 thèses de Luther.

Le conflit avec la papauté éclate en 1517, à propos de l'indulgence décrétée par le pape Jules II et continuée sous le pape Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre, indulgence soutenue dans le Saint-Empire par l'archevêque-électeur de Mayence Albert de Brandebourg. Le 31 octobre, Luther écrit à l'archevêque pour lui demander de ne pas cautionner cette indulgence et joint à sa lettre les 95 thèses qui auraient principalement été inspirées par les abus du moine dominicain Johann Tetzel. Comme l'affirme son contemporain Philippe Mélanchthon, le il aurait placardé sur les portes de l'église de la Toussaint de Wittemberg ses 95 thèses condamnant violemment le commerce des indulgences pratiqué par l’Église catholique, et plus durement encore les pratiques du haut clergé — principalement de la papauté. Ces 95 Thèses, également appelées Thèses de Wittemberg, sont imprimées à la fin de l'année. Il s'insurge contre l'instauration de dogmes tels que celui du Purgatoire. Dès lors, cette controverse entre théologiens (donc universitaires) devient une affaire publique et politique. Luther est dénoncé à Rome par l'archevêque Albrecht. Le pape Léon X lui ordonne de se rétracter par la bulle pontificale Exsurge Domine, mais Luther la brûle en public et rompt avec l'Église catholique, en 1521. Un an plus tard commence contre lui un long procès qui aboutira à son excommunication.

Entre-temps, l'empereur Maximilien meurt et son petit-fils Charles Quint lui succède. Le nouvel empereur est un prince flamand. Il règne depuis trois ans sur l'Espagne et les récentes colonies américaines, la majeure partie de l'Italie et les Pays-Bas bourguignons. Il est âgé de dix-neuf ans et ne parle pas l'allemand.

Mise en œuvre de la Réforme[modifier | modifier le code]

Face à Martin Luther, Rome choisit l'affrontement, méconnaissant l'adversaire et sa pugnacité, et sans doute aussi la situation politique allemande[réf. nécessaire]. Le procès menant à son excommunication, loin d'affirmer le catholicisme, ne fait qu'accélérer le processus de la Réforme.

L'excommunication et la mise au ban du Saint-Empire[modifier | modifier le code]

L'empereur Charles Quint vers 1522.

En octobre 1518, Martin Luther est convoqué à Augsbourg, où le cardinal Cajetan, nonce apostolique, est chargé d'obtenir sa rétractation. Peine perdue. Après cet échec, Léon X décide d'adopter une attitude plus conciliante : il nomme Karl von Miltitz nonce apostolique et le charge de remettre à Frédéric le Sage, dont Luther est le sujet, la Rose d'or qu'il convoite depuis trois ans, espérant ainsi le convaincre de faire cesser les attaques de Luther contre la pratique des indulgences. Les et , Miltitz rencontre Luther à Altenbourg. Il obtient de sa part l'engagement de ne plus s'exprimer sur la question des indulgences et promet de son côté d'imposer le silence à ses adversaires Johann Tetzel et Albert de Brandebourg. À la suite de cette entrevue, Luther écrit au pape une lettre qu'il remet à Miltitz. De nouvelles rencontres ont lieu entre les deux hommes, le à Liebenwerda puis en à Lichtenburg, près de Wittenberg, mais la rupture avec Rome est déjà consommée. C'est qu'entretemps Luther a aggravé son cas : en , lors de sa controverse avec Johann Eck (Disputatio de Leipzig), qui sera l'organisateur de la Contre-Réforme dans l'Empire, il met en cause l'infaillibilité des conciles. En , Rome publie la bulle Exsurge Domine le menaçant d'excommunication, tandis que ses livres sont brûlés. Luther réagit en brûlant, le , à la fois la bulle papale et le droit canonique. L'excommunication, désormais inévitable, est prononcée le (bulle Decet Romanum Pontificem).

Reste maintenant à mettre Luther au ban du Saint-Empire, ce qui ne peut se faire qu'après accord des États de l'Empire. Dans ce but Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, convoque Martin Luther en devant la diète de Worms (Rhénanie-Palatinat). Un sauf-conduit lui est accordé afin qu'il puisse s'y rendre en toute sécurité. Mais face à l'empereur, Luther refuse à nouveau de se plier aux exigences de l'Église, et il proclame notamment :

« Votre Majesté sérénissime et Vos Seigneuries m'ont demandé une réponse simple. La voici sans détour et sans artifice. À moins qu'on ne me convainque de mon erreur par des attestations de l'Écriture ou par des raisons évidentes — car je ne crois ni au pape ni aux conciles seuls puisqu'il est évident qu'ils se sont souvent trompés et contredits — je suis lié par les textes de l'Écriture que j'ai cités, et ma conscience est captive de la Parole de Dieu ; je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n'est ni sûr, ni honnête d'agir contre sa propre conscience. Me voici donc en ce jour. Je ne puis faire autrement. Que Dieu me soit en aide[22]. »

Sa mise au ban de l'Empire est alors prononcée.

Les appuis politiques[modifier | modifier le code]

Luther est mis au ban de l'Empire, ce qui signifie que n'importe qui peut le mettre à mort impunément. Mais il dispose cependant, outre d'un soutien populaire assez large, de divers appuis politiques, tels celui du landgrave de Hesse et surtout celui du prince-électeur de Saxe Frédéric III le Sage.

Martin Luther (1483-1546) de Lucas Cranach l'Ancien, c.1500.

Aussitôt sa condamnation prononcée, l'électeur de Saxe Frédéric III le Sage, craignant qu'il ne lui arrive malheur, l' « extrait » : plus précisément, des hommes de confiance de Frédéric III enlèvent Luther alors qu'il traverse la forêt de Thuringe le [23], à l'époque où il réside au château d'Altenstein, chez Burghard II Hund von Wenkheim, Frédéric III le met à l'abri dans le château de la Wartbourg, près d'Eisenach. Luther y demeure jusqu'au sous le pseudonyme de chevalier Georges. C'est ici qu'il commence sa traduction de la Bible, d'abord celle du Nouveau Testament. La tradition veut qu'il ait laissé une trace de son passage : un jour où le diable venait une fois de plus le tourmenter, l'empêchant de travailler, il lança son encrier contre le démon, ce qui occasionna une tache sur le mur, encore visible aujourd'hui. Après moins de deux ans de clandestinité, il revient de son propre chef au cloître de Wittemberg, qu'il ne quittera plus guère désormais, et où il ne sera plus vraiment inquiété.

La Réforme se répand dans les principautés voisines, façonnant une sorte d'unité allemande que Charles Quint ne peut combattre, empêtré qu'il est dans ses guerres contre la France.

Lors de la diète de Spire, en , le souverain tente de reprendre les choses en main, mais il se heurte à six princes et quatorze villes qui protestent d'en appeler à un concile si Charles Quint veut revenir à l'édit de Worms. La diète d'Augsbourg de 1530, au cours de laquelle Philippe Mélanchthon lit la Confession d'Augsbourg, confirme la résistance des princes protestants, qui forment la ligue de Smalkalde en 1531.

Les détracteurs de Martin Luther lui ont souvent fait grief de ce soutien des princes en lui reprochant d'avoir instauré une religion qui n'est pas celle du peuple. Ils lui reprochent surtout son comportement pendant la guerre des Paysans allemands (1524-1525), révolte provoquée par la misère mais liée aussi à la question religieuse et à des préoccupations proches des siennes ; plusieurs chefs du mouvement sont anabaptistes). En avril 1525, en des termes très durs, Luther se prononce pour une répression impitoyable de la révolte. Il y aura en tout plus de 100 000 morts. Pour Luther, se révolter contre son souverain équivaut à se révolter contre Dieu lui-même : Dieu a donné à certains le « privilège » de gouverner et, même quand ils se révèlent injustes, Dieu n'a pu se tromper. Si le peuple est gouverné par un souverain cruel, il s'agit d'une punition divine.

Développement du protestantisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protestantisme.
Martin Luther (1483-1546), huile sur toile de Lucas Cranach l'Ancien, 1528.

Initiateur d’une quête théologique personnelle, préférant l'augustinisme à la scolastique, axée sur l'Écriture et la figure majeure du Christ, et mettant l'accent sur le salut par la foi, excommunié, Martin Luther se retrouve de facto à la tête d’un grand mouvement religieux qu’il lui faut organiser rapidement pour éviter tout débordement. En 1522 à Wittemberg, pendant que lui-même était retenu au château de Wartbourg, l'enthousiaste Andreas Bodenstein von Karlstadt avait profondément éradiqué de la messe toutes les allusions sacrificielles, pratiqué la communion sous les deux espèces et incité à mépriser les dévotions populaires et les images. Luther n'en demandait pas tant : selon lui, il importait d'éviter de heurter les faibles, seule la parole persuasive était de mise.[réf. nécessaire]

Bien que spontanément conservateur, et ne voulant pas qu'on se réclame du nom de luthérien mais de celui de chrétien, Luther fait évoluer la nouvelle Église dans un sens qui l’éloigne de plus en plus des traditions romaines. Il la dote d’outils pédagogiques[24], avec, à l’usage du peuple, Le Petit Catéchisme (1529) et, pour les pasteurs, le Grand Catéchisme. Il prononce la suppression des sacrements non « évangéliques » (seuls sont conservés le baptême et l’eucharistie, bien que la pratique de la confession subsiste dans de nombreux endroits), la suppression - pour des raisons tant théologiques que morales - des vœux monastiques et du célibat des prêtres, l'élection des pasteurs par des communautés locales, l'allemand comme langue liturgique (1526) etc.

Concernant ses rapports avec les autres courants de la réforme protestante, Luther s'oppose à Ulrich Zwingli (avec qui la rupture est définitive au colloque de Marbourg, en 1529) mais finit par se réconcilier avec les Strasbourgeois (ainsi que Bâle et Augsbourg), avec la Concorde de Wittemberg.

Bien que désapprouvant les moines qui s'étaient hâtés de quitter son propre couvent de Wittenberg, Luther, au terme d'une réflexion critique sur les vœux monastiques, affirme la sanctification de la vie conjugale et se marie lui-même en 1525 avec une ancienne religieuse, Catherine de Bora, dont il aura six enfants. Ce sera en 1534 que Martin Luther achèvera l'écriture de sa Bible. En 1544, le Royaume de Suède devient officielement luthérien. En 1559, Elisabeth Ire instaure l'anglicanisme, en France, on assiste au premier synode des Églises réformées.

Les pamphlets[modifier | modifier le code]

Les sorciers[modifier | modifier le code]

La chasse aux sorcières et sorciers exista dans les régions tant protestantes que catholiques romaines de l'Europe centrale, pendant et après la Réforme. Luther, et plus tard Jean Calvin, y apportèrent leur soutien. Ils se fondaient sur les mots de la Bible (Exode 22:17) « tu n'accepteras pas de laisser vivre une sorcière ». Luther alla jusqu'à en parler dans certains de ses sermons (celui du WA 16, 551f., et aussi WA 3, 1179f, WA 29, 520f). Dans celui du , il dit : « vous ne devez pas avoir de pitié pour les sorcières, quant à moi je les brûlerais » (WA 22, 782 ff.). Il estimait que la sorcellerie était un péché allant à l'encontre du deuxième commandement.

Les incarnations de l'Antéchrist[modifier | modifier le code]

Au cours des Guerres austro-turques (1521 – 1543), Luther instrumentalise la menace de l'impérialisme ottoman pour servir ses visées politico-religieuses. Il faut, selon lui, vaincre d'abord les « Turcs de l'intérieur », c'est-à-dire les papistes, pour être en mesure de repousser le Grand Turc de Constantinople, ces deux fléaux n'étant que deux incarnations différentes de l'Antéchrist. Toutefois, avec le siège de Vienne, le danger commence à peser sur l'Europe centrale, et son attitude se met alors à évoluer. Dans un nouveau pamphlet : Vom Kriege wider die Türken, il affirme que le pape n'a jusque-là fait qu'utiliser la menace ottomane comme prétexte pour faire de l'argent et vendre des indulgences. Luther explique l'échec des résistances à l'expansion ottomane par la doctrine augustinienne des deux royaumes : il n'appartient pas à l'Église de faire la guerre ou de la diriger : allusion à peine voilée à l'évêque hongrois Pál Tomori, qui, en tant que général, est alors responsable de la défaite de Mohàcs ; la résistance contre les Turcs est l'affaire des seules autorités temporelles, auxquelles chacun doit se soumettre, mais qui n'ont aucune prérogative en matière de foi. Cette argumentation anéantit toute possibilité d'appeler à une croisade. Luther ne justifie la guerre contre les Turcs que dans la mesure où il s'agit d'une guerre défensive et appelle à des tractations réciproques.

Luther marque encore plus nettement cette distinction entre l'ordre spirituel et l'ordre temporel dans son « Appel à la mobilisation contre les Turcs » (Heerpredigt wider die Türken), publié à l', où il dénonce les ennemis du Christ (« Feinde Christi »), agite les signes eschatologiques du Jugement dernier et fait un devoir aux chrétiens de « frapper sans crainte » (« getrost dreinzuschlagen »). Par ce ton nouveau, il entend ôter tout fondement aux reproches qu'on lui a faits de servir la cause des hérétiques en divisant la chrétienté[25].

C'est ainsi qu'à l'encontre de son précepte : « Brûler les hérétiques est contre la volonté du Saint Esprit » (« Ketzer verbrennen ist wider den Willen des Heiligen Geistes », 1519), il approuve la répression de l'anabaptisme. En 1535, princes catholiques et protestants de Rhénanie se liguent pour écraser la théocratie de Münster.

Luther publie encore d'autres pamphlets : Des Juifs et de leurs mensonges (Von den Juden und ihren Lügen, 1543), Contre la papauté de Rome, inspirée du Diable (Wider das Papsttum zu Rom, vom Teufel gestiftet, 1545).

Luther et les Juifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Des Juifs et de leurs mensonges.
Martin Luther (1483-1546), huile sur toile de Lucas Cranach l'Ancien, 1528.

Luther a longtemps prêché une attitude humaine et tolérante envers les Juifs, « mais uniquement dans la mesure où ils accepteraient de reconnaître Jésus-Christ. En soi, le judaïsme est un crime à éradiquer et, si les Juifs ne se sont pas massivement convertis au christianisme, c'est parce qu'il leur a été mal enseigné. »

Devant l'échec de ses tentatives en ce sens, Luther adopte vers la fin de son existence une attitude de plus en plus judéophobe. En 1543, trois ans avant sa mort, il publie Des Juifs et de leurs mensonges, pamphlet d'une extrême violence où il prône des solutions telles que brûler les synagogues, abattre les maisons des Juifs, détruire leurs écrits, confisquer leur argent et tuer les rabbins qui enseigneraient le judaïsme. Ce type de position contribuera au maintien d'un fort antijudaïsme en Allemagne, qui servira de prétexte à l'antisémitisme sous le Troisième Reich[26],[27], époque où le pamphlet de Luther deviendra un best-seller. Au sujet de ce texte, Karl Jaspers a pu écrire : « Là, vous avez déjà l'ensemble du programme nazi[28] »

Quelques mois plus tard, dans Vom Schem Hamphoras und das Geschlecht Christi (Du nom de Hamphoras et de la lignée du Christ), Luther assimile les Juifs au diable.

Ces écrits et son influence sur l'antisémitisme ont contribué à son image controversée[29].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Luther vit ses dernières années à Wittenberg (maison de Luther). Il est affecté par la gravelle et connaît plusieurs périodes de dépression et d'angoisse (1527, 1528, 1537, 1538) dues à la mort de sa fille Madeleine ou aux querelles entre protestants. Cependant, il n'a rien perdu de sa pugnacité. Son adversaire principal reste le pape, pour lequel il n'a pas de termes assez durs.

Martin Luther s'éteint après avoir confirmé sa foi, alors qu'il est à Eisleben, sa ville natale, afin de régler un différend entre les comtes de Mansfeld.

Martin Luther et Philippe Mélanchthon reposent à l'église de la Toussaint de Wittemberg.

Théologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Luthéranisme.

Éléments fondamentaux et évolution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinq solae.

La théologie luthérienne, qui se caractérise par sa complexité, est souvent résumée par les cinq Sola/Solus :

  • sola scriptura : la « sainte Écriture seule » représente la source de toute foi et de toute connaissance que l'homme peut avoir de Dieu : c'est elle, par conséquent, qui constitue la norme critique de tout discours et de toute action chrétienne ;
  • sola gratia : la « grâce seule » compte sans qu'interviennent les tentatives de l'homme pour atteindre son propre salut ;
  • sola fide : c'est par la « foi seule », uniquement si l'homme croit dans le Christ, sans aucune œuvre de sa part, que l'on peut atteindre le salut ;
  • solus Christus : le « Christ seul », vraiment homme et vraiment Dieu, permet par son sacrifice vicarial sur la croix la justification et la guérison qui sont transmises par l’Évangile et par le sacrement de l'Eucharistie. Ce dernier principe est le fondement des trois autres ;
  • soli Deo gloria.

Critique du monachisme[modifier | modifier le code]

Dans sa volonté de réhabiliter le corps et la vie, Luther condamne la vie monastique. Avec Dein Ruf ist dein Beruf (Ta vocation est ta profession), il suggère que la vocation de tout un chacun n'est pas de chercher Dieu dans un couvent mais de s'incarner dans le monde. La traduction de son exhortation est délicate : en allemand, der Ruf signifie « appel » (du verbe rufen, appeler) ; Beruf est à la fois « métier », « vocation » et « profession ». Le jeu de mots signifierait alors : « Tu es appelé à vivre une profession. »

« Libère-moi selon ta justice » (Psaume 31)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sola fide.

Dieu accueille l'homme pécheur qui s'abandonne à lui. Le seul lien possible entre Dieu et les hommes est la foi. Les actes ne peuvent donc rien à eux seuls : il ne sert à rien d'être charitable, généreux, pieux... si l'on n'a pas la foi. Il faut d'abord s'abandonner à Dieu pour ressentir la foi ; les actes viendront ensuite d'eux-mêmes, ainsi que le salut. La théologie luthérienne est théocentrée (elle se concentre sur le Père) alors que le catholicisme de l'époque est principalement dirigé vers le Christ intercesseur, et donc christocentré.

La liberté de conscience[modifier | modifier le code]

Luther attache une importance primordiale à la liberté de conscience[30].

L'autorité de l'Évangile[modifier | modifier le code]

L'homme n'a qu'un seul guide infaillible pour trouver le bon chemin : la Parole de Dieu, l'Écriture seule, qui lui révèle le Christ. L'homme est sauvé par la pure grâce seule et par le moyen de la foi seule. La religion est une affaire personnelle et non dictée par le pouvoir en place. Cette sotériologie repose sur le rôle de la Loi et de l'Évangile. La personne du Saint-Esprit par la Loi convainc l'homme pécheur et le conduit vers la repentance, et l'Évangile fait naître la foi qui saisit le pardon, la vie et le salut que le Christ lui a acquis sur la croix.

Le sommeil des âmes[modifier | modifier le code]

Traduction de la Bible[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bible de Luther.

La traduction de la Bible en allemand, langue vernaculaire, qu'a effectuée Luther, rapproche le peuple des Saintes Écritures et a un impact culturel primordial, en permettant la large diffusion d'une norme de la langue allemande écrite et en donnant des principes généraux sur la traduction[31]. Elle a notamment une large influence sur la traduction anglaise connue sous le nom de Bible du roi Jacques[32].

Bible en allemand de Luther.

Au début, Luther n'a que peu d'égard pour les Livres d'Esther, l'Épître aux Hébreux, l'Épître de Jacques, l'Épître de Jude, et le Livre de l'Apocalypse. Il appelle l'Épître de Jacques « une épître de paille » ; il trouve que ces livres se réfèrent peu au Christ et à Son œuvre salutaire. Il a également des paroles dures à l'égard du Livre de l'Apocalypse, disant qu'il ne peut « en aucune manière ressentir que le Saint Esprit avait pu produire ce livre »

Il met en doute l'apostolicité des épîtres aux Hébreux, de Jacques, de Jude, et de l'Apocalypse rappelant que leur canonicité n'était pas universellement acceptée dans la première Église (ce sont les antilegomena). Cependant, Luther ne les retire pas de ses éditions des Saintes Écritures. Ses points de vue sur certains de ces livres changeront des années plus tard.

Luther choisit de placer les apocryphes bibliques entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Ces livres qui sont ajoutés aux livres canoniques se trouvent dans la Septante grecque mais non dans les textes massorétiques hébreux. Luther laisse largement leur traduction aux soins de Philippe Mélanchthon et Justus Jonas. Ces livres ne figurent pas dans la table des matières de son édition de l'Ancien Testament de 1523, et on leur a attribué le titre couramment utilisé d'« Apocryphes ». Ces Livres sont considérés comme étant inférieurs aux Saintes Écritures, mais ils sont utiles et bons à lire dans la version de 1534.

Luther et la musique[modifier | modifier le code]

Admirateur de la musique sous toutes les formes et compositeur de chants religieux, Luther introduit dans l'Église évangélique les cantiques à une ou deux voix, en langue vulgaire, chantés par l'assemblée des fidèles. Sous le nom de chorals, ces cantiques deviennent le centre de la liturgie protestante, et leur influence sur le développement de la musique allemande se fait sentir durant de longues années. Luther prend une place essentielle dans l'œuvre de Jean-Sébastien Bach qui utilisera ses textes pour 38 cantates. La plus connue de ses hymnes, Ein' feste Burg (« C'est un rempart que notre Dieu »), reste populaire parmi les luthériens et d'autres protestants aujourd'hui[33].

Musée[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

En 2017, année du cinquième centenaire de la réforme luthérienne, un colloque est organisé par le Comité pontifical des sciences historiques , dont les participants sont reçus par François (pape)[34].

  • Le est décrété jour férié, l'Allemagne fête les 500 ans de la Reforme de 1517[35].

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Martin Luther et ses livres. Gravure d'un auteur inconnu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Martin Luther[modifier | modifier le code]

  • Matthieu Arnold, Martin Luther, Paris, Fayard, 2017.
  • Matthieu Arnold, La Correspondance de Luther, Mayence, 1996.
  • Matthieu Arnold, Les femmes dans la correspondance de Luther, Paris, Classiques Garnier, 2017.
  • Philippe Büttgen, Luther et la philosophie, Paris, éd. de l'École des hautes études en sciences sociales, 2011.
  • Jean-Paul Cahn, Luther et la Réforme (1525-1555) : le temps de la consolidation religieuse et politique, Paris, éd. du Temps, 2001.
  • Danilo Castellano, Martin Luther : le chant du coq de la modernité, Paris, L'Homme Nouveau, 2017.
  • Léon Chestov, Sola Fide, Luther et l'Église
  • Gerhard Ebeling, Luther : Introduction à une réflexion théologique, Labor et Fides, 1988
  • Lucien Febvre, Martin Luther, un destin, PUF, 2008, coll. « Quadrige ». [1re édition : 1928]
  • Jad Hatem, Liberté humaine et divine ironie. Schelling avec Luther, Paris, Orizons, 2013.
  • Thomas Kaufmann, Les juifs de Luther, Genève, Labor et Fides, 2016.
  • Yves Krumenacker, Martin Luther, Paris, Ellipses, 2017.
  • Michel Leplay, Martin Luther, Éditions Desclée de Brouwer, 1998
  • Marc Lienhard, Martin Luther : un temps, une vie, un message, Labor et Fides (coll. « Histoire et société »), 1991.
  • Marc Lienhard, Martin Luther : ses sources, sa pensée, sa place dans l'histoire, Labor et Fides (coll. "Histoire"), Genève, 2016.
  • Aimé Richardt, Luther, Paris, F.-X. de Guibert, 2011.
  • Heinz Schilling, Martin Luther, Salvator, 2014.
  • Jean Schillinger, Martin Luther et les débuts de la Réforme, Nancy, Centre de recherches germaniques et scandinaves de l'Université de Nancy II, 2001.
  • Annick Sibué, Luther et la réforme protestante, Eyrolles, 2011, coll. « Eyrolles Pratique ».
  • Jean-Marie Thiébaud, Blason de Luther, Intermédiaire des chercheurs et curieux, Paris, juillet-août 2010, p. 687.

La Réforme luthérienne[modifier | modifier le code]

Portraits de Martin Luther[modifier | modifier le code]

Le Dernier Repas, 1530 (Luther parmi les apôtres), par Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Scott H. Hendrix: Martin Luther. Visionary Reformer, Yale University Press: New Haven / London 2015, p. 4.
  2. Plass, Ewald M. Monasticism, in Luther Says : An Anthology. St. Louis: Concordia Publishing House, 1959, 2:964.
  3. Challenges to Authority : The Renaissance in Europe : A Cultural Enquiry, Volume 3, par Peter Elmer, page 25
  4. Martin Luther: Biography. AllSands.com. 26 juillet 2008 http://www.allsands.com/potluck3/martinlutherbi_ugr_gn.htm>.
  5. What ELCA Lutherns Believe. Evangelical Lutheran Church in America. 26 juillet 2008 <http://archive.elca.org/communication/brief.html>.
  6. His 'protest for reformation' coined the term Protestant, so he was called the father of Protestanisme. (Saraswati, Prakashanand. The True History and the Religion of India : A Concise Encyclopedia of Authentic Hinduism. New York: Motilal Banarsidass (Pvt. Ltd), 2001.)
  7. Hillerbrand, Hans J. Martin Luther : Significance Encyclopaedia Britannica, 2007.
  8. Daniel Olivier et Alain Patin, Luther et la Réforme, tout simplement, Les éditions de l'Atelier, p. 25-26
  9. Ewald M. Plass, What Luther Says, 3 vols., (St. Louis: CPH, 1959), 88, no. 269 ; M. Reu, Luther and the Scriptures, Columbus, Ohio: Wartburg Press, 1944), 23.
  10. Pierre Deshusses, Anthologie de littérature allemande, Dunod, Paris 1996, p. 67
  11. a et b Mathieu Arnold, « de Luder à Luther » dans La Vie - Histoire, n° 28, septembre 2017, p. 11-19
  12. Marty, Martin. Martin Luther. Viking Penguin, 2004, p. 3.
  13. Marty, Martin. Martin Luther. Viking Penguin, 2004, p. 2–3
  14. a, b et c Marty, Martin. Martin Luther. Viking Penguin, 2004, p. 5.
  15. a, b, c et d Marty, Martin. Martin Luther. Viking Penguin, 2004, p. 6.
  16. Schwiebert, E.G. Luther and His Times. Saint-Louis: Concordia Publishing House, 1950, 136.
  17. Brecht, Martin. Martin Luther. tr. James L. Schaaf, Philadelphia: Fortress Press, 1985–93, 1:48.
  18. Marty, Martin. Martin Luther. Viking Penguin, 2004, p. 7.
  19. Michel Péronnet, Le XVe siècle, Hachette U, 1981, p. 136
  20. Il est souvent qualifié à tort de « moine » ou de « moine augustin » ; cf. Sophie Hasquenoph, Histoire des ordres et des congrégations religieuses en France, du Moyen Âge à nos jours, Champ Vallon, , p. 19
  21. Martin Luther, Œuvres
  22. Die Predigtdatenbank
  23. Albert Greiner, Martin Luther ou, L'hymne à la grâce, Plon, , p. 182
  24. Annick Sibué, Martin Luther et sa réforme de l'enseignement, origines et motivations, Edilivre, 2010
  25. D'après Das Kreuz und der Halbmond. Die Geschichte der Türkenkriege, Düsseldorf et Zürich, Artemis & Winkler, , p. 249–252
  26. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, chapitre 1 « Les antécédents », p. 22, Folio Histoire, 1991.
  27. McKim, Donald K. (ed.) The Cambridge Companion to Martin Luther. New York : Cambridge University Press, 2003, 58 ; Berenbaum, Michael. Anti-Semitism Encyclopaedia Britannica, accessed January 2, 2007./Luther, Martin. On the Jews and Their Lies, tr. Martin H. Bertram, in Sherman, Franklin. (ed.) Luther's Works. Philadelphia : Fortress Press, 1971, 47:268–72.
  28. Cité entre autres par Franklin Sherman dans Foi transformée : les rencontres avec les Juifs et le judaïsme, édité par John C Merkle, (Collegeville, Minnesota: Liturgical Press, 2003), 63-64.
  29. Hendrix, Scott H. "The Controversial Luther", Word & World 3/4 (1983), Luther Seminary, St. Paul, MN, p. 393: « And, finally, after the Holocaust and the use of his anti-Jewish statements by National Socialists, Luther's anti-semitic outbursts are now unmentionable, though they were already repulsive in the sixteenth century. As a result, Luther has become as controversial in the twentieth century as he was in the sixteenth ». Voir aussi Hillerbrand, Hans. "The legacy of Martin Luther", in Hillerbrand, Hans & McKim, Donald K. (eds.) The Cambridge Companion to Luther. Cambridge University Press, 2003.
  30. Jean-Daniel Causse, « Luther et la question de la conscience. Problématisation et esquisse d'enjeux contemporains », Revue d'éthique et de théologie morale, 293, mars 2017, p. 43-52.
  31. Martin Luther, Das eyn Christliche versamlung odder gemeyne recht und macht habe, alle lehre tzu urteylen und lerer tzu beruffen, eyn und abtzusetzen, Grund und ursach aus der Schrifft (1523) (Weimarer Ausgabe vol. 11, p. 408-416).
  32. Tyndale's New Testament, New Haven, CT: Yale University Press, 1989, ix–x.
  33. Cf. Hubert Guicharrousse, Les Musiques de Luther, préface de Marc Lienhard, Genève, Labor et Fides, collection Histoire et Société no 31, 1995, 324 p.
  34. Colloque historique sur Luther : le Pape espère une «purification de la mémoire»
  35. https://www.la-croix.com/Religion/Monde/LAllemagne-fete-500-Reforme-2016-11-01-1200800078
  36. Analyse du rôle de l'atelier de Cranach dans la diffusion des portraits de Luther en Europe ; article complet téléchargeable en PDF.