Varus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Varus
Der gescheiterte Varus Haltern.jpg
Varus vaincu (2003), sculpture de Wilfried Koch située à Haltern am See, Allemagne
Fonctions
Sénateur romain
Gouverneur romain
Consul de l'Empire romain
Consul
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Nationalité
Activités
Père
Conjoints
Vipsania Marcella
Claudia Pulchra (en) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Statut
Autres informations
Conflit

Publius Quinctilius Varus[1] (né v. 46 av. J.-C., mort en 9 ap. J.-C.) est un général et homme politique romain sous le principat d'Auguste.

Né dans une famille équestre, il est le fils de Sextus Quinctilius Varus, lié au parti républicain.

Varus est le général romain vaincu de la bataille de Teutoburg en l'an 9 ap. J.-C., qui vit la destruction de trois légions romaines par les Germains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts de la carrière de Varus sont marqués par sa proximité avec Auguste. Après sa préture, il est légat de la XIXe légion et stationne avec elle dans le camp de Dangstetten (de)[2]. Vers 14 av. J.-C., il se marie avec Vipsania Marcella, la fille de Marcus Vipsanius Agrippa, il entre ainsi dans le cercle des intimes d'Agrippa et d'Auguste. Par la suite, il se remarie avec Claudia Pulchra (en), petite nièce d'Auguste. À la mort d'Agrippa, il fait son oraison funèbre. En 13 av. J.-C., il est élu consul avec Tibère le futur empereur.

Il occupe ensuite les postes de gouverneur d'Afrique et de Syrie, où il constitue sa fortune personnelle[3]. L'historien juif Flavius Josèphe mentionne l'action de Varus contre plusieurs révoltes à caractère messianique en Judée après la mort d'Hérode le Grand en 4 av. J.-C.. Après avoir occupé Jérusalem, il crucifie 2000 rebelles juifs.

À la fin du Ier siècle av. J.-C. et dans les premières années du Ier siècle, Tibère, Drusus et Germanicus mènent une longue campagne en Germanie. En l'an 7, Auguste charge Varus d'organiser la Germanie déjà conquise sur la rive droite du Rhin. Sa tentative de substituer le droit romain au droit germanique exaspère les populations.

Dans le courant de l'année 7 ap. J.-C., le sénateur Publius Quinctilius Varus est nommé gouverneur de la Germanie. Il la dirige comme une province pacifiée, multiplie à la hâte les réformes, lève les impôts, perçoit les tributs, rend la justice, effectue le recensement, recrute des soldats… Ces tâches qu'il remplit avec rudesse, autoritarisme et maladresse, sont inconvenantes et insupportables pour les tribus germaniques qui considèrent ces pratiques humiliantes.

Parmi les conseillers du gouverneur Varus se trouve Caius Julius Arminius, le fils de Ségimerus, chef des Chérusques. Encore enfant, il a été enlevé et élevé à Rome, puis est devenu un citoyen romain d'ordre équestre. Arminius assure au gouverneur romain que ses nouveaux administrés sont heureux de sa nomination et des réformes qu'il mène. Mais, en secret, Arminius, alors âgé de vingt-cinq ans, se rallie aux tribus germaniques qui ont constitué secrètement une alliance (Chérusques, Marses, Chattes et Bructères), et décident de tendre une embuscade à un moment propice.

À l'automne de l'an 9 ap. J.-C., Arminius informe Varus qu'un soulèvement a eu lieu dans les terres à l'intérieur de la Germanie. Aussitôt, le général romain se met en marche à la tête de trois légions (les XVII, XVIII et XIX) et des troupes d'Arminius. Ce dernier connaît bien l'armée romaine et ses rouages tactiques. Une fois arrivées dans une région de marais et de bois, les troupes auxiliaires germaines quittent les Romains pour se joindre à d'autres tribus.

Les troupes romaines sont massacrées, Varus se suicide en se jetant sur son épée. Sa tête est coupée, son corps mutilé. Sa tête parvient ensuite à l'empereur Auguste auquel on attribue la phrase : « Vare, legiones redde » « Varus, rends-moi mes légions ».

Selon l'historien Velleius Paterculus[4], contemporain des faits et lui-même officier d'état-major de Tibère à cette époque, l'erreur de Varus fut de se comporter comme en territoire conquis et déjà pacifié : il passa l'été à rendre la justice sans se rendre compte de la duplicité des peuplades germaines. Paterculus qualifie ainsi sa faute de socordia, (insouciance mêlée de bêtise)[5].

Épilogue[modifier | modifier le code]

Le lieu de la bataille de Teutoburg, lieu recherché par de nombreux historiens allemands pendant des années, a été découvert en 1989 sur le site de Kalkriese (de), à 15 km au nord d'Osnabrück, cependant quelques historiens et archéologues mettent en doute cette hypothèse (considérant que c'est la bataille de Pontes Longi entre les Germains et le général Caecina en 15 ap. J.-C., qui s'y déroula).

C'est à la suite de ce désastre, le plus grave depuis la déroute de Crassus face aux Parthes (53 av. J.-C.)[6], que les Romains réorganisèrent leur frontière en Germanie, sur les bords du Rhin, en se protégeant derrière le limes, la frontière fortifiée.

Famille[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Velleius Paterculus et Dion Cassius nomment sa gens Quintilius, les autres auteurs écrivent Quinctilius.
  2. H.U. Nuber, « P. Quinctilius Varus, legatus legionis XIX : zur interpretation der bleischeibe aus Dangstetten, lkr. Waldshut », Archäologisches Korrespondenzblatt, 38-2, 2008, p. 223-231.
  3. Velleius Paterculus, Histoire Romaine, II, 117 :

    « Il ne méprisait pas l'argent comme le prouve la Syrie dont il fut gouverneur : riche elle était quand il y arriva pauvre, pauvre elle était quand il en partit riche (traduction: Hellegouar'ch J.). »

  4. Velleius Paterculus, Histoire Romaine, II, 117-120 (lire en ligne)
  5. Velleius Paterculus, Histoire Romaine, II, 118,1 :

    « Ils (les Germains) amenèrent Quintilius Varus à la plus totale insouciance (summam socordiam) au point de croire rendre la justice au forum comme préteur urbain et non commander une armée en plein cœur du territoire germain (traduction: Hellegouar'ch J.). »

  6. Velleius Paterculus, Histoire Romaine, II, 119,1 :

    « ... ce tragique désastre, qui fut le plus grave que subirent les Romains en terres étrangères après la déroute de Crassus chez les Parthes... »

Bibliographie[modifier | modifier le code]