Enfant Jésus

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L'Enfant-Jésus est la figure de l'état d'enfance du Christ et une dévotion particulière du catholicisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Enfant-Jésus de las Mercedes en Espagne (San Fernando)

La dévotion à l'Enfance du Christ s'est développée dès l'origine du christianisme avec la Nativité et l'Épiphanie. Cependant avec le développement du christocentrisme au Moyen Âge, une attention particulière se fixe sur les différents états du Christ dans la mystique catholique, attention favorisée par différents Ordres religieux, dont celui des Carmes, puis plus tard par les Ordres mendiants, comme les franciscains avec l'essor des crèches de Noël.

L'école française de spiritualité, sous l'impulsion du cardinal de Bérulle et de saint Vincent de Paul, relance cette dévotion au XVIIe siècle, voyant dans l'Enfant-Jésus un modèle de charité silencieuse, alors que le carmel thérésien s'installe en France à partir de 1604. C'est de façon progressive que l'attention à l'humanité du Christ se développe en France dans un climat spirituel qui était plutôt influencé par le mysticisme flamand et du Nord[1]. La vie chrétienne consiste dès lors selon cette école à adhérer à Jésus dans ses attitudes intérieures, liées à ses différentes activités et à sa croissance d'enfant à adulte (au moins jusqu'à sa prédication au Temple à l'âge de douze ans), ce qu'on appelle la Vie cachée du Christ.

La Compagnie du Saint-Sacrement, notamment sous l'impulsion de Gaston de Renty (1611-1649) qui était en étroites relations spirituelles avec le carmel de Beaune s'attache à répandre, comme saint Jean Eudes et les prêtres Sulpiciens de Monsieur Olier à la même époque, cet aspect de la mystique catholique. L'abaissement du Verbe incarné dans l'état d'enfance est pour eux « le modèle de l'anéantissement du moi humain et de la soumission à Dieu vers quoi il aspire »[2]. Le cœur de l’expérience chrétienne demeure cependant le mystère pascal. « Pour qui n’a pas vécu le chemin tracé par nos pères dans la foi, pour qui n’a pas reconnu le Fils de Dieu, que peut signifier Noël, sinon la joie de la naissance et l’accueil du tout-petit » [3]?

Dans le climat de la Contre-Réforme, la dévotion à l'Enfant-Jésus s'étend aussi dans les pays catholiques germaniques (Christkind en Allemagne méridionale, Christkindl en Autriche) et en Bohême (l’Enfant-Jésus de Prague), afin de combattre l'absence de représentation humaine du protestantisme. L'Italie baroque, ensuite sous l'influence de l'art rococo, est aussi un lieu de développement de cette mystique. L'Espagne et l'Amérique espagnole sont quant à elles depuis le début de leur évangélisation à différentes époques des foyers de piété de l'Enfance du Christ.

Toutefois, on note une certaine déviation à la fin du XVIIIe siècle et pendant le XIXe siècle de ce qui est parfois une dévotion populaire non exempte de mièvrerie[réf. nécessaire].

À l'inverse, la canonisation de la « petite Thérèse » (Thérèse de Lisieux) suscite au XXe siècle un regain d'intérêt vers la voie d'enfance, attitude spirituelle de confiance en l'Amour de Dieu et en sa Providence.

Noms de religion[modifier | modifier le code]

De nombreux religieux, notamment de l'ordre du Carmel, choisissent comme nom de religion, celui de l'Enfant-Jésus, ainsi :

sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, 1873-1897 ;
Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, 1894-1967.

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

L'Enfant-Jésus Pantocrator devant les Anges (1871), projet de fresque de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou (musée de Nijni Novgorod)

L'Enfant-Jésus est parfois, mais rarement, représenté seul, avec les attributs du Christ Pantocrator.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Cochois, Bérulle et l'École française, Paris, Seuil, 1963
  • Raymond Deville, L'École française de spiritualité, Paris, Desclée de Brouwer, 1987
  • Sandra La Rocca, L'enfant Jésus : histoire et anthropologie d'une dévotion dans l'occident chrétien, Presses Universitaires du Mirail,‎ 2007 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. in DEVILLE Raymond, op cité p. 37.
  2. COCHOIS Paul, op cité p. 17.
  3. MEYER Luc, "Mais qui est cet enfant ?", in revue Vivre Marie, n°124, avril-juin 2009, décembre 2006, p.14-19.