Bernard Sesboüé

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Bernard Sesboüé
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Bernard Sesboüé (2014)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
LilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Bernard Marcel Marie SesboüéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Religion
Ordre religieux
Distinctions

Bernard Sesboüé, né le à La Suze-sur-Sarthe et mort le à Lille[1], est un prêtre jésuite français, théologien et écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernard Sesboüé est né en juillet 1929[2], dans une famille catholique pratiquante. Il passe son bac au lycée Notre-Dame-de-Sainte-Croix du Mans, puis une licence de lettres classiques à la Sorbonne.

Il entre dans la Compagnie de Jésus en 1948, au noviciat jésuite de Laval. Il est ordonné prêtre en septembre 1960 à Saint-Leu-d'Esserent par le cardinal Feltin, archevêque de Paris. Il fait son Troisième an à Paray-le-Monial, puis part à Rome en 1962, alors que s’ouvre le concile Vatican II, pour préparer une thèse de doctorat sur Basile de Césarée.

En 1964, il enseigne la patristique et la dogmatique à la Faculté de théologie jésuite de Fourvière, à Lyon. Il est ensuite professeur au centre Sèvres de Paris de 1974 à 2006[3].

Il a fait partie de la Commission théologique internationale. Spécialiste de l’œcuménisme, il participe de 1967 à 2005, au groupe des Dombes dont il a été coprésident. Il est consulteur au secrétariat pour l’unité des chrétiens.

En 2011, Bernard Sesboüé a reçu le prix du Cardinal-Grente, de l’Académie française, pour l’ensemble de son œuvre[4].

« Figure majeure de la théologie du XXe siècle »[2], Bernard Sesboüé est mort le 22 septembre 2021 à 92 ans[2].

Méditation[modifier | modifier le code]

Ancien membre de la Commission théologique internationale[5], Bernard Sesboüé, jésuite, est professeur émérite à la faculté de théologie du centre Sèvres, à Paris[6].

Retrouver l'unité de l'Église[modifier | modifier le code]

Avec courage, le théologien Bernard Sesboüé ne craint pas de l’affronter (?) ici en faisant résonner théologie et perspective historique. La liberté est une révélation majeure de l’Évangile[7].

« Un trait incontestable de la présence du péché dans l'Église est la division des chrétiens. Aux tout premiers siècles de l’Église, les païens pouvaient dire des chrétiens : « Voyez comme ils s'aiment » et ce témoignage valait toutes les propagandes. La foi chrétienne s'est largement répandue à l'époque par le bouche-à-oreille des artisans et des commerçants à partir des grands ports de la Méditerranée. Très vite cependant, les communautés chrétiennes ont connu des tensions qui ont conduit à des ruptures.

L'histoire des divisions et des schismes dans l’Église est le contre signe par excellence de la vocation de l’Église qui est de rassembler les hommes dans l'unité pour laquelle Jésus a prié. Quand elles s'accompagnent de violences et de massacres, ces divisions sont encore plus scandaleuses. Car la croix du Christ, instrument par excellence de salut et de réconciliation, en vient à être brandie comme une arme de guerre. On voit en quoi le mouvement de réconciliation œcuménique[8], engagé depuis le milieu du XIXe siècle, est essentiel, non seulement pour les Églises elles-mêmes, mais encore pour le témoignage qu'elles entendent rendre à l’Évangile dans le monde. »

— Bernard Sesboüé. Croire, Paris, Droguet et Ardant, 1999, p. 435 et 437.

Le sens du baptême[modifier | modifier le code]

Commentaire selon saint Luc (Lc 3, 15-16.21-22) :

Baptême de Jésus, mosaïque du baptistère des Ariens à Ravenne, médaillon central de la coupole (VIe siècle).

« Le baptême de Jésus dans le Jourdain est un évènement bien attesté historiquement. Jamais les évangélistes n'auraient inventé ce geste paradoxal qui met Jésus dans la situation des pécheurs et choque Jean le Baptiste lui-même : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et c'est toi qui viens à moi » (Mt 3, 14). Il y a donc plus dans ce geste qu'un acte d'humilité où Jésus accomplit en sa personne la pénitence des pécheurs, c'est une prophétie de la croix, un mime anticipé de sa mort et de sa résurrection. Jésus descend dans les eaux de la mort pour en remonter vivant et vainqueur.
Ce baptême est le lieu d'une théophanie trinitaire, c'est-à-dire de la manifestation subite de la transcendance divine, exprimée dans le langage de l'Ancien Testament. L'Esprit se révèle sous la forme d'une colombe qui descend sur Jésus pour montrer qu'il habite en lui. Le Père authentifie sa mission en déclarant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur » (Mt 3, 17).Il s'agit donc d'une révélation du Père, du Fils et de l'Esprit et c'est au nom de cette Trinité, révélée au baptême de Jésus, que tout chrétien sera baptisé. Par son baptême Jésus convertit le monde de la création en une création nouvelle, il sanctifie l'eau. Le baptême de pénitence devient un baptême de justification et le baptême d'eau, un baptême dans l'Esprit. L'« essai » du baptême de Jean est « transformé », pour reprendre encore l'image empruntée au rugby. »

— Bernard Sesboüé. Invitation à croire, Paris, Cerf, 2009, p. 71.

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • L'Évangile dans l'Église : la tradition vivante de la foi, 1975.
  • Paroles de foi, paroles d'Église : guide de lecture du mystère de la foi, 1980.
  • Contre Eunome, 1983
  • Réconciliés avec le Christ, 1988.
  • La Résurrection et la vie : petite catéchèse sur les choses de la fin, 1990.
  • Pour une théologie œcuménique : Église et sacrements : Eucharistie et ministères, la Vierge Marie, 1990.
  • Jésus-Christ l'unique médiateur : essai sur la rédemption et le salut, 1991.
  • Dieu peut-il avoir un fils ? : le débat trinitaire du IVe siècle, 1993.
  • Pédagogie du Christ : éléments de christologie fondamentale, 1994.
  • Histoire des dogmes, 1994-1996.
  • N'ayez pas peur : regards sur l'Église et les ministères aujourd'hui, 1996.
  • Jésus-Christ à l'image des hommes, 1997.
  • Basile de Césarée et la Trinité : un acte théologique au IVe siècle : le rôle de Basile de Césarée dans l'élaboration de la doctrine et du langage trinitaire, 1998
  • Rome et les laïcs : une nouvelle pièce au débat : l'instruction romaine du 15 août 1997, 1998.
  • La personalità dello Spirito Santo. Un dialogo con Bernard Sesboüé, 1998.
  • Croire : invitation à la foi catholique pour les femmes et les hommes du XXIe siècle, 1999/2003 (nouvelle édit.), 576 p. (ISBN 978-2704107315)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Jésus-Christ dans la tradition de l’Église : pour une actualisation de la christologie de Chalcédoine, 2000.
  • Tout récapituler dans le Christ : christologie et sotériologie d'Irénée de Lyon, 2000.
  • Le Magistère à l'épreuve : vérité, autorité et liberté, 2001.
  • Karl Rahner, 2001.
  • Marie, ce que dit la foi, 2004.
  • « Hors de l’Église pas de salut » : histoire d'une formule et problèmes d'interprétation, 2004.
  • La Résurrection et la vie, 2004 ; 2009.
  • Le Christ hier, aujourd'hui et demain, 2004.
  • La Patience et l'utopie : jalons œcuméniques, 2006.
  • Le Da Vinci Code expliqué à ses lecteurs, 2006.
  • Yves de Montcheuil 1900-1944, 2006.
  • La théologie au XXe siècle et l'avenir de la foi, 2007, prix de littérature religieuse 2008[9].
  • L'Évangile et la tradition, 2008.
  • Invitation à croire : Des sacrements crédibles et désirables, Les éditions du Cerf, , 353 p. (ISBN 978-2-2040-8790-2)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Christ, Seigneur et fils de Dieu : Libre réponse à Frédéric Lenoir, Lethielleux, Paris, 2010.
  • De quelques aspects de l'Église : païens et juifs, Écriture et Église, autorité, structure ministérielle, 2011.
  • Les « Trente glorieuses » de la christologie (1968-2000), éditions Lessius, Bruxelles, 2012.
  • Histoire et théologie de l’infaillibilité de l’Église, éditions Lessius, 2013.
  • Léonce de Grandmaison (1886-1927), un intellectuel témoin du Christ et apôtre de l’Esprit, Namur, Editions jésuites [Lessius], 2015, 150pp.
  • L’homme, merveille de Dieu, Éditions Salvator, 2015 (ISBN 978-2-7067-1214-2).
  • Jésus, voici l'homme, Éditions Salvator, 2016 (ISBN 978-2-7067-1410-8).
  • Introduction à la théologie. Histoire et intelligence du dogme, Éditions Salvator, 2017.
  • L’Église et la liberté, Paris/14-Condé-en-Normandie, Salvator, coll. « Forum », , 272 p. (ISBN 978-2-7067-1809-0)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Comprendre l´Eucharistie, Salvator, , 192 p. (ISBN 978-2-7067-1905-9).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. a b et c Christophe Henning, avec Claire Lesegretain, « Mort de Bernard Sesboüé, figure majeure de la théologie du XXe siècle », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  3. Catherine Aubé-Elie, « Rencontre avec Bernard Sesboüé », sur le site unitedeschretiens.fr, consulté le 13 mars 2014
  4. Claire Lesegretain, «Bernard Sesboüé, un demi-siècle d'engagement théologique », sur le site la-croix.com, 21 septembre 2007.
  5. Commissions Pontificales site du Vatican.
  6. L´Église et la liberté, du P. Bernard Sesboüé sj.
  7. Notice bibliographique L'Église et la liberté / Bernard Sesboüé. {BnF Catalogue général.
  8. Histoire du mouvement œcuménique.
  9. « Le prix de littérature religieuse » sur le site du Syndicat des libraires de littérature religieuse (SLLR) (consulté le 31 mars 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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