Myriam

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Myriam
Description de cette image, également commentée ci-après
La prophétesse Myriam, peinte par Anselm Feuerbach (1862)
Alte Nationalgalerie

מרים

Naissance Égypte
Nationalité Membre de la tribu de Lévi
Ascendants
Amram (père)
Jocabed (mère)
Famille
Aaron (frère)
Moïse (frère)

Compléments

Contemporain de Jethro et de Josué

Myriam (de l'hébreu: מרים) est selon la Torah la sœur aînée de Moïse et d'Aaron, fille d'Amram et de Yokébed. Elle apparaît pour la première fois dans la Bible hébraïque, dans le Livre de l'Exode.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du nom Myriam n'est pas connue avec certitude. Les chercheurs proposent souvent une origine égyptienne à mettre en relation avec l'égyptien mryt « la bien-aimée » (qu'on trouve par exemple dans le nom Mérytamon « aimée d'Amon »). D'autres étymologies ont été proposées, notamment à partir de la racine ouest-sémitique rym « donner » (sur l'exemple de Yarim-Adad « don de Adad »). La vocalisation araméenne Mariam a donné le grec Maria, d'où le français Marie. On a proposé aussi l'étymologie du sanskrit मारयति [mariati] « tuer »[1].

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Myriam apparait pour la première fois dans le Pentateuque au chapitre 15 du livre de l'Exode. Elle prend la tête des femmes chantant et dansant pour célébrer le Passage de la mer Rouge[2]. Elle est y présentée comme une prophétesse et la soeur d'Aaron. Bien qu'elle soit qualifiée de prophétesse, la Bible ne rapporte aucune activité prophétique à son sujet[3]. Au début du livre de l'Exode, la soeur de Moïse intervient dans les évènements qui suivent la naissance de Moïse[4]. Elle surveille de loin le berceau dans lequel Moïse a été déposé sur le Nil. Lorsque la fille du Pharaon recueille Moïse, sa soeur lui propose une nourrice et le confie à sa mère biologique. Dans ce récit, le nom de la soeur de Moïse n'est pas précisé. Elle est traditionnellement identifiée à Myriam. Son rôle dans le sauvetage de Moïse à sa naissance est sans doute un ajout postérieur au récit initial, tout comme le fait que le jeune Moïse ait été confié à sa mère. Le rôle joué par la famille de Moïse servirait ici à renforcer le contexte israélite autour du jeune Moïse[5].

Dans le livre des Nombres, Myriam se joint à Aaron dans une rébellion contre Moïse. Elle est alors atteinte de la lèpre. Aaron, par son intercession auprès de Dieu, peut la sauver, elle reste néanmoins sept jours, le temps de la purification, hors du camp. Le peuple attend sa guérison avant de repartir[6]. Elle meurt en arrivant à Qadesh et y est enterrée[7]. Le prophète Michée la considère comme un guide pour le peuple, avec Moïse et Aaron[8]. Au chapire 12 du livre des Nombres, Myriam remet en cause l'autorité religieuse de Moïse et le critique à cause de sa femme coushite. La sanction divine qu'elle subit au travers de la lèpre confirme le statut unique de Moïse par rapport à Myriam et Aaron, sans pour autant refuser leurs positions de médiateur entre Dieu et le peuple. Pour la critique moderne, cette confrontation exprime l'organisation sociale de la Judée pendant la période perse. Myriam la prophétesse représente ici les groupes prophétiques actifs en Judée alors Aaron représente les prêtres et Moïse les promoteurs de la Torah. Les auteurs du texte reconnaissent le rôle des mouvements prophétiques incarnés par Myriam, mais les placent sous le contrôle du Temple et de la Torah[9].

Dans le livre des Nombres et dans le livre de Michée, Myriam est présentée comme l'un des guides des Israélites mais sans préciser que les liens familiaux qui l'unissent à Moise et Aaron. Les listes généalogiques de Nombres 26,59 et 1 Chroniques 6,3 qui font de Moïse, Aaron et Myriam les membres d'une même fratrie sont sans doute plus tardives. Elles visent à exprimer par des liens familiaux les liens sociaux qu'entretiennent le trio au sein de la communauté israélite en tant que guides pour le peuple[10].

Tradition juive[modifier | modifier le code]

Selon la Aggada, son nom fait allusion à la dureté de l'esclavage en Égypte, מר (mar) « amer » (Exode Rabba 26.1). Elle est identifiée à la sage-femme Pouah, l'une des sages-femmes chargées par le Pharaon de tuer les enfants mâles hébreux (Exode 1,15-19, Ex. R. 1.13, Sota 11b, Rachi[11]). Elle est présentée comme la femme de Caleb fils de Hesron. Elle est idenfiée à ses femmes, Azuba et à Jerioth (Sota 12a). Son fils Hur est le grand-père de Bezalel, qui réalisera le Tabernacle (Ex. R. 1.17)[10].

Les littératures rabbinique et judéo-chrétienne font écho à la tradition que Myriam est à l'origine du puits qui suivait les Hébreux lors de l'exode dans le désert (Taanit 9a)[12],[13] ; ce puits suivait les Israélites durant tout leur voyage à travers le désert. Il se plaçait au milieu du camp devant le Tabernacle chaque fois qu’on s’arrêtait pour prendre un repos. Moïse et les anciens sortaient alors de leur tente et chantaient le "Chant du puits".

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

Maryam "sœur d'Aaron" est citée dans le Coran dans la Sourate Maryam (19:28).

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

L'ascendance de Myriam est basée sur Nombres 26,59 et 1 Chroniques 6,3. Le mariage entre Myriam et Caleb fils de Hesron vient du Talmud de Babylone (Sota 12a).

Miriam fille de Bithia[modifier | modifier le code]

Dans le Premier Livre des Chroniques, on trouve Miriam fille de Bithia mariée à Méred et fille de Pharaon[14]. D'après le Premier Livre des Chroniques[15], l'arbre généalogique de Miriam est:

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
4. Ezra
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2. Méred
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
5. Inconnue
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1. Miriam
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
6. Pharaon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3. Bithia
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
7. Inconnue
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Postérité[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Aaron Rothkoff, « Miriam », dans Fred Skolnik et Michael Berenbaum (dir.), Encyclopaedia Judaica, vol. 14, Thompson Gale et Keter Publishing House, , 2e éd.
  • (en) Rita J. Burns, « Miriam », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 4, Doubleday,

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, , p. 267.
  2. Exode 15,20
  3. Burns 1992
  4. Exode 2,1-10
  5. Thomas Romer, Moïse en version originale, Bayard, (ISBN 978-2227488373)
  6. Nombres 12, Deutéronome 24,9
  7. Nombres 20,1
  8. Michée 6,4
  9. Diana Edelman, Philip R. Davies, Christophe Nihan et Thomas Römer, Clés pour le Pentateuque : Etat de la recherche et thèmes fondamentaux, 2013 - éditeur = labor et fides (ISBN 978-2-8309-1518-1) p. 126-128
  10. a et b Rothkoff 2007
  11. La Bible avec le commentaire de la Torah par Rachi, traduite par Jacques Kohn. Commentaire de Rachi sur le verset 15 du chapitre 1 du Livre de l'Exode.
  12. Pseudo-Philon, Antiquités bibliques, t.I, XX, 8, Sources Chrétiennes n° 229, Paris, Cerf, 1976, p.171.
  13. Aphraate le Sage persan, Exposés, “Au moment où mourut Miryâm, il n’y eut plus d’eau à boire pour le peuple” (23,4 [= II, 16], t.2, trad. Marie-Joseph PIERRE, S.C. n° 359, Paris, Cerf, 1989, p.886).
  14. 1 Chroniques 4,18.
  15. 1 Chroniques 4,17-18.
  16. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Miriam
  17. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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