Terre d'Israël

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 Ne pas confondre avec les revendications territoriales du « Grand Israël ». Pour l'article Eretz Israel en tant que région géographique voir Palestine
Carte du royaume d’Israël et de Juda en -926
Eretz Israel Carte illustrant la Haggada d’Amsterdam (1695).

La Terre d’Israël (hébreu : ארץ ישראל (Eretz Israel)) est une étendue géographique comprenant les anciens royaumes d’Israël et de Juda, berceau du peuple juif.

Dans la Bible, « Terre d'Israël » désigne :

  • un terme religieux, car renvoyant à une promesse divine ; il est utilisé pour la première fois dans Samuel 1 13:19 ;
  • un terme géographique. La définition géographique donnée par la Bible est d’ailleurs floue : dans certains textes bibliques, on parle de la Terre promise comme allant du « fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate » (de l’Égypte à l’actuel Irak)[1], d’autres se limitent à une zone comprise entre la mer et le fleuve Jourdain, correspondant peu ou prou à la région appelée Palestine ;
  • un terme politique : c’est la terre donnée aux Juifs pour s’y installer, puis à partir du roi Saül pour s’y construire un État.

Ce terme a été utilisé tant par les Juifs que les chrétiens au cours de l’histoire (pour l’étymologie de ce nom, voir Israël). Cette Eretz Israel est également appelée Terre promise par les Juifs qui rappellent ainsi la promesse qu’aurait faite Dieu à Abraham, Isaac et Jacob de donner ce pays en héritage à leur descendance. Le nom de Terre sainte est utilisé par les Chrétiens en référence à la vie de Jésus.

À la suite de plusieurs exils, la nation juive est dispersée à travers le monde antique et plus tard à travers le monde. Un lien spirituel fort invoqué dans la Déclaration d’indépendance de l’État d’Israël la rattache néanmoins à cette terre, en particulier dans les milieux religieux.

La terre d’Israël dans les sources juives[modifier | modifier le code]

Dans la bible hébraïque[modifier | modifier le code]

Délimitation approximative de la terre d'Israël d'après le livre des Nombres 34 (en rouge) et d'après le livre d'Ézéchiel 47 (en bleu)

La Bible mêle au long de ses 24 Livres injonctions et récits relatifs à la terre d’Israël, ainsi que de multiples définitions territoriales d’Eretz Israël. La première accompagne la promesse de Dieu faite à Abraham, dans la Genèse : « C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Égypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate »[2]. Ailleurs, la Bible est moins précise : « J’établirai ton territoire de la mer des Joncs à la mer des Philistins, et du désert au fleuve »[3]. Les contours de la Terre promise sont donc partagés entre une version maximale[4] et une version minimale[5].

La terre d’Israël dans les sources islamiques[modifier | modifier le code]

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran fait référence implicite ou explicite à la terre d'Israël à plusieurs reprises :

  • Dans la sourate Al-A'raf 7:137, concernant les enfants d’Israël[6],[7]: « Et les gens qui étaient opprimés ( ou « considérés comme faibles », selon Ibn Kathir[8]), Nous les avons fait hériter les contrées orientales et occidentales de la terre que Nous avons bénies [correspondant à la terre d'Israël[6],[9]]. Et la très belle promesse de ton Seigneur sur les enfants d'Israël s'accomplit pour prix de leur endurance. Et Nous avons détruit ce que faisaient Pharaon et son peuple, ainsi que ce qu'ils construisaient. »[10].
  • Dans la sourate Al-Ma'ida 5:21, Moïse dit: « Ô mon peuple, entre la terre sainte [correspondant à la terre d'Israël[11],[12]] qu'Allah a décrété pour toi, et ne te rebelle pas à moins que tu ne deviennes perdant »[13]. Mais Allah leur interdit ce pays pendant quarante ans « durant lesquels ils erreront sur la terre »[14]. De plus, dans la sourate Les poètes (verset 26:57-59), après que les enfants d'Israël sortirent d'Égypte, Allah leur donna en héritage « des jardins, des sources, des trésors et d'un lieu de séjour agréable » en terre d'Israël[15].
  • Dans la sourate Le voyage nocturne 17:104 « Et après lui, Nous dîmes aux fils d’Israël : Habitez la terre [correspondant à la terre d'Israël[16]] et lorsque s’accomplira la promesse de la vie future, Nous vous ferons revenir en foule »[17]
  • Dans la sourate Yunus 10:93 « Certes, Nous avons établi les Enfants d'Israël dans un endroit honorable [correspondant à la terre d'Israël[18]], et leur avons attribué comme nourriture de bons aliments. Par la suite, ils n'ont divergé qu'au moment où leur vint la science. Ton Seigneur décidera entre eux, au Jour de la Résurrection sur ce qui les divisait ».[19]

Les exégèses (Tafsir) définissent la terre appartenant aux enfants d’Israël[20] comme étant la région de la Palestine[21],[22],[23], comprenant parfois la Jordanie ainsi que parfois la région de Syrie en fonction des moufassirs.

Certains commentateurs proposent cependant que les Israélites héritèrent (aussi) de la souveraineté de la terre d'Égypte[9]. Notamment en se basant sur la sourate Le récit (28:5-6) : « Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers, et les établir [les Israélites] puissamment sur terre, et faire voir à Pharaon, à Haman, et à leurs soldats, ce dont ils redoutaient » (la Syrie et l'Égypte d’après le Tafsîr Al Jalalayn et la terre d'Égypte d'après Ibn Abbâs [24]). Cette interprétation est largement contestée et cette problématique se retrouve dans la sourate Al-Baqara (2:61): « ...Descendez donc à n'importe quelle ville;... », « à n'importe quelle ville » (misr) est traduit par un certain nombre de traducteurs par « en Égypte »[25]. D'après Tabari, il n'y à pas d'indication dans le Coran ou dans les Hadiths qui permettraient de décider laquelle des interprétations est la vraie, cependant Tabari préfère l'interprétation de Ubayy et d'Ibn Masud ainsi que de Al-Basrî et Ibn al-Rabi comme quoi il est question de l'Égypte[26]. Abu Muslim et Ibn Zayd proposent qu'il est question de la ville sainte (Jérusalem)[26]. Al Suddi, Quatadah et Mujahid proposent qu'il est question d'« une ville du pays »[26]. Muhammad Asad propose que la phrase ne doit pas être prise au sens littéral[27]. Concernant la sourate La fumée (44:25-28) « Que de jardins et de sources ils laissèrent [derrière eux], que de champs et de superbes résidences, que de délices au sein desquels ils réjouissaient. Il en fut ainsi et Nous fîmes qu'un autre peuple en hérita ». À savoir, les enfants d’Israël, d’après le Tafsîr Al Jalalayn et Ibn Abbâs [28].

La terre d’Israël dans les sources catholiques[modifier | modifier le code]

Le Vatican accorde une valeur symbolique à la terre d'Israël : « Enfin, pour ce qui a trait à la terre d'Israël (y compris son Temple et sa Ville sainte), le Nouveau Testament pousse beaucoup plus loin un processus de symbolisation déjà amorcé dans l'Ancien Testament et le judaïsme intertestamentaire. »[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 15-18.
  2. Genèse 15:18-21.
  3. Nombres 23:20-33.
  4. Genèse 15:18-21, Nombres 23:20-33, Deutéronome 1:7 11:24.
  5. Nombres 34:1-12, Ezéchiel 47:13-20.
  6. a et b « Tafsir al-Jalalayn,7:137 »
  7. « Ibn Abbas 7:137 »
  8. « Ibn Kathir 7:137 »
  9. a et b Tafheem, « Tafheem 7:137 »
  10. Coran, sourate 7:137
  11. « Maarif 5:20 »
  12. Ibn Kathir« Ibn Kathir 5:21 »
  13. Coran, sourate 5:21
  14. Sourate Al-Ma'ida 5:26
  15. « Coran 26:57-9 »
  16. « Maarif 17:101 »
  17. Coran, sourate 17:104
  18. Ibn Abbas, « Ibn Abbas 10:93 »
  19. Coran, sourate 10:93
  20. ;« Al-Shuara' 26, n. 45 »
  21. « Surah Bani Israil, Ayat 1 »
  22. « Surah Al-Anbiya, Ayats 71-81 »
  23. « Surah Saba, Ayat 18 »
  24. « Tafsir Al-Jalalayn 28:6 »(voir aussi Tafsîr Ibn ‘Abbâs)
  25. (Dr. Kamal Omar, Khalifa, Majid Fakhry, Abdel Haleem, Ali Bakhtiari Nejad, Safi Kaskas, Ahmed Raza Khan/Mohammed Aqib Qadari, Hassan Qaribullah/ Ahmed Darwish, Talal A. Itani (new translation), Aisha Bewley (Muhammad Mahmoud Ghali: "certains disent que c'est en Egypte"), Ali Ünal ( pas de choix), M. M. Pickthall (le pays), etc. « Liste de traductions du verset en Anglais »
  26. a, b et c Ayoub, The Qur’an and Its Interpreters, Volume 1, p. 108 [State University of New York Press, Albany, 1984] (Consultable sur Google books)
  27. « Note 47 Asad(Quran Ref: 2:61) »
  28. « Tafsir al-Jalalayn 44:28 »(voir aussi le Tafsîr Ibn ‘Abbâs)
  29. Cardinal Joseph Ratzinger, « Le peuple juif et ses saintes écritures dans la Bible chrétienne », sur le site de la Commision pontificale biblique,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]