Séquence (liturgie)

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La séquence, sequentia en latin, est une pièce liturgique de la liturgie catholique romaine. Elle est chantée à certaines fêtes.

Le genre textuel de la séquence est la première apparition d'un texte rimé, à l'origine de presque toutes les formes poétiques modernes.

Utilisation liturgique[modifier | modifier le code]

La séquence est une pièce de la messe qui n'existe que pour quelques fêtes dans l'année liturgique catholique. Traditionnellement, elle est chantée entre la seconde lecture et l'Alléluia.

Dans la liturgie rénové de 1970, il en subsiste quatre :

Historique des utilisations liturgiques[modifier | modifier le code]

Les séquences, très nombreuses avant le Concile de Trente (1545-1563), sont maintenant rares. En 1570, elles ont été limitées au nombre de quatre : le Victimae paschali laudes, le Veni sancte spiritus, le Lauda Sion et le Dies iræ qui était chanté au jour de la Commémoration des fidèles défunts (2 novembre) ainsi qu'aux messes pour les morts.

En 1727 on a réintégré le Stabat Mater.

En 1970 on a supprimé la Dies irae et rendu facultatives la Lauda Sion et le Stabat Mater. Depuis lors, ne sont obligatoires que les séquences du jour de Pâques et de la Pentecôte.

Traditionnellement, la séquence était chantée avant l'Alléluia. L'édition 1970 du Missel romain l'a mise après l'Alléluia, mais l'édition 2002 l'a restaurée à la place traditionnelle (paragraphe 64 de la Présentation générale du Missel romain), où elle sert comme chant de méditation qui suit la seconde lecture.

Caractéristiques du genre musical[modifier | modifier le code]

Séquence "Lauda Sion" (Fête-Dieu).

La séquence "Lauda Sion" est typique de la structure de ce genre musical, assez proche de celui des hymnes.

  • Le style est nettement syllabique. Il n'y a aucun récitatif sur une note constante, et on voit à peine apparaître ici et là des neumes simples, moins d'un par incise: quelques podatus et clivae. Le climacus sur la deuxième ligne est la figure la plus complexe.
  • Le texte est divisé en vers, qui non seulement sont scandés, mais où de plus les fins de vers (sur chaque segment) sont rimées. C'est la séquence qui a inauguré ce procédé, qui était inconnu en poésie latine.
  • Chaque segment mélodique est répété deux fois.
  • Le nombre de pieds de chaque strophe n'est qu'approximativement constant, et des notes supplémentaires (dans les vers 3 & 4, en blanc) doivent être insérées dans la mélodie, ou des syllabes doivent être fusionnées en un podatus, pour rétablir le compte.

Les séquences sont une création tardive du plain chant, et n'en respectent guère les principes esthétiques:

  • Le lien entre l'accentuation textuelle et l'accentuation mélodique, si important pour l'interprétation des pièces grégorienne (voir rythmique grégorienne) est rompu : le texte et la mélodie sont à présent pratiquement indépendants.
  • La tonalité est très indécise, et la mélodie se déroule sans référence réelle à des teneurs. C'est le flottement mélodique qui caractérisera la musique moderne, axé sur une gamme sans référence à une dynamique modale.