Je vous salue Marie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ave Maria pour d'autres utilisations.
Statue de la Vierge Marie tenant l'enfant Jésus avec un moine et une religieuse agenouillés à ses pieds.
Notre-Dame du Rosaire à Atzwang dans le Tyrol.

Je vous salue Marie est une prière catholique, connue aussi sous le nom latin Ave Maria. Les premiers mots qui lui ont donné son nom, « Ave Maria », sont ceux par lesquels l'ange Gabriel salue la Vierge Marie (Lc 1:28) dans la scène communément appelée Annonciation.

La première partie de cette prière est commune aux catholiques et aux orthodoxes. Elle est adressée à la Vierge Marie. Récitée avec un chapelet en cinq dizaines, elle fait partie de la prière du rosaire, parfois appelé psautier marial parce que, comprenant trois chapelets — et donc 150 Ave Maria —, il égale le nombre de psaumes se trouvant dans le Livre des psaumes.

Plusieurs versions sont présentées ici ;

  • version commune des catholiques,
  • texte aussi proche que possible de l'originale de la première partie, en araméen, langue de Marie,
  • puis traduction de la deuxième partie dans cette même langue,
  • traduction en grec ancien, en latin et en arabe,
  • version moderniste avec tutoiement,
  • version de l'église orthodoxe.

Origine[modifier | modifier le code]

L'Ave Maria des séminaristes à Notre-Dame-de-Sainte-Garde (Saint-Didier (Vaucluse)

Le Je vous salue Marie est une prière composée de deux parties définies à des époques différentes.

La première partie est l'antienne Ave Maria, paroles de l'ange lors de l'Annonciation (Luc 1,28) et d'Élisabeth au moment de la Visitation (Luc 1,42), en usage depuis le Ve siècle. On la trouve dans le graduel, comme chant d’offertoire du IVe dimanche de l’Avent : Ave Maria, gratia plena : Dominus tecum : benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui. Mais cette formulation ne se termine pas encore par Jesus, qui n'apparaît que vers le xiie siècle : il semble que le premier à l'avoir introduit a été Amédée de Lausanne, abbé de Hautecombe[1].

Sous cette forme, la prière se répand avec l'expansion de la piété mariale du xiiie siècle : la récitation en est prescrite par Odon de Sully, l'évêque de Paris en 1198, avec le Pater et le Credo, vers 1210 le synode de Paris y invite tous les chrétiens, en préparation au Quatrième concile du Latran[1]. Elle se répand dans l'Europe, en étant recommandée par plusieurs conciles régionaux en Espagne, en Angleterre et en Germanie[2]

La seconde partie est une prière de supplication, dont on peut retrouver l'équivalent avec le Sub tuum[1]. Cette seconde partie comporte de plus le titre de Théotokôs (« Mère de Dieu »), défini au IIIe concile œcuménique, le concile d'Éphèse, en 431. Cette seconde partie du Je vous salue, Marie sont les ultimes paroles prononcées sur son lit de mort par saint Simon Stock, supérieur de l'Ordre du Carmel, en 1265 : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen. »

On voit apparaître la formulation presque complète dans un bréviaire des chartreux dès 1350 : Sancta Maria, ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis, Amen. Les bréviaires du xvie siècle joignent ces deux formules et donnent à la prière sa formulation actuelle : un bréviaire parisien de 1509[2], un bréviaire trinitaire de 1514, fransiscain de 1525, chartreux de 1562. Elle est finalement introduite dans le bréviaire romain en 1568 par le pape Pie V[1],[2].

L'Ave Maria dans le Rosaire[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires (mars 2016).

Pour améliorer la vérifiabilité de l'article, merci de citer les sources primaires à travers l'analyse qu'en ont faite des sources secondaires indiquées par des notes de bas de page (modifier l'article).

Pour l'Église catholique, le Rosaire « est une prière où la répétition des Ave Maria oriente la pensée et l'affection vers le Christ, et donc, se fait supplication confiante vers sa Mère et notre Mère ». Il est recommandé par le magistère comme un moyen bénéfique pour les chrétiens de s'associer aux mystères du Christ[3]. De plus, les autorités de l’Église estiment que le rosaire « nous éduque à être humble dans la foi », et que « méditer sur les mystères de la vie du Christ c’est se laisser modeler par l’amour de Dieu », et qu'ainsi, « l'œuvre rédemptrice du Christ qui se manifeste dans le Rosaire »[4].

Je vous salue Marie[modifier | modifier le code]

Texte liturgique[modifier | modifier le code]

Français

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant, et à l'heure de notre mort.
Amen.

Araméen[5]
Texte original Transcription
ܫܠܳܡ ܠܶܟ̣ܝ̱ ܒܬ̣ܽܘܠܬܳܐ ܡܰܪܝܰܡ ܡܰܠܝܰܬ̣ ܛܰܝܒܽܘܬ̣ܳܐ. Shlom lekh[6] bthulto Maryam[7] malyath taybutho,
ܡܳܪܰܢ ܥܰܡܶܟ̣ܝ̱. moran 'amekh.
ܡܒܰܪܰܟ̣ܬܳܐ ܐܰܢ̱ܬܝ̱ ܒܢܶܫ̈ܶܐ. Mbarakhto at bneshe.
ܘܰܡܒܰܪܰܟ ܗ̱ܽܘ ܦܺܐܪܳܐ ܕܰܒܟܰܪܣܶܟ̣ܝ̱. ܡܳܪܰܢ ܝܶܫܽܘܥ. Wambarakhu firo dabkarsekh moran Yeshu'[8].
ܐܳܘ ܩܰܕܺܝܫܬܳܐ ܡܰܪܝܰܡ ܝܳܠܕܰܬ̣ ܐܰܠܗܳܐ. O qadishto Maryam yoldath Aloho[9].
ܨܰܠܳܝ ܚܠܳܦܰܝܢ ܚܰܛܳܝ̈ܶܐ. Saloy hlofayn hatoye,
ܗܳܫܳܐ ܘܰܒܫܳܥܰܬ ܘܡܰܘܬܰܢ hosho wabsho'at u mawtan.
ܐܰܡܺܝܢ܀ Amin.
Grec liturgique
Texte original Transcription
Χαῖρε, Μαρία, κεχαριτωμένη Khaîre, María, kekharitôménê
ὁ Κύριος μετὰ Σοῦ, ho Kúrios metà Soû,
εὐλογημένη Σύ ἐν γυναιξί, eulogêménê Sú en gunaixí,
καί εὐλογημένος ὁ καρπός τῆς κοιλίας Σου, ὁ Ἰησοῦς. kaí eulogêménos ho karpós tễs koilías Sou, ho Iêsoûs.
Ἁγία Μαρία, Θεοτόκε, Hagía María, Theotóke,
πρέσϐευε ὑπέρ ἡμῶν τῶν ἁμαρτωλῶν, présbeue hupér hêmỗn tỗn hamartôlỗn,
νῦν καί ἐν τῃ ὥρᾳ τοῦ θανάτου ἡμῶν. nûn kaí en têi hốrai toû thanátou hêmỗn
Ἀμήν Amến

Au lieu de Μαρία on trouve aussi Μαριάμ (indéclinable). Voir St Luc 1-27: καὶ τὸ ὄνομα τῆς παρθένου Μαριάμ et le nom de la jeune fille était Marie[10]

Ave Maria in Heures de Charles d'Angoulême
Latin

'Ave Maria, gratia plena,
Dominus tecum,
benedicta tu in mulieribus,
et benedictus fructus ventris tui Iesus.
Sancta Maria mater Dei,
ora pro nobis peccatoribus,
nunc, et in hora mortis nostræ.
Amen.'

Plenus commandant soit le génitif, soit l'ablatif, Gratiæ plena ou Gratia plena sont tous les deux corrects. Le pluriel, que l'on peut rencontrer en français, n'est pas usité dans sa version latine. Ce serait : Gratiarum plena, ou bien Gratiis plena.

Arabe
Alphabet arabe Transcription
السلام عليك يا مريم As-salamou aalayki ia Mariam.
يا ممتلئة نعمة الرب معك Ia momtaliatane neama, Ar-Rabbou maaki.
مباركة انتِ في النساء Moubarakatoun anti fi ’n-nessaï,
ومباركة ثمرة بطنك يسوع Oua moubarakatoun thamrat batniki, Sayyedouna Iassouâ
يا مريم القديسة يا والدة الله Ia qaddissa Mariam, ia oualedata ’l-Lah
صلّي لاجلنا نحن الخطأة Salli liajlina, nahnou ’l-khataa,
الآن وفي ساعة موتنا Al-ana oua fi saat maoutina
آمين Amine.

Réjouis-toi, Marie[modifier | modifier le code]

Réjouis-toi[11], Marie,

Comblée de grâce,

Le Seigneur est avec Toi,

Tu es bénie entre toutes les femmes

Et Jésus, le fruit de ton sein est béni.

Sainte-Marie, Mère de Dieu,

Prie pour nous, pécheurs[12],

Maintenant et à l'heure de notre mort.

Amen !

O Vierge Théotokos[modifier | modifier le code]

O Vierge Théotokos, réjouis-toi[13],

Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi,

Tu es bénie entre toutes les femmes,

Et Jésus le fruit de tes entrailles est béni,

Tu as donné naissance au sauveur de nos âmes[14].

Thème artistique[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Ave Maria
Ave Maria grégorien
Des difficultés à utiliser ces médias ?
Des difficultés à utiliser ces médias ?

La prière de l'Ave Maria a inspiré plusieurs compositeurs de musique classique (les plus célèbres : Franz Schubert, Charles Gounod et Bach, Caccini/Vavilov).

« Je vous salue Marie » est également le refrain d'un poème de Francis Jammes, Rosaire, mis en musique par plusieurs compositeurs, dont Georges Brassens, avec pour titre La prière.

« Je vous salue Marie » a été mis en chanson par serge Gainsbourg[15] et a fait l'objet d'une chanson de Serge Lama[16].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Je vous salue Marie : une longue histoire, Kephas, 2002.
  2. a, b et c Petite histoire de l'Ave Maria, La Croix.
  3. « Le culte de la Bienheureuse Vierge Marie », sur Abbaye de Saint Benoit, abbaye-saint-benoit.ch (consulté le 31 octobre 2016).
  4. « Mot-clé: Rosaire », sur Sanctuaire de Fatima, fatima.pt (consulté le 31 octobre 2016).
  5. Qolo Shlom leg bthulto Maryam, sur KoleSuryoye.nl - Syriac Church Lyrics. — La première partie du « Je vous salue Marie », est écrite ici dans la langue de la liturgie syriaque, variante moderne de l'araméen parlé par Marie, bien que le texte nous soit parvenu en grec par Saint Luc.
  6. Cette formule est proche de l'hébreu Chalom et de l'arabe Salam.
  7. Marie se dit Maryam en araméen.
  8. Jésus
  9. Dieu
  10. « Nouveau Testament Grec, Evangile selon Luc, chapitre 1 »
  11. Cette variante, ayant pour titre « Réjouis-toi Marie », est parfois dénommée « moderniste » parce qu'introduisant le tutoiement à Marie.
  12. Le "pauvres pécheurs" est remplacé par "pêcheurs", en effet peccatoribus en latin n'implicite pas l'adjectif pauvre.
  13. Ceci est une version de l'église orthodoxe.
  14. http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/lave-maria-je-vous-salue-marie
  15. Écouter la chanson « Je vous salue Marie » de Serge Gainsbourg
  16. Écouter la chanson « Je vous salue Marie » de Serge Lama suivie d'un entretien.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]