Rédemption

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La Rédemption (du latin Redemptio qui veut dire « rachat ») est un concept théologique du Christianisme, qui met l’accent sur l’aspect divin du mystère du salut de l’homme. Dieu rachète l’homme de l’esclavage du mal et du péché, afin de lui rendre sa liberté. L’homme est sauvé (le « Salut ») parce que Dieu le rachète (la « Rédemption »).

Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Le « rachat » de personnes qui avaient perdu leur liberté - prisonniers, esclaves, personnes endettées - était une activité humaine courante et bien connue chez de nombreux peuples de l’Antiquité, y compris en Israël. Le « droit de rachat » (גְּאוּלָּה, Gueoulah) est accordé à tout vendeur de terrain en Israël (Lévitique 25, 23-25) ainsi qu'au bénéficiaire du lévirat.

Enracinant sa Révélation progressive dans cette expérience très humaine, YHWH se présente dans le livre de l'Exode comme le Dieu qui libère, pas seulement une personne, mais tout un peuple de l’oppression et de l'esclavage en Égypte (cf. le cantique de Moise en Ex. 15 :1-21, et textes parallèles). C’est le point de départ d’une relation particulière de Yahvé avec celui qui devient « son » peuple.

L’expérience se répète et s’approfondit lors de l’exil à Babylone. Israël est infidèle à son Dieu, mais, par amour (scellé dans l’alliance), Dieu, Lui, reste infiniment et éternellement fidèle (Is. 41:14; 44:24; 54:8). Il rachète son peuple de l’exil babylonien, et permet le retour en Terre promise.

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

L’étape ultime de ce « rachat » (ou « Rédemption ») est Jésus-Christ (le « Rédempteur »), messager de Dieu. Toujours fidèle, après de multiples rappels et tentatives (parabole des vignerons meurtriers : Lc 20 :9-14), Dieu envoie en effet son messager pour racheter l’homme et l’extirper de l’esclavage du mal, dans lequel il retombe souvent. Par amour, Dieu rétablit l’homme dans sa liberté, car ce qu'il souhaite, c'est recevoir de l’homme un hommage d’amour libre.

Ce rachat est définitif et final.

Encore faut-il que l’homme souhaite être racheté et recouvrer sa liberté. Il le fait par la foi en Jésus-Christ (Rm 3:24-30). Ce rachat est achevé, par la foi en la Mort et Résurrection (« pour moi ») de Jésus-Christ. Il reste cependant « en devenir » (eschatologique) car dans sa vie et ses actes l’homme doit prouver qu’il est en effet libéré, et, qu’avec le Christ, il surmonte le mal et le péché : en lui-même et dans le monde jusqu’au retour du Christ.

René Girard, dans son ouvrage Des choses cachées depuis la fondation du monde, analyse la manière dont Jésus a voulu racheter l'humanité. Selon ce philosophe, Jésus n'était nullement obligé de se faire tuer ou crucifier pour racheter les péchés des hommes. Jésus ne s'est pas incarné pour racheter l'humanité sur une croix mais pour annoncer une parole évangélique non violente destinée à transformer, transfigurer le monde. Que Jésus se soit laissé condamner et crucifier résulte du fait qu'il a respecté lui-même jusqu'au bout l'impératif de non-violence qu'il s'est fixé, alors que ses adversaires ne l'ont pas respecté et se sont laissés influencer par Satan, principe violent. Mais par sa résurrection, Jésus a tout de même vaincu Satan et la mort, et cela toujours de manière non violente.

Le pape Benoît XVI élucide comment fonctionne la rédemption :

« Dans la Passion de Jésus, toute l'abjection du monde entre en contact avec l'immensément pur, avec l'âme de Jésus-Christ et ainsi avec le Fils de Dieu. Si habituellement, une chose impure contamine par contact et souille ce qui est pur, nous avons ici le contraire : là où le monde, avec toute son injustice et toutes les cruautés qui le souillent, entre en contact avec l'immensément Pur – là, lui le Pur, se révèle en même temps le Plus fort. En ce contact, la souillure du monde est réellement absorbée, annulée, transformée à travers la douleur de l'amour infini »[1].

Cette profondeur de champ est aussi ce qui permet au pape de conclure que « le mystère de l'expiation ne doit être sacrifié à aucun rationalisme pédant »[2].

Par ailleurs, selon le pape, l'exclamation que Matthieu impute aux habitants de Jérusalem « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Mt 27, 25) doit être interprétée plutôt comme une rédemption : « ce n'est pas une malédiction, mais une rédemption, un salut. » Car pour le pape, le sang de Jésus « n'exige ni vengeance ni punition, mais est réconciliation ». Il laisse donc entendre que le sang de Jésus a racheté son peuple[3].

Développements[modifier | modifier le code]

Depuis les temps néo-testamentaires, la Rédemption a été comprise comme :

  • délivrance de l’oppression (1 Cor 15 :20-28) ;
  • purification de la culpabilité (1 Cor 6 :11) ;
  • amour qui change le cœur humain (1 Jn 4 :9-10) ;
  • nouvelle alliance d’amitié avec Dieu (1 Cor 11 :25).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Benoît XVI, Jésus, 2e tome, p. 263
  2. Benoît XVI, Jésus, 2e tome, p. 272
  3. Benoït XVI, Jésus, 2e tome, p. 216

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

N'importe quel dictionnaire de théologie chrétienne et tout catéchisme de la foi catholique contient un article ou un chapitre traitant de la Rédemption. Par exemple (et parmi d'autres) :

  • P. Descouvemont, Guide des difficultés de la foi catholique, Paris, Plon, 2009, p. 391-409.