Crolles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crolles
1. L'église Saint-Pierre et Saint-Paul
2. L'Hôtel de ville de Crolles
3. Le château de Crolles (dit « de Bernis »)
4. Entrée de Crolles depuis l'autoroute
CROLLES (1).jpg
Mairie et Fontaine de Crolles.JPG Château de Crolles 2.JPG
Entrée de Crolles par la RD 10.JPG
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Le Moyen Grésivaudan
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Grésivaudan
Maire
Mandat
Philippe Lorimier
2014-2020
Code postal 38920
Code commune 38140
Démographie
Gentilé Crollois
Population
municipale
8 212 hab. (2013)
Densité 578 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 17′ 09″ N 5° 53′ 01″ E / 45.2858333333, 5.8836111111145° 17′ 09″ Nord 5° 53′ 01″ Est / 45.2858333333, 5.88361111111
Altitude Min. 219 m – Max. 1 000 m
Superficie 14,2 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte administrative de l'Isère
City locator 14.svg
Crolles

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte topographique de l'Isère
City locator 14.svg
Crolles

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Crolles

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Crolles
Liens
Site web www.ville-crolles.fr

Crolles [kʁol] est une commune française, géographiquement installée dans la vallée du Grésivaudan, administrativement située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes et, fut autrefois rattachée à l'ancienne province du Dauphiné.

Cette petite ville, dont le territoire est essentiellement urbain, mais dont il reste d'importantes zones rurales éparses, est, aujourd'hui, rattachée à l'arrondissement de Grenoble et au canton du Moyen Grésivaudan dont elle détient le bureau centralisateur. Crolles accueille également le siège de la communauté de communes du Pays du Grésivaudan, la principale communauté de communes rurales de l'Isère, autant par sa superficie que par son nombre d'habitants.

Crolles se présente également comme la principale agglomération de la vallée du Grésivaudan[1], vallée creusée par l’érosion glaciaire, positionnée entre le massif calcaire de la Grande Chartreuse et la chaîne granitique de Belledonne.

Historiquement, le noyau de l'ancien village a été bâti au pied des coteaux de la Grande Chartreuse car, dans cette partie de la vallée, l’approvisionnement en eau était possible et les matériaux de construction étaient situés à proximité. Ce qui allait donc devenir, graduellement, la petite agglomération crolloise se présentait, dès la mise en place des premières installations humaines, comme un espace favorable à l'aménagement de surfaces agricoles et un secteur tout autant favorable à la construction de voies de grandes circulations. Durant les deux derniers siècles, les zones de constructions autant résidentielles qu'industrielles s'étendirent progressivement dans la vallée au fur et à mesure de son assèchement.

Jusqu’à la révolution industrielle, l’économie crolloise fut donc basée sur l’agriculture, l’exploitation forestière et l’élevage mais la commune, aujourd'hui, présente un fort potentiel industriel et commercial, les principaux domaines d'activité étant l'électronique, l'informatique, les télécommunications et le paramédical[2].

Les habitants de la commune se dénomment les Crollois(es). La mairie est située à 255 mètres d'altitude[3].

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Crolles

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Crolles est située dans le Sud-Est de la France, sur la rive droite de l'Isère, au cœur de la vallée du Grésivaudan. Celle-ci est distante de 19 km de Grenoble, chef-lieu du département de l'Isère, sa distance avec Lyon, chef-lieu de la région Auvergne-Rhône-Alpes est de 124 km et enfin sa distance avec Paris, capitale de la France est de 593 km, toutes ces distances ayant été calculées par la route[4].

Description[modifier | modifier le code]

La commune de Crolles peut être qualifiée de véritable « ville à la campagne », car celle-ci adhère à la charte du parc naturel régional de la Chartreuse tout en étant située dans l'aire urbaine de Grenoble. La ville se positionne notablement au pied d'un des plus haut sommet du massif de la Chartreuse, massif montagneux des Préalpes, laquelle porte son nom, la « Dent de Crolles ».

Article connexe : Géographie de l'Isère.

La plaine de Crolles et une grande partie de la vallée du Grésivaudan, jusque que dans le milieu des années 1950, durent subirent les crues fréquentes de l'Isère, grande rivière alpine qui prend sa source à près de à 3 000 mètres d'altitude, sous le glacier de Grande aiguille Rousse, dans le parc national de la Vanoise, et la plus grande partie de la vallée fut longtemps une zone marécageuse. À la fin de cette période, cette rivière et les cours d'eau dévalant la montagne seront maîtrisés grâce à une politique d'assainissement et de remembrement menée par le maire de Crolles de cette période (1953 - 1986), Paul Jargot[réf. souhaitée]. On peut considérer cette action comme étant à l'origine de ce qui sera plus tard le plan d'occupation des sols de la commune.

Selon le site officiel de la municipalité[5], le territoire de la commune de Crolles présente actuellement 180 hectares de diverses zones industrielles qui regroupent plusieurs grands noms de l'activité industrielle de la région, 511 hectares de zone naturelle dite protégée, 476 hectares étant encore dévolus à l'activité agricole, et enfin, 287 hectares consacrés en zone résidentielles partagées entre l'habitat individuel et collectif.

Article connexe : Sillon alpin.
La vallée du Grésivaudan depuis l'agglomération grenobloise jusqu'à Pontcharra, vue de la station du Pleynet (Belledonne)
Le territoire de la commune de Crolles est situé dans la partie inférieure et centrale de la photo.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Hilaire du Touvet Lumbin Rose des vents
Saint-Pancrasse N Le Champ-près-Froges[6]
O    Crolles[7]    E
S
Bernin Villard-Bonnot[6] Froges[6]

Climat[modifier | modifier le code]

Le Grésivaudan étant orienté sud-ouest, nord-est, le vent y est donc beaucoup moins fréquent que dans la Cluse de l'Isère. En particulier, les contreforts du massif de la Chartreuse sont protégés du vent de nord et du vent d'ouest. Le seul vent qui peut y souffler fortement, hors les rafales orageuses, est le vent de sud-ouest, surtout présent en automne et en hiver et il est souvent associé à un effet de foehn amenant une élévation de la température spectaculaire. En hiver, à l'abri des vents du nord, les coups de froid y sont souvent moins sévères qu'à l'ouest du département, par contre les redoux océaniques sont plus longs à se faire sentir.

Article connexe : Climat de l'Isère.

Températures minimales et maximales enregistrées en 2012, 2013 et 2014 à Crolles[modifier | modifier le code]

2012
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 0,2 −5 2,1 7,1 10 13,8 14,7 14,4 11,8 8,3 4,2 0,5
Température maximale moyenne (°C) 7,1 3,5 17,1 16,6 22,2 25,7 26,7 29 22,2 17,4 11,5 7,4
Source : Source linternaute-climat de Crolles 2012 sur linternaute.com, d'après Météo France.
2013
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −1,4 −1,5 2,2 6,4 8,2 12,3 15,8 14,3 12,7 11 3,4 −2,2
Température maximale moyenne (°C) 5,3 5,2 10,3 16,3 17,3 24,1 29,5 26,8 22,4 18,2 9,4 8,2
Source : Source linternaute-climat de Crolles 2013 sur linternaute.com, d'après Météo France.
2014
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 0,9 2,1 2,6 7,14 8,9 13,1 14,8 13,6 12,4 9,3 5,3 1,5
Température maximale moyenne (°C) 8,5 10,4 15,1 18,7 20,2 27,1 24,5 24,5 23,4 20,3 13,4 7,5
Source : Source linternaute-climat de Crolles 2014 sur linternaute.com, d'après Météo France.


Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le cours de l'Isère dans les Alpes françaises. Le territoire de Crolles se situe, grosso-modo en son milieu.
La cascade du ruisseau Craponot, illustrée par Victor Cassien (1808 - 1893).

Le territoire communal est sillonné de plusieurs cours d'eau : une rivière et quelques rus ou ruisseaux qui sont tous ses affluents et dont on peut découvrir la liste, ci-dessous :

  • Le principal cours d'eau est l'Isère, rivière longue de 286 km, dont le bassin versant représente 10 800 km2 qui borde l'est du territoire communal.
L'Isère présente les fluctuations saisonnières de débit assez importantes et typiques d'une alimentation en grande partie nivale, avec des crues de printemps (fonte des neiges) portant le débit mensuel moyen entre 385 et 500 m3/s, d'avril à juillet (avec un maximum en mai et juin), et des basses eaux d'automne-hiver, d'août à février, avec un minimum du débit moyen mensuel de 251 m3 au mois de septembre. On peut donc constater que l'Isère est cours d'eau, qui en règle générale, présente un débit assez abondant, de façon régulière, toute l'année.
Article connexe : Isère (rivière).
  • Quatre ruisseaux traversent le territoire communal depuis le massif de la Chartreuse vers l'Isère :
    • le ruisseau de Craponoz[8] ;
    • le ruisseau de Crolles[9] ;
    • le ruisseau des terreaux[10] ;
    • le ruisseau de Montfort[11].

Voies routières[modifier | modifier le code]

L'A41 dans la vallée du Grésivaudan.

Le territoire de la ville de Crolles est traversé par deux voies à grande circulation, l'autoroute A 41 et l'ancienne route nationale 90. La route départementale « RD 10 » relie la commune de Crolles à la commune de Villard-Bonnot (quartier de Brignoud), située sur la rive gauche de l'Isère.

L'autoroute A 41[modifier | modifier le code]

Tracé de l'A41.

L'autoroute A41 relie Grenoble à Genève. Sa date mise en service remonté à l'année 1981. La section Grenoble – Crolles a été construite pour les JO d'hiver de Grenoble en 1×2 voies mis en double sens, les véhicules roulant alors sur la bande d'arrêt d'urgence.

Cette autoroute est gérée en concession par la société AREA (Société des Autoroutes Rhône-Alpes), laquelle est une société d'autoroutes, filiale du groupe APRR, fondée en 1971

La barrière de Péage, dite de Crolles, est située sur le territoire de la commune. La portion de l'autoroute située entre Crolles et l'agglomération grenoblois propose un accès gratuit.

Article connexe : Autoroute A41 (France).

L'ancienne Route nationale 90[modifier | modifier le code]

Panneau de la RN 90.

La route nationale 90, ou RN 90, est une route nationale française reliant avant 2006 la ville de Grenoble au col du Petit-Saint-Bernard. La section traversant le département de l'Isère a été déclassée en RD 1090 et sa gestion a été confiée au département.

La route départementale traverse la commune du nord-est vers le sud-ouest, depuis la sortie du territoire de la commune de Lumbin, jusqu'à l'entrée de la commune de Saint-Nazaire-les-Eymes.

Article connexe : Route nationale 90 (France).

Transports Publics[modifier | modifier le code]

Les lignes de bus[modifier | modifier le code]

Car de la ligne Transisère à Crolles

La Communauté de communes du Pays du Grésivaudan propose un réseau de transports en commun pour voyager à l’intérieur des 47 communes du territoire et faciliter les déplacements des citoyens. Les lignes concernant les habitants de Crolles sont[12] :

Les lignes de cars[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par trois lignes régulières de cars qui fonctionnent tous les jours, samedis, dimanches et jours fériés, compris. Il s'agit de la ligne Express Voiron-Crolles et des lignes 6020, 6060 et 6070 du réseau départemental Transisère :

Le Funiculaire de Saint-Hilaire-du-Touvet[modifier | modifier le code]

Le funiculaire au début de son exploitation.

Situé dans le petit village de Montfort, juste à la limite territoriale des communes de Lumbin et de Crolles, ce funiculaire, le plus pentu d'Europe (dénivelé de 700 mètres sur une longueur de 1 480 mètres) permet de relier la vallée et la route reliant Grenoble à Chambéry avec le village de Saint-Hilaire-du-Touvet sur le plateau des Petites-Roches.

Depuis 1977, une régie municipale assure le service. Le trafic touristique a été développé grâce à une bonne publicité et l'essor des parapentistes qui utilisent le funiculaire pour remonter, notamment durant la Coupe Icare au mois de septembre.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Hameaux, Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Voici, ci-dessous, la liste complète des hameaux, quartiers et lieux-dits résidentiels urbains comme ruraux de la commune de Crolles, présentés selon un axe nord-sud et selon les références de carte publié sur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel [13] :

  • Montfort (village)
  • Le Coteau (Village de Montfort)
  • Le Beauvoir (Village de Montfort)
  • Les Tailloux
  • Les Ardillais
  • Les Fragnes
  • Les Charmanches
  • Craponoz
  • Brondières
  • La Tuilerie (Zone commerciale)
  • Les Palisses
  • Les Ayes
  • Les Maréchales
  • Les Vorses (Zone Industrielle)
  • La Tuilerie
  • Le Rafour
  • La Chêvre
  • Les îles

Le secteur des « îles », situé près de l'Isère comprend plusieurs parties : Les « îles des Trappes », Les « îles Mayard », les « îles Rafour » et les « îles d'Amblard ».

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village de « Crolles » est issu du bas latin crotalare qui a donné crollar en vieux provençal et signifie « crouler »[14], ou d'une variante latine corotulare qui a donné « croller »[15],[16], ce qui peut être interprété comme une zone d'éboulement, d'écroulement[14],[15].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Préhistoire et l'Antiquité[modifier | modifier le code]

La Préhistoire[modifier | modifier le code]

À compter du IVe millénaire av. J.-C., la mise en culture progressive des terroirs sur les flancs du Grésivaudan et de la Combe de Savoie par des paysans néolithiques a pu être constaté par des recherches archéologiques [17]

L'antiquité[modifier | modifier le code]

Le territoire des Allobroges

Dans la vallée de l'Isère, ou se situe l'actuelle ville de Crolles, les premiers résidents historiquement connus sont les Allobroges, qui s’y sont installés à partir du Ve siècle avant notre ère. Ce peuple occupait la zone la plus vaste allant du nord du Vercors et de Belledonne en passant par le Grésivaudan et sur une grande partie de la région qui sera dénommée plus tard la Sapaudia et qui deviendra la Savoie).

Articles connexes : Gaulois (peuples) et Allobroges.

Entre 125 et 118 av. J.-C., les peuples gaulois du sud-est, qu’étaient les Allobroges, les Arvernes et les Voconces, connurent un certain nombre de défaites successives face à Rome, et cette dernière put dominer une vaste contrée allant des Alpes aux Pyrénées donnant naissance à la province de la Gaule transalpine.

La première évangélisation de la région de Crolles et de la vallée aurait été effectuée par Nazaire de Milan[18], né à Rome dans le premier siècle de l’ère chrétienne et qui décida d’aller prêcher l’évangile en Gaule, sans qu'on puisse connaitre la part de la réalité et la part de la légende de cette action. Celui que la tradition chrétienne dénomme « Saint Nazaire » aurait donc passé les Alpes et longé l'Isère dès le premier siècle de notre ère; ses premiers pas l’ont sans doute mené en Grésivaudan mais les détails manquent sur son itinéraire apostolique. On sait, cependant, qu’il s'est rendu à Cimiez, ville romaine proche de Nice, où il a rencontré son disciple Celse dont il ne devait plus se séparer. Son zèle a indisposé le gouverneur de Cimiez, qui l'a fait jeter en prison, et il aurait sans doute payé de sa vie sans l’intervention de la femme du gouverneur. Une commune située à proximité du territoire crollois a gardé ce souvenir dans son nom officiel, celle de Saint-Nazaire-les-Eymes.

Article connexe : Nazaire de Milan.

À partir du Ve siècle, le pouvoir reste aux mains du clergé, malgré les grandes invasions et l'arrivée des Burgondes qui, profitant de l'effondrement de l'Empire romain d'Occident, fondent un royaume qu'ils étendent vers la Suisse romande actuelle et le quart Sud-Est de la Gaule.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le Dauphin Humbert II de Viennois, le dernier des dauphins du Viennois

De nombreuses luttes féodales au Moyen Âge entre la Savoie et le Dauphiné dévastent le Grésivaudan et par voie de conséquence une partie de la commune. Crolles se situe sur le domaine des seigneurs de Montfort, du nom d'un village et de son château datant de 1261 et dont les ruines partiellement restaurées se situent sur le territoire communal.

Dès le XIIIe siècle, grâce notamment à son agriculture, à son artisanat, et à son industrie, la région de Crolles et du Grésivaudan connaissent une grande activité commerciale; la vallée bénéficiait de ce dynamisme, du fait de sa position de voie de passage unique entre les régions du Bas-Dauphiné, du Valentinois et de la Provence vers les régions de la Savoie, de Genève et du bassin lémanique[19].

Le Dauphin, Humbert II offrit en 1334 ou en 1343 à Amblard de Beaumont, son principal ministre, le fief de Beaumont ainsi que tous ses biens situés sur la paroisse de Le Touvet qui comprend les terres du Touvet et de Crolles. Les Beaumont ont ainsi porté le titre de seigneurs de Crolles et de Montfort jusqu'en 1617[20] Entre le Moyen Âge et la Révolution Industrielle, les Crollois étaient majoritairement des agriculteurs, des vignerons et des éleveurs. Les plantations étaient situées en relative altitude sur les coteaux, car la présence de marais rendait la culture délicate.

Du milieu du XIVe siècle jusqu'au XVIIe siècle les conditions climatiques sont très difficiles : hivers très rigoureux, canicule en été, de multiples famines font diminuer la population.

L'époque Moderne[modifier | modifier le code]

Louis XIII visita le château de Crolles

En l'an 1600, le roi de France se rend à Crolles pour y visiter le château, son fils, le roi Louis XIII en fera de même en 1639, en compagnie de son principal ministre le Cardinal de Richelieu[21].

Monseigneur Étienne Le Camus, aumônier du roi Louis XIII, cardinal et évêque de Grenoble de 1671 à 1707 réorganise les paroisses de son diocèse dès la première année de son épiscopat. Crolles devint dés cette époque et jusqu’à la Révolution le chef-lieu d’un archiprêtré rural regroupant les paroisses de Bernin, de Saint-Hilaire, de Saint-Pancrasse, de Saint-Ismier et de La Terrasse[22].

L'époque Contemporaine[modifier | modifier le code]

La Révolution française dans le Dauphiné et à Crolles[modifier | modifier le code]

La Révolution française, dont les prémices ont été ressenties très tôt dans le Dauphiné, comme en témoigne la célèbre journée des Tuiles, séries d'émeutes survenues à Grenoble le 7 juin 1788, puis la Réunion des états généraux du Dauphiné organisée le 21 juillet de la même année, est suivie par l'ensemble des populations locales y compris à Crolles et dans le Grésivaudan.

La roi Louis XVI convoque, dès lors, l'Assemblée provinciale du Dauphiné (créée par Necker en 1779). Celle-ci est composée de trente membres du clergé, soixante de la noblesse et quatre-vingt-dix du Tiers État. Ces États de la Province du Dauphiné, préparatoires à la future convocation des États généraux de 1789, se dérouleront sur plusieurs cessions, la dernière étant tenue à Romans sur Isère entre le 1er décembre 1788 et le 16 janvier 1789[23].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gare de Crolles, desservie entre 1899 et 1937 par le tramway Grenoble - Chapareillan
L'Avenue Joliot-Curie, ancienne RN 90, en 2015

En 1840, remplaçant un bac dépassé par la fréquentation, un pont fut construit pour rallier le village de Brignoud et la rive gauche de l'Isère[24]

Dès le XVIIIe siècle, en raison de la demande de la population et de l'augmentation du prix du vin, les champs de blés furent remplacé par des vignobles de qualité médiocre et la culture du raisin atteint son apogée à la seconde moitié du XIXe siècle puis la vigne fut atteinte par le phylloxéra dès 1860 et s'éteignit progressivement, remplace par des champs de mais[25].

La ligne tramway de Grenoble à Chapareillan (abrégé TGC) est ouverte graduellement sur une période de plus de deux ans entre 1899 et 1901, en suivant l'avancement des travaux. Cette ligne qui dessert la commune de Crolles est tout d'abord uniquement réservée au transport de voyageurs, puis un arrêté du 19 mars 1900 autorise le transport de marchandise qui débute dès le lendemain. La ligne sera supprimée dans les années 1930.

Le XXe siècle et le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

À la suite du phénomène de l'exode rural, la population a rencontré une lente décroissance, jusqu'à 964 habitants en 1946, puis le mouvement d’urbanisation finit par renverser la tendance et l’augmentation de la population crolloise s'est accentué depuis 1968. En 2008 la commune comptait 8 601 habitants.

En ce début du XXIe siècle la commune se présente comme un des centres urbains les plus développés au niveau industriel et commercial de la vallée du Grésivaudan et elle est notamment la ville siège de la Communauté de communes du Pays du Grésivaudan depuis le .

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le maire actuel de Crolles est Philippe Lorimier. Celui-ci est assisté dans sa fonction, par huit adjoints au maire, dont quatre hommes et quatre femmes. Le Conseil Municipal compte 29 membres, dont 24 siègent dans le groupe de la majorité municipale et 5 dans l'opposition. Les délibérations du Conseil municipal sont publiques[26].

Six élus, membres du Conseil Municipal siègent à la Communauté de communes du Pays du Grésivaudan, collectivité qui rassemble 47 communes et qui remplace depuis le 1er janvier 2009, 4 anciennes communautés de communes : du Moyen-Grésivaudan, du Haut-Grésivaudan, des balcons de Belledonne et du plateau des Petites-Roches.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Élections municipales 2014[modifier | modifier le code]

Lors de la dernière élection municipale de 2014, monsieur François Brottes, le maire sortant de la commune, ne se représente pas afin de respecter la règle de non-cumul des mandats et c'est monsieur Philippe Lorimier qui figure comme tête de liste représentant donc la majorité municipale, de gauche, sortante. Celui-ci remporte très nettement le premier tour face à une liste unique, sans étiquette politique revendiquée et représenté par un candidat en tête de liste, monsieur Christophe Lemonias.

Nombre de voix Pourcentage
Philippe Lorimier (Crolles, un territoire en mouvement - Union de la gauche) 2 207 63,61 %
Christophe Lemonias (La parole aux crollois - Divers) 1 263 36,39 %

Le nombre d'abstentionnistes est assez élevé pour cet unique tour de scrutin avec un taux de 41.11%

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mai 1953 1986 Paul Jargot PCF Sénateur de l'Isère (1974-1983)
1986 juillet 2005 Jean-Claude Paturel PCF  
août 2005 avril 2014 François Brottes PS Directeur de société, Député (1987-2015)
avril 2014 en cours Philippe Lorimier DVG Cadre supérieur[27]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 8 212 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 110 1 294 1 412 1 500 1 511 1 554 1 600 1 632 1 549
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 472 1 439 1 404 1 365 1 386 1 276 1 311 1 177 1 167
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 150 1 103 1 028 1 021 1 162 1 213 1 102 964 1 228
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012
1 548 1 723 2 102 3 492 5 829 8 260 8 429 8 601 8 237
2013 - - - - - - - -
8 212 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2004[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Équipements et événements sportifs[modifier | modifier le code]

Les équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Le tribune du Stade de Crolles
Le stade de la Dent de Crolles[modifier | modifier le code]

Le stade de la Dent de Crolles qui comprend deux terrains est le site officiel d'entrainement de l'équipe locale de football, le FC Crolles-Bernin, inscrit à la ligue Rhône-Alpes de Football.

Le Football Club de Crolles-Bernin a été créé sous l'impulsion de Paul Jargot, le Maire de Crolles), du Curé de la paroisse et de quelques amis à la fin de la Seconde guerre mondiale. À la fin de la saison 1973-1974, l'équipe féminine est vainqueur de la Coupe du Dauphiné pour sa première année d'existence. Au terme de la saison 1976-1977, ce sont les juniors masculins , qui remportent le championnat du Dauphiné et la Coupe du Dauphiné. Les couleurs du club de Crolles-Bernin sont le Bleu et Blanc[30].

Le Centre nautique de Crolles[modifier | modifier le code]

La piscine du centre nautique municipal est ouverte tous les jours de l'année, avec trois nocturnes par semaine. Le centre dispose de deux bassins : un bassin de 25 mètres pour l'activité sportive et ludique et un petit bassin d’initiation pour les jeunes enfants. Durant l’été, le centre nautique présente une ouverture vers l’extérieur avec une pelouse.

Le Skate Park de la Marelle[modifier | modifier le code]

Situé dans le complexe de la Marelle, le skate park de Crolles[31] d'une surface de 1 500 m2 avec 500 m2 de bowl est ouvert depuis 2008. Le parc est situé dans un lieu ensoleillé et il est équipé d'un point d'eau.

Le Crolles Tennis Club[modifier | modifier le code]
courts de tennis de Crolles

Situé dans le complexe sportif de la rue Léo Lagrange, l'ensemble sportif consacré au tennis compte deux terrains en sol synthétique, deux terrains en béton poreux et deux terrains en résine, ainsi qu'un mur de tennis

Ces terrains sont tous éclairés et découverts.

Le Centre équestre de Montfort[modifier | modifier le code]

Un centre équestre[32] est installé, chemin des cailles dans le petit hameau de Montfort. Ce centre organise des promenades à cheval, à poney et des cours en manège. L'établissement est adhérent à l'école française d'équitation et au poney club de France, dépendant de la Fédération française d'équitation.

La piste de Karting[modifier | modifier le code]

Une piste de Karting privée dénommée ChronoKart est installée, non loin de la barrière de péage de Crolles. La piste est en bitume et une école de pilotage y est associée. Elle est ouverte aux particuliers et propose de nombreux compétitions telle que le « Trophée des Alpes », organisé par la de la Fédération française du sport automobile[33].

Les Sites d'escalade [34][modifier | modifier le code]
  • Le site du Luisset
Ce site est accessible depuis la commune de Saint-Pancrasse, situé sur le plateau ou par le sentier du Facteur au départ de Crolles. ce site offre plus d'une centaine de voies équipées et l'accès libre et gratuit pour tous.
  • Le site artificiel d'escalade
Un mur d'escalade de 230 m2 est installé dans le complexe sportif de la Marelle.

Les événements sportifs[modifier | modifier le code]

Alberto Contador

La ville de Crolles a été ville-étape d'une grande compétition cycliste internationale, le critérium du Dauphiné.

  • Le critérium du Dauphiné 2010

La 62e édition du Critérium du Dauphiné s'est déroulée dans la région du 6 au , 15e épreuve du Calendrier mondial UCI 2010.

La ville de Crolles a accueilli le départ de la 6e étape [35] qui s'est déroulée le 12 juin entre Crolles et L'Alpe d'Huez, et celle-ci a été remportée par le coureur espagnol Alberto Contador. La victoire au classement général de cette grande épreuve cycliste est revenue au coureur Slovène Janez Brajkovič.

  • Le départ a été donnée devant l'Espace Paul Jargot, les coureurs ont suivi ensuite la rue François-Mitterrand puis la rue Léo-Lagrange, la rue Hector-Berlioz, l'avenue de l'Abbaye, l'avenue Joliot-Curie, et enfin, l'avenue de la Résistance avant de parvenir à la ligne de départ officielle située sur la route départementale 1090 à hauteur du panneau de sortie de Crolles.
Article connexe : Critérium du Dauphiné 2010.

Agenda des festivités culturelles[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Organe de presse écrite[modifier | modifier le code]

  • Le Dauphiné libéré
Historiquement, le quotidien à grand tirage Le Dauphiné libéré consacre, chaque jour, y compris le dimanche, dans son édition de Grenoble, un ou plusieurs articles à l'actualité de la ville, ainsi que des informations sur les éventuelles manifestations locales, les travaux routiers, et autres événements divers à caractère local.
Article connexe : Le Dauphiné libéré.
  • Le Magazine de Crolles
Magazine publié mensuellement par la ville de Crolles et distribué dans les boîtes aux lettres de chaque foyer de la commune. Chaque édition présente régulièrement un éditorial du maire de la commune, des pages d'information locale dénommé « Crolles à vivre », les compte-rendus du conseil municipal, des compte-rendus sur les activités sportives, associatives et culturelles[36].

Économie[modifier | modifier le code]

Le secteur artisanal et commercial[modifier | modifier le code]

Le secteur industriel[modifier | modifier le code]

Logo de la société Teisseire
Logo de la société ST MicroElectronics

La commune de Crolles héberge le site de production de plusieurs grandes entreprises à vocation nationale dont :

  • La société Teisseire, créée avant la Révolution française par le grenoblois Camille Teisseire est une très ancienne entreprise française spécialisée dans la fabrication de sirop et de jus de fruits possède, depuis 1971, son siège social à Crolles, le long de la route départementale no 10. L'entreprise possède également une usine de production de ces mêmes boissons dans la zone industrielle de la commune. La société appartient depuis 2004 à la société Fruité Entreprises, elle-même rattachée au groupe anglais de boissons gazeuses et soda BRITVIC depuis 2010[37].
  • La société ST Microelectronics qui fabrique, principalement des matériaux semi-conducteurs est située dans la zone industrielle de Crolles, non loin de l'autoroute et des berges de l'Isère. Avec 4000 emplois directs et 3 milliards d'euros investis entre 2003 et 2007 conjointement avec Philips Semiconductors et Motorola Semiconductor, elle représente la majeure partie de l'économie crolloise. À la suite du retrait en 2007 de NXP (ex Philips Semiconductors) et Freescale (ex Motorola Semiconductor), la firme STMicroelectronics a conclu un accord avec IBM sur le site de Crolles.
  • La société Petzl, fondée par Fernand Petzl, grand explorateur spéléologue d'origine roumaine germanophone mais ayant vécu dans le Grésivaudan, qui produit du matériel pour l'escalade, l'alpinisme, la spéléologie et les travaux en hauteur ainsi que des lampes frontalesa été fondée et est toujours basée à Crolles, au sein de la zone commerciale de la route départementale n'10.
  • La société AZTEC qui fabrique des engins de damage pour les pistes de ski, a installé son usine d'assemblage sur la commune de Crolles en 2013, dans un bâtiment industriel désaffecté appartenant à la commune. Grâce à cette nouvelle installation, cette entreprise dispose d’un espace de production de 1 000 mètres carrés, et elle bénéficie également de la présence d'un pont roulant d'une capacité de levage de 10 tonnes[38]. Cet établissement est également situé dans la zone commerciale, à proximité de la route départementale No 10.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre - Saint-Paul[modifier | modifier le code]
Le clocher de l'église de Crolles

L’église Saint-Pierre – Saint-Paul, construite à partir de 1648 sur l’emplacement d’une église médiévale, détruite par les guerres de religions abrite des peintures murales du XVIIIe siècle récemment restaurées, ainsi qu’un riche mobilier (maître-autel Louis XV en marqueterie, chandeliers du XVIIIe siècle, nombreuses statues)[39]. En 1678 lors de sa visite pastorale, l'évêque de Grenoble Étienne Le Camus (1632 - 1707) a déclaré que l'église était la plus belle de son diocèse[40]. Le clocher, qui surmonte l'église a été reconstruit après la Révolution française.

Il s'agit d'un édifice de structure harmonieuse qui compte cinq travées et qui présente une haute nef éclairée par de grandes ouvertures sous la forme de baies vitrées et bordée d'arcades situées sur les bas-côtés et éclairé par des fenêtres dominées par des petite baie rondes dénommé oculi sur ce site. Il existe dans cette église une galerie de tribunes qui donne, elle aussi, sur la nef par des arcades garnies de barrière de type balustrade. À l'ouest de l'édifice, la façade permet de découvrir trois autres oculi disposés en triangle au-dessus d'un portail de Style Louis XIII. Il existe également deux chapelles latérales au chœur qui portent des décors anciens restaurés en 1998[41].

Les orgues, situées en tribune sur la façade ouest ont été installées dans l'église à la suite de la commande conjointe de la mairie et le ministère de la Culture furent fabriquées en 1983 à Rives et se présentent sous la forme de deux buffets en noyer massif, deux claviers en buis de 56 touches, un pédalier de 30 notes et 15 jeux[22].

Située au nord-ouest de l’église, la cure présente sur sa façade sud-ouest un cadran solaire, le cadran d'origine qui datait probablement du XVIIIe siècle, a, en fait, été recréé à l'identique en 2001 en gardant l’ancien style, mais présentant un nouveau décor.

En 1973, l'artiste Nicolas Greschny, fresquiste du XXe siècle, a rajouté au décor des chapelles et du chœur, des icônes peintes. a cette époque, cette artiste avait déjà peint de nombreuses fresques, principalement sur les murs d'églises situées dans le Sud et le Sud-Ouest de la France.

Article connexe : Nicolas Greschny.
L'abbaye des Ayes[modifier | modifier le code]

De cet ancien monastère, il ne reste aujourd'hui qu'un corps de logis, reste probablement le logis abbatial. Des plafonds peints de la période classique (XVIIe ‑ XVIIIe siècle) le décorent, et des chapiteaux du XIIe siècle, provenant du cloître, y ont été réemployés. Ce bâtiment est inscrit à l'inventaire complémentaire des monuments historiques depuis le 17 juillet 1990[42].

Il ne reste aujourd'hui que le logement de l'abbesse (propriété privée protégée au titre de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques). Les stalles de l'abbaye sont aujourd'hui situées à la chapelle de la Salette, à Grenoble[43].

  • Histoire de l'abbaye
D’après la légende, l'abbaye des Ayes, fondée au XIIe siècle par Marguerite de Bourgogne, veuve du dauphin Guigues IV d'Albon, priait dans sa petite résidence sur le plateau des Petites Roches, elle vit un flambeau suspendu dans les airs se poser dans la vallée sur les bords de l’Isère lui révélant l’endroit qu’elle cherchait pour fonder un couvent. Marguerite de Bourgogne lia alors son destin à la commune de Crolles en fondant l’abbaye des Ayes en 1141. L’abbaye a été construite avec un monastère comportant des dortoirs, un réfectoire, une église, dévastée par un incendie en 1648 et trois chapelles entourées de jardins. Cette abbaye a permis à la commune de se développer et de s’enrichir. L’abbaye fut achetée en 1791 par César de Chaléon, conseiller de l’ancien parlement de Grenoble et député de la noblesse aux états Généraux[44].
Le Moulin de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Contrairement à l'abbaye, le moulin à eau est conservé et a fonctionné jusque dans les années 1980, avec de nombreuses modernisations aux XIXe et XXe siècles.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le château de Crolles ou de « Bernis »[modifier | modifier le code]
Le château de Crolles

Le château de Crolles, dénommé également château de Bernis, englobé aujourd'hui dans la zone urbaine de Crolles, est une ancienne maison forte dont on trouve la trace dès le milieu du XIVe siècle et qui a été transformée au XVIIe siècle.

Le château se compose donc en 2015 de deux bâtiments accolés et de forme rectangulaire et ayant conservé des deux tours rondes, lui donnant un aspect plus imposant. Le bâtiment principal comprend une grande galerie avec un plafond à la française et présente également, un décor peint du XVIIe siècle avec quelques tableaux de la même époque représentant le château et ses jardins à la française. Le bâtiment présente également un petit salon qui a gardé des boiseries peintes du XVIIIe siècle et une chambre décorée de toiles brodées. Au bout la galerie, on peut découvrir la chapelle, dont la voûte laisse découvrir une représentation du Christ, de la Vierge et des Quatre Évangélistes. Cette petite chapelle fut consacrée par l"évêque de Grenoble Monseigneur, Étienne Le Camus en 1673 et son sceau est présent dans la pierre de l'autel)[45].

Le château est inscrit partiellement au titre des monuments historiques par arrêté du 30 novembre 1965 : seuls les façades et les toitures, la grande galerie et le petit salon orné de boiseries du XVIIIe siècle sont protégés[46].

Ce château a reçu les visites de deux souverains régnants français : Henri IV, le 5 août 1600, et son fils, Louis XIII accompagné par le Cardinal de Richelieu en 1639 et sont attestées historiquement. Le Cardinal de Richelieu fit envoyer son portrait à la famille châtelaine et celui-ci se trouve toujours dans un des bâtiments. Le château appartient depuis 1810 à la famille de Bernis qui lui a donné son nom[47].

Le château de Montfort[modifier | modifier le code]

Le château de Montfort, village situé sur au nord du territoire de la commune de Crolles est cité dans les archives au XIIIe siècle. Il est alors une possession des dauphins du Viennois. La Grande Dauphine Béatrice de Faucigny résidera même au château au début du XIVe siècle. On présume que c'est à cette période que les principaux bâtiments de cet édifice médiéval seront édifiés. L’enquête de 1339, destinée à estimer la valeur des possessions du dauphin Humbert II de Viennois et effectuée sous son autorité, offre historiquement la première et réelle description du château. L'ensemble était alors composé d’une tour carrée, de deux salles, de deux chambres, d’une cuisine avec sa garde-robe et son cellier, et, enfin, d’un logis des gardes situé à l’entrée du château. Le bâtiment médiéval est, à l'époque, entouré d’une enceinte. En 1343, le dauphin Humbert II, dernier dauphin et qui mourra sans successeur, offre alors le château en fief au seigneur local Amblard de Beaumont. Sa famille conservera ce château jusqu'en 1617, alors que celui-ci est déjà ruiné[48].

Durant le siècle suivant, le château appartiendra à Claude Frère, nouveau seigneur de Crolles et à ses descendants. Puis en 1717, la famille Guérin fait acquisition du château qui reste à ses descendants par filiation telles que les familles de Barral, puis de Bernis, nouveaux châtelains, cette dernière étant toujours actuellement propriétaire de ce château. Il reste du château de Montfort, de très belles et imposantes ruines qui sont plus ou moins dissimulées dans la végétation environnante. Les ruines qui indiquent bien la forme du château épousent la forme de la colline où elles sont situées. Une association dénommé « Les Raisonneurs de pierre », a réalisé des fouilles accompagnées de diverses opérations de consolidation, voire de légères restaurations partielles[49].

Les bâtiments d'Architecture contemporaine[modifier | modifier le code]
  • Le centre sportif Guy-Bolès, construit entre 2006 et 2008, est l'œuvre de l'architecte lyonnais Christian Drevet. Situé au pied de la Dent de Crolles, le bâtiment reprend dans son architecture le profil de la montagne.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

La médiathèque Gilbert-Dalet.

La vie culturelle crolloise se construit pour le plus large public possible autour de la préservation de son patrimoine bâti et naturel, la bibliothèque-médiathèque Gilbert-Dalet, l’espace culturel Paul-Jargot, des partenariats avec des rendez-vous départementaux incontournables comme le « Grenoble Jazz Festival », le « festival Rocktambule » et le « festival des Arts du Récit ». Le tissu associatif local important ou encore des manifestations populaires tout au long de l’année.

La Médiathèque Gilbert Dallet[modifier | modifier le code]

Autrefois simple bibliothèque, la médiathèque municipale, dénommée localement « la M », offre, dans un bâtiment construit sur deux niveaux, situé sur la route de Lumbin, près de 750 m2 accessibles au public avec 45 000 documents, dont 7 000 CD, 3 000 DVD et 65 revues[50].

La médiathèque est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. La salle d’animation et l’espace musique et cinéma sont équipées de boucles pour mal entendants. Le site de la médiathèque permet d'accéder à un plan interactif qui permet de visualiser toutes les parties du bâtiment. Cette médiathèque propose également des accueils de classes sur projet, organisés en collaboration avec les enseignants, des rencontres avec des auteurs, des animations pour les enfants, petits ou plus grands et, enfin, des accueils et des prêts de documents en direction du relais d’assistantes maternelles locales [51]..

L'espace Paul Jargot[modifier | modifier le code]

Baptisé du nom d'un ancien maire de la commune, le Centre culturel municipal dit « l’Espace Paul-Jargot » répond au fort développement de l’action culturelle portée par la ville et fait écho à la dynamique culturelle qui se déploie sur le Pays du Grésivaudan. Inscrit sur le territoire comme un équipement complémentaire à ceux existants, il s’identifie par sa vocation musicale première, comme un outil de création, de diffusion et de pratique au service des artistes professionnels et amateurs et de la population. La salle de 400 places située au cœur du bâtiment et pourvue d’une scène de 160 m2 et comptant 19 mètres d’ouverture, 8,5 mètres de profondeur, 10 mètres de hauteur. Cet espace, accessible aux personnes handicapée est situéede plain-pied offre une disposition favorable à l'expression de la diversité artistique, sur toutes ses formes. Les locaux de répétition et d’enseignement complètent l'équipement sur ses vocations d’espace de création, d’accueil et de pratique et d'enseignement de la musique.

Toute la programmation culturelle est disponible sur le site internet dédié a la culture[52].

Patrimoine et tradition orale[modifier | modifier le code]

Les régions historiques de l'aire linguistique francoprovençale, avec toponymie en francoprovençal.
Aire linguistique francoprovençale.

Le territoire de la commune de Crolles, du canton du Moyen Grésivaudan et, bien sûr, de l'ensemble de la vallée de l'Isère dauphinoise, se situe au nord-est de Grenoble, et donc dans la zone linguistique dite des patois dauphinois, laquelle appartient au domaine des langues dites francoprovençales ou arpitanes au même titre que les patois savoyards, vaudois, Valdôtains, bressans et foréziens (voir carte).

L'idée du terme franco-provençal attribuée à cette langue régionale parlée dans la quart centre-est de la France (et qui permet de différencier les patois de cette zone géographique du français, dit langue d'oil et de l'occitan, dit langue d'oc) est l'œuvre du linguiste et patriote italien Graziadio Isaia Ascoli en 1873 qui en a identifié les caractéristiques.

La langue est aujourd'hui peu utilisée dans le secteur, à l'exception de quelques personnes âgées originaires de la vallée. Globalement au niveau régional, l'usage de l'arpitan au quotidien est de 2 % (2009) des habitants des espaces ruraux en Rhône-Alpes, et négligeable en zone urbaine[53], alors qu'elle est bien vivante dans d'autres secteurs telles que la Vallée d'Aoste.

La dénomination de la commune en arpitan est « Crola » [krol.la].

Articles connexes : Dauphinois et Francoprovençal.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

L'Espace naturel sensible du Marais de Montfort[modifier | modifier le code]

Le marais de Montfort depuis le plateau des Petite Roches.

Le marais de Montfort est un des derniers marais tourbeux qui couvraient autrefois le fond de la vallée du Grésivaudan lorsque l'Isère, aux méandres irréguliers, changeait de lit de façon saisonnière. Dans ce secteur protégé, on peut encore notamment découvrir de nombreuses orchidées rarissimes[54].

Le département de l’Isère a classé le site comme espace naturel sensible départemental et la gestion du lieu a été confiée à l’agence « AVENIR », conservatoire d’espace naturel de l’Isère qui a élaboré le plan de préservation et d’interprétation qui définit les objectifs de conservation et d’animation du site en concertation avec la ville de Crolles, les propriétaires des lieux et les usagers du site[55].

Le marais de Montfort faisait l'objet de pratiques agricoles depuis le Moyen Âge et jusqu'au milieu du XXe siècle, les contraintes d’inondation et de l'engorgement en eau permanent du sol n'ont permis que la pratique du pâturage, de fauche de la blâche et plus marginalement la culture du chanvre. Il s’agissait initialement d’un marais communautaire où chaque habitant de Crolles avait un droit d’usage pour le pâturage des bestiaux de la fin de l’hiver jusqu’à début juin. Il avait alors une grande importance pour l’alimentation du bétail, notamment en cas de sècheresse.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

François Brottes s'exprimant en tant que député.
  • Amblard de Beaumont, 1er du nom, appelé dans la famille « le Grand Amblard », chevalier, seigneur de Beaumont, de Montfort, du Touvet, de Saint-Michel, de Bernin, de Morestel,
Principal ministre du Dauphin Humbert II; troisième fils d'Artaud de Beaumont 3e du nom, seigneur de Beaumont, de la Frette, et d'Agnès de Bellecombe, sa seconde épouse. Amblard de Beaumont fut à l'origine de l'édification du château de Crolles dit de Bernis en 1340 pour son épouse, Béatrix Alleman de la famille des Alleman de Laval et d'Uriage.
Mairie de Crolles de 1959 à 1986, Sénateur de l'Isère du au .
Il est maire de Crolles entre 2005 et 2014, député de la 5e circonscription de l'Isère de 1997 à 2015, il est spécialiste des questions relatives aux services publics et à l'énergie, et préside la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale de à .

Crolles dans les arts[modifier | modifier le code]

Crolles et ses environs dans la peinture[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Calestroupat, plus connu sous le nom de L'abbé Calès, fut un peintre ayant bénéficié d'une certaine célébrité locale pour ses paysages dauphinois. Son sujet de prédilection est la vallée du Grésivaudan et la région de Crolles, dont il a peint la célèbre montagne en forme de dent, mais aussi le secteur de Tencin, qu'il a peint au fil des saisons.

Ses tableaux sont souvent panoramiques, travaillés au couteau par touches épaisses. Il peut être rapproché des impressionnistes ou des postimpressionnistes, mais aussi des fauves par ses couleurs exubérantes.

Crolles et ses environs au cinéma[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé en janvier et février 2001 dans le département de l'Isère, notamment à Chamrousse, Crolles, Grenoble, Moirans, Seyssinet-Pariset, Voiron, Voreppe, et dans l'Ain aux environs de Bourg-en-Bresse, Ambérieu[56]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site d'annauire-mairie, page sur la communauté de communes du Pays du Grésivaudan
  2. Site de la ville de Crolles, page sur l'activité économique
  3. Site annuaire-mairie, page sur Crolles
  4. Site annuaire-mairie, page de Crolles
  5. Site de la ville de Crolles, page de présentation
  6. a, b et c de l'autre côté de l'Isère
  7. Crolles Sur le site maps.google.fr
  8. Site du SIERM, page sur le ruisseau de Craponoz
  9. Site d'annuaire-marie, page sur le ruisseau de Crolles
  10. Site d'annuaire-marie, page sur le ruisseau des terreaux
  11. Site d'annuaire-marie, page sur le ruisseau de Montfort
  12. Site de la CC du Grésivaudan, page sur les lignes de bus
  13. Site de l'INPN
  14. a et b [PDF] Balade Le Tournourd - Bec Margain (Ptes Roches) - 7 avril 2009.
  15. a et b Éboulement en face est de la dent de Crolles en 2010.
  16. Clair Tisseur, Dictionnaire étymologique du patois lyonnais, Slatkine, 1890, réédition 1970 (ISBN 0120131722), page 207.
  17. Site archéologique d'Aimé Bocquet, page sur le Grésivaudan
  18. Site de la ville de Saint-Nazaire-les-Eymes, page édito
  19. [« Le Graisivaudan à travers les âges », par Augustin Aymoz, ASIN: B00H9IJCDW, page 92]
  20. site de jean-alain Montfort, page sur Crolles
  21. Site de chateau.over-blog.net, page sur le château de Crolles
  22. a et b Site de la ville de Crolles, page sur la connaissance de Crolles : le quartier de l'église
  23. Site de Gallica, copie de l'extrait du procès-verbal des « États de la Province de Dauphiné »
  24. Siote de la ville de Crolles, page de présentation
  25. [« Le Graisivaudan à travers les âges », par Augustin Aymoz, ASIN: B00H9IJCDW, page 312]
  26. Site de la ville de Crolles, page sur le Conseil Muncipal
  27. Site de mon-maire, page sur Crolles
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2007, 2008, 2012, 2013.
  30. Site du FCCB, page sur l'histoire du club
  31. localisation du skatparl sur le site ville-crolles.fr/decouvrir-crolles
  32. Site du centre équestre
  33. Site ChronoKart, page d'accueil
  34. Site de la ville de Crolles, page sport
  35. Site de velowire, page sur le critérium du Dauphiné libéré 2010
  36. Site de la ville de Crolles, page sur le magazine communal
  37. Groupe Teisseire, la référence du sirop
  38. Usine nouvelle, page sur Aztec
  39. Site de la ville de Crolles, page sur le patrimoine de Crolles
  40. Site de la ville de Crolles, page sur le patrimoine de Crolles
  41. site isère toursime, page sur l'église de Crolles
  42. Site monumentum, Carte des Monuments Historiques français, page sur l'abbaye des Ayes
  43. Georges Fort, « L'abbaye des Ayes », sur Crolles (consulté le 6 mai 2015).
  44. Mairie. Histoire des communes de l’Isère. Horvath, octobre 2008.ISBN 2-7171-0495-X.
  45. Site d'Isère-Tourisme, page sur le château de Bernis
  46. « Château », base Mérimée, ministère français de la Culture
  47. Site mapado, page sur le château de Crolles
  48. Site des randonneurs de pierres, page sur le château de Montfort
  49. Site de Jean-Alain Montfort, page sur le château de Montfort
  50. Site de la ville de Crolles, page sur la médiathèque Gilbert Dallet
  51. Site de la médiathèque de Crolles, page d'accueil
  52. culture sur le site ville-crolles.fr
  53. Étude sur l’ensemble du périmètre de la région Rhône-Alpes, page 34 et suiv. « Francoprovençal et occitan en Rhône-Alpes » [PDF], étude pilotée par l’Institut Pierre Gardette, université catholique de Lyon, juillet 2009.
  54. Découvrez les Espaces Naturels Sensibles de l'Isère, isere.fr, p. 36 (consulté le 22 juillet 2014)
  55. Site du département de l'Isère, page sur le marais de Montfort
  56. Fiche du film sur le site Rhône-Alpes cinéma

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Augustin Aymoz, Crolles, mon village, Atelier d'Edition,‎
  • Augustin Aymoz, Il était une fois... Le Grésivaudan, Grenoble, Les Editions de Belledonnes,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]