Cordiste

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Échafaudage mis en place par des cordistes sur une cathédrale
Un cordiste sur une tour horloge
Technicien cordiste purge
Cordiste installation de colliers
Cordiste

Cordiste ou travailleur acrobatique sont des appellations françaises pour designer un travailleur qualifié qui utilise des cordes pour réaliser des travaux en hauteur, d'accès difficile et sans utiliser d'échafaudage ni d'autre moyen d'élévation (type nacelle).

En France, les cordistes ne bénéficient pas de conventions collectives et s'exposent à des conditions de travail dangereuses (risque de chute + risques inhérents à la tâche à réaliser et au milieu de déroulement de l'opération). La pénibilité du métier de Cordiste et leur exposition à des risques particulièrement identifiés ne sont pas reconnues en France : Les Cordistes n'ont pas de prime de risques.

En anglais, cette activité professionnelle s’appelle "rope access" et en allemand "Seilarbeit".

Description[modifier | modifier le code]

L'activité professionnelle de "cordiste", ou "travailleur des travaux temporaires en hauteur au moyen de cordes" (appellation en référence au décret 924 du 1er septembre 2004) se caractérise par la conception, l'organisation et la réalisation d'un système d'accès par cordes (qui se doit d'être standardisé selon les normes ISO 22846-1 & ISO 22846-2) combiné à un système d'arrêt des chutes (qui se doit d'être standardisé selon la norme EN NF 363).

En France, les techniques d'accès et positionnement au poste de travail au moyen de cordes font l'objet d'une interdiction de principe par l'article R4323-64, et sont soumises à des conditions strictes d'intervention ; notamment définies par l'article R4323-89.

L'élaboration de ces deux systèmes se fait par l'assemblage d’éléments métalliques et textiles de type "Équipement de Protection Individuelle" (EPI) de classe 3 (c'est à dire protégeant contre le risque mortel de chute) normalisés : corde normalisée EN 1891-A, dispositif d'ancrage normalisé EN 795-B, connecteur normalisé EN 362 ... etc.

L'objectif de la confection de ces équipements de travail est de pouvoir accéder à un poste de travail dans le but de réaliser une tâche ( maçonnerie, peinture, lavage de vitre, étanchéité, etc.) en hauteur ; et ce, tout en protégeant en permanence les travailleurs contre le risque de chute.Les travaux temporaires en hauteur au moyen de cordes sont utilisés dans tous les domaines d'activité (industrie, bâtiment, travaux publics, événementiel, etc.).

En France, cette activité professionnelle n'est pas identifiée à ce jour par un code NAF (Nomenclature des Activités Françaises) spécifique, néanmoins elle est signalée sous le code APE (Activité Principale Exercée) 4399 D "Autres travaux spécialisés de construction" [1],[2]. En revanche, ce métier est identifié par le Pôle emploi sous le code ROME I1501 : Intervention en grande hauteur sous diverses appellations tel que "Cordiste nacelliste" ou "alpiniste du bâtiment".

Savoir-faire & "double compétences"[modifier | modifier le code]

Le savoir-faire des Cordistes se dénote particulièrement par la nécessité d'une "double compétences" :

  1. Compétence en matière de prévention des risques professionnelles par la maîtrise de l'exposition au risque de chute dans le but d'accéder à leur poste de travail
  2. Compétences dans la tâche à réaliser en hauteur. Le Cordiste doit adapter son ergonomie au poste de travail.


Les cordistes sont généralement des ouvriers qualifiés polyvalent. Ils peuvent être amenés à réaliser différentes tâches ; par exemple :

  • Nettoyage de vitres, restauration de vitraux
  • Installations de systèmes d'évacuation des fumées (fumisterie)
  • Purges de façades et maçonnerie, peinture
  • Zinguerie
  • Pose de systèmes anti-volatiles (pics anti-pigeons)
  • Nettoyage (silo, charpente…)
  • Contrôle, expertise
  • Mécanique, chaudronnerie
  • Pose de bâches publicitaire
  • Rigging accroche de systèmes de son et de lumière, spécifique au milieu du spectacle et de l’événementiel
  • Forage d'ancrages en falaise
  • Pose de filets anti-pierres et de maintien
  • Débroussaillage, coupe d'arbres en falaises
  • Réparation et entretien des ponts
  • Installation de systèmes de protections collectives, (échafaudages, lignes de vie)
  • Inspection de façades de bâtiments (LOI 122) RBQ
  • Inspection de bâtiments

Origines[modifier | modifier le code]

À l'origine des plombiers travaillaient inconfortablement à la corde à nœuds. Certains maçons aussi sur des murs. Des alpinistes et guides de montagne déneigent des toits depuis longtemps surtout en Savoie. Mais les travaux acrobatiques ont commencé dans les années 1980. Une ou deux entreprises employaient des guides de montagne pour purger et mettre en sécurité des parois rocheuses . Mais l'une des premières entreprises spécialisée en bâtiment a été la CAN en 1977 ainsi que l'entreprise mise au point à Monaco par Steve Poliakovic, alpiniste et spécialiste en bâtiment et travaux publics, en 1985. Du reste le terme travaux acrobatiques a été employé ici pour la première fois. Vue la hauteur de grands immeubles et la spécialisation de l'entreprise EMTA, elle a connu de suite un grand succès. Cette entreprise existe toujours et elle est dirigée par la même personne et opère sur les immeubles, les parois rocheuses, les églises et monuments de la principauté. Depuis de nombreuses entreprises du même genre se sont créées. Le terme travaux acrobatiques est resté.

Les techniques de progression, les nœuds ainsi qu'une grande partie du matériel sont empruntés à la spéléologie et à l'alpinisme. Extrait de texte tiré de Travaux acrobatiques, calcul des forces de choc sur les cordes d'assurage de l'INRS (les notes scientifiques et techniques de l'INRS), décembre 1995 :

« On regroupe sous le vocable de « travaux acrobatiques », les interventions sur « les immeubles par nature et par destination » qui mettent en œuvre les techniques d'assurage et de progression utilisées en alpinisme et en spéléologie dans le cas où l'installation d'un échafaudage serait trop coûteux ou impossible et ou l'utilisation d'une nacelle serait inapplicable. Au cours des 15 dernières années, le nombre d'entreprises spécialisées dans ces travaux s'est considérablement accru. Cet essor est dû à l'existence d'un besoin, celui notamment d'effectuer des travaux de purge, de consolidation ou d'équipement de falaises dans le milieu des travaux publics et d'une offre croissante, des professionnels de l'alpinisme et de la spéléologie pour effectuer ces travaux… »

Cadre juridique[modifier | modifier le code]

En France, ce métier était légiféré par le texte de janvier 1965 qui l’interdisait. Cependant, à la suite d'une directive européenne datant de 2001 et de par son application un décret est né en septembre 2004: le décret 2004-924. Ce dernier abroge en partie le texte de 1965 : Il maintient l'interdiction de principe, et donne un cadre strict pour l'exécution des travaux sur cordes.

Le décret de 2004 ainsi que sa circulaire d'application de 2005 imposent pour la première fois l'usage de deux cordes comme deux systèmes indépendants : un système de maintien au travail et un système de sécurité (communément appelé par les cordistes "antichute").

Ce texte impose par ailleurs une formation aux techniques d'accès et de positionnement au moyen de cordes ainsi qu'aux secours sur cordes pour tout technicien désirant évoluer par ces techniques. En revanche, aucune obligation de certification n'est pour l'instant imposée pour les cordiste travaillant en France.

Il n'existe pas d'obligation de certification des entreprises ; toutefois, des labels tel Qualibat "Travaux d'accès difficile à la corde" (Certification métier numéro 1452) permettent de préciser certaines obligations pour les employeurs souhaitant faire valoir leur maîtrise de la sécurité et de la qualité.

Supra Législatif[modifier | modifier le code]

Considérant les sources du droit du travail en France, l'activité professionnelle des Cordistes est légiférée par :

  1. La Directive 2001/45/CEE relative aux Travaux Temporaires en Hauteur
  2. La Directive 89/391/CEE relative aux Principes généraux de prévention
  3. La Directive 89/655/CEE relative aux équipements de travail
  4. La Directive 86/656/CEE relative à l'utilisation des EPI


Législatif et réglementaire[modifier | modifier le code]


Jurisprudence[modifier | modifier le code]


Les règles de l'art[modifier | modifier le code]


Les normes[modifier | modifier le code]

Les normes n'ont pas force de loi. Toutefois la conformité aux exigences des normes écartent le risque de mauvaises pratiques.


Les normes ISO relatives aux Travaux en Hauteur au moyen de cordes


Les normes Européennes et Françaises

Les recommandations CNAM/INRS[modifier | modifier le code]


Les conventions collectives[modifier | modifier le code]


La politique Santé et sécurité au travail (SST) d'une entreprise réalisant des Travaux en Hauteur au moyen de Cordes[modifier | modifier le code]

En France, une entreprise réalisant des Travaux en Hauteur au moyen de cordes doit respecter les dispositions établies par le Code du Travail : Conséquemment, elle se doit de formalisé sa politique SST dans des documents obligatoires. L'absence de ces documents est fortement préjudiciable.

Document unique[modifier | modifier le code]


Plan général de coordination simplifié[modifier | modifier le code]

Au regard de l'arrêté du 25 février 2003 pris pour l'application de l'article L. 235-6 du code du travail, les travaux en hauteur au moyen de cordes sont des opérations présentant des risques particuliers : Conséquemment , ce sont des opérations de catégorie 3 en matière de coordination SPS ; opérations pour lesquelles la rédaction d'un plan général de coordination simplifié doit être obligatoirement établi.

Au regard du cadre juridique, le plan général de coordination SPS simplifié relatif à des opérations (ou intervention) de Travaux en hauteur au moyen de cordes doit obligatoirement contenir :

  1. La notice des points d'ancrage des équipements de travail (systèmes d'accès, positionnement au poste de travail et protection contre les chutes) formalisant les consignes d'installation.
  2. Les consignes d'utilisation des équipements de travail
  3. Le plan particulier de sécurité et de protection de la santé adapté aux opérations envisagées en précisant les procédures de sauvetage établies


Dans son ouvrage intitulé "Travaux sur Cordes" (édition en 2014), l'OPPBTP a informé le public de l'organisation des opérations de Travaux en Hauteur au moyen de cordes (page 34).

Plan particulier de sécurité et de protection de la santé[modifier | modifier le code]


Notice des points d'ancrage[modifier | modifier le code]


La Médecine du Travail[modifier | modifier le code]

Sur l'année académique 2003-2004, le Docteur Bernard REY a présenté en vue de l'obtention du diplôme d'études spécialisées en Médecine du Travail un mémoire sur les CORDISTES en traitant de la position des partenaires sociaux, des conditions de travail, la visite médicale et le certificat d'aptitude.


Formation et certifications[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En vertu de l'article R4323-89, alinéas 6 du Code du Travail, il n'existe qu'une obligation de formation. Il n'existe pas d'obligation de certification des Cordistes, ni d'obligation de recyclage.

De nombreux centres de formation dispensent un apprentissage aux techniques d'utilisation des cordes (installation et utilisation des systèmes) et notamment aux techniques de secours d'une personne suspendu sur cordes. Certains centres se sont regroupés au sein du [[syndicat SYFFORHA]] créé le 8 septembre 2009.

Ces stages ont des durées allant de quatre semaines à plus de six mois. À l'issue du stage les élèves reçoivent une attestation de capacité de cordiste et peuvent par la suite passer des certifications attestant de la réussite de ces formations :

CATC 
Certification professionnelle Agent Technique Cordiste, qui est une certification reconnue par la Commission nationale des certifications professionnelles (CNCP) et enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) de niveau V. Le candidat au CATC doit constituer et rédiger un dossier qui rapporte son activité sur des chantiers et se présente ensuite à l'examen.
CQP
Certificat de Qualification Professionnelle de technicien cordiste qui est un titre créé et délivré par les professionnels du bâtiment et des travaux publics. Ce certificat est sur trois niveaux : CQP1 (technicien cordiste), CQP2 (technicien cordiste professionnel), CQP3 (technicien en organisation de travaux sur cordes).


A l'international[modifier | modifier le code]

L'Association IRATA (Industrial Rope Access Trade Association) a mis en place un système de travail en hauteur au moyen de cordes validé par des certifications pour les entreprises, les centres de formations, les formateurs et pour les travailleurs.

  • IRATA LEVEL 1
  • IRATA LEVEL 2
  • IRATA LEVEL 3 (Superviseur)
  • IRATA LEVEL 3I (Instructor)
  • IRATA LEVEL Asseseur
  • IRATA Certification entreprise
  • IRATA certification centre de formation

Il est reconnu internationalement que ce système de certifications qui s'articulent entre elles met en œuvre un véritable dispositif de gestion des risques intégré dans la maîtrise opérationnelle des Travaux en Hauteur au moyen de cordes.

En Europe[modifier | modifier le code]

EPCRA[modifier | modifier le code]

C'est un projet de" CERTIFICATION PROFESSIONNELLE EUROPÉENNE EN TRAVAUX SUR CORDES " en partenariat avec :

  • SFETH
  • GRETA VIVA 5
  • SOFT
  • FISAT
  • ANETVA

L'emploi des Cordistes en France[modifier | modifier le code]


Les "intérimaires"[modifier | modifier le code]


La fourniture des EPI[modifier | modifier le code]


Les salariés[modifier | modifier le code]

Dangerosité[modifier | modifier le code]

La mort accidentelle de Quentin Zaraoui-Bruat, 21 ans, ensevelis sous des tonnes de sucre dans un silo du site agro-industriel de Cristal Union, à Bazancourt (Marne), le 21 juin 2017, quelques années seulement après les accidents mortels similaires sur le même site d'Arthur Bertelli et Vincent Dequin, 23 et 33 ans[3], a attiré l'attention sur les conditions de travail exceptionnellement difficiles et dangereuses des cordistes[4],[5],[6]. Selon l’association Cordistes en colère, créée en décembre 2018, 21 cordistes (sur 8 500) sont morts entre 2006 et 2019 dans des accidents du travail[3]. La plupart sont intérimaires et non sensibilisés aux risques de ce travail.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chaque activité professionnelle est régie par un code délivré par l’Insee nommé code APE. Ce code est issu de la nomenclature d'activité française.
  2. Le code NAF rév. 2, 2008 - Sous-classe 43.99D Autres travaux spécialisés de construction stipule : « travaux spécialisés qui, pour des raisons d'accès, nécessitent des aptitudes à l'escalade et l'utilisation d'un matériel particulier, c'est-à-dire travail en hauteur sur des structures élevées ».
  3. a et b « Cordiste, un métier à hauts risques sans filet social de sécurité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. « « Si vous n’y allez pas, vous n’êtes pas des hommes ! » : enquête sur la mort de Quentin, jeune technicien cordiste », sur www.bastamag.net,
  5. Franck Depretz, « Profession cordiste » [audio], sur www.tenk.fr, (consulté le 17 février 2019)
  6. « PRESSE – Au procès de Cristal union, jugé pour deux accidents mortels : « Ils ont essayé de rejeter la faute sur les cordistes » – Association d'autodéfense de cordistes » (consulté le 17 février 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

On a perdu Quentin, suivi de Casser du sucre à la pioche, Éric Louis, Éditions du commun, 2018

Liens externes[modifier | modifier le code]