Jeux olympiques d'hiver de 1968

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Jeux olympiques d'hiver de 1968
Logo
Localisation
Pays hôte Drapeau de la France France
Ville hôte Grenoble
Coordonnées 45° 09′ 57″ N 5° 43′ 56″ E / 45.16583, 5.732245° 09′ 57″ N 5° 43′ 56″ E / 45.16583, 5.7322
Date Du 6 au
Ouverture officielle par Charles de Gaulle
Président de la République française
Participants
Pays 37
Athlètes 1 171
(960 masc. et 211 fém.)
Compétition
Nombre de sports 6
Nombre de disciplines 10
Épreuves 35
Symboles
Serment olympique Léo Lacroix
Skieur alpin français
Flamme olympique Alain Calmat
Patineur artistique
Mascotte Schuss le skieur
Géolocalisation

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
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Grenoble
Géolocalisation sur la carte : Isère
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Grenoble
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Autrans
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Chamrousse
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L'Alpe d'Huez
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Saint-Nizier
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Villard-de-Lans
Chronologie
Précédent 1964 Les cinq anneaux olympiques de cinq couleurs différentes 1972 Suivant

Les Xe Jeux olympiques d'hiver ont eu lieu à Grenoble (Isère, France) entre les 6 et . C’est la deuxième fois que la France accueille cet évènement après les Jeux olympiques d'hiver de 1924 de Chamonix.

Les Jeux olympiques d'hiver de Grenoble ont notamment été marqués par le triomphe de Jean-Claude Killy, qui a remporté trois médailles d'or dans les trois disciplines de ski alpin.

Sélection de la ville-hôte[modifier | modifier le code]

L'idée d'une candidature de Grenoble pour accueillir les Jeux d'hiver apparaît pour la première fois dans la presse régionale le 24 novembre 1960. Elle émane de Francis Raoul, préfet de l'Isère, et de Raoul Arduin, président du Comité de Ski du Dauphiné, et reçoit l'approbation immédiate de la municipalité de la ville. Albert Michallon, maire de la commune, adresse le 30 décembre 1960 une lettre au Comité international olympique dans laquelle il déclare officiellement la candidature de Grenoble pour accueillir la dixième édition des Jeux olympiques d'hiver, en 1968. Cette candidature reçoit le soutien des stations de sports d'hiver qui entourent la ville et celui du Conseil général de l'Isère. Un comité pour la candidature de Grenoble est créé en décembre 1961. Il est présidé par Albert Michallon et reçoit 170 000 francs de subvention, dont 50 000 francs de la part de la ville de Grenoble, 50 000 francs de la part du Conseil général et 70 000 francs de la part de l'ensemble des stations de sports d'hiver associées à la candidature[1].

L'État soutient fermement cette candidature : le président de la République Charles de Gaulle voit dans l'organisation des Jeux un moyen d'accroître le prestige de la France tout en mettant en œuvre des projets de modernisation des stations de sports d'hiver pour promouvoir le tourisme[2]. Pour la municipalité grenobloise, l'enjeu est d'accélérer les projets d'urbanisme afin de rattraper le retard de la ville. Marquée par une croissance démographique et économique exceptionnelle après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Grenoble est alors plus une ville industrielle qu'une ville de montagne. Elle possède l'image d'une ville moderne et dynamique notamment grâce à la croissance rapide de son Université et à l'implantation du premier Centre d'études nucléaires en dehors de la région parisienne en 1956, mais elle apparaît sous-équipée en matière d'infrastructures de transport et d'équipements urbains. Un rapport ministériel précise notamment que « Les équipements urbains existant à Grenoble correspondent aux besoins d'une ville de 80 000 habitants, alors que les besoins sont ceux d'une ville de 300 000 habitants[3]. »

Cinq autres villes sont candidates pour accueillir les Jeux d'hiver de 1968 : Calgary au Canada, Lahti en Finlande, Sapporo au Japon, Oslo en Norvège et Lake Placid aux États-Unis, ces deux dernières ayant déjà accueilli les Jeux en 1952 et 1932. Le vote a lieu le 28 janvier 1964 lors de la 61e session du CIO, qui se déroule à Innsbruck en Autriche, juste avant l'ouverture des Jeux. Au troisième tour du vote, Grenoble l'emporte face à Calgary avec 27 voix contre 24. Elle devient ainsi la deuxième ville française hôte des Jeux d'hiver, alors que les premiers de l'histoire se sont tenus à Chamonix en 1924[2],[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

Comité d'organisation[modifier | modifier le code]

Le comité d'organisation des Jeux voit le jour le 10 juillet 1964 sous le nom officiel de « Comité d'organisation des Xes Jeux olympiques d'hiver » (COJO). Il est présidé par Albert Michallon, maire de Grenoble, tandis que Pierre Randet, ancien Directeur de l'Aménagement du Territoire, en est nommé directeur général. Il assume également la fonction de commissaire du gouvernement chargé de coordonner l'intervention des administrations. Il assure ainsi la cohérence des projets liés à l'organisation des Jeux tout en les soumettant à l'approbation du Comité international olympique (CIO)[4]. En 1966, Pierre Randet démissionne. Robert Héraud, président de l'Institut national des sports, prend en charge la direction général, tandis que la mission de commissaire du gouvernement est supprimée. La coordination de l'organisation générale des Jeux est alors confiée directement au ministre de la Jeunesse et des Sports, en l'occurrence François Missoffe, sous contrôle du premier ministre[5].

Le conseil d'administration du COJO, qui assure le choix des grandes options et le contrôle de l'organisation des Jeux, se compose de 39 membres, dont 20 membres élus par l'assemblée générale des membres du COJO et 19 membres de droits : le président du Comité olympique français, les membres français du CIO, des membres du Conseil général de l'Isère, du conseil municipal de Grenoble et des conseils municipaux des stations qui ont soutenu la candidature, Autrans, Huez, Lans-en-Vercors, Méaudre, Mont-de-Lans, Saint-Martin-d'Uriage, Vénosc et Villard-de-Lans. En 1966, la commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte rejoint elle aussi le conseil d'administration après être devenue station olympique par la construction d'un tremplin de saut à ski sur son territoire[6].

L'armée est sollicitée par le comité d'organisation pour opérer un certain nombre de tâches liées à l'organisation des Jeux : préparation et entretien des installations sportives sur les lieux d'épreuve, transport de matériel et de personnel, équipement en liaisons filaires des lieux d'épreuve, mise en place de clôture, travaux sur les infrastructures ou les parkings, prêt de matériel, enfin police et secourisme sur les pistes d'Autrans, Villard-de-Lans et Saint-Nizier-du-Moucherotte[7].

Aspects économiques[modifier | modifier le code]

Le coût des Jeux de Grenoble s'élève à 1 097 295 000 francs. Les investissements concernent les infrastructures de communication et de transport, les sites d'hébergement ou de compétition, les équipements culturels et ceux destinés aux médias, ainsi qu'un certain nombre d'équipements généraux dans les villes olympiques. L'État en finance la plus grande partie avec un investissement de plus de 519 millions de francs[2], auxquels il faut ajouter l'investissement d'organismes publics ou semi-publics, comme l'ORTF ou la SNCF à hauteur de 302,6 millions de francs. Le département de l'Isère participe pour plus de 40 millions de francs, tandis que la ville de Grenoble investit 220,3 millions de francs et les autres communes olympiques 15 millions de francs[8].

La construction des différents sites de compétition coûte 92,517 millions de francs, mais les dépenses les plus importantes se situent dans l'aménagement des infrastructures routières et ferroviaires (465,181 millions de francs) et la construction du village olympique pour plus de 179 millions d'euros. Le comité d'organisation reçoit une subvention de fonctionnement de 90,429 millions de francs de la part de l'État[2],[8].

Transports[modifier | modifier le code]

D'importants travaux sont entrepris sur les routes menant aux stations de ski. Les différents aménagements réalisés pour faciliter l'accès à la station de Chamrousse coûtent 33 millions de francs. Ils consistent en l'élargissement des chaussées, l'aménagement d'un carrefour et de ponts en béton armé ainsi que la création d'une bretelle de 3 400 mètres entre Uriage-les-Bains et Grenoble. La pente maximum est réduite à 9 % et certains virages sont modifiés pour faciliter le passage d'engins lourds de transport. La construction de nouveaux tronçons et l'élargissement de certaines routes visent également à faciliter l'accès au massif du Vercors. La circulation se fait en sens unique, en utilisant la voie du plateau de Saint-Nizier-du-Moucherotte à l'aller et la route traversant les gorges d'Engins au retour. Une déviation permet d'éviter la traversée étroite du village de Sassenage, tout en limitant la pente moyenne de la route à 6 %. Une route empruntant des voies communales et un tronçon neuf de 8 km permet l'accès à Autrans par la vallée du Rhône sans passer par Grenoble, pour un montant de 4 millions de francs, dont un million pour le percement d'un tunnel de 800 mètres de longueur. La route accédant à la station de L'Alpe d'Huez est elle aussi élargie, et une déviation de 3,5 kilomètres permet d'atteindre la piste de bobsleigh sans traverser le village[9].

L'attribution des Jeux olympiques à Grenoble rend nécessaire la création d'un aéroport commercial. L'aérodrome Grenoble-Mermoz, trop exigu et gênant l'urbanisation au sud de la ville par sa trop grande proximité avec des habitations, est fermé. L'aéroport de Grenoble-Saint-Geoirs est construit au terme d'un projet porté par le maire de Grenoble, le préfet de l'Isère et le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble. L'État ne participe pas au financement de sa construction car il considère que ce projet entre en concurrence avec celui de Lyon-Satolas dans le cadre de l'aménagement régional, à l'encontre du principe de centralisation et de concentration financière[10]. L'emplacement libéré par l'ancien aéroport est immédiatement utilisé pour construire le stade olympique de Grenoble, où se tient la cérémonie d'ouverture, ainsi que des parkings et une gare SNCF provisoire, la gare de Grenoble-Olympique. Ce lieu devient le point des départs des cars acheminant les spectateurs vers les lieux des épreuves[11].

La mise en place du nouveau plan d'urbanisme entraîne le déplacement de la voie ferrée reliant Grenoble à Chambéry de 2,5 kilomètres plus au sud, accompagnée de la création de la rocade sud de contournement autoroutier[12], qui n'est achevée qu'en 1987[13]. L'autopont sur le boulevard Joseph-Vallier est construit (il sera démoli en 2004 pour le passage du tramway), l'autopont de la rue Albert Reynier est ouvert et enfin la mise en service des autoroutes A48 jusqu'à Voreppe, B48 (future A480) jusqu'à son terminus au niveau du stade Bachelard et l'amorce de l'A41 jusqu'au Touvet.

Cependant, une seule des 2 chaussées fut réalisée pour l'occasion, malgré les emprises. La deuxième chaussée ne sera réalisée qu'au milieu des années 1970, avec instauration du péage entre Crolles, et l'échangeur de Chignin (exploitation AREA).

Médias[modifier | modifier le code]

Pour la première fois dans l'histoire, les Jeux sont diffusés en couleurs. Les droits de diffusion rapportent 12,5 millions de francs, dont 10 millions de francs pour la chaîne ABC qui s'assure l'exclusivité des droits pour les États-Unis. L'Eurovision verse 2,5 millions de francs. Les téléspectateurs français bénéficient de 111 heures de retransmission en direct, dont 59 heures en couleurs. Vingt-spet heures de retransmission en direct sont proposées aux États-Unis par l'intermédiaire du satellite Intelsat I[2]. Pour améliorer cette retransmission, l'ORTF a installé une Maison de la Radio et de la Télévision sur 6 000 m2 dans le quartier Malherbe[14].

Les réalisateurs Claude Lelouch et François Reichenbach ont consacré à ces jeux un documentaire : Treize jours en France sorti en 1968.

Marketing[modifier | modifier le code]

L'emblème des Jeux olympiques, créé par Roger Excoffon, représente un cristal de neige entouré des trois roses rouges symboles de la ville de Grenoble et surmontant les anneaux olympiques reproduits en blanc. L'emblème est entouré de l'appellation « Xe Jeux olympiques d'hiver - Grenoble 1968 »[15],[16]. Le personnage de « Schuss », un objet rouge et bleu représentant un skieur, devient la première mascotte olympique, bien que non officielle[2]. Créé par Aline Lafargue, des studios « Films et Promotion » de Paris, il se distingue par son pied unique et sa tête disproportionnée[17].

De nombreux produits dérivés en rapport avec ces Jeux olympiques ont été créés. Le Ministère des PTT met en vente en avril 1967 un timbre pré-olympique d'une valeur de 60 centimes de francs et destiné à la correspondance internationale. Reproduisant l'emblème officiel des Jeux, il est édité à 300 000 exemplaires. Cinq timbres commémoratifs dessinés et gravés par Jean Combet sont mis en vente les 27 et 28 janvier 1968, avant l'ouverture des Jeux, représentant une discipline ou la flamme olympique. Le produit de la surtaxe généré sur ces timbres est partagé entre la Croix-Rouge et le comité d'organisation. Par ailleurs, la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes fabrique 500 000 étuis de cinq cigarettes frappés de l'emblème des Jeux, distribués en France comme à l'étranger. Les marques de cigarettes « Isère » et « Grenoble » sont créées, et 230 millions de boîtes d'allumettes portant l'emblème des Jeux sont mises en vente[18].

Plusieurs entreprises sont désignées comme « fournisseur officiel des Jeux » : Renault pour les véhicules nécessaires au transport des athlètes, des officiels et des journalistes, Total pour le carburant de ces véhicules, Lip, Omega et Longines pour le chronométrage, IBM France pour le calcul des résultats et Gestetner (en) pour leur duplication, Kodak-Pathé pour les films, Philips pour la sonorisation et les enregistrements électro-magnétiques, ainsi qu'Electro Impex pour l'affichage lumineux des résultats. Ces entreprises sont les seules autorisées à exposer leur marque sur les lieux d'épreuve à condition que cette exposition se limite aux installations nécessaires à l'exercice de leur activité[19].

Nations participantes[modifier | modifier le code]

Carte du monde des pays participant aux Jeux olympiques de Grenoble.
Trente-sept nations (en vert) participent aux Jeux de Grenoble.

Trente-sept nations envoient une délégation à Grenoble, soit une de plus qu'à Innsbruck en 1964, pour un total de 1 158 athlètes dont 947 hommes et 211 femmes[15]. Pour la première fois, l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest sont présentes séparément. Alors que le CIO était parvenu à maintenir l'équipe unifiée d'Allemagne pour les précédents Jeux malgré la recrudescence des tensions entre l'Est et l'Ouest après la construction du mur de Berlin, il ne peut éviter la séparation des deux délégations à Grenoble. Dès la fin des Jeux d'été de 1964 à Tokyo, l'Allemagne de l'Est réclame une participation indépendante, ce qui est d'abord refusée par les pays de l'OTAN et plus particulièrement le gouvernement français, bien que la proposition reçoive le soutien de la majorité des fédérations sportives internationales. La participation séparée des deux équipes est entérinée lors de la session du CIO qui se tient à Madrid en octobre 1965[20].

Le Maroc connaît quant à lui sa première participation aux Jeux olympiques d'hiver. La Belgique et la Corée du Nord, présentes aux Jeux d'Innsbruck, n'envoient aucun athlètes à Grenoble[21],[22]. Enfin, la Nouvelle-Zélande fait son retour aux Jeux, pour sa troisième participation, la première depuis Squaw Valley en 1960[23].

Le nombre indiqué entre parenthèses est le nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays[24].

Sites[modifier | modifier le code]

Sites sportifs[modifier | modifier le code]

Site de Chamrousse (1968).

Des « Semaines Internationales » sont organisées tout au long de l'année 1967 pour procéder à des essais techniques des installations sportives construites pour les Jeux[25]. Grenoble est située au croisement de trois massifs alpins : Belledonne, la Chartreuse et le Vercors, ainsi les épreuves de neige sont organisées en dehors de la ville. La ville de Grenoble accueille, quant à elle, les épreuves de patinage et de hockey sur glace. Le Stade de glace, renommé par la suite « Palais des sports », est conçu par les architectes Robert Demartini et Pierre Junillon. Implanté à proximité du parc Paul-Mistral, il peut accueillir 12 000 spectateurs et concentre les épreuves de hockey sur glace et de patinage artistique. Un anneau de vitesse en plein air est aménagé à côté du Stade de Glace. D'une capacité de 2 500 spectateurs, il compte une piste de 400 mètres de longueur et 14 mètres de largeur pour les épreuves de patinage de vitesse[2],[26]. La Patinoire municipale de Grenoble, inaugurée en septembre 1963 et testée à l'occasion des championnats d'Europe de patinage artistique 1964, sert de patinoire d'entraînement pour les hockeyeurs[27].

La station de Chamrousse accueille les épreuves de ski alpin. La descente dames et les différents slaloms sont disputées sur les pistes du Recoin, tandis que la descente homme est disputée à Casserousse, à 2 kilomètres du Recoin, pour des raisons de configuration de terrain. D'importants travaux de terrassement sont entrepris pour aménager la partie haute de la descente de Casserousse, tracée à travers des barres rocheuses. La piste, d'une longueur de 2 890 mètres, est testée une première fois à l'occasion des championnats de France de 1956, puis lors des Semaines Internationales de 1967, à l'issue desquelles de légères modifications de terrain sont apportées sur le bas du parcours, avant l'homologation officielle de la piste. La création du stade de slalom dans la cuvette du Recoin nécessite quant à elle le comblement d'un ravin et l'aplanissement de près de 200 000 m3 de roc. La descente femmes, elle aussi disputée sur la piste du Recoin, possède une longueur de 2 160 mètres. Les règlements de la Fédération internationale de ski et du Comité international olympique imposant la sélection de pistes de repli pour le ski alpin, celles-ci sont prévues à L'Alpe d'Huez, station sélectionnée pour son ensoleillement et sa capacité hôtelière[28]. L'aménagement des pistes de Chamrousse coûte 8,6 millions de francs[2].

Les épreuves de ski nordique, à savoir le ski de fond, le biathlon et le combiné nordique ont lieu à Autrans, sur le massif du Vercors, de même que l'épreuve de saut à ski sur petit tremplin de 70 mètres, disputée sur le tremplin au Claret. La décision d'installer ce tremplin de 70 mètres à Autrans est dictée par la proximité des pistes de ski de fond, également utilisées dans l'épreuve de combiné nordique. L'aire d'arrivée du tremplin a la forme d'un cirque creusé dans la montagne et pouvant accueillir 40 000 spectateurs[29]. Le tremplin de 90 mètres est quant à lui édifié à Saint-Nizier-du-Moucherotte : le tremplin du Dauphiné est construit par l'architecte Pierre Dalloz, sur les conseils de l'Allemand Heini Klopfer (de), ancien sauteur à ski et architecte de tremplins. La piste d'élan, entièrement artificielle, amène sur une aire d'arrivée prévue elle aussi pour 40 000 spectateurs[30]. Le montant de sa construction s'élève à 6,9 millions de francs[2].

Deux pistes sont construites pour la luge et le bobsleigh, alors que ces épreuves se disputent habituellement sur le même tracé[2]. Villard-de-Lans accueille la luge avec une piste de 1 000 mètres comptant une pente moyenne de 11 %. Elle est conçue sur le versant nord du Bois du Frier avec l'aide de l'ancien lugeur polonais Jan Steler[30]. La piste de bobsleigh est construite à L'Alpe d'Huez, dont l'altitude permet d'assurer la bonne conservation de la glace : le départ de la piste est situé à 2 030 mètres d'altitude et son arrivée à 1 890 mètres. D'une longueur de 1 500 mètres et d'une pente moyenne de 9,33 %, elle est conçue par l'architecte italien Luciano Galli à proximité du col du Poutran[31]. L'aménagement de la piste de L'Alpe d'Huez coûte 6,7 millions de francs, tandis que la piste de Villard-de-Lans coûte 3,2 millions de francs[2].

Sites d'hébergement[modifier | modifier le code]

Village olympique de nos jours

Déroulement[modifier | modifier le code]

Relais de la flamme olympique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Relais de la flamme olympique.

D'une longueur de 70 cm, la torche olympique de Grenoble est un flambeau en tôle cuivrée surmonté d'une vasque dont la partie supérieur est crénelée. Un morceau de tissu rouge recouvre en partie le manche. L'inscription « Xe Jeux Olympiques d'Hiver Grenoble 1968 » est frappée sur la vasque[32].

La flamme est allumée à Olympie le 16 décembre 1967, conformément à la tradition. Elle est emmenée sur le mont Olympe où une cérémonie a lieu en son honneur, puis est transportée en France par avion. L'ancien skieur alpin Jean Vuarnet, médaillé d'or en descente aux Jeux de Squaw Valley en 1960, reçoit la flamme à son arrivée à l'aéroport de Paris-Orly le 19 décembre 1967. Le coureur de fond Alain Mimoun, plusieurs foi médaillé olympique, est le premier relayeur sur le sol français. Le parcours de la flamme olympique en France comprend 7 222 km, dont 3 500 km parcourus à pied, 1 600 km à skis, 1 900 km par des moyens mécaniques divers (avion, hélicoptère, véhicule) et près de 300 km à bicyclette, à cheval ou à rame. Le parcours célèbre les massifs montagneux français, en prenant la direction des Vosges à la sortie de Paris, via Reims et Nancy, puis le Jura, le Massif central et les Pyrénées via Lyon et Bordeaux, et enfin les Alpes après un détour en Corse. La flamme olympique traverse le massif alpin entre Nice et Chamonix avant d'arriver à Grenoble lors de la cérémonie d'ouverture le 6 février 1968[32].

Calendrier[modifier | modifier le code]

 CO  Cérémonie d'ouverture   ●  Épreuve(s)  1  Finale d'épreuve officielle[Note 1]  CC  Cérémonie de clôture
Calendrier des épreuves
février 1968 4
Dim
5
Lun
6
Mar
7
Mer
8
Jeu
9
Ven
10
Sam
11
Dim
12
Lun
13
Mar
14
Mer
15
Jeu
16
Ven
17
Sam
18
Dim
Épreuves
Cérémonies CO CC
Logo du biathlon Biathlon 1 1 2
Logo du bobsleigh Bobsleigh ●  1 ●  1 2
Logo du combiné nordique Combiné nordique ●  1 1
Logo du hockey sur glace Hockey sur glace ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  1 1
Logo de la luge Luge ●  2 1 3
Logo du patinage artistique Patinage artistique ●  ●  1 ●  ●  1 1 3
Logo du patinage de vitesse Patinage de vitesse 1 1 1 1 1 1 1 1 8
Logo du saut à ski Saut à ski 1 1 2
Logo du ski alpin Ski alpin 1 1 ●  1 1 ●  1 1 6
Logo du ski de fond Ski de fond 1 1 1 1 1 1 1 7
Nombre total de finales 0 0 0 1 0 3 4 3 4 4 3 3 3 5 2 35
Total 0 0 0 1 1 4 8 11 15 19 22 25 28 33 35 35

Cérémonie d'ouverture[modifier | modifier le code]

La cérémonie d'ouverture se déroule le mardi 6 février 1968 dans le stade olympique de Grenoble, un stade provisoire de 60 000 places conçu par les architectes grenoblois Bruno Pouradier-Duteil et Georges Pillon. Formé d'une structure tubulaire en acier, le stade recouvre une surface de 60 000 m2. L'animation de la cérémonie est l'œuvre du « Groupe de Paris », dirigé par Alain Duchemin, sur une musique de Jacques Bondon. La mise en scène et les décors sont réalisés par le cinéaste Jacques Valentin, assisté par l'architecte Denis Soulie. L'arrivée dans le stade de Charles de Gaulle, président de la République, marque le début de la cérémonie d'ouverture. L'exécution de La Marseillaise est suivie du défilé des athlètes, regroupés par délégations. Albert Michallon, président du comité d'organisation, et Avery Brundage, président du CIO, prononcent tour à tour un discours d'encouragement aux athlètes, puis Charles de Gaulle proclame l'ouverture officielle des Jeux. La patineur artistique Alain Calmat reçoit la flamme olympique à l'entrée du stade des mains de Daniel Robin, puis traverse le stade pour embraser la vasque olympique. Un micro placé sur sa poitrine permet aux spectateurs d'entendre les battements de son cœur lorsqu'il gravit l'escalier de 96 marches qui le mène jusqu'au pied de la vasque. Des hélicoptères déversent trois tonnes de pétales de roses[33],[21]. Le skieur alpin Léo Lacroix prononce le serment olympique, qui marque la fin de la cérémonie[33],[34].

Épreuves[modifier | modifier le code]

Biathlon[modifier | modifier le code]

Photo d'Alexandre Tikhonov
Alexandre Tikhonov, ici en 2007, remporte deux médailles lors de ces Jeux, une en or et une en argent.

Les compétitions de biathlon ont lieu à Autrans, dans le massif du Vercors. Deux épreuves masculines sont au programme : la course individuelle de 20 kilomètres ainsi que le relais 4 × 7,5 kilomètres. Elles sont disputées par 72 athlètes de 16 pays différents. Les épreuves sont dominées par les Norvégiens et les Soviétiques[35].

L'épreuve de 20 kilomètres a lieu le lundi 12 février par un temps médicore : un ciel couvert, une neige molle et une température douce[36]. Le Norvégien Magnar Solberg, sélectionné à la surprise des journalistes norvégiens à la place de l'ancien champion du monde Olav Jordet, remporte la course en h 13 min 45 s 9 en ne manquant aucune cible. Le Soviétique Alexandre Tikhonov est deuxième : alors qu'il se montre le plus rapide sur les skis, il manque deux cibles qui donnent une pénalité d'une minute chacune. Il est ainsi classé avec un temps de h 14 min 40 s 4. Le podium est complété par un autre Soviétique, Vladimir Gundartsev, qui rate également deux cibles[37].

Le relais 4 × 7,5 kilomètres se déroule le jeudi 15 février et quatorze équipes composées de quatre coureurs y participent. Cette épreuve est introduite au programme olympique pour ces Jeux. Les favoris sont les Soviétiques, qui ont placé quatre coureurs dans les sept premiers lors de l'épreuve individuelle[38]. La course initialement prévue le matin est décalée en début d'après-midi en raison du brouillard[36]. Les Soviétiques, menés par Alexandre Tikhonov, s'adjugent le premier titre dans l'histoire de cette épreuve en étant en tête du début à la fin grâce à un temps de h 13 min 2 s 4. Ils sont suivis des Norvégiens, qui manquent cinq cibles et des Suédois, qui réalisent un sans faute, alors que la Pologne prend la quatrième place[38].

Bobsleigh[modifier | modifier le code]

Âgé de 40 ans, Eugenio Monti remporte deux médailles d'or.

Les épreuves de bobsleigh, le bob à deux et le bob à quatre, se déroulent sur la piste de L'Alpe d'Huez. Onze nations engagent des bobeurs, pour un total de 90 participants. Le pilote italien Eugenio Monti, âgé de 40 ans, remporte la médaille d'or dans les deux épreuves[39].

Dès la première manche de l'épreuve de bob à deux, le 8 février, le bob italien d'Eugenio Monti et Luciano de Paolis, devant un équipage roumain et un équipage britannique. Dans la deuxième manche, le bob d'Allemagne de l'Ouest piloté par Horst Floth se montre le plus rapide mais les Italiens conservent la première place du classement général après le premier jour de compétition. Les conditions météorologiques retardent les deux dernières manches, qui sont finalement disputées le 11 février. Lors de la troisième manche, l'équipage Horst Floth-Pepi Bader prend la tête du classement alors qu'Eugenio Monti et Luciano de Paolis reculent au deuxième rang. Les Italiens sont les plus rapides dans la quatrième et dernière manche et battent le record de la piste. Ils se retrouvent à égalité parfaite avec les Allemands de l'Ouest, avec un temps total de min 41 s 54. Le règlement stipule qu'en cas d'égalité, l'équipage ayant réussi la manche la plus rapide est désigné vainqueur : Eugenio Monti et Luciano de Paolis apportent la médaille d'or à l'Italie, tandis que Horst Floth et Pepi Bader doivent se contenter de la médaille d'argent. La troisième place revient aux Roumains Ion Panțuru et Nicolae Neagoe, qui terminent à près de trois secondes des deux équipages de tête[40].

Les mauvaises conditions météorologiques perturbent le déroulement de l'épreuve de bob à quatre et empêchent que les deux dernières manches soient disputées. Le classement final est alors établi sur la base des deux premières manches, à l'issue desquelles l'équipage italien mené par Eugenio Monti se trouve en tête. La médaille d'argent revient au bob autrichien piloté par Erwin Thaler et la médaille de bronze au bob suisse de Jean Wicki[41],[42].

Combiné nordique[modifier | modifier le code]

Aucun des six premiers du classement de l'épreuve lors des Jeux d'Innsbruck en 1964 n'est engagé lors de cette édition. Quarante-et-un représentants de treize nations participent à l'épreuve du saut sur le tremplin au Claret à Autrans le 10 février. L'Allemand de l'Ouest Franz Keller réalise le meilleur saut, à 77,5 mètres. Le Japonais Hiroshi Itagaki (de) se place au second rang. Dans l'épreuve de 15 kilomètres ski de fond, disputée deux jours plus tard, le Suisse Alois Kälin réussit une grande performance : seulement 24e à l'issue du saut, il s'élance avec min 30 s de retard sur Franz Keller et achève son parcours à seulement s 3 de l'Allemand de l'Ouest. C'est insuffisant pour remporter la médaille d'or, qui revient à Franz Keller, mais cette performance lui permet de monter sur la deuxième marche du podium. Andreas Kunz, 10e après le saut, remonte au troisième rang et apporte la médaille de bronze à la délégation d'Allemagne de l'Est[43].

Hockey sur glace[modifier | modifier le code]

Le tournoi de hockey sur glace rassemble quatorze équipes réparties en deux groupes : huit équipes dans le groupe A se disputent les médailles sous la forme d'un tournoi toutes rondes et six équipes sont placées dans le groupe B pour disputer les matchs de classement de la 9e à la 14e place. Cinq équipes sont directement qualifiées dans le groupe A (l'Union Soviétique, le Canada, les États-Unis, la Suède et la Tchécoslovaquie) et trois équipes dans le groupe B (l'Autriche, le Japon et la France), tandis que les autres équipes disputent un match à élimination directe pour déterminer leur groupe. L'Allemagne de l'Ouest, l'Allemagne de l'Est et la Finlande se qualifient pour le groupe A en battant respectivement la Roumanie, la Norvège et la Yougoslavie, qui rejoignent le groupe B. Les rencontres du groupe A sont disputées au Stade de glace et les rencontres du groupe B à la patinoire municipale[44],[45].

Triples champions du monde en titre, les Soviétiques sont les grands favoris du tournoi, d'autant qu'ils n'ont perdu aucune rencontre internationale depuis 1963. Alors qu'ils remportent leurs cinq premiers matchs dans ce tournoi, ils s'inclinent dans le sixième face à la Tchécoslovaquie (5-4). Ces deux équipes possèdent le même bilan de cinq victoires pour une défaite avant le dernier match, ce qui signifie que les Tchécoslovaque seront sacrés champions olympiques s'ils obtiennent un résultat identique aux Russes lors de leur dernière rencontre. Alors que les Soviétiques s'imposent sur le score de 5-0 face aux Canadiens, troisièmes du tournoi et médaillés de bronze, la Tchécoslovaquie concède le match nul face à la Suède. L'Union Soviétique gagne la médaille d'or, comme quatre ans plus tôt[46].

Luge[modifier | modifier le code]

Le village de Villard-de-Lans a accueilli les épreuves de luge

Les épreuve de luge se sont déroulées entre le 15 et le 18 février 1968 sur le territoire de la station-village de Villard-de-Lans, principale agglomération du massif du Vercors septentrional,. Seules, trois courses de luge pourront être organisées : il s'agit de deux épreuves masculines et d'une épreuve féminine car toutes les compétitions ont été plusieurs fois retardées en raison de températures trop élevées. Certaines courses ont même du voir leurs trajets raccourcis.

La piste naturelle de Villard-de-Lans mesurait, à cette époque, 1 000 mètres et présentait 14 virages pour une dénivellation totale de 110 m. Elle avait nécessité 1 400 m3 de terrassement et 1 800 m3 de béton. La piste été ensuite réaménagée dans un site ludique privé ouvert en toutes saisons.

La piste existe toujours en 2016 et a été réaménagée en piste de luge d'été dans le cadre de la création d'un parc d'attractions dénommé « Ludi-Parc » [47].

Article détaillé : Luge aux Jeux olympiques de 1968.

Patinage artistique[modifier | modifier le code]

Timbre hongrois des jeux de 1968

Quatre-vingt-seize patineurs de 17 nations, dont 46 hommes et 50 femmes, sont rassemblées au Stade de glace[48]. La patineuse américaine Peggy Fleming remporte la seule médaille d'or pour les États-Unis au cours de ces Jeux[49]. Elle se classe en tête du programme court puis du programme court, et devance la patineuse est-allemande Gabriele Seyfert et la Tchécoslovaque Hana Mašková[50].

Dans l'épreuve par couples, les Soviétiques Ludmila Belousova et Oleg Protopopov gagne leur second titre olympique après celui obtenu à Innsbruck quatre ans plus tôt. Pour la première fois dans l'histoire des Jeux, un autre couple soviétique monte sur le podium : Tatyana Zhuk et Aleksandr Gorelik se classent à la 2e place tandis que la médaille de bronze revient aux Allemands de l'Ouest Margot Glockshuber et Wolfgang Danne[51].

L'Autrichien Emmerich Danzer est la favori de l'épreuve masculine, en tant que double champion du monde et triple champion d'Europe en titre, mais il tombe dans le programme court et doit se contenter de la 4e place finale malgré sa bonne prestation dans le programme libre. La médaille d'or revient à un autre patineur autrichien, Wolfgang Schwarz. L'Américain Tim Wood et le Français Patrick Péra prennent respectivement les médailles d'argent et de bronze[52].

Patinage de vitesse[modifier | modifier le code]

Fred Anton Maier bat le record du monde du 5 000.

L'anneau de vitesse de Grenoble accueille les huit épreuves de patinage de vitesse organisées lors de ces Jeux : les 500 m et 1 500 m masculins et féminins, ainsi que le 1 000 m et le 3 000 m chez les femmes et les 5 000 m et 10 000 m chez les hommes. Cent-vingt-neuf participants représentent 19 pays. Les Pays-Bas dominent les compétitions avec un total de neuf médailles dont trois de chaque métal. Sept athlètes remportent deux médailles[53].

Le 15 février, le patineur norvégien Fred Anton Maier réalise une performance exceptionnelle sur le 5 000 m. Avec un temps de min 22 s 4, il améliore son propre record du monde de s 8 et obtient son premier titre olympique. Deux jours plus tard, il doit se contenter de la médaille d'argent sur le 10 000 m remporté par le Suédois Johnny Höglin. Lors de cette course, les cinq premiers battent le record olympique, sans toutefois améliorer le record du monde[54]. Le Néerlandais Kees Verkerk, deuxième du 5 000 m, gagne la médaille d'or du 1 500 m[55]. Chez les femmes, la Soviétique Lyudmila Titova, la Néerlandaise Carolina Geijssen et la Finlandaise Kaija Mustonen réalisent toutes les trois le même exploit, en remportant une médaille d'or et une médaille d'argent lors de ces Jeux[53].

Saut à ski[modifier | modifier le code]

Soixante-six athlètes venus de 17 pays prennent part aux épreuves de saut à ski lors de ces Jeux. L'épreuve de petit tremplin se déroule le 11 février sur le tremplin au Claret d'Autrans. Chaque concurrent bénéficie de deux sauts. L'Autrichien Baldur Preiml réalise le meilleur saut de la compétition avec 80 m. Le Tchécoslovaque Jiří Raška ne saute qu'à 79 m mais obtient une meilleure note de style que Baldur Preiml et remporte ainsi la médaille d'or. Baldur Preiml ne finit que sur la troisième marche du podium, devancé par son compatriote Reinhold Bachler[56].

L'épreuve de grand tremplin a lieu sept jours plus tard sur le tremplin du Dauphiné de Saint-Nizier-du-Moucherotte. Après son titre sur le petit tremplin, Jiří Raška est le grand favori de l'épreuve et domine les entraînements qui se tiennent les jours précédents. Il est pourtant battu par le Soviétique Vladimir Belooussov, qui réalise le meilleur saut à 101,5 m. Il devient ainsi le premier sauteur à ski soviétique médaillé d'or aux Jeux. Jiří Raška prend la médaille d'argent, loin devant le Norvégien Lars Grini[57].

Ski alpin[modifier | modifier le code]

La station de Chamrousse lors de la première manche du slalom géant masculin.
Marielle Goitschel remporte la médaille d'or en slalom.

La station de Chamrousse accueille les six épreuves de ski alpin programmées lors de ces Jeux : la descente, le slalom géant et le slalom spécial chez les hommes et chez les femmes. Ces épreuves rassemblent 191 skieurs de 33 nations, dont 136 hommes et 55 femmes. La France domine largement les compétitions en remportant huit médailles dont quatre titres olympiques. L'Autriche obtient cinq médailles, mais seulement une en or[58].

La descente masculine, prévue le 8 février, est repoussée au lendemain en raison des conditions météorologiques défavorables. Le Français Guy Périllat s'élance en premier et établit le temps de référence, en min 59 s 93. Il n'est finalement devancé que par son compatriote Jean-Claude Killy, grand favori de l'épreuve et qui améliore le meilleurs temps de huit centièmes de seconde. Les Français réalisent ainsi le doublé, alors que la médaille de bronze revient au Suisse Jean-Daniel Dätwyler[59],[60]. La première manche du slalom géant se tient le 11 février dans des conditions parfaites. Pour la première fois dans l'histoire des Jeux, il est couru en deux manches. Jean-Claude Killy est une nouvelle fois le favori, dans une discipline qu'il affectionne particulièrement. Il réalise le meilleur temps de la première manche, et bien qu'il concède 21 centièmes de seconde sur l'Américain Billy Kidd dans la deuxième manche, disputée le lendemain, il remporte son deuxième titre olympique, devant le Suisse Willy Favre et l'Autrichien Heinrich Messner[61],[60]. La première manche du slalom est disputée dans le brouillard le 17 janvier. Jean-Claude Killy réalise le meilleur temps avec 31 centièmes de seconde d'avance sur l'Autrichien Alfred Matt. À l'issue de la seconde manche, le Norvégien Håkon Mjøen prend la tête du classement général, mais il est disqualifié pour avoir manqué deux portes. La victoire doit alors revenir à l'Autrichien Karl Schranz. Ce dernier a bénéficié d'une seconde chance et a été autorisé à descendre une deuxième fois car il dit avoir été gêné par un officiel avant de franchir la 21e porte. L'équipe de France porte réclamation : les jurés disqualifient finalement Karl Schranz en l'accusant d'avoir manqué deux portes avant d'avoir été gêné[62]. Jean-Claude Killy passe de la troisième à la première place et remporte ainsi sa troisième médaille d'or. Il égale ainsi l'Autrichien Toni Sailer, triple médaille d'or à Cortina d'Ampezzo en 1956[63],[60].

Championne olympique et médaillée d'argent à Innsbruck en 1964, Marielle Goitschel apparaît comme l'une des grandes favorites des épreuves féminines après avoir remporté les classements de la coupe du monde de descente et de slalom en 1967. Elle ne se classe pourtant que 8e de la descente remportée par l'Autrichienne Olga Pall. L'équipe de France obtient quand même une médaille avec la 2e place d'Isabelle Mir. L'Autrichienne Christl Haas complète le podium[64]. Dans le slalom, Marielle Goitschel se montre à son meilleur niveau. Elle se classe 2e de la première manche derrière Judy Nagel, puis à nouveau 2e de la seconde manche derrière Nancy Greene, ce qui lui permet de remporter la médaille d'or. Elle devance Nancy Greene et une autre Française, Annie Famose[65]. Contrairement à l'épreuve masculine, le slalom géant féminin ne compte qu'une seule manche. La Canadienne Nancy Greene, qui a remporté la coupe du monde de la spécialité la saison précédente, tient son rang de favorite : elle domine la course avec s 64 d'avance sur Annie Famose, sa plus proche poursuivante. La Suissesse Fernande Bochatay gagne la médaille de bronze, tandis que Marielle Goitschel, tenante du titre, se classe seulement 7e[66].

Ski de fond[modifier | modifier le code]

La fondeuse suédoise Toini Gustafsson, double médaille d'or.

Sept épreuves de ski de fond sont programmées à Autrans lors de ces Jeux : le 15 km, le 30 km et le 50 km chez les hommes, le 5 km et le 10 km chez les femmes, ainsi qu'un relais masculin et féminin. La Norvège est la nation la plus médaillée avec sept podiums dont quatre titres olympiques, et deux athlètes remportent chacun trois médailles, le Finlandais Eero Mäntyranta et la Suédoise Toini Gustafsson[67].

En remportant la course de 30 km, l'Italien Franco Nones devient le premier champion olympique de ski de fond hors pays scandinaves et Union Soviétique. Favori de l'épreuve, Eero Mäntyranta finit à la 3e place, à près d'min 20 s du vainqueur[68]. Harald Grønningen, champion olympique sur 15 km et Ole Ellefsæter, vainqueur du 50 km, remportent une autre médaille d'or avec le relais norvégien, qui s'impose avec min 40 s d'avance sur les Suédois et min 23 s sur les Finlandais[69].

Chez les femmes, la fondeuse suédoise Toini Gustafsson survole la première épreuve, le 10 km. À mi-course, elle possède déjà 15 secondes d'avance sur sa plus proche poursuivante, la Finlandaise Marjatta Kajosmaa, et finit avec min 8 s sur la médaillée d'argent norvégienne Berit Mørdre Lammedal, tandis que Marjatta Kajosmaa s'écroule et termine à la 5e place, cédant la médaille de bronze à une autre Norvégienne, Inger Aufles[70]. Dans le 5 km, Toini Gustafsson, qui est la dernière des 34 concurrentes à s'élancer, remporte sa deuxième médaille d'or. L'écart est cette fois plus réduit : elle devance la Soviétique Galina Kulakova d'un peu plus de 3 secondes. Le podium est complété par une autre Soviétique, Alevtina Kolchina[71]. Elle devient ainsi la première Suédoise à remporter deux médailles d'or lors des mêmes Jeux[72]. Elle gagne une troisième médaille en trois courses puisqu'elle achève le relais à la 2e place avec ses compatriotes Britt Strandberg et Barbro Martinsson. Le titre revient aux Norvégiennes Inger Aufles, Berit Mørdre Lammedal et Babben Enger Damon, tandis que le relais soviétique prend la médaille de bronze[73].

Cérémonies de remise des médailles[modifier | modifier le code]

Les cérémonies de remise des médailles se tiennent dans un seul et même lieu, le Stade de Glace[74]. Dessinées par Roger Excoffon, les médailles ont un diamètre de 60 millimètres et sont frappées par l'Administration des Monnaies et Médailles. L'emblème des Jeux apparaît sur l'avers des médailles, entouré de l'appellation « Xe Jeux Olympiques d'hiver - Grenoble 1968 », tandis que le pictogramme de la discipline apparaît sur le revers. C'est la première fois dans l'histoire des Jeux d'hiver que les médailles sont différentes d'une discipline à l'autre[75].

Cérémonie de clôture[modifier | modifier le code]

La cérémonie de clôture des Jeux se déroulent le dimanche 18 février au Stade de glace de Grenoble, en présence du premier ministre français Georges Pompidou. Au cours de la cérémonie, Jean-Claude Killy reçoit sa troisième médaille d'or, celle obtenue en slalom, des mains du comte Jean de Beaumont, président du Comité olympique français. La flamme olympique entre dans le stade portée par Claude Robin, puis les athlètes défilent. L'hymne japonais est joué alors que le drapeau japonais est hissé en haut d'un mât pour saluer la ville de Sapporo qui accueillera l'édition suivante des Jeux d'hiver, en 1972. Le président du CIO Avery Brundage prononce un discours de clôture dans lequel il remercie les autorités et le comité d'organisation[76].

Tableau des médailles[modifier | modifier le code]

Quinze des trente-sept nations participant à ces Jeux remportent au moins une médaille et treize d'entre elles remportent au moins un titre olympique. La Norvège obtient quatorze médailles, dont six en or, six en argent et deux en bronze. Elle retrouve ainsi la première place du classement des nations, un rang qu'elle a occupée de 1924 à 1952, avant de se classer 7e en 1956, 4e en 1960 et 3e en 1964. L'Union soviétique, première nation lors des trois dernières éditions des Jeux d'hiver recule au deuxième rang avec treize médailles dont cinq en or. La France se classe troisième avec neuf médailles, dont quatre en or, trois en argent et deux en bronze, une progression de deux rangs par rapport aux Jeux d'Innsbruck en 1964. Avec ses quatre médailles, toutes en or, l'Italie se place au 4e rang des nations, alors qu'elle n'était que 12e quatre ans plus tôt. L'Autriche gagne onze médailles, le troisième total des nations, mais ne classe que 5e avec seulement trois médailles d'or. Les deux équipes allemandes sont en retrait, à la 8e place pour l'Allemagne de l'Ouest avec sept médailles dont deux en or, et à la 10e place pour l'Allemagne de l'Est avec cinq médailles, dont un seul titre olympique[2].

Nations les plus médaillées
Rang Nation médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'argent, Jeux olympiques médaille de bronze, Jeux olympiques Total
1 Drapeau : Norvège Norvège 6 6 2 14
2 Drapeau : URSS Union soviétique 5 5 3 13
3 Drapeau : France France (pays hôte) 4 3 2 9
4 Drapeau : Italie Italie 4 0 0 4
5 Drapeau : Autriche Autriche 3 4 4 11
6 Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 3 3 3 9
7 Drapeau : Suède Suède 3 2 3 8
8 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest 2 2 3 7
9 Drapeau : États-Unis États-Unis 1 5 1 7
10 Drapeau : Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est 1 2 2 5
Drapeau : Finlande Finlande 1 2 2 5
12 Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 1 2 1 4
13 Drapeau : Canada Canada 1 1 1 3
14 Drapeau : Suisse Suisse 0 2 4 6
15 Drapeau : République socialiste de Roumanie Roumanie 0 0 1 1
Total 35 40 34 106

Sportifs les plus médaillés[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Killy, au centre, remporte trois médailles d'or au cours de ces Jeux.
Sportifs les plus médaillés
Rang Athlète Sport médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'argent, Jeux olympiques médaille de bronze, Jeux olympiques Total
1 Drapeau : France Jean-Claude Killy (FRA) Ski alpin 3 0 0 3
2 Drapeau : Suède Toini Gustafsson (SWE) Ski de fond 2 1 0 3
3 Drapeau : Finlande Eero Mäntyranta (FIN) Ski de fond 0 1 2 3

Réactions et retombées[modifier | modifier le code]

Réactions[modifier | modifier le code]

Les Jeux de Grenoble sont considérés comme un succès. L'organisation des épreuves est particulièrement saluée malgré le report de quelques épreuves à cause du brouillard. Les résultats de l'équipe de France, avec neuf médailles dont trois en or pour le seul Jean-Claude Killy, soulèvent l'enthousiasme du public français[77],[78]. Le succès populaire est relatif : 503 700 billets sont vendus, alors que le nombre escompté approchait le million de visiteurs avant les Jeux. Ces billets sont vendus principalement à une clientèle locale plus qu'étrangère, et surtout dans la deuxième semaine des Jeux, quand les billets d'abord commercialisés au prix fort deviennent plus accessibles[79].

Les dépenses liées à la construction des différents sites de compétition, des infrastructures et des équipements généraux placent ces Jeux sous le signe de la démesure. L'historien du sport Éric Monnin estime qu'« avec les Jeux de Grenoble, on assiste à un tournant dans la manière d'organiser et de médiatiser. Il faut absolument valoriser l'événement, en promouvant toute une région. Les Jeux deviennent une immense vitrine où se mêlent région, département, ville, sites, architecture, technologie[80]. »

Retombées[modifier | modifier le code]

L'organisation des Jeux olympiques renforce considérablement l'image de ville dynamique que possède Grenoble. Elle est même qualifiée de « première ville française du XXIe siècle » par l'hebdomadaire Paris-Match dans un numéro spécial consacré aux Jeux, en février 1968. La retransmission télévisée en couleur, pour la première fois dans l'histoire de l'olympisme, contribue également à diffuser cette image[79]. En revanche, l'impact des Jeux sur le développement du tourisme à Grenoble est relativement faible dans les années qui suivent les Jeux de 1968, mais plus important pour les stations alpines ayant accueilli les épreuves de neige[81]. En 1969, le film américain La Descente infernale avec Robert Redford et Gene Hackman montre quelques scènes tournées lors de la cérémonie d'ouverture du 6 février.

À travers l'organisation des Jeux, la ville de Grenoble se dote de nouvelles infrastructures sportives, mais également d'équipements généraux prévus dans le Ve Plan d'Aménagement du Territoire : le nouvel Hôtel de ville, la nouvelle gare SNCF, la Maison de la Culture, les accès autoroutiers ou encore l'aéroport de Aéroport de Grenoble-Saint-Geoirs[77]. Pierre Arnaud et Thierry Terret modèrent l'impact direct des Jeux dans ces travaux de transformation et de rénovation urbaines, en précisant que « ces évolutions auraient de toute manière eu lieu, mais le consensus sur le caractère positif des JO a amené les divers responsables à en accélérer parfois la réalisation pour profiter de la médiatisation et de la dynamique olympiques[82]. » Pierre Kukawka estime que les Jeux de Grenoble sont une vitrine pour la municipalité menée par Hubert Dubedout, en tant que « laboratoire expérimental de la nouvelle gauche française », notamment autour du Groupe d'action municipale créé parce dernier, le premier en France[77]. Le bilan des Jeux pour les stations de sports d'hiver est positif. Il se traduit par une augmentation de la capacité hôtelière, du nombre de remontées mécaniques et de moniteurs de ski dans ces stations[83].

Si 80 % des travaux attendus dans le Ve Plan d'Aménagement du Territoire sont terminés dès la fin de l'année 1967, soit près de trois ans avant l'échéance prévue, l'exécution complète du programme olympique entraîne la ville de Grenoble dans une situation économique difficile et l'oblige à emprunter 20 millions de francs à la Caisse des dépôts et consignations en juin 1969 et près de 10 millions de francs en octobre 1970[84].

Après le retrait de la ville de Denver pour l'organisation des Jeux d'hiver 1976, la municipalité grenobloise envisage une nouvelle candidature placée sous le signe de l'économie et de la simplicité, en visant à réduire les charges financières pour transformer la recherche du prestige en une grande fête populaire. Le maire Hubert Dubedout justifie cette candidature auprès du Comité national olympique et sportif français comme un « retour aux sources par la réalisation de Jeux olympiques plus sportifs et populaires que prestigieux » et cherchant à « s'engager dans un processus de réduction des dépenses par rapport aux dernières expériences. » Cette candidature, à laquelle s'opposent de nombreux Grenoblois, n'aboutit pas[85],[84].

L'utilisation des différents sites de compétition après les Jeux est contrastée. Le stade de Glace de Grenoble, transformé en Palais des Sports, est utilisé occasionnellement pour des rencontres de hockey sur glace ou de patinage, et plus régulièrement pour des compétitions d'athlétisme ou de cyclisme comme les Six jours de Grenoble, pour des manifestations de boxe, de basket ou de tennis ainsi que pour des expositions culturelles ou des concerts. Cette reconversion a permis à la ville de Grenoble de combler une partie des charges financières et des frais de fonctionnement entraînés par l'entretien du bâtiment, à l'image des travaux de réfection nécessaires pour réparer le défaut d'étanchéité originel de la voûte en béton, mais sa gestion demeure nettement déficitaire[86]. Les autres équipements sportifs sont peu à peu délaissés : le tremplin d'Autrans est peu utilisé, celui de Saint-Nizier-du-Moucherotte est abandonné, de même que la piste de bobsleigh de L'Alpe d'Huez. L'anneau de vitesse est fermé à cause de sa vétusté[87]. Le tremplin de Saint-Nizier-du-Moucherotte symbolise l'abandon des sites olympiques : en 2014, Franck Girard-Carrabin, maire de la commune, en expose les raisons : « Après les Jeux olympiques, 
le tremplin a continué à servir pour des entraînements et des compétitions. Jusqu'en 1989. Et puis les normes ont changé. Il aurait fallu investir pour remodeler la piste de réception. Seulement, le saut à ski est
 une discipline mineure en France. Et Saint-Nizier ne dispose pas de structures de ski nordique alentour pour rentabiliser un tel investissement. Quand Albertville a organisé les Jeux, en 1992, son comité d'organisation s'est posé la question de rénover le tremplin pour le réutiliser. Mais les Savoyards étaient contre : Albertville, c'était les Jeux de la Savoie, pas ceux de l'Isère. » Inutilisé, le site est alors classé en zone dangereuse et son accès est interdit[88].

Des odonymes locaux rappellent le déroulement de ces jeux en différents sites, comme la « Route des J.O. 68 » à Saint-Nizier-du-Moucherotte[89]. À Grenoble, une avenue des Jeux olympiques a été inaugurée en 1978 reliant l'avenue Jean-Perrot à Saint-Martin-d'Hères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rapport officiel, p. 17-19.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Pierre Lagrue, « Grenoble (Jeux olympiques de) 1968 - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis (consulté le 2 janvier 2016) (inscription nécessaire).
  3. Frappat 1991, p. 46-52.
  4. Rapport officiel, p. 20.
  5. Rapport officiel, p. 26-27.
  6. Rapport officiel, p. 22.
  7. Rapport officiel, p. 118.
  8. a et b Rapport officiel, p. 38-41.
  9. Rapport officiel, p. 50-56.
  10. Bernard Fanget, « L'aéroport de Grenoble - St-Geoirs », Revue de géographie alpine, vol. 60, no 1,‎ , p. 135-148 (lire en ligne).
  11. Frappat 1991, p. 55.
  12. Frappat 1991, p. 54.
  13. Frappat 1991, p. 57.
  14. Les Nouvelles de Grenoble, no 117, février 2008, p. 29.
  15. a et b « Grenoble 1968 », Comité international olympique (consulté le 26 décembre 2013)
  16. Rapport officiel, p. 129.
  17. « Mascotte des Jeux Olympiques de Grenoble 1968 », sur olympic.org, Comité international olympique (consulté le 7 janvier 2016).
  18. Rapport officiel, p. 132-133.
  19. Rapport officiel, p. 128-129.
  20. Espy 1979, p. 106-108.
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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