Allevard

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Allevard
Allevard-les-Bains et son plan d'eau depuis la route du Collet d'Allevard
Allevard-les-Bains et son plan d'eau depuis la route du Collet d'Allevard
Blason de Allevard
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Haut-Grésivaudan
Intercommunalité Pays du Grésivaudan
Maire
Mandat
Philippe Langenieux-Villard
2014-2020
Code postal 38580
Code commune 38006
Démographie
Gentilé Allevardins / Allevardines
Population
municipale
4 131 hab. (2014)
Densité 159 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 23′ 40″ nord, 6° 04′ 29″ est
Altitude Min. 399 m
Max. 2 749 m
Superficie 26 km2
Localisation

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Liens
Site web Allevard-les-bains.com

Allevard (aussi connue sous le nom d'Allevard-les-Bains) est une commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les « Allevardins ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale gravée au XIXe siècle.

Allevard est située dans le massif de Belledonne entre Chambéry (40 km) et Grenoble (38 km). Le Bréda, un torrent de montagne qui traverse la commune, est en partie capté pour produire de l'électricité.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

  • Les Ayettes
  • Bajin
  • Le Bessey
  • Le Bugnon
  • Clarabout
  • Le Clos
  • Le Closy-Jolie-Vue
  • Le Colombet
  • Le Colombier
  • Côte Chevrets
  • Cottard
  • Le Crozet
  • Le Cuchet
  • Le David
  • L'Epeluat
  • L'Epinette
  • Le Glapigneux
  • Grange Merle
  • Grange Neuve
  • Le Guillet
  • Le Jeu de Paume
  • Montouvrard
  • La Morarde
  • Moret
  • L'Oursière
  • Les Panissières
  • Les Perrières
  • Pommier
  • La Ratz
  • Le Replat
  • La Retourdière
  • La Ronzière
  • La Tour du Treuil
  • Vaugraine

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Le Moutaret La Chapelle-du-Bard et Arvillard Rose des vents
Saint-Maximin[1] N Saint-Colomban-des-Villards[2]
O    Allevard    E
S
Crêts en Belledonne Pinsot[3]

Sites géologiques remarquables[modifier | modifier le code]

En 2014, plusieurs sites géologiques remarquables sont classés à l'« Inventaire du patrimoine géologique »[4] :

  • Les « sources et système hydrothermominéral d'Allevard » est un site d'intérêt hydrothermale, classé « deux étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique » ;
  • Les « mines de fer d'Allevard La Rochette et sentier du fer » sont un site géologique remarquable de 5,33 hectares qui se trouve sur les communes de Pinsot et d'Allevard (aux lieux-dits de Les Ayettes et Montouvrard). En 2014, le site est classé « trois étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique ». Allevard et sa région minière sont renommées en particulier pour la sidérite.

Activités[modifier | modifier le code]

Cure thermale[modifier | modifier le code]

Les premières cures thermales soufrées se sont déroulées à partir de 1813, mais surtout dès 1848 sous la férule du docteur Bernard Niepce, inspecteur des eaux... Les thermes furent exploités successivement, à l'origine, par Pierre Villiot, puis par la famille Bouvret-Rocour et associés, et, à partir de 1882, par la Compagnie Générale des Eaux minérales et Bains de Mer jusqu'à leur rachat en 1997 par la municipalité et à l'exploitation par une SAEM Thermale. L'activité se développe aujourd'hui dans un magnifique parc arboré, ceint de trois établissements typiques des architectures thermales depuis les années 1890 jusqu'en 1995. Le bâtiment Niepce (1894) abrite l'activité « voies respiratoires » ; le bâtiment Villiot (1992) reçoit les patients en rhumatologie ; le bâtiment Chardon (1955) est actuellement sans usage thermal.

  • Rhumatologie et traumatismes ostéo-articulaires
  • Voies respiratoires (ORL)

Station de sports d'hiver[modifier | modifier le code]

La commune possède une station de ski, le Collet d'Allevard, située à 10 km de la ville (30 minutes). L'altitude des pistes varie de 1 450 m à 2 100 m. La station comporte 35 km de pistes : 7 vertes, 6 bleues, 5 rouges et 3 noires.

Créée en 1955 sur d'anciens pâturages communaux réservés à l'estive des troupeaux collectifs de la communauté d'Allevard, desservie par une nouvelle route empruntant le tracé de l'ancienne route forestière à travers les parcelles privées et l'ancienne forêt delphinale puis royale, elle a atteint sa taille actuelle en 1975, les aménagements ultérieurs ayant avant tout consisté à améliorer le domaine existant.

Particularités intéressantes, qui lui confèrent un grand intérêt pour ceux qui s'y rendent :

  • sa position en balcon, qui lui permet d'offrir un panorama à 360° avec notamment le Mont Blanc au nord-est et le Mont Aiguille au sud ;
  • quatre secteurs très différents (orientation, végétation, altitude) :
    • Malatrait (SW, 1450~1750),
    • Fontaineterre (NNW, combe, 1500~1750),
    • Prérond (N, 1550~2000),
    • Le Super Collet / les Plagnes (S/NW, 1550~2100).

Équipements à ce jour :

  • 2 télésièges à pinces fixes 4 places et tapis d'embarquement de marque SKIRAIL (Les Tufs en 2002, le Grand Collet en 2005) ;
  • 1 télésiège à pinces fixes 4 places de marque POMA (Grand Paul 1987) ;
  • 1 télésiège à pinces débrayables 6 places de marque POMA (Claran 2016) ;
  • 3 téléskis à perches débrayables de marques POMA et MONTAZ (Les Lacs I & II 1975-1976, Prérond 2006) ;
  • 1 téléski à perches fixes de marque DOPPELMAYR (Marmottes en 2006) ;
  • 2 téléskis enfants de marque POMA (Bambins en 2004 et Malatrait en 20??) ;
  • 1 tapis roulant (tapetto en 2005).

Équipements démontés :

  • 1 télésiège à pinces fixes 3 places de marque POMA (Les Plagnes 1975) - Démontage à l'été 2016 ;
  • 1 téléski à propulsion diesel, à perches débrayables de marque POMA (le Soleil 1981) - Démontage à l'été 2016.

Autre particularité : le Collet d'Allevard est un site de parapente de tout premier ordre, notamment avec ses 4 décollages officiels (Malatrait, Clos des Gentianes, Prérond et Plagnes), proposant tous une orientation différente.

Enfin, le Collet d'Allevard propose un des plus grands domaines skiables nocturnes d'Europe (couvrant les secteurs de Malatrait et Fontaineterre).

Casino[modifier | modifier le code]

Conformément à la législation de 1907 sur les casinos et salles de jeux, la municipalité d'Allevard va autoriser l'ouverture d'un établissement en . Une société fermière dite "du Casino d'Allevard-les-Bains" se constitue à cette époque pour son exploitation. En 1925, l'architecte Guénard procède à une refonte totale du bâtiment et à sa décoration originale. Les curistes y retrouvent tous les divertissements classiques de ce genre d'établissement (boule, roulette, baccarat et petit théâtre). Le nouveau casino d'Allevard a ouvert en 1994 et a changé de propriétaire en 2000.

Sports[modifier | modifier le code]

  • École de parapente Pégase & Particule, située près du lac du Flumet.
  • TTG Tennis de Table du Grésivaudan, club de Tennis de table des communes du Touvet, Allevard, La Terrasse et Lumbin
  • SCA, ski club allevardin
  • Volley Ball Allevard, club de volley-ball du Pays d'Allevard
  • Station du Collet d'Allevard

Toponymie[modifier | modifier le code]

À l'origine, le mot « Allevard » désignerait précisément une des gardes, vardes ou wardes de hautes vallées, défendant le pagus ou grand comté mérovingien au nord de Grenoble, qui a donné son nom au Grésivaudan.

Ensuite, le terme, désignant autant un site précis qu'une zone de gestion administrative et militaire couvre la vaste contrée placée sous sa surveillance ou son mandement, comprenant la vallée du Bréda et du Gelon : in Aravardo est cité pour la première fois dans un testament daté du 5 mai 731, concernant les dernières volontés d'Abbon, un riche patrice de Suse, en Piémont[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et temps modernes[modifier | modifier le code]

Le mandement d'Allevard[modifier | modifier le code]

Le patrice Abbon lègue aux moines bénédictins ses domaines situés en Allevard, ainsi que les « liberti et l'ensemble des colons et des serfs et des biens qui en dépendent »[6]. Au XIe et XIIe siècle des nobles savoyards, comme les puissants seigneurs d'Arvillard et de La Chambre, le noble Guelis de l'Euille, ont des fiefs « en Allevard »[6]. D'ailleurs, le prieuré de Saint-Pierre est fondé en 1082 par les bénédictins de Cluny grâce à des biens et un alleu donnés par Bornon d'Arvillard, son parent Aynard 1er, seigneur d'Allevard et d'autres membres de la famille Aynard de Domène[7]. Guigues de la Rochette est propriétaire de la presque totalité du mandement d'Allevard. Il est contraint en 1249 de faire hommage au Dauphin Guigues VII[8]. Il lui vendra ses propriétés dauphinoises en 1263[8], au prix (considérable) de « 25 000 sous-monnaie de bon viennois »[9].

Le mandement d'Allevard comprenait six paroisses : Saint-Pierre d'Allevard, La Ferrière, Saint-Marcel d'Allevard, Saint-Maurice de Pinsot, Saint-Marcel « du bourg d'Allavare » dont dépendait la Chapelle du Bard[10], « communautés » qui seront à l'origine des communes créées le 14 décembre 1789.

Au Moyen Âge le bourg d'Allevard était fortifié. Son enceinte était de 1413 toises, sur quatre toises de haut et quatre pieds d'épaisseur, percée de quatre portes[11]. Son existence est mentionné dès 1100. En 1367 une maison forte est attestée en bordure du bourg, située près du vingtain[12] et les canaux des moulins. Une reconnaissance précise qu'elle est meniis curtina et clausura.

Le château d'Allevard, centre de la seigneurie éponyme, se situait au-dessus du bourg sur une éminence (in quodam molario), ceint d'une muraille de 60 toises et baigné par l'eau du Bréda du côté de la Savoie (fluit acqua de Breyda a parte Sabaudie)[13]. On relève également une tour antique en 1367 et la maison forte de Guillaume Barral, joignant les fossés de la ville en 1393 (« quaddam hospitium seu fortalicium sum et domum fortem que situatur infra villam de alarvardo »)[14].

L'enquête de 1339, signale l'existence d'une autre maison forte au lieu-dit la Bâtie « Bâtie d'Arvillard » : « Castrum Bastide alti villaris » (ADI B 4443, f° 14)[15]. Sur un mamelon dominant de 100 m la vallée d’Allevard, le site est naturellement protégé sur trois côtés par des abrupts. Du côté de l'accès, un tertre barre l'éperon. L'enquête précise : « Dictum autem castrum situatum est in quodam altissimo molare valde eminente et deffensabile » (le dit château est situé sur un très haut molard, d’une grande hauteur et facile à défendre).

Les dauphins accorderont aux habitants d'Allevard de nombreuses franchises, modifiées successivement au moyen de la charte de franchise ou d'université de 1315, puis celle de 1337. Jusqu'en 1558, ces chartes seront, en fonction des besoins financiers de la couronne, plus ou moins respectées par les rois de France. Elles seront confirmées en 1630[16].

La communauté du mandement d'Allevard est seigneur d'un vaste espace de communs, pâturages et bois au XVe siècle. Elle concède en particulier dans les bois communaux des droits d'exploitations de diverses mines de fer, appelées fosses à des associations de particuliers, nobles, paysans ou bourgeois roturiers, réunis pour accomplir cette tâche, qui portent ici le nom juridique de "pareries de fosses". Ces "consortages miniers", assez dispersés, font déjà du "mandement d'Allevard" le grand district minier et sidérurgique des Alpes occidentales[17].

Tribulations après le rattachement à la France[modifier | modifier le code]

En 1558 Henri II vend, à titre d'engagement et sous réserve de possibilité de rachat, la terre d'Allevard. Remise aux enchères en 1577 par Henri III, elle est acquise par la communauté d'Allevard, qui la conserve jusqu'en 1602. Elle la cède alors au sieur Leblanc,un des six présidents de la Chambre des comptes. En 1644, la terre d'Allevard est de nouveau aliénée. Le seigneur engagiste se nomme Thomas Chabo, marquis de Saint Maurice, gouverneur du château de Chambéry[18]. En 1686 son fils, Charles, ambassadeur de Savoie à la cour de Versailles, subrogera à cette vente noble François de Barral (1625-1699), conseiller au Parlement du Dauphiné, fils de Gaspard, avocat et conseiller de la reine-mère et de Marie Vignon, épouse du connétable de Lesdiguières. Gaspard de Barral était déjà propriétaire d'une aciérie près de Renage et de mines de fer dans la montagne de Saint-Pierre d'Allevard. Le nouveau seigneur engagiste, François de Barral, achète le haut-fourneau de la Gorge, des journaux de forêt, des bois ; avec son fils Joseph il acquiert de nombreux biens privés (dont la Bâtie d'Allevard et La Roche ; son petit-fils, Jean-Baptiste-François achète la terre d'Allevard en 1761 pour 23 200 livres, et en devient le seigneur incommutable. Il fit faire une enquête auprès de ceux qui pouvaient avoir des droits sur la terre d'Allevard, mais les consuls n'ayant pas réclamé les droits, franchises et immunités octroyés par les dauphins, il les considéra comme abolis[19].

La saga des Barral[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille de Barral.
La Tour du Treuil au XIXe siècle, illustrée par Victor Cassien (1808 - 1893).

Sous François de Barral de Clermont (1625-1699), de grands travaux sont entrepris dans la petite ville fortifiée alors très malsaine :

« La population s'amoncelait dans les vieilles maisons insalubres et sans confort que l'habitude faisait supporter. Les rues sans pavé, étroites et sinueuses, dont la boue entretenait une fraîcheur humide et malsaine, favorisaient les épidémies et l'apparition ou la rémanence des goitres[20] »

La construction du premier pont de pierre date de 1688, la réfection de l'ancienne église et le réaménagement de l'ancien château sont réalisés entre 1692 et 1693. La première ouverture du rempart au sud de la cité suivra.

En 1739 la terre de la Bâtie d'Arvillard est élevée en marquisat au bénéfice de son fils, Joseph de Barral (1677-1749). Maître de forges, président au Parlement de Grenoble, seigneur d'Allevard, commandant en chef pour le roi en Dauphiné, ayant largement profité du « sistème » de John Law… et de sa chute, il est l'homme le plus riche de la province.

En 1751, le roi érige la terre d'Allevard et son mandement, sous le nom de comté de Barral, en seigneurie incommutable au profit de Jean-Baptiste (1709-1785), petit-fils de François et président à mortier au Parlement, dont l'épouse, Marie-Antoinette Charlotte de Chaumont-Quitry, issue d'une lignée prestigieuse, est aussi cousine par alliance de madame de Pompadour. Jean-Baptiste a laissé le souvenir d'un « avare atroce, terreur de la gent domestique et des Allevardins à qui il réclamait le règlement des impôts arriérés depuis le… XIIIe siècle », et qui « ne mettait jamais le pot au feu chez lui, préférant ponctionner en catimini, au moyen d'un clystère pour lavements, la soupe de ses mineurs au travail ».

Son fils Paulin, comte d'Allevard et comte de Barral (1745-1822)[21], sera le dernier seigneur d'Allevard. Mousquetaire du roi à quinze ans, puis colonel des Grenadiers royaux et gouverneur de la ville de Vienne, cultivé et plein d'humour, ce « mauvais garçon caractérisé »[22], très tôt exilé de la cour à la suite d'un scandale de mœurs, écrivait à son avare de père : « Ne nous quittons plus, cher papa, vous aimez gagner de l'argent, j'adore le dépenser. Nous sommes faits pour nous entendre ! » Du fait de ses ruineuses débauches et toujours impécunieux, « l'aimable » Paulin, fait baron d'Empire, président « scandaleux et perdu de réputation » (selon Champollion-Figeac) du collège électoral de l'Isère, vendra à perte son château et ses usines en 1817 à A.B Champel[20].

Autour d'une sidérurgie innovante et active[modifier | modifier le code]

Haut-Fourneau d'Allevard au XIXe siècle, illustré par Victor Cassien (1808 - 1893).

Centre important de production métallurgique par la qualité des aciers produits jusqu'au début du XXe siècle (Une légende, créée à partir des textes de Suétone et de Polybe, prétend que Hannibal Barca serait passé au pays d'Allevard pour y fabriquer des armes) Allevard voit son histoire être, très tôt, liée à celle de la sidérurgie alpine. En 1450, Pierre et Arthur Boisson possédaient dans le bourg d'Allevard un martinet qui en 1724 existait encore. Lors de la visite de l'usine par les commissaires spéciaux du roi, à cette date, "il est établi comme étant le plus ancien établissement du genre en Dauphiné" (E. Chabrand). Un autre martinet à la même époque est en activité au village de Pinsot, en amont sur le Bréda. L'étude des parcellaires indique, par exemple, que la communauté d'Allevard, entre 1643 et 1727, compte 76 artifices sur le torrent de "Bredal", à savoir 3 hauts fourneaux, 21 martinets, 36 moulins à blé, 2 battoirs à chanvre, 6 pressoirs, 6 scies à eau, 1 clouterie et 1 foulon. L'activité sidérurgique est particulièrement rentable puisque dans le même laps de temps, le quintal au fourneau de fonte, au poids d'Allevard - soit 54,255 kg - passe de 4 livres 5 sols à 9 livres 10 sols. Pendant de longues années Allevard restera ainsi une place industrielle de très grande importance, sous les seigneurs maîtres de forges de la famille de Barral qui chercheront sans cesse à innover grâce aux conseils de l'ingénieur Binelli et du chevalier Pierre-Clément Grignon, collaborateur de l'Encyclopédie de Diderot. En 1785, les établissements de M. de Barral font travailler environ 300 fourneliers ou fondeurs, 300 mineurs et 200 charbonniers auxquels il convient d'ajouter une centaine de muletiers. Sur ces 900 ouvriers, seuls 420 sont directement "salariés" de l'usine. Les autres travaillent en indépendants dont la plupart des mineurs et des charbonniers[23].

Peu avant la Révolution, un grand projet de re-concentration de la fonderie royale de canons de marine de Saint-Gervais dans la vallée de l'Isère, sur Allevard, est envisagé. Seule la faiblesse relative en approvisionnement en charbon de bois fera reculer le gouvernement - il aurait fallu 36 000 charges de charbon par an quand tout le mandement d'Allevard et les communautés du Grésivaudan proches ne pouvaient en fournir tout au plus que 15 000 - l'usine tournera donc au ralenti sous la conduite désinvolte de Paulin de Barral, puis de MM. Champel - qui reçoit à Allevard en 1829 la duchesse de Berry - et Giroud, ces derniers, banquiers, bientôt en faillite.

À partir des années 1840, la direction avisée d'Eugène Charrière orientera la production des usines, jusque là consacrée à la seule fonte réservée aux aciéries du seuil de Rives, sur l'acier puddlé (puddlage) grâce auquel les forges obtiendront de gros marchés ferroviaires avec les bandages de roue à mises soudées, tout d'abord, puis aux bandages sans soudure mis au point par l'ingénieur A. Pinat[24]. Sur les conseils d'Emile Geymard et Achille Chaper, administrateur des forges et ancien maître de forges à Pinsot, Eugène Charrière renonce à adosser le haut-fourneau à la montagne et le dote d'une forme plus régulière, perfectionnant ainsi la production et le rendement[25]. En 1867, la production d'acier est de 2 000 tonnes. À cette date, les forges comptent un effectif de 446 ouvriers dont 80 lamineurs. La clientèle qui est alors de 400 sociétés presque toutes françaises (Thiers - Saint-Étienne, etc.) passe à 1 300 clients en 1906 avec une effectif de plus de 700 ouvriers et une grosse progression à l'exportation : Autriche-Hongrie, Allemagne - Belgique - Italie. Par ailleurs Allevard va s'associer à quelques grands groupes peu avant la grande guerre (Firminy - Aulnoye - Batignolles - Commentry)[26] C'est également à Allevard que seront fabriquées en 1859 quelques-unes des premières plaques de blindage de la frégate La Gloire, conjointement avec les sociétés Petetin de Saint-Chamond et Laubenière de Rouen. Après l'abandon de la fonte au charbon de bois, les forges se convertiront au procédé Siemens pour la fabrication de l'acier, conservant pour Allevard et au passage du siècle, "leur nom et leur place dans le monde métallurgique, à la satisfaction de notre fierté dauphinoise et pour le plus grand profit de sa courageuse population ouvrière" (Chabrand). Mais Allevard qui compte, à cette époque, une usine de soie employant une main-d'œuvre féminine nombreuse, établissement dirigé par la famille Izoard, apparentée à l'industriel et banquier grenoblois Aimé Bouchayer, va, en outre, rapidement devenir un grand centre touristique fondé sur le thermalisme.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les forges

Carte postale ancienne montrant l'entrée des Forges, desservies par de nombreuses voies verrées raccordées au Tramway de Pontcharra à la Rochette et Allevard
L'entrée des Forges, desservies par le chemin de fer industriel des forges, au début du XXe siècle

Succédant à son père et à son grand-père, Charles Pinat, nouveau maître de forges d'Allevard au passage du siècle et ancien ingénieur de traction du tramway de Lyon va, en avance sur son temps, orienter l'approvisionnement en énergie de ses établissements vers la production électrique grâce aux chutes, barrages et centrales qu'il envisage d'établir sur le cours du Bréda. En 1917, en pleine guerre, les forges d'Allevard passaient sous le contrôle de la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt, et sous la conduite du grand patron qu'était Théodore Laurent. Ce sera le temps des grandes innovations - nouveaux aménagements hydro-électriques du Bréda - et des concentrations des productions autour des ressorts, des aimants et des ferro-alliages. La crise de 1930 affectera sensiblement Allevard qui devra restreindre sévèrement ses productions. En 1940, la défaite et des crues catastrophiques dans la haute vallée du Bréda arrêteront même et pendant quelque temps toute production. La Libération marquera un renouveau de l'usine (10 000 tonnes par an de produits laminés) et un afflux régulier de travailleurs immigrés sur les trois sites industriels : La Gorge d'Allevard - Champ-Sappey à Saint-Pierre d'Allevard et Le Cheylas. Les années qui suivront verront l'adoption de la coulée continue et l'association - qui va s'avérer malencontreuse - avec Ugine, pour la fabrication des aimants[27]. En 1973-1974, la réalisation de la centrale électrique des Moulins marquera paradoxalement le temps du départ des forges de leur berceau pluriséculaire depuis le XVe siècle.

La belle histoire du fer d'Allevard se terminait ici...

Le thermalisme

Poster d'Allevard-les-Bains en 1906 environ.

Très tôt, des personnalités célèbres résident en Allevard pour prendre les eaux (que l'on buvait ou dont on inhalait les micro-brouillards dans des salles collectives), tels Alphonse Daudet (celui-ci a d'ailleurs tiré de son passage trois chapitres de son roman, Numa Roumestan)[28], Henri-Frédéric Amiel, Frédéric Ozanam, le duc d'Aumale fils de Louis-Philippe, la famille de Lucien Bonaparte ou la reine Ranavalona III de Madagascar pendant son exil en France. Mais la grande clientèle d'Allevard, à partir de 1880[29], est celle des hommes politiques, prédicateurs et orateurs, chanteurs et chanteuses qui viennent "réparer leur voix". Citons, parmi d'autres, les comédiens Paul Mounet et Mounet-Sully, les frères Coquelin aîné et cadet ; Félia Litvinne, Germaine Lubin, Georgette Leblanc, puis plus tard Jeanne Aubert, Cécile Sorel ou Damia, chez les chanteuses ; les politiques comme Eugène Chevandier de Valdrome, Eugène Rouher, Charles Floquet, Édouard Herriot, Georges Picot - qui décède en 1909 à Allevard - Gustave Hervé, Alexandre Zévaès, Auguste Burdeau, ou le sénateur Scheurer-Kestner, en 1897 en pleine affaire Dreyfus, qui sont ici, avec de nombreuses autres personnalités : des ecclésiastiques comme l'abbé Della Chiesa - futur pape Benoît XV - Mgr Félix Dupanloup, évêque d'Orléans, le pasteur genevois Théodore Claparède ou le grand rabbin de France Isaïe Schwartz ; des prédicateurs comme le P. Joseph Gratry de l'Académie Française, ou le P. Jean-Léon Le Prévost ; des diplomates comme Camille Barrère, le comte Vladimir Lambsdorff, le prince Pierre Wolkonsky, le comte Zichy ou le prince Ypsilanti, le prince-alpiniste roumain Alexandre Bibesco ; des musiciens comme Jules Massenet ou Charles Lamoureux ; des photographes Nadar ou les frères Lumière ; des poètes Lucie Delarue-Mardrus ou Patrice de La Tour du Pin ; des musicologues comme Paul-Marie Masson ou Émile Vuillermoz, mais également les peintres Hippolyte Flandrin ou Kees van Dongen ; les romancières Germaine Acremant ou Thyde Monnier ; des académiciens français comme Victor de Laprade ou René de La Croix de Castries ; des professeurs de médecine Louis Landouzy ou Maxime Laignel-Lavastine ; des industriels et financiers comme Pierre Dreyfus, Edward Molyneux ou Calouste Gulbenkian ; des banquiers suisses, Pictet ou Mornay, le chimiste Joseph Bienaimé Caventou, la remuante et attachante féministe Arria Ly qui collabore au journal local, dirigé par le docteur Boël, "La chronique d'Allevard-les-Bains" en 1903[30], le docteur Edmond Locard, neveu du docteur Niepce, directeur des Thermes ; le dessinateur Jacques Faizant, l'architecte Henri Révoil, le président Ferhat Abbas, la famille du président Habib Bourguiba ou l'amiral Muselier, sont, parmi d'autres célébrités, les habitués de la station thermale[31].

Station efficace, à la fois discrète et très prisée des gens du spectacle - "On ne vient pas ici pour se montrer mais pour se soigner et se reposer" (Dr Revillet-Laure), Allevard s'ouvrira à partir de 1936 à une autre clientèle plus populaire, grâce, en particulier, aux cures ORL et poumons, pour enfants, initiées par le docteur Jean Langénieux. Enfin, c'est en 1994 que s'ouvrira un nouveau bâtiment thermal pour les soins et les cures de rhumatologie renouant avec les premières indications données en 1838 par le docteur Laurent Chataing, premier inspecteur des eaux. Depuis lors la station va chercher à s'ouvrir en proposant de nouveaux traitements anti-stress et également contre la fibromyalgie.

De nos jours, le développement de l'industrie du silicium et de ses dérivés près de Grenoble a conduit à une croissance de l'urbanisme pavillonnaire qui impose par son étalement urbain des transformations importantes des paysages de la commune, paysages d'autre part affectés par la déprise agricole et une extension de la forêt.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Marché - jadis foire - de la Saint-Michel (jeudi le plus proche du 29 septembre, fête de St Michel) dont la date est liée à celle de la descente des alpages ou inalpage, journée qui donnait lieu, jadis, à de grandes fêtes populaires où les vaches étaient décorées de feuilles, fleurs des champs et branchages[32]. « A la Saint-Michel, les Allevardins payaient leurs dettes » auprès de notaires qui, ce jour-là, officiaient en plein air aux portes des cabarets. Ceux qui ne pouvaient s'en acquitter avaient un délai supplémentaire d'un mois pour en finir (le « retour de la Saint-Michel ») avant la saisie. Le plat traditionnel, toujours servi dans tous les restaurants à cette occasion, est la tête de veau.

« Allevard avait la réputation d'être un pays de Cocagne. Les étrangers étaient reçus à bras ouverts et sans ostentation. Aucune fête, aucune réunion n'avait lieu sans danser. On faisait venir les violons du voisinage et dans les grandes occasions de Grenoble… Dès qu'un violon paraissait à Allevard on se réunissait dans la maison où il était reçu. Chacun apportait son souper[33]. »

  • festival d'animation jeune public "Pierrot Gourmand"
  • fête de la transumance (juin)
  • Patrimoine en folie (septembre)

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Allevard Blason De gueules à trois bandes d'argent, au chef de même chargé de trois cloches d'azur et bataillées d'or.
Détails Le blason d'Allevard est issu des armes de François de Barral[34], maître de forges, seigneur du pays au XVIIe siècle. Elles proviennent de la famille de Chambarran, gentilshommes-verriers, tombée en quenouille dans les Barral. Les cloches feraient référence aux trois paroisses qui étaient sous sa juridiction[35]. Les Barral "anciens", seigneurs de la Tour du Treuil, portaient "d'or à trois barraux (barrils) de sable[36]".
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[37]
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Nicolas Gauthier   notaire
1791 1828 Laurent Dufresne   notaire
1828 1830 André Benoit Champel   maître de forges
1830 1831 Laurent Chataing   médecin
1831 1836 Antoine Auguste Guerre   notaire
1836 1848 Hugues Barbas   rentier
1848 1852 André Auguste Pra   notaire
1852 1854 Nicolas Louis Dufresne   notaire
1854 1867 Séraphin Bouffier   industriel
1867 1870 André Auguste Pra   notaire
1870 1871 Jean Benoît Emery    
1871 1872 Fortuné Authier    
1872 1873 Jean Benoît Emery    
1873 1878 Alexandre Dufresne   notaire
1878 1880 François Auguste Davallet    
1880 1881 André Auguste Pra   notaire
1881 1888 François Auguste Davallet    
1888 1892 François Martinet    
1892 1898 François Auguste Davallet    
1898 1907 Amédée Piattet    
1907 1930 Louis Gerin    
1930 1935 Albert Salvain    
1935 1941 Marcel Dumas Rad-Soc transporteur
1941 1944 Jean Langénieux   médecin
1944 1944 Alfred Couronné   tapissier
1944 1964 Marcel Dumas Rad. transporteur .V.P du Conseil général
1964 1983 Joseph Casserra   boulanger
1983 1989 Philippe Bouffard   médecin
1989 en cours Philippe Langenieux-Villard RPR, UMP,
puis DVD
conseiller régional,
député (1993-1997), puis conseiller général (2008-2015)

Transports[modifier | modifier le code]

La ville d'Allevard est desservie par la ligne 6200 du réseau départemental (appelé Transisère). Elle est également desservie par plusieurs lignes des Transports du Grésivaudan, qui la relient notamment au lycée Pierre-du-Terrail à Pontcharra, mais aussi à la gare de Goncelin avec une correspondance par le réseau TER vers les villes de Grenoble ou Chambéry.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[39],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 4 131 habitants, en augmentation de 9,63 % par rapport à 2009 (Isère : 3,74 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 281 2 056 2 258 2 455 2 690 2 599 2 638 2 128 2 638
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 846 3 180 3 110 3 031 3 054 3 195 3 085 2 850 2 726
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 546 2 560 2 715 2 577 2 514 2 571 2 601 2 538 2 515
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
2 384 2 478 2 565 2 391 2 558 3 081 3 571 3 768 4 131
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[40] puis Insee à partir de 2006[41].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • école de musique
  • école de arts

Économie[modifier | modifier le code]

  • au XVIIe siècle, usines métallurgiques et forges
  • depuis XIXe siècle, station thermale
  • commerces et services de proximité

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Allevard et ses thermes, tableau de Guesdy (XIXe siècle).
  • restes de trois maisons fortes et d'un château fort[43] :
    • château delphinal dit château du Bas Fer, sur l'ancienne motte castrale di XIe siècle[43]
    • le château de la Bastide (ou Bâtie) d'Arvillard, à l'Ouest d'Allevard
    • la maison forte de la tour d'Allevard
    • Tour du Treuil, du XIVe siècle[43], magnifiquement restaurée (propriété privée) ancien fief de la première famille de Barral au XIIIe siècle.
  • Château de Barral du XVIIIe siècle, et son parc avec quelques beaux spécimens d'arbres (séquoia, cèdre). Ce château, reconstruit par Paulin de Barral sur une ancienne maison appartenant au notaire Gautier du Replat, dont "les murs durent entendre des propos bien graveleux" (A. Bougy 1838) abritait jusqu'en 1820 une collection de tableaux érotiques "comparable à celle du maréchal de Saxe". Il avait remplacé l'ancien château Morard de Monts (de style Louis XIII), célèbre pour ses jets et escaliers d'eau. Ce dernier était situé en bordure de l'actuel parc Joseph de Barral[réf. nécessaire]. Il sera détruit pour être vendu en "matériaux de construction" à la demande de Mgr Claude Mathias de Barral, évêque de Troyes, ruiné par ses prodigalités lors de l'exil du parlement de Paris dans sa ville épiscopale[44].
  • Vestiges des remparts
  • Au cimetière, monument funéraire, en forme de chapelle pyramidale surmontée de la statue de Saint-Étienne, de la famille de Croüy-Chanel qui se dit descendre des rois de Hongrie de la dynastie arpadienne (transformé en columbarium).
  • Les thermes et le parc thermal : l'ensemble constitue un exemple unique en France de "grammaire des styles d'établissements balnéaires". En forme de conque, dominé par l'hôtel Splendid, œuvre de l'architecte parisien Masson (1909) à structure de charpente métallique (Gustave Eiffel), le parc regroupe les thermes Niepce, œuvre de l'architecte normand Jory, à la fin du XIXe siècle, l'ancien casino précédé d'une belle rotonde ornée de modillons en bas-relief (1925), les thermes Chardon bientôt réaffectés, bâtiment ayant le label "« Patrimoine du XXe siècle » de l'Isère", édifié par l'architecte Jocteur Monrozier (1960) et supervisé par l'architecte Albert Laprade, abritant une fresque de Françoise Boudet (1925-2012), premier Grand Prix de Rome (1950) et lauréate de la Casa de Velazquez (1956), et les thermes Villiot consacrés à la Rhumatologie (1994), œuvre de l'architecte chambérien Roche, décoré de céramiques de Roger Capron.
  • Une promenade à pied "à travers le lacis des petites rues du centre de la ville" (A. Daudet) donne au touriste l'impression de se trouver à l'intérieur des remparts d'une cité fortifiée. À voir, aux frontons des entrées de certaines maisons, les représentations de masses croisées signalant les anciennes propriétés des forges d'Allevard.

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

L'ancienne gare du Tramway de Pontcharra
Forges
Plus aucun édifice de l'époque moderne n'existe sur la commune d'Allevard. L'usine a déménagé ses dernières productions au Cheylas, dans la vallée de l'Isère, entre 1964 et 1974, mais il reste des vestiges d'anciennes mines sur le sentier du fer pour les exploitations plus anciennes et les restes d'un four à griller à Saint-Pierre-d'Allevard.
Scieries
Les nombreuses scieries mues par la force hydraulique ont toutes disparu, cependant, Il reste quelques vestiges le long des berges de prises et de canaux. De même pour les martinets qui ont tous disparu, sauf celui de l'Oursière (canal d'amenée obstrué, roue démontée, mais atelier et sa forge encore 'debout') et celui des forges du Bréda (Clérin et Gremen) sauvé et remonté en état de marche au musée des forges et moulins de Pinsot.
Viaduc du chemin de fer d'Allevard
Chemin de fer
Il reste également des vestiges ferroviaires sur la commune :

Espaces verts et fleurissement[modifier | modifier le code]

En mars 2017, la commune confirme le niveau « deux fleurs » au concours des villes et villages fleuris, ce label récompense le fleurissement de la commune au titre de l'année 2016[45].

Le plan d'eau de la Mirande est une aire de loisirs avec plage gazonnée.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Le musée.
  • Musée d'Allevard, labellisé Musée de France.
  • Centre culturel La Pléiade : 2000 places debout ou 1200 places assises, salle Joseph Casserra de 1 200 m2 (configurations sportives et culturelles), salle L'Atelier de 300 m2 (salle de danse, de réunion et de spectacle)[46].
  • Cinéma Bel’donne, place de Verdun.
  • Office de tourisme

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Buste du sculpteur Pierre Rambaud, détail du monument sur la place.
  • Étienne Albrieux (1891-1962), peintre.
  • Paulin de Barral, libertin ayant servi de modèle au personnage de Valmont dans les Liaisons dangereuses de son cousin Choderlos de Laclos.
  • Jean Béranger, mari de Christine Goitschel, originaire du hameau du Montouvrard, et ancien entraineur de l'équipe de France
  • Achille Chaper (1795-1874), fut administrateur des forges d'Allevard.
  • Jean Guerre-Dumolard (Allevard 1761-1845), juriste et homme politique, écrivain lyonnais, né à Allevard.
  • Estelle Dubeuf, épouse Fornier, née en 1797, fille d'un directeur des forges de Paulin de Barral et petite-fille du notaire allevardin Nicolas Gautier du Replat fut le premier et le dernier amour de Berlioz[47].
  • Bernard Niepce, médecin, cousin de Nicéphore Niepce, inspecteur des eaux d'Allevard et inventeur des inhalations froides, entre 1848 et 1882. Ses traits nous restent fixés par le buste, œuvre du sculpteur Auguste Davin, qui se trouve devant l'établissement thermal.
  • Eugène Charrière (1805-1885), maître de forges, développe la fabrication de l'acier pour le ferroviaire et la marine de guerre à Allevard.
  • Olivier Billaz, né à Allevard en 1856, Normalien, agrégé de lettres, collaborateur de Jean Jaurès, animateur des "Universités populaires", professeur au lycée Charlemagne puis au lycée Buffon à Paris, collaborateur de Ferdinand Brunot à la Société des amis de l'enseignement moderne, historien du pays d'Allevard, auteur de "En Allevard, essai descriptif et historique sur un canton des Alpes françaises" (1907).
  • Léon-Camille Mähl (1859-1936) ingénieur, concepteur de l'équipement hydro-électrique du Rhône (Génissiat)
  • Mgr Charles Cotton, curé-archiprêtre d'Allevard, élevé en 1875 au siège épiscopal de Valence, prélat très hostile aux lois Jules Ferry.
  • l'abbé Auguste Milliat, né à Allevard en 1862, poète, professeur et écrivain catholique.
  • Lily Fayol, artiste de variétés, chanteuse, est née à Allevard le 12 juin 1914[réf. nécessaire].
  • Pierre Rambaud, sculpteur et peintre.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Italie Menaggio (Italie) depuis 1991

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. crête de Bramefarine
  2. arêtes de Belledonne/Sept Laux
  3. à l'amont sur le Bréda
  4. Inventaire du patrimoine géologique : résultats, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, 24 janvier 2014 (mis à jour le 31 mars 2015), accès le 23 septembre 2016.
  5. Victor Bellin 1980, p. 13
  6. a et b Victor Bellin 1980, p. 14
  7. Victor Bellin 1980, p. 20
  8. a et b Bernard Demotz, « La frontière au Moyen Âge d'après l'exemple du comté de Savoie (début XIIIe - début XVe siècles) », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, vol. 4, no 4,‎ , p. 95-116 (lire en ligne).
  9. Victor Bellin 1980, p. 29
  10. Victor Bellin 1980, p. 16
  11. Victor Bellin 1980, p. 55
  12. Le mot « Vingtain » vient du nom d'un impôt local le « Vingtième » prélevé au Moyen Âge pour l'entretien et la réparation des remparts urbains dans le lyonnais.
  13. Victor Bellin 1980, p. 53
  14. Élisabeth Sirot 2007, p. 61.
  15. Élisabeth Sirot 2007, p. 32.
  16. Victor Bellin 1980, p. 80
  17. Fabrice Mouthon, "La naissance des communs, eaux, forêts, alpages dans les montagnes de Savoie (XIIe siècle - XVIe siècle)", L'Histoire en Savoie, N°30, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie,2016, page 106.
  18. Victor Bellin 1980, p. 93
  19. Victor Bellin 1980, p. 94
  20. a et b Notes et réflexions de Marc Nicolas Bouffier sur le pays d'Allevard (1846) Histoire du fer au pays d'Allevard n° 8, 2008
  21. Georges Salamand : Paulin de Barral, libertin dauphinois - un débauché à la veille de la Révolution française éditions de La Pensée Sauvage, 1989
  22. Georges Poisson : Choderlos de Laclos ou l'obstination, Prix Goncourt de la biographie 1986
  23. Pierre Léon "Deux siècles d'activité minière et métallurgique en Dauphiné : l'usine d'Allevard (1675-1870). In: Revue de géographie alpine, 1948, Tome 36 N°2, pp. 215-258, notamment p. 229.
  24. "Les quinze glorieuses d'Allevard 1842-1856" in Histoire du fer au pays d'Allevard no 9 - 2009 -
  25. Paul et Germaine Veyret, Revue de géographie alpine - Volumes 36 à 37, Grenoble, Imprimerie Allier, , page 246
  26. Pierre Léon : "L'usine d'Allevard" Allier 1963
  27. Jean-François Belhoste : "Histoire des forges d'Allevard" Didier-Richard 1982
  28. Georges Salamand : "Alphonse Daudet à Allevard" éditions Glénat 1977
  29. Georges Salamand : "Histoire vivante du thermalisme à Allevard" éditions du Fond-de-France 2007
  30. " De toutes les chinoiseries et cocasseries qui hérissent le code Napoléon, celle contenue dans l'article 213 exigeant l'obeïssance de la femme à son mari est à coup sûr la plus typique" (Chronique d'Allevard-les-Bains 1903)
  31. Georges Salamand : "Histoire vivante du thermalisme à Allevard" 2007
  32. Arnold Van Gennep : "Le Dauphiné traditionnel" tome 3 - éditions Curandera 1993
  33. Bouffier (1846)
  34. Barral de Montouvrard : De gueules, à trois bandes d'argent, au chef du même, ch. de trois cloches d'azur, bataillées d'or. Couronne de comte ou de marquis. Devise: SIC PERSONAT VIRTUS ; Source : Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
  35. Vexillologie Provençale, Grésivaudan
  36. Rivoire de La Bâtie : "Armorial du Dauphiné" - Lyon 1862 - page 44 -
  37. Source pour la période 1790-1907 : dallage en honneur des maires d'Allevard situé devant la mairie.
  38. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  39. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  40. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  41. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  42. Annick Rey-Bogey, L'architecture et l'élan religieux de la Savoie au XIXe siècle: Du Concordat à la rupture, 1802-1905, la reconstruction des églises dans les diocèses de Chambéry, Maurienne et Tarentaise, vol. 110, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, , 238 p. (ISBN 978-2-85092-007-3), p. 178.
  43. a, b et c Eric Tasset, Châteaux forts de l'Isère : Grenoble et le Nord de son arrondissement, Grenoble, éditions de Belledonne, (ISBN 2911148665), pp. 148-155
  44. Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Isère (lire en ligne), p. 324.
  45. « Les villes et villages fleuris > Isère », sur le site officiel du « Concours des villes et villages fleuris » (consulté le 7 août 2017).
  46. La Pléiade à Allevard sur le site officiel de la Communauté de communes du Pays du Grésivaudan (consulté le 31 janvier 2015)
  47. Pascal Beyls : "Estelle Fornier, premier et dernier amour de Berlioz" 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Sirot, Noble et forte maison - L'habitat seigneurial dans les campagnes médiévales du milieu du XIIe au début du XVIe, Editions Picard, (ISBN 9782708407701).
  • Thérèse Sclafert, Le haut Dauphiné au Moyen-âge, Thèse principale, Sirey, Paris, 1926, 765 pages.
  • Thérèse Sclafert, L'industrie du fer dans la région d'Allevard au Moyen-âge, Imprimerie Allier père et fils, Grenoble, 1926, 120 pages.
  • Guide d'Allevard-les-Bains et du Graisivaudan (Isère), édité par le Syndicat d'Initiative de la station, Grenoble : Imprimerie générale, 1902, 64 p.
  • Victor Bellin, Petite Histoire du Pays d'Allevard, Société des écrivains dauphinois, , 179 p. (Réédition. Première édition en 1961)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]