Stalles

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Stalles du chœur de l'église abbatiale de Moyenmoutier (XVIIe siècle)

Les stalles sont les rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales et abbatiales, divisant les moines ou chanoines en deux groupes pour le chant (ou la récitation) alternative des psaumes de l’office divin. Ils ont la caractéristique de permettre deux positions : ou bien « assise » ou bien (si le siège est relevé) debout, avec appui sur une « miséricorde ».

Elles sont principalement réalisées par une main-d’œuvre qualifiée, les huchiers[1],[2].

Description[modifier | modifier le code]

Stalles à la cathédrale d'Erfurt

À l'origine, les clercs ou moines se tiennent debout dans des compartiments individuels le plus souvent en bois, séparés par des parcloses[3].

Avec la longueur des offices, les stalles se composent par la suite de sièges amovibles et rabattables, sous lesquels se trouve une petite console, appelée « miséricorde », cette sellette servant d'appui discret lorsqu'on est debout. Chaque siège est séparé de celui d'à côté par des parcloses surmontées d'accoudoirs. Aux extrémités des stalles se trouvent les jouées, qui sont des plaques ornementées. Enfin, les stalles sont surmontées soit par un haut dossier (dais), soit par un baldaquin.
On retrouve toujours une ou deux stalles plus importantes, plus richement ornées. Ce sont celles qui étaient réservées à l'abbé (dans une abbatiale) ou à l'évêque (dans une cathédrale).

Les « miséricordes »[modifier | modifier le code]

Stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse
Article détaillé : Miséricorde (stalle).

Alors qu'avant le XIe siècle, on trouve plutôt mention d'un bâton que les chanoines ou les moines plaçaient discrètement derrière eux, on voit apparaître, au XIe siècle, pour la première fois dans les textes, la notion de « miséricorde ». Les miséricordes se présentent sous la forme de petits sièges pliants. Tous les chanoines n'en possédaient pas et il est possible qu'elles aient été réservées aux plus âgés d'entre eux. Certaines miséricordes sont extrêmement ouvragées et d'une grande diversité, représentant des faiblesses humaines et différents types de fous.

Miséricordes sculptées en (Belgique)[modifier | modifier le code]

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Miséricordes sculptées (Bourg-en-Bresse)[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Welleda Muller, « L’art des huchiers, restreint au mobilier liturgique des chœurs (stalles, jubés, autels et retables sculptés, groupes statuaires), en pays bourguignon, flamand et rhéno-mosan, aux xve et xvie siècles » », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre, no 14,‎ 2010, p. 5
  2. Jacques Baudoin, Normandie Ile-de-France. La sculpture flamboyante, éd. Creer,‎ 1992 (lire en ligne), p. 37
  3. Jean-Pierre Néraudau, Dictionnaire d'Histoire de l'Art, PUF, coll. Quadrige, Paris, 1996, p. 324

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en français
  • Corinne Charles, Stalles sculptées du XVe siècle : Genève et le duché de Savoie, Picard, Paris, 1999, 285 p. (ISBN 2-7084-0574-8)
  • Sylvie Bethmont-Gallerand, « Les images du monde dans les stalles aux XVe et XVIe siècles », dans L'Art Sacré, no 12, actes du colloque de l'association Rencontre avec le Patrimoine Religieux, Vendôme, 1999, p. 31-46
  • Kristiane Leme-Hebuterne, Sources de l’iconographie des miséricordes ou quelques problèmes d’interprétation, autour des stalles en Picardie et Normandie, actes d'un colloque organisé en 1999, Encrage Éditeur, Amiens, 2001, p. 167-182
  • Kristiane Leme-Hebuterne, « Quelques ensembles de stalles à représentations religieuses. Stalles et miséricordes, spiritualité et truculences », dans L'Art Sacré, Cahiers de Rencontre avec le patrimoine Religieux, no 12, octobre 2000, p. 67-82.
  • Dorothy et Henry Kraus, Le monde caché des miséricordes suivi du répertoire de 400 stalles d'église en France, Éditions de l'Amateur, 1986, traduit de l'anglais
en anglais
  • (en) E. C. Block, Misericords : Hidden Mirrors of Medieval Life, séries de 5 enregistrements vidéo, de 30 minutes chacun, 1992, Museum of Modern Art de New York
I : Introduction
II : The Mirror of Nature
III : The Mirror of Instruction
V : The Mirror of Morality
V : The Mirror of History
  • (en) Liturgical and Anti-liturgical Elements on Medieval Choir Stall Carvings, in C. Horihan (éd), The word, the Image, the Object : Art in the service of the Liturgy. The Index of Christian Art, Princeton University Press, 2002
  • (en) Kenneth VARTY, « Dance Macabre on a Misericord », dans The Profane Arts - V : 2, automne 1993

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]