Saint-Franc

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Saint-Franc
Saint-Franc
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Chambéry
Canton Les Échelles
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Chartreuse
Maire
Mandat
Pierre-Auguste Feugier
2014-2020
Code postal 73360
Code commune 73233
Démographie
Gentilé Sanfrognots
Population
municipale
166 hab. (2015 en augmentation de 11,41 % par rapport à 2010)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 29′ 32″ nord, 5° 44′ 48″ est
Altitude Min. 320 m
Max. 725 m
Superficie 7,25 km2
Localisation

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Saint-Franc est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Franc est une commune boisée (à 35 %), constituée de plusieurs hameaux, et comptant 725 hectares de territoire dont 245 hectares de forêts et 12 hectares de zones humides[1]. L'altitude minimale de Saint-Franc se trouve au niveau du Guiers alors que l'altitude maximale (725m) se trouve au niveau de l'oratoire de Notre-Dame du Châtelard.

La commune est située dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à l'extrémité ouest du département de la Savoie. Elle fait partie de l'ensemble géographique appelé Avant-Pays Savoyard.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première mention de Saint-Franc apparaît en 1142 sous le nom d'Ecclesia de Sancto Franco. Le cartulaire de Chalais (1240) mentionne la paroisse de Sant Franc. On retrouve ensuite le nom de Saint Francon en 1433[1]. À la Révolution, la commune est temporairement rebaptisée Bois-Franc.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit San Fran, selon la graphie de Conflans[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Comme le mentionnent les historiens régionalistes Gérard Bellemin et Jacques Coutaz, il semble que Saint-Franc ait été peuplé dès l'époque préhistorique (présence de mégalithes). Des vestiges romains (poteries, tuiles…) ont été retrouvés en divers lieux de la commune laissant penser qu'une villa romaine y était installée[1]. En 1220, Anthelme Corbel, propriétaire d'une maison forte à Saint-Franc, se proclame, dans son testament, Seigneur de Saint-Franc. Ses descendants donneront la lignée des marquis de Vaulserre lesquels deviendront plus tard les Corbeau de Vaulserre. Cette famille marquera considérablement l'histoire de la commune. À la Révolution française, ils détenaient 54 % des terres de la commune. La maison-forte d'origine des marquis de Vaulserre existe toujours et est occupée par une ferme. Son pigeonnier est resté intact. Du XIIe au XVIIe siècle, l'abbaye de Tamié disposait de nombreuses possessions à Saint-Franc, consenties en 1190 par le Comte de Maurienne Thomas Ier. Ces possessions seront progressivement reprises par les marquis de Vaulserre, les dernières étant acquises en 1605[1].

Eglise de Saint-Franc

Les premiers registres de la commune débutent en 1675. La mappe sarde de Saint-Franc est achevée en 1729 précisant que plus de 50 % des terres appartiennent à Charles de Corbeau. En 1760, le traité de Turin place la frontière entre France et Savoie au milieu du Guiers, Saint-Franc faisant alors directement face au royaume de France.

Un défrichement des forêts par les communautés religieuses a eu lieu aux XVIe et XVIIe siècles. Des grumes de sapins de Saint-Franc furent acheminés en 1772 le long du Guiers jusqu'à Saint-Genix-sur-Guiers où le Guiers se jette dans le Rhône. De là, les troncs partaient pour Lyon où ils furent utilisés comme pilotis dans le cadre des grands travaux menés par Antoine-Michel Perrache[1].

Au cours de la période d'occupation du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises, à la suite du rattachement de 1792, le commune appartient au canton des Échelles, au sein du département du Mont-Blanc[3].

Au XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau passa par la commune et fait une description du hameau de Chailles dans les Confessions. Un habitant de la commune, Joseph Thévenon, prend part à la guerre de Crimée au sein des bataillons du Royaume de Piémont-Sardaigne, allié aux Français et aux Britanniques face aux Russes. Il décédera du choléra en Crimée le 6 août 1855[1]. En avril 1860 a lieu le plébiscite sur l'annexion de la Savoie par la France. Dans la commune de Saint-Franc, 121 électeurs y prennent part avec un score de 100 % en faveur du Oui[1].

Chapelle de Corbeau de Vaulserre

Au début du XXe siècle, la commune ne compte que 290 habitants, avec deux auberges, des exploitations produisant des céréales et du fourrage, du bétail, et une épicerie-dépôt de pain et un bureau de tabac. Quelques carrières sont exploitées. L'église actuelle date de 1902, l'ancienne église, située au lieu-dit Le Châtelard où elle avait été bâtie en 1730, menaçait de s'écrouler et fut donc démolie.

Saint-Franc fut un lieu politique au tournant des années 1990 : pendant deux ans, pour copier le pèlerinage mitterrandien de Solutré, Jean-Marie Le Pen se rend à pied jusqu’à la maison d'un sympathisant ayant une école privée dans cette commune ; après plusieurs années de manifestations et contre-manifestations, Jean-Marie Le Pen a renoncé à cette pratique.

Saint-Franc rejoint, lors de sa création en 2004, la Communauté de communes du Mont Beauvoir. En 2010, Saint-Franc devient la première commune savoyarde à recevoir le titre de village étoilé par l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne grâce à son action pionnière en matière de lutte contre la pollution lumineuse[4].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Saint-Franc
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1959 1983 Louis Marré RI puis UDF Sénateur (1974-1977)
1983 mars 2008 Guy Combaz[réf. nécessaire]    
mars 2008 en cours Pierre-Auguste Feugier SE Agriculteur[5]
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Saint-Françains[6].


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[8].

En 2015, la commune comptait 166 habitants[Note 1], en augmentation de 11,41 % par rapport à 2010 (Savoie : +3,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
514506562454514556441427416
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
414391340332297277266276277
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
30026722120519017013710887
1982 1990 1999 2005 2010 2015 - - -
111121146158149166---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument au sommet de Saint-Franc
La Croix Charvet
Le village vu depuis les hauteurs
  • L'oratoire de Notre-Dame du Châtelard est le point culminant de la commune d’où l’on découvre le panorama sur le massif du Revard et le lac d'Aiguebelette. L'inauguration eut lieu en 1872 et des pèlerinages étaient organisés chaque année. La Vierge, mesurant environ 2 mètres de hauteur, fut réalisée par le sculpteur Louis Rochet[1].
  • L'église communale, construite en 1902 pour remplacer l'ancienne église, devenue vétuste.
  • La mairie-école, construite en 1881.
  • La chapelle de Corbeau de Vaulserre, située au lieu-dit Le Châtelard, fut construite en 1902 à l'emplacement exact de l'ancienne église communale (datant de 1730), désormais disparue. Elle fut érigée sur ordre de Marie François Charles de Corbeau, Marquis de Vaulserre afin de maintenir la mémoire des membres défunts de la maison de Corbeau, Seigneurs de Saint-Franc, inhumés dans l'ancienne église[1]. Une croix médiévale datée de 1437, dont il reste le socle et certains éléments remarquables, fait face à l'entrée de la chapelle.
  • La Croix Charvet, située le long de la route départementale menant de Saint-Béron à Saint-Franc, rappelle l'odieux assassinat de Marie-Rose Martin, épouse Charvet, le 27 mars 1865. Ce jour là, une flaque de sang et un cabas appartenant à la victime sont retrouvés à l'emplacement de la croix. Son corps sera découvert deux mois plus tard flottant dans le Rhône, dans la commune de Briord (Ain). Le meurtrier ne sera jamais identifié. Le Marquis de Vaulserre fait ériger la croix le 27 mars 1866 afin d'honorer la mémoire de la victime dans un village encore sous le choc[1].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du parc naturel régional de Chartreuse.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Bellemin, Jacques Coutaz, « Saint-Franc », dans 1000 ans d'histoire de la Savoie - L'Avant-Pays Savoyard, NEVA Editions, , 1152 p. (ISBN 978-2-35055-199-9), p. 707-723
  • Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, , 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6, lire en ligne), p. 184-186. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Gérard Bellemin, Jacques Combaz, Saint-Franc in 1000 ans d'histoire de la Savoie - L'Avant-Pays Savoyard, Magland, NEVA Editions, , 1154 p. (ISBN 978-2-35055-199-9), p. 707-723
  2. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 22
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  3. Jules-Joseph Vernier, Étude historique et géographique sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis (réimpr. 1993) (1re éd. 1896), 137 p. (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 96-99.
  4. http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/07/11/2148311_saint-franc-un-village-sans-eclairage-public-qui-recoit-un-label-ecolo.html
  5. https://www.lemonde.fr/auvergne-rhone-alpes/savoie,73/saint-franc,73233/
  6. « Saint-Franc », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le 1er janvier 2017), Ressources - Les communes.
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.