Les Échelles

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Les Échelles
Entrée aux Échelles à la traversée du Guiers.
Entrée aux Échelles à la traversée du Guiers.
Blason de Les Échelles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Chambéry
Canton Le Pont-de-Beauvoisin
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Chartreuse
Maire
Mandat
Cédric Vial
2014-2020
Code postal 73360
Code commune 73105
Démographie
Population
municipale
1 217 hab. (2014)
Densité 325 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 26′ 15″ nord, 5° 45′ 17″ est
Altitude Min. 364 m – Max. 459 m
Superficie 3,75 km2
Localisation

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Les Échelles est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les Échelles est un bourg étroit de l'Avant-Pays savoyard, situé sur la rive droite du Guiers Vif, en face d'Entre-deux-Guiers, le long de la route D 1006 menant de Chambéry à Lyon en passant par Le Pont-de-Beauvoisin, entre Saint-Christophe la Grotte, Saint-Pierre-de-Genebroz et Saint-Franc. Le village est au pied de la colline du Menuet. La commune s'étend le long du Guiers Vif, de Saint-Christophe-sur-Guiers à Miribel-les-Échelles, couverte de pâturages et de champs. Les Échelles fait partie du Parc naturel régional de la Chartreuse.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme vient du passage des échelles, une gorge étroite et escarpée qui, selon la légende n'aurait pu être franchie au Moyen Âge que par des escaliers ou des échelles. Le chemin des muletiers qui emprunte cette voie, évolution de l'ancienne voie romaine, passe par un lieu étroit naturel dans la montagne de l'Épine - le défilé de la Grotte - mais dont la descente vers la vallée est difficile. Celle-ci se faisait par des échelles - gradins taillés dans la roche - qui donneront leur nom à la commune[1], le passage est nommé « Scabilio » ou « Grand Escallier »[2]. Le nom de ce passage escarpé vient du latin scala : échelle, escalier.

Le site est désigné en 979 par Villa Scalas, en 1042 par Pagus qui antiquitur vocatur Lavastrone, modo vocator ad Scalas, puis en 1263 sous le vocable Castrum de Scalis, et enfin en 1347 par Les Eschelles[3],[4].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Lez Eshyéle, selon la graphie de Conflans[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Commanderie des Échelles, actuel Hôtel de Ville
Maison de Stendhal, aux Échelles
Monument aux morts des Échelles

Période antique[modifier | modifier le code]

Le village des Échelles serait édifié sur l'ancien site romain de Labisco, si ce n'est sur l'emplacement de Novalaise ou encore de Lépin, là où passait la voie romaine de Lugdunum (Lyon) à Mediolanum (Milan)[6] ; cette route sera jusqu'à la construction de l'autoroute A43 le poumon économique du bourg.

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Dès le haut Moyen Âge, le village se constitue en bourg fortifié, dont les remparts ont aujourd'hui disparu. L'église est mentionnée dans les possessions du comte Humbert en 1042[6]. Le comte fonde d'ailleurs un prieuré en 1042 par le comte Humbert[3],[6].

Au siècle suivant, le château du Menuet apparaît dans une bulle pontificale[7].

La princesse Béatrice de Savoie, épouse du comte de Provence y vécut et y mourut en 1267[8]. Elle fonda le château sur les hauteurs du Menuet, ainsi qu'une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La ville accueillit également une léproserie et des casanes lombardes (banques).

Le château et la ville furent brûlés par Lesdiguières au XVIe siècle et reconstruits par les commandeurs.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, Les Échelles était un relais de poste très fréquenté.

Durant l'occupation du duché de Savoie par la France, le tunnel des Échelles, situé sur la commune de Saint-Christophe, est percé à la demande de Napoléon Ier en 1808, mettant fin à l'utilisation du passage des Échelles de la voie sarde.

La paroisse de Saint-Christophe-la-Grotte est unie à la paroisse durant cette période[9].

Lors du combat des Échelles le 31 janvier 1814, pendant la retraite de Desaix, les troupes françaises de Jean Gabriel Marchand commandées par le général Barral[10], 1 500 hommes combattent contre les troupes autrichiennes du général Zeichmeister.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 juin 1995 Jean-Pierre Vial UMP  
juin 1995 mars 2008 Jacques Verney    
mars 2008 en cours
(au avril 2014)
Cédric Vial UMP  

Population et société[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Echellois[9].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[12],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 217 habitants, en diminution de -0,57 % par rapport à 2009 (Savoie : 3,73 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
920 861 1 133 1 246 1 100 1 026 829 813 798
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
736 736 760 765 748 812 828 870 937
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
938 1 046 1 032 1 118 1 031 1 093 1 238 1 244 1 197
1982 1990 1999 2008 2013 2014 - - -
1 145 1 246 1 248 1 230 1 186 1 217 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune des Échelles est située dans l'académie de Grenoble. En 2016, elle administre une école élémentaire (maternelle et élémentaire) qui accueille 233 élèves[15].

La commune accueille également le collège Béatrice de Savoie[16].

Médias[modifier | modifier le code]

La chaîne de télévision locale TV8 Mont-Blanc diffuse des émissions sur les pays de Savoie, notamment l'émission « La Place du village ». France 3 et sa station régionale France 3 Alpes, peuvent parfois relater les faits de vie de la commune. La commune est couverte par des antennes locales de radios dont France Bleu Pays de Savoie.

La presse écrite locale est représentée par des titres comme Le Dauphiné libéré.

Économie[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2015, la capacité d'accueil de la station, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 176 lits touristiques répartis dans 33 établissements[Note 2]. La commune dispose ainsi d'un 1 hôtel d'une capacité de 18 lits[17].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église des Échelles

Sur la colline du Menuet, on retrouve l'emplacement du château[7], dit également de Béatrice de Savoie (XIIe siècle).

L'actuelle mairie occupe les locaux de l'ancienne commanderie de l'Ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, bâtiment datant du XIIe siècle, dont demeurent de très belles voûtes ainsi que des fenêtres à meneaux.

L'église dédiée à Notre-Dame, située entre les arcades médiévales contemporaines de la commanderie et le Guiers Vif, a été reconstruite au XIXe siècle.

La commune possédait également un prieuré fondé en 1042 par le comte Humbert[3],[7].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

  • Une bibliothèque.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

La commune appartient au parc naturel régional de Chartreuse.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Statue de Béatrice de Savoie, inaugurée en 2016.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason des Échelles

écu de sinople à l'échelle de quatre barreaux d'argent posée en bande, au chef de gueules à la croix d'argent. Ce blason constitue des armoiries dites parlantes puisqu'il se fonde sur un rébus. La croix peut être interprétée soit comme une croix de Savoie, soit comme un chef de Malte remis par l'Ordre hospitalier à la commune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Mollin, « Une région de contact entre Préalpes et avant-pays, et de frontière entre Savoie et France : La plaine de Saint-Laurent-du-Pont - Les Échelles sous l'Ancien Régime », Revue de géographie alpine, vol. 48, no 3,‎ , p. 481-510 (lire en ligne).
  • Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Aix-les-Bains et ses environs - Les Bauges - La Chartreuse - La Combe de Savoie - Montmélian (vol. 2), Roanne, Éditions Horvath, , 463 p. (ISBN 978-2-7171-0310-6), p. 167-174. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Les données fournies par l'organisme Savoie Mont Blanc prend en compte l'ensemble des établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'implique donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, La Savoie, Éditions De Borée, , 128 p. (ISBN 978-2-84494-030-8), p. 40-41
  2. [PDF] « Le grand chemin royal de la Grotte, un dessin inédit », La rubrique des Patrimoines de Savoie, no 22,‎ , p. 6_7 (lire en ligne).
  3. a, b et c Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 169.
  4. Henry Suter, « Echelards », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté le 20 novembre 2016).
  5. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 21
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  6. a, b et c Histoire des communes savoyardes 1984, p. 167
  7. a, b et c Histoire des communes savoyardes 1984, p. 168
  8. Emmanuel Davin, « Béatrice de Savoie, Comtesse de Provence, mère de quatre reines (1198-1267) », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, vol. 1, no 2,‎ , p. 176-189 (lire en ligne).
  9. a et b « Échelles (les) », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le 21 novembre 2016), Ressources - Les communes.
  10. Victoires conquêtes désastres revers et guerres civiles des Français de 1789 à 1815, Panckouke et Lecointe, Paris, 1836, tome 12 page 504.
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. « Savoie (73) > Les Échelles > École maternelle et élémentaire », sur le site du ministère de l'Éducation nationale (consulté le 21 novembre 2016).
  16. « Savoie (73) > Les Échelles > Collège », sur le site du ministère de l'Éducation nationale (consulté le 21 novembre 2016).
  17. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com (consulté le 29 avril 2016) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2015, .xlsx) ».
  18. Article de Laurent Ripart, « La mort et la sépulture du comte Humbert : une tradition historiographique reconsidérée », dans Fabrice Delrieux et François Kayser (dir.), Des plats pays aux crêtes alpines. Hommages offerts à François Bertrandy, Chambéry, 2010, p. 71-86.
  19. Laurent Ripart, « Le diocèse de Belley comme foyer de la principauté savoyarde » dans Le Bugey, 102 (2015), p. 51-64 (Lire en ligne sur http://www.academia.edu).
  20. Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 507.
  21. Mollin 1960, p. 486
  22. Corinne Townley, Jean Nicolas, La véritable histoire de Mandrin, Les Marches, La Fontaine de Siloé, , 374 p. (ISBN 978-2-84206-294-1, lire en ligne).
  23. a, b et c Histoire des communes savoyardes 1984, p. 172
  24. Georges Dumas, « L'oncle de Stendhal, Félix-Romain Gagnon conseiller général du département du Mont-Blanc (1801-1813) », Revue de Savoie, vol. 4,‎ , p. 279-286.