Crêts en Belledonne

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Crêts en Belledonne
Crêts en Belledonne
Vue du bourg de Saint-Pierre depuis Montgalland, lieu-dit de Morêtel-de-Mailles.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Haut-Grésivaudan
Intercommunalité Communauté de communes Le Grésivaudan
Maire
Mandat
Jean-Louis Maret
2016-2020
Code postal 38570, 38830
Code commune 38439
Démographie
Gentilé Belcrétois
Population
municipale
3 379 hab. (2016)
Densité 100 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 22′ 32″ nord, 6° 02′ 55″ est
Altitude Min. 250 m
Max. 1 766 m
Superficie 33,80 km2
Localisation

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Crêts en Belledonne est, depuis le , une commune nouvelle française située dans l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est issue du regroupement des deux communes de Morêtel-de-Mailles et Saint-Pierre-d'Allevard, qui prennent le statut de communes déléguées[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Crêts en Belledonne fait partie de la série de bourgades construites sur les replats des « Balcons de Belledonne », entre Allevard au nord et Uriage au sud. Elle est traversée par la départementale 525 qui relie Goncelin à Allevard. Une de ses particularités est la dispersion des habitations en de très nombreux hameaux, de taille très variable, implantés sur les pentes du Saint-Génix, de Bramefarine et de la « montagne de Saint-Pierre », avec un seul bourg, Saint-Pierre-d'Allevard.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Située dans la partie septentrionale du massif de Belledonne, elle s'étend essentiellement dans la partie sud d'un synclinal parallèle à la vallée de l'Isère, englobant les pentes calcaires de la montagne de Bramefarine (1 192 m) qui surplombe le Grésivaudan. Elle est limitée au sud-sud-ouest par les Cinq Crêts, à l'est par l'épaulement (qui culmine à 1 726 m avec le Crêt du Poulet) qui la sépare de la vallée du Haut-Bréda ; elle s'ouvre sur le Grésivaudan à l'ouest (vers le Cheylas) et au sud-ouest (vers Goncelin).

Une des particularités de la commune est son amplitude d'altitude : le bourg de Saint-Pierre s'étale, du sud au nord, entre 490 et 543 m, les hameaux s'échelonnent entre 366 m (le hameau des Teppes) et environ 900 m (le Charpieux, sur la route du col du Barioz), et le point le plus haut, le Crêt du Poulet, culmine à 1 726 m.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le cours d'eau le plus important est le Salin, qui prend sa source sur les pentes schisteuses du Crêt du Poulet traverse le hameau de Sailles, grossi par de nombreux affluents du même bassin versant, les plus importants étant les ruisseaux du Grand Plan, de la Cassey, du Carignon, du Mas, puis, rejoint par les ruisseaux du Catus (drainant le flanc sud-est de Brame-Farine) et du Taillou (sur le flanc nord du Saint-Génix), emprunte les gorges du Fay pour atteindre la vallée de l'Isère. Plus au sud, le ruisseau de Chavanne rejoint directement la vallée de l'Isère. Les pentes assez raides transforment par temps d'orage ou de pluies persistantes ces ruisseaux, parfois intermittents dans le massif calcaire de Bramefarine, en torrents dévastateurs.

Les fonds marécageux ont servi à établir, au nord, le bassin EDF du Flumet (de 4,7 Mm3) et le « lac » des Fontaines sur le large faux plat dans la pente ouest du Saint-Génix. Un seul subsiste dans une zone classée « espace naturel sensible » : le marais de Sailles[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Commune de montagne, elle est reliée à la vallée du Grésivaudan par deux voies : la départementale 525 vers Goncelin et la départementale 78, vers Le Cheylas ; aux autres communes du Balcon de Belledonne par la départementale 280 et le col du Barioz (1 041 m).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La création de la nouvelle commune, effective le , entraîne la transformation des deux anciennes communes, Morêtel-de-Mailles et Saint-Pierre-d'Allevard, en « communes déléguées ». Sa création a été entérinée par l'arrêté du [3].

Elle se justifie par des liens sociaux étroits et une certaine cohérence territoriale. Les deux communes originelles, créées en 1789, recouvraient les territoires des anciennes paroisses, même si, entre 1795 et 1800 Saint-Pierre-d'Allevard fut intégrée à la municipalité cantonale d'Allevard et Morêtel à celle de Goncelin. Mais les limites entre elles n'étaient pas étanches : les enfants des hameaux de Sailles fréquentaient l'école de Morêtel jusqu'à sa fermeture en 1971, date à partir de laquelle les enfants de Morêtel furent scolarisés à Saint-Pierre, des Saint-Pierrains possèdent des terres (anciennement des vignes) sur les coteaux biens exposés de Morêtel.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le choix du nom de la nouvelle entité administrative est inspiré par la géographie. L'association du nom des deux anciennes communes aurait dépassé les 37 signes légaux et il n'a pas paru souhaitable de mixer les deux noms. Il existe d'autres communes iséroises identifiées par leur espace géographique, que ce soit l'Oisans (Le Bourg-d'Oisans), le Vercors (Lans-en-Vercors) ou la Chartreuse (Saint-Pierre-de-Chartreuse). Or les deux anciennes communes sont situées dans la partie septentrionale du massif de Belledonne et sont partiellement entourées de « crêts ». Morêtel-de-Mailles est dominée au sud par le Crêt du Saint-Genis (1 178 m), dont la corniche rocheuse nord-est, appelée les Cinq Crêts (de 1 285 à 1 150 m), est la limite sud-sud-ouest de Saint-Pierre-d'Allevard, que dominent en outre, au sud-est, le Crêt du Poulet (1 726 m) et les pentes du Crêt Luisard (1 803 m), éléments les plus hauts de l'épaulement rocheux qui sépare le « pays d'Allevard » de la vallée du Haut-Bréda.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
12 janvier 2016 En cours Jean-Louis Maret[4] PS pharmacien
Liste des communes
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Saint-Pierre-d'Allevard
(siège)
38439 CC du Pays du Grésivaudan 27,09 2 887 (2013) 107


Morêtel-de-Mailles 38262 CC du Pays du Grésivaudan 6,71 448 (2013) 67

Population et société[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

Le four à griller le minerai de Saint-Pierre-d'Allevard, construit sur le site de Champ Sappey en 1905[5], et restauré en 1997, est un des rares vestiges du passé industriel de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle lié au riche filon de fer spathique de La Taillat (découvert en 1858 et exploité jusqu'en 1920) qui a lancé l'activité minière à l'échelle industrielle[6].

La partie du tracé du chemin de fer des forges d'Allevard (destiné à transporter le minerai entre les fours à griller et les hauts fourneaux d'Allevard et du Creusot) restée dans le domaine public est accessible en chemin piétonnier sur deux kilomètres environ entre les anciennes communes de Saint-Pierre-d'Allevard et Morêtel-de-Mailles[7]. Un certain nombre d'ouvrages d'art subsistent, comme des ponts, le remblai du ruisseau du Catus, les vestiges de la gare de Marabet, le démarrage du plan incliné à Marabet (vers le Cheylas) et l'arrivée du plan incliné à Champ Sappey.

En plusieurs lieux-dits subsistent d'autres vestiges de l'exploitation ancienne du minerai de fer, en particulier la cité Vaugraine et les sites miniers de Combe-Bachat et de la Croix Recullet[8].

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Zone frontière avec la Savoie jusqu'en 1860, la commune garde les vestiges de maisons fortes ayant appartenu au « mandement de Moretel » : Bouthière (ancienne maison forte des Guiffrey de Boutières), Mailles (maison forte des seigneurs de Mailles), le « château de Morêtel » (Maison de Belledonne) aux Fontaines. Le lieu-dit « Le Fort » rappelle l'existence de la forteresse des seigneurs de Moretel, détruite sur ordre de Lesdiguières en 1593 après l'avoir reprise aux Savoyards du Marquis de Trefford qui utilisaient sa position pour ravager la vallée du Grésivaudan[9].

À Saint-Pierre, qui dépendait du « mandement d'Allevard », l'église Saint-Pierre qui a donné son nom au bourg est le vestige d'un prieuré bénédictin dépendant de l'Abbaye de Cluny[10]. Son clocher a fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [11]. Si les maisons fortes ont disparu, à l'exception de la Tour d'Aquin[12], les lieux-dits en perpétuent le souvenir, comme Châtelard, La Tour, La Bâtie d'Arvillard (fief des seigneur d'Arvillars) au Chaboud et « La Roche » (fief des seigneurs de Saint-Pierre) où les ruines de la maison forte, le château de la Roche, étaient encore imposantes à la fin du XIXe siècle[13].

Dans le hameau de Sailles, des bâtiments gardent des vestiges architecturaux anciens, perpétuant le souvenir de Benoit de Vignon, petit-neveu de Marie Vignon, seigneur de Barnoux et de Sailles, ou de la famille de Marcieu, mais aussi de la longue tradition industrielle qu'a permise la présence du Salin, qui faisait tourner les moulins, les martinets et autres machines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Billaz, En Allevard, Essai descriptif et historique sur un canton des Alpes françaises, Grenoble, L. Aubert, , 316 p.
  • Victor Bellin, Petite Histoire du Pays d'Allevard, Société des écrivains dauphinois, , 179 p. (Réédition. Première édition en 1961)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Commune de Crêts en Belledonne (38439) », sur le Code officiel géographique publié par l'Insee (consulté le 23 août 2016).
  2. « Le marais de Sailles », sur Site officiel de la Mairie de Saint Pierre
  3. « Arrêté du 27 octobre 2015 portant création de la commune nouvelle de Crêts-en-Belledonne », Recueil des actes administratifs de l'Isère (page 155),‎ (lire en ligne [PDF]).
  4. « Jean-Louis Maret a été élu maire de Crêts-en-Belledonne », Le Dauphiné libéré, 15 janvier 2016.
  5. « Four à griller », sur cretsenbelledonne.fr (consulté le 7 juillet 2018)
  6. « Passé industriel de Saint-Pierre » (consulté le 7 juillet 2018)
  7. Le Tacot, histoire d'un chemin de fer industriel, Éditions du musée d'Allevard, (ISBN 978-2-9532894-2-8), p. 23
  8. « Le four de Combe Bachat », sur cretsenbelledonne.fr (consulté le 7 juillet 2018)
  9. Marcel Fakhoury 1998, p. 33-37
  10. « L'église et le prieuré clunisien de Saint-Pierre d'Allevard »
  11. « Eglise », notice no PA00117263, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Tour d'Aquin », sur Crêts en Belledonne (histoire et patrimoine)
  13. « Le château de la Roche (1876) », sur Atelier des Dauphins