Dalil Boubakeur

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Dalil Boubakeur

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Dalil Boubakeur (à gauche) lors de l'investiture
de François Hollande le 16 mai 2012.

Naissance 2 novembre 1940 (73 ans)
Skikda (ex-Philippeville), Algérie
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession Médecin
Activité principale Recteur de la Grande Mosquée de Paris (depuis 1992)
1er président du Conseil français du culte musulman (2003-2008)
3e président du Conseil français du culte musulman (depuis 2013)
Distinctions

Dalil Boubakeur (né le 2 novembre 1940 à Philippeville en Algérie - aujourd'hui Skikda- en Algérie) est une personnalité de la communauté musulmane en France. Recteur de la Grande Mosquée de Paris depuis 1992, il a été le premier président du Conseil français du culte musulman (2003-2008), poste auquel il a été élu une seconde fois le 30 juin 2013[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Zoubida Kiouane[2] et de Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris, il naît en Algérie[3] où il passe son enfance avant de rejoindre la France métropolitaine avec sa famille en 1957 lors de la guerre d’Algérie. À l'instar d'une petite minorité de musulmans, celle-ci a la pleine citoyenneté française[réf. nécessaire]. Élève au lycée Louis-le-Grand[3], il poursuit des études de médecine et devient médecin, rattaché à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il est aussi diplômé en arts et lettres de l’université al-Azhar en Égypte, docteur honoris causa de l’université islamique de Zitouna en Tunisie[4]. Par la suite, il est chargé d'enseignement aux facultés de médecine de Paris-Créteil, du Kremlin-Bicêtre et de la Pitié-Salpêtrière. Il est membre du Conseil de l’Ordre des médecins de Paris depuis 1972[5]. Il parle couramment le français, l'arabe et l'allemand[6].

En 1985, il devient président de la Société des habous et lieux saints de l’islam puis vice-président de 1987 à 1992. Il est ensuite nommé en 1992 recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris à la suite des deux recteurs ayant succédé à son père entre 1982 et 1992 (Cheikh Abbas et Tidjani Haddam). Le 14 février 2002, l'Université d'Ulster lui décerne le grade honorifique de Doctor Laws (en) pour sa lutte pour de la tolérance et la réconciliation entre les différentes religions[7]. Le 23 avril de la même année, il est l'invité spécial à la loge maçonnique Aequitas[8].

En avril 2003, il devient le premier président du Conseil français du culte musulman qui vient d'être créé avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Il est réélu en avril 2005. Remplacé en 2008, il est réélu président en 2013.

Il est également membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et vice-président du Conseil (départemental) de l'Ordre des médecins de la Ville de Paris[6].

Il est sous la double tutelle de l'État français et de l'État algérien à la suite d'un accord par lequel sa famille retrouve la plénitude de ses biens confisqués à l'indépendance de l'Algérie en raison de soupçons d'appartenance à la mouvance harki contre un contrôle de fait de l'État algérien sur la mosquée de Paris.[réf. nécessaire]

Il est membre d'honneur de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine cultuel français.

Controverses[modifier | modifier le code]

Étant adepte d'un islam « intégré » dans la société française, il est critiqué à la fois par les cercles fondamentalistes qui lui reprochent, entre autres, de ménager de bons rapports avec le pouvoir algérien [réf. nécessaire], et par les milieux laïcs. En particulier, ses positions contre la venue en France de Salman Rushdie en 1996[9] et lors de l'affaire des caricatures de Mahomet[10] lui ont valu la désapprobation des milieux laïcs français.[réf. nécessaire]

À la suite des bombardements de l'armée israélienne à Gaza en janvier 2009, il manifeste son soutien à l'opération de l'armée israélienne ; ce positionnement provoque des manifestations et des protestations de la part de certains fidèles de la mosquée de Paris[11]. Ceux ci réclament son départ, et protestent contre une opinion qu'ils estiment ne pas être représentative de la communauté musulmane[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dalil Boubakeur élu de nouveau à la tête du CFCM, Le Monde, 30-06-2013.
  2. Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Qui est qui en France, J. Lafitte,‎ 1997, p. 287
  3. a et b Ariane Chemin, « Dalil Boubakeur, le musulman idéal », Le Monde.fr,‎ 20 février 2006 (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  4. http://politique.slate.fr/personnalites/Dalil_Boubakeur
  5. « Dalil Boubakeur, partisan d´un Islam aux couleurs de la France », sur Le Parisien,‎ 1 juin 1998
  6. a et b Entretien de Dalil Boubakeur avec Leila Djitli, émission À voix nue sur France Culture, 5 mai 2014
  7. (en) « UU to Honour Sinead Cusack, Amanda Burton, Eddie Jordan and Darren Clarke », sur ulster.ac.uk,‎ 14 février 2002
  8. [PDF][1]
  9. Jean-François Revel, « Le révélateur Rushdie », Le Point,‎ 2 mars 1996 (lire en ligne)
  10. « Boubakeur justifie le procès contre Charlie Hebdo », Le Nouvel Observateur,‎ 23 juin 2008 (lire en ligne)
  11. http://www.algerie-focus.com/blog/2009/04/12/quand-dalil-boubaker-justifie-lagresssion-israelienne-contre-gaza/
  12. http://oumma.com/Manifestation-contre-les-propos-de

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le choc des religions : juifs, chrétiens, musulmans, la coexistence est-elle possible ?
  • Les Défis de l'Islam
  • L'Appel au dialogue
  • Non, l'Islam n'est pas une politique, entretiens avec Virginie Malabard, Desclée de Brouwer, 2003
  • L'Islam de France sera libéral
  • La Charte du culte musulman
  • Le Licite et l'Illicite dans l'Islam
  • Bioéthique musulmane (nombreuses communications)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]