Bordj Bou Arreridj

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Bordj Bou Arreridj
Route nationale N5 traversant le centre de la ville
Route nationale N5 traversant le centre de la ville
Noms
Nom algérien برج بوعريريج
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Kabylie
Wilaya Bordj Bou Arreridj
(chef-lieu)
Daïra Bordj Bou Arreridj
(chef-lieu)
Président de l'APC Salim Laribi
2012-2017
Code postal 34000
Code ONS 3401
Démographie
Population 168 346 hab. (2008[1])
Densité 2 076 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 04′ 00″ N 4° 46′ 00″ E / 36.066667, 4.76666736° 04′ 00″ Nord 4° 46′ 00″ Est / 36.066667, 4.766667  
Altitude Min. 928 m – Max. 928 m
Superficie 81,10 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj
Localisation de la commune dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj

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Bordj Bou Arreridj

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Bordj Bou Arreridj

Bordj Bou Arreridj est une ville et commune d'Algérie, chef-lieu d'une wilaya, située entre la Kabylie et les Hauts-Plateaux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

À 200 km à l'est d'Alger et 65 km à l'ouest de Sétif, elle se situe dans la région de la Kabylie des Bibans, entre les monts des Bibans au Nord et la chaîne du Hodna au Sud[2].

Communes limitrophes de Bordj Bou Arreridj
Hasnaoua, Medjana
El Achir Bordj Bou Arreridj Sidi Embarek, Khelil
El Anceur, El Hamadia

Relief, géologie, hydrographie[modifier | modifier le code]

La ville de Bordj Bou Arreridj se situe au centre des plaines de la Medjana, avec les montagnes de Mourissan au nord, les Maadhid au sud, les hauts plateaux à l'Est et les monts Tafartast (le mont chauve) et Djbel Mansoura à l'Ouest. Elle culmine à 920 mètres d’altitude[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Données climatiques à Bordj Bou Arreridj.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) 6 6 9 11 16 22 26 26 21 15 10 6 14
Précipitations (mm) 32 26 27 35 41 16 11 11 63 33 35 31 360
Source : Weatherbase, statistiques sur 19 ans[3].


Transports[modifier | modifier le code]

Gare de Bordj Bou Arreridj.

La commune est traversée par l'autoroute Est-Ouest et par la ligne de chemin de fer d'Alger à Sétif.

Une gare routière en construction doit être réceptionnée fin 2014 ; les travaux ont nécessité un investissement public de plus de 566 millions de dinars, disposera de 42 quais d’embarquement et d’aires de stationnement pour taxis, en plus de commodités pour les voyageurs. Elle a été conçue selon un style architectural moderne et fonctionnel[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville Bordj Bou Arreridj est composé de deux termes Bordj (fort) et Bou-Arréridj, le nom de la tribu du territoire sur lequel un fort a été érigé[5] à l'époque ottomane.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'époque de la Régence d'Alger[modifier | modifier le code]

L'histoire de la ville est liée à celle de la dynastie des Mokrani ou Amokrane régnant du XVIème au XIXème siècle sur le royaume des Beni Abbes, Etat berbère enclavé dans le territoire ottoman de la Régence d'Alger, plus particulièrement du beylik de Constantine ; son centre était la Kalâa des Beni Abbes, une citadelle dans les Bibans, mais il s'étendait sur la plaine de la Medjana.

Bordj Bou Arreridj est à l'origine une place forte construite par les soldats turcs du beylik de Constantine (les bordjs servant de résidence aux troupes) pour contrôler la Medjana, après une victoire remportée sous le règne d'El Hadj Ben Bouzid El Mokrani, Amokrane de 1735 à 1783 ; celui-ci réussit par la suite à les évincer.

Autour du fort se forme progressivement un bourg, peuplé par une population venue des différentes tribus kabyles de la région, doté d’un marché important[2].

L'époque de la conquête française[modifier | modifier le code]

Des travaux d'aménagement sont entrepris vers 1840, après la reprise de la guerre contre l'émir Abd el-Kader ; en particulier, des remparts sont construits autour de la ville pour se prémunir des attaques des montagnards.

La Medjana étant alors territoire militaire, Bordj Bou Arreridj est une ville de garnison et le siège d'un cercle dont dépendent successivement Ahmed El Mokrani (mort en 1853), khalifa de la Medjana, puis son fils le Cheikh Mohammed El Mokrani (mort en 1871), bachaga de la Medjana, qui après avoir été 18 ans au service de la France, est à l'origine de l'l'insurrection de 1871.

Ville à l'origine principalement peuplée de soldats, elle accueille par la suite des colons[6].

Bordj Bou Arreridj devient commune mixte le 6 novembre 1868 puis est érigée en commune de plein exercice par décret du 3 septembre 1870. La commune était également le chef-lieu de la commune mixte des Maâdid créée en 1890[7].

L'insurrection de 1871 et ses suites[modifier | modifier le code]

Le 15 mars 1871, 6 000 hommes du Cheikh El Mokrani attaquent la ville.

La révolte est suivie d'une sévère répression qui entraîne l'exécution ou la déportation en Nouvelle-Calédonie de centaines de personnes[5]. La puissante tribu des Hachem fut dépossédée de toutes ses terres soit 50 000 hectares[8].

Bordj Bou Arreridj, incendiée durant cette insurrection, est reconstruite en 1881.

La ville a depuis perdu son aspect militaire, notamment avec la suppression des remparts[5].

Après l'indépendance, à l’instar d’autres villes algériennes, la ville a connu une grande extension[6].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

Loisirs[modifier | modifier le code]

Le Parc municipal créé en 1988, est situé à la sortie Est de la ville et s’étend sur 13 hectares. On y trouve un lac de 10.000 m² peuplé de plusieurs espèces de poissons[9]. Il a récemment été rénové par un investisseur privé.

Éducation[modifier | modifier le code]

Le centre universitaire de Bordj Bou Arreridj a été créé en 2000, en tant qu'extension de l'université de Ferhat-Abbas de Sétif. En 2001, ce centre universitaire devient indépendant. Le centre se compose de quatre instituts et propose deux parcours de formation, le système LMD (licence-master-doctorat) et le système classique[10]. En septembre 2012 le centre a connu un développement important et rapide dans ses structures de base et pédagogiques pour devenir une université à part entière.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville de Bordj Bou Arreridj dispose d’un tissu industriel articulé autour d'une zone d'activités économiques. Cette zone polarise les principales activités industrielles, elle englobe plus de 200 entreprises de production. Une nouvelle zone industrielle a été créée pour désengorger la zone industrielle de la ville sur le site de Mechta Fatima dans la commune d'El Hamadia[11].

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 2008, la population de la commune de Bordj Bou Arreridj est évaluée à 168 346 habitants contre 54 505 en 1977 :

Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
54 505 84 264 134 105 168 346
(Source : recensement [12])


Patrimoine[modifier | modifier le code]

Le château d'El Mokrani ou Bordj Mokrani, est un ancien château qui surplombe la ville de Bordj Bou Arreridj. C’est un fort bâti pour se défendre contre les envahisseurs. Pendant la présence ottomane, le château assurait la sécurité des caravanes commerciales puis il a été utilisé par l'armée française comme caserne militaire durant plus d'un siècle, il a été cédé par l'ANP en 1967 à la commune de Bordj Bou Arreridj[13]. Cette bâtisse connaît une forte dégradation, un projet pour aménager le fort en musée de la résistance populaire a été abandonné, un autre musée a été construit près du fort[14].

La mosquée d'El-Attik (signifiant vieille mosquée), est la première mosquée de Bordj Bou Arreridj. Située en plein centre-ville, elle a été édifiée en 1894 dans le style ottoman de l'époque. Cette mosquée a accueilli plusieurs personnalités religieuses et politiques de la région, notamment les membres de l'association des oulémas musulmans algériens, elle a été restaurée dans les années 2000[15].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Ahmed Ben Amar el Gaid (1860), fondateur du Cirque Amar
  • Mohamed Bachir El Ibrahimi (1889-1965), théologien, réformateur religieux
  • Aïssa Zehar (1899-1963), écrivain
  • Alice Fitoussi (1916-1998), chanteuse de style arabo-andalou et Madih (panégyrique) du prophète Mohamed.
  • Abdelhamid Benhedouga (1925-1996), écrivain
  • Smail Hamdani (1930) homme politique algérien, ancien Premier Ministre
  • Aicha Haddad (1937), artiste-peintre, elle fut infirmière au temps de la Révolution.
  • Djelloul Beghoura (1945), producteur-réalisateur d'émissions et de magazines en France. Depuis 2005 producteur de l'émission Islam sur France 2. Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres
  • Nacéra Benseddik (1949), historienne, archéologue, épigraphiste
  • Salah Attia (1958), diplomate, Consul Général à Djeddah (Arabie saoudite)
  • Nacer-Eddine Chelali (1958), premier directeur du centre universitaire (2000-2005)
  • Farida Belekessam (1969), journaliste, écrivain, reporteur, rédacteur en chef, animatrice de plateaux de télévision
  • Ramzi Bourougba (1984), footballeur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wilaya de Bordj Bou Arreridj— Population résidente par age et par sexe Consulté le 29 avril 2012.
  2. a, b et c « Mon beau pays: Bordj Bou-Arréridj », Info Soir du 18/11/2007
  3. « Bejaia, Bordj Bu Arrerij », sur www.weatherbase.com (consulté le 21 mars 2011).
  4. [1], maghreb emergent, 02/08/2013.
  5. a, b et c Mon beau paysBordj Bou-Arréridj (IV), Info Soir du 21/11/2007
  6. a et b « Mon beau pays : Bordj Bou-Arréridj » (II) du 19/11/2007.
  7. La commune mixte des Maâdid a porté le nom de Bordj-Bou-Arreridj jusqu'à l'année 1890, date d'une réforme administrative qui a perduré jusqu'en 1956
  8. Victor Spielmann, La tribu des Hachem : expropriation de 50.000 hectares de terre ou Un aspect de la propriété indigène, Paris, 1931
  9. http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/45033
  10. Historique du centre, sur le site officiel de l’université.
  11. Bordj Bou Arréridj : Une nouvelle zone industrielle à mechta Fatima, El Watan du 03/02/2008
  12. (en) Population de Bordj Bou Arreridj (World Gazetteer)
  13. Le château d'El-Mokrani, témoin d'une épopée, Info Soir du 05/08/2007
  14. Sommes-nous incapables d'une sauvegarde ?, le château d'El Mokrani se meurt, Le Maghreb du 03/06/2007
  15. Bordj Bou-Arréridj, la mosquée El-Attik en reconstruction, Info Soir, 05/11/2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]