Ali Kafi

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Ali Kafi
علي حسين كافي
Image illustrative de l'article Ali Kafi
Fonctions
Président du Haut Comité d'État
(5e chef de l'État algérien)
2 juillet 199230 janvier 1994
(1 an, 6 mois et 28 jours)
Premier ministre Sid Ahmed Ghozali
Bélaïd Abdessalam
Redha Malek
Mokdad Sifi
Prédécesseur Mohamed Boudiaf
Successeur Liamine Zéroual
(chef de l'État)
Biographie
Date de naissance 17 octobre 1928
Lieu de naissance El Harrouch (Algérie)
Date de décès 16 avril 2013 (à 84 ans)[1]
Lieu de décès Genève (Suisse)
Nationalité algérienne
Profession Militaire
Religion islam
Résidence Palais d'El-Mouradia (Alger)

Ali Kafi
Chefs d'État algériens
Colonel Ali Kafi
Origine Algérie
Allégeance Armée de libération nationale
Algérie
Grade Colonel
Conflits Guerre d'Algérie
Autres fonctions Homme politique, homme d'État

Ali Kafi, en arabe (علي حسين كافي), né le 17 octobre 1928 à El Harrouch en Algérie et mort le 16 avril 2013 à Genève en Suisse, est un colonel et homme d'État algérien. Il dirige l'Algérie du 2 juillet 1992 au 30 avril 1994.

Militaire de carrière, militant du FLN durant la guerre d'Algérie, il exerce comme ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, après l'indépendance. Il succède à Mohamed Boudiaf en devenant du 2 juillet 1992 au 30 avril 1994, le second président du Haut Comité d'État, organe transitoire de la gestion de l'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation religieuse[modifier | modifier le code]

Il est né le 17 octobre 1928 à M'Souna, localité près de la ville d'El Harrouch dans l'actuelle wilaya de Skikda, dans une famille de petits paysans affiliée à la célèbre confrérie musulmane Rahmaniya[2]. Le père d'Ali Kafi, Cheikh El Hocine, qui se chargea de son éducation, lui dispensa lui-même l'enseignement religieux[3]. En 1946, il est envoyé dans une école coranique réputée de Constantine, l'Institut Kettenia. Marqué par les massacres de Sétif de 1945, adhérant rapidement aux idées nationalistes du Parti du peuple algérien (PPA), il y forme avec d'autres étudiants une cellule militante. Diplômé « El Ahlia »[4] en 1950, il part en Tunisie renforcer sa formation dans la grande université islamique de la Mosquée Zitouna. Il y côtoie les milieux nationalistes tunisiens et participe à plusieurs actions militantes. Expulsé de Tunisie en 1952, il purge alors une peine de six mois de prison pour ses activités[3].

Militant nationaliste[modifier | modifier le code]

Libéré, il reprend ses activités nationalistes, et est nommé enseignant dans une école libre de Skikda tenue par le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en Algérie (MTLD)[5]. Le 1er novembre 1954, au déclenchement de la guerre d'Algérie, Ali Kafi est contacté par Didouche Mourad, responsable FLN de la zone II (Nord Constantinois). Il intensifie alors son action militante à Skikda et rejoint l'Armée de libération nationale (ALN). Sous les ordres de Zighoud Youcef, à la tête de la wilaya II après la mort de Didouche Mourad, il participe aux massacres du Constantinois en 1955 entrant dans la lutte armée[5]. En août 1956, il fait partie de la délégation de la wilaya II du congrès de La Soummam, qui met en place les structures administratives et militaires du mouvement indépendantiste. Il devient alors représentant militaire, puis colonel, et enfin commandant de la wilaya de 1957 à 1959[5]. En mai 1959, il fait partie des dix colonels chargés de l’organisation des opérations militaires de l’ALN à Tunis, où il s'installe jusqu'à l'indépendance algérienne. Durant la crise de l’été 1962, il soutient le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de Benyoucef Benkhedda face au bureau politique du FLN de Ben Bella.

Homme politique[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance, il est nommé ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, au Liban en 1963, en Syrie en 1966, en Tunisie en 1975 et représentant algérien la même année de Ligue arabe alors installée à Tunis, et également en Égypte, en Irak et en Italie[5]. En 1990, il devient secrétaire général de l'Organisation nationale des Moudjahidines (combattants algériens durant la guerre d'Algérie). Le 11 janvier 1992, après la destitution du président Chadli Bendjedid, l'armée met en place un Haut comité d'État (HCE), organe provisoire de la gestion de l'État, et Ali Kafi en est nommé membre[6]. En pleine « décennie noire », le 2 juillet 1992, il succède à Mohamed Boudiaf, assassiné, à la présidence du HCE. Devenant de plus en plus entreprenant, il entame notamment sans concertation un dialogue avec les partis politiques, une conférence du HCE décide alors de le remplacer[6]. Il remet ses pouvoirs de chef de l'État à Liamine Zéroual le 30 juin 1994. Ali Kafi publie ses mémoires en 2002 dans un ouvrage intitulé Du militant politique au dirigeant militaire[7] où il revient notamment sur de nombreuses zones d'ombres de la « révolution algérienne », ouvrage pour lequel il sera lourdement critiqué notamment pour ses révélations, jugées offensantes, entre autres sur Abane Ramdane[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.algerie-focus.com/blog/2013/04/16/ali-kafi-lhomme-qui-a-succede-a-boudiaf-en-1992-est-decede/
  2. Confrérie originaire de Kabylie et largement répandue au Maghreb, notamment connue pour sa résistance à la conquête français durant la révolte de 1871.
  3. a et b « Fragments de mémoires sur la paume de la main » par Kaddour M'Hamsadji, L'Expression, 16 octobre 2002.
  4. Correspond au 9e de l'actuel enseignement islamique de base.
  5. a, b, c, d et e « Un livre pour témoigner de l’Histoire », La Nouvelle République, 9 octobre 2002.
  6. a et b Ali Kafi (1992-1994) par Marcel Péju, JeuneAfrique.com, 11 mai 1999.
  7. Du militant politique au dirigeant militaire. Mémoires (1946-1962). Éditions Casbah, Alger, 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]