Ballets russes

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Serge de Diaghilev (1872-1929).

Les Ballets russes sont une célèbre compagnie de ballet créée en 1907 par Serge de Diaghilev, avec les meilleurs éléments du théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Dès 1909, la compagnie entame une tournée internationale et, en 1911, Diaghilev coupe les ponts avec le Ballet impérial. La compagnie devient une troupe privée, indépendante, qui se fixe à Monte-Carlo, Paris et Londres, sans s'attacher à aucun théâtre en particulier.

Les tournées[modifier | modifier le code]

Ballet russe d'August Macke (1912)

La première saison des Ballets russes a lieu au théâtre du Châtelet, du 18 mai au 18 juin 1909, sous le patronage de la Société des grandes auditions créée par la comtesse Greffulhe[1]. Chaque année à cette période, la compagnie revient à Paris, d'abord au Châtelet, puis dans d'autres théâtres.

À partir de 1911, la troupe donne également des représentations à Rome, à Vienne, au Grand Théâtre de Genève, à Barcelone et à Madrid. Elle danse aussi en Amérique du Sud dès 1913, aux États-Unis dès 1915 ; après la Première Guerre mondiale, elle se produit en Belgique entre 1922 et 1928, à Lausanne et Berne en 1923, aux Pays-Bas en 1924.

La dernière représentation est donnée à Vichy le 4 août 1929. Malgré les tentatives de Serge Lifar et de Boris Kochno, la troupe ne survit pas à son fondateur, décédé à Venise le 19 août 1929, mais l'esprit en sera préservé jusqu'au Ballet du marquis de Cuevas.

Les principaux danseurs[modifier | modifier le code]

Les chorégraphes[modifier | modifier le code]

Shéhérazade de Michel Fokine
interprété par Theodore Kosloff (1913)

Diaghilev pour sa compagnie, va favoriser l'essor de talents originaux et la création de nouvelles chorégraphies dont plusieurs marquèrent l'histoire de la danse moderne.

Le premier chorégraphe des ballets russes fut Michel Fokine issu du théâtre Mariinsky qui régla les chorégraphies des premières saisons des ballets russes dont Le Pavillon d'Armide, Les Danses polovtsiennes, Le Prince Igor, L'Oiseau de feu, Petrouchka, Le Spectre de la rose, Le Dieu bleu, Daphnis et Chloé. Écarté au profit de Nijinski, il est rappelé en 1914 pour créer trois autres ballets La Légende de Joseph, Midas, Papillons, avant de quitter définitivement la compagnie.

Nijinski fut à l'origine de deux des scandales les plus retentissants liés aux Ballets russes, avec ses chorégraphies de L'Après-midi d'un faune et Le Sacre du printemps. Il régla aussi la chorégraphie de Jeux. Ses chorégraphies novatrices ne furent pas comprises par le public, ni par des compositeurs ou des danseurs comme Stravinski et Ida Rubinstein, qui refusa de danser la grande nymphe de L'Après-midi d'un faune.

Après le renvoi de Nijinski en 1914 et le départ définitif de Fokine, Leonide Massine devient de 1915 à 1921 le chorégraphe en chef des Ballets russes pour qui il crée les chorégraphies de Soleil de nuit, La Meninas, Les Contes russes, Parade qui fit scandale lors de sa création, une nouvelle chorégraphie du Sacre du printemps, La Boutique fantasque, Le Tricorne, Le Chant du rossignol, et Pulcinella. En 1921 il quitte les Ballets russes, mais continua à partir de 1925 à composer de nouvelles chorégraphies pour la compagnie en alternance avec Bronislava Nijinska et George Balanchine.

Assistante de son frère sur les chorégraphies du Faune et de Jeux, Bronislava Nijinska créa pour la compagnie de Diaghilev les chorégraphies de Noces et Renard de Stravinski, Les Biches, Les Fâcheux, Le Train bleu et Une nuit sur le Mont Chauve.

Faisant partie de la dernière génération de danseurs ayant intégré la compagnie, George Balanchine fut, à partir de 1926, le principal chorégraphe des Ballets russes, quand il composa les chorégraphies de Jack in the Box, La Chatte et Apollon musagète, ballet qui marqua les débuts d'une collaboration de longue date avec Stravinski.

Dernier danseur étoile des ballets russes, Serge Lifar fit aussi une nouvelle chorégraphie de Renard pour la dernière saison de la compagnie en 1929.

Les autres artistes[modifier | modifier le code]

Pablo Picasso (coiffé d’une casquette), entouré d’une équipe de décorateurs, assis sur le rideau de scène qu’il a créé pour Parade, un ballet de Léonide Massine, sur une musique d'Erik Satie et un poème de Jean Cocteau, créé en 1917 par les Ballets russes au théâtre du Châtelet à Paris.
Pablo Picasso (coiffé d’une casquette), entouré d’une équipe de décorateurs, assis sur le rideau de scène qu’il a créé pour Parade, un ballet de Léonide Massine, sur une musique d'Erik Satie et un poème de Jean Cocteau, créé en 1917 par les Ballets russes au théâtre du Châtelet à Paris.

Les spectacles révèlent aussi au public les talents de grands artistes :

Compositeurs russes
Compositeurs français
Écrivain
Peintres

Les œuvres[modifier | modifier le code]

Léon Bakst, costume du Tsarévitch dans L'Oiseau de feu (1913).
Léon Bakst, costume pour
Le Dieu bleu (1911).
1908
1909
1910
1911
1912
1913
1914
1915
1916
1917
1918
1919
1920
1922
1923
1924
1925
1926
1927
1928
1929

Les héritiers[modifier | modifier le code]

Les Ballets russes de Monte-Carlo (1932-1935) sont fondés par le colonel de Basil et René Blum. À la suite de la brouille de ses créateurs, la troupe est divisée en 1935 en :

  • Ballets russes du colonel W. Basil (1935-1938), dirigés par le colonel de Basil et rebaptisés Covent Garden Russian Ballet (1938-1939) puis Original Ballet Russe (1939-1948) ;
  • Ballets de Monte-Carlo (1936-1938), dirigés par René Blum et rebaptisés Ballet russe de Monte-Carlo (1938-1963) sous la direction de Serge Denham. La troupe est recréée en 1985 à la demande de Grace de Monaco sous le nom de Ballets de Monte-Carlo.

Les Ballets suédois, de 1920 à 1925, sous la direction de Rolf de Maré créés après la séparation de Michel Fokine d'avec les Ballets russes de Serge de Diaghilev[5]

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur les ballets russes
  • Roland Huesca, Triomphes et scandales, la belle époque des Ballets russes, Paris, Hermann, Collection savoir sur l'art, 2001.
  • Michel Larionov, Diaghilev et les Ballets russes, La Bibliothèque des Arts, coll. Écoles et Mouvements, 15 octobre 1998, 106 pages (ISBN 978-2850471155).
  • Guillaume de Sardes, Nijinsky, sa vie, son geste, sa pensée, Paris, Hermann, 2006.
  • Serge de Diaghilev, Mémoires, Paris, Hermann, 2009.
Ouvrages complémentaires pour références

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes,, Flammarion, 2014, p. 149-154 (lire en ligne)
  2. Jacques Damase, Sonia Delaunay (1978), p. 77
  3. a et b Pierre Francastel (1958), p.203
  4. Jacques Damase, Sonia Delaunay (1978), p. 78
  5. Bengt Häger (1989), p. 15

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]